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Les vertus de la prière sur le Prophète

Les vertus et effets de la prière sur le Prophète

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La prière sur le Prophète — les Salawât — occupe une place tout à fait singulière dans la vie spirituelle d’un croyant. Il s’agit d’un dhikr éminent, porteur de bienfaits et de bénédictions multiples. La prière sur le Prophète produit des effets salutaires pour l’être humain, aussi bien dans ce monde que dans l’au-delà. Ainsi, la prière sur le prophète Mohammad ainsi que sur sa noble famille constitue l’un des commandements les plus explicites que Dieu ait formulés dans le Noble Coran.

La prière sur le Prophète et les Ahl al-Bayt dans le Coran

Dans la terminologie religieuse, la prière sur le Prophète désigne les salutations et les bénédictions particulières adressées au noble Prophète et à sa pure famille. Elles est considérée comme une expression de gratitude envers ses efforts et ses sacrifices, et comme un moyen d’ancrer durablement l’amour qu’on lui porte. Allah dit dans le Coran « Certes, Allah et Ses Anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez [lui] vos salutations. »[1]

La signification de la prière sur le Prophète selon Allameh Tabataba’i

Le mot « Salât », dont dérive « Salawât », signifie à l’origine l’inclination, l’attention et la bienveillance :

  • La prière de Dieu sur le Prophète exprime Son inclination envers lui par le biais de Sa miséricorde.
  • La prière des anges sur le Prophète exprime leur inclination vers lui à travers la sanctification et la demande de pardon en sa faveur.
  • La prière des croyants sur le Prophète exprime leur inclination vers lui à travers la demande de miséricorde pour sa personne. Autrement dit, par cette formule, les croyants demandent à Dieu d’honorer et d’élever le Prophète ainsi que sa famille.

Ce verset indique que Dieu et Ses anges bénissent le Prophète, et il enjoint aux croyants de formuler à leur tour des vœux de bénédiction et de paix à son endroit.[2]

Dans son exégèse Al-Mîzân, s’appuyant sur des traditions rapportées aussi bien par des sources chiites que sunnites, Allameh Tabataba’i explique que la manière correcte de formuler la prière sur le Prophète. Elle consiste, pour les croyants, à demander à Dieu d’étendre Ses bénédictions sur le Prophète et sur sa famille. Il soutient par ailleurs que la prière des croyants s’inscrit dans le prolongement direct de celle de Dieu et des anges.

La portée du verset et la signification de la prière sur le Prophète selon traditions sunnites

Ce verset dépeint le rang du Prophète de l’Islam — que Dieu le bénisse, lui et sa famille — de la manière la plus sublime qui soit. Non seulement Dieu le Très-Haut et l’ensemble de Ses anges rapprochés, en effectuant prière sur le Prophète, implorent des bénédictions sur le Prophète, mais il est également ordonné à tous les croyants, sans exception, de faire descendre sur lui la miséricorde, les salutations et la paix.

Il est vrai que ce verset ne mentionne pas explicitement la famille du Prophète. De nombreuses traditions rapportent cependant que, lorsque ses compagnons lui demandèrent comment lui adresser ces salutations et ces prières, le noble Prophète associa sa famille à sa propre personne, de sorte que toute la miséricorde et les bénédictions sollicitées auprès de Dieu en sa faveur l’étaient également pour sa descendance. C’est là un indice manifeste que les bénédictions et les salutations de Dieu et des anges revêtent une portée générale, englobant indissociablement le Prophète et sa famille. Loin d’être une simple formule de politesse, la prière sur le Prophète et les membres de sa famille montre que les Ahlul Bayt jouissent d’un rang immédiatement inférieur à celui du Prophète et qu’ils sont investis d’une mission largement comparable à la sienne ; une telle élévation spirituelle ne saurait en effet s’expliquer par le seul lien de parenté.

Examinons à présent quelques-unes de ces traditions, tirées des sources les plus reconnues de l’école sunnite :

  1. Il est rapporté dans le Sahîh d’al-Boukhârî, d’après Abû Sa’îd al-Khudrî, que les compagnons dirent : « Ô Messager de Dieu ! Nous savons déjà comment te saluer, mais comment devons-nous prier sur toi ? » Il répondit : « Dites : « Ô Dieu ! Accorde Ta bénédiction à Muhammad, Ton serviteur et Ton messager, tout comme Tu as accordé Ta bénédiction à Abraham et à la famille d’Abraham ; et répands Tes faveurs sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, tout comme Tu as répandu Tes faveurs sur Abraham. » »[3]
  2. Il est rapporté dans le Sahîh de Muslim — qui constitue la deuxième source de hadiths la plus célèbre chez nos frères sunnites —, d’après Abû Mas‘ûd al-Ansârî, que le Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) vint à notre rencontre alors que nous étions assis en compagnie de Sa‘d ibn ‘Ubâdah. Bashîr, le fils de Sa‘d, lui dit alors : « Ô Messager de Dieu ! Dieu nous a ordonné de prier sur toi, mais comment devons-nous formuler cette prière ? » Le Prophète garda d’abord le silence, puis il dit : « Dites : « Ô Dieu ! Accorde Ta bénédiction à Mohammad et à la famille de Mohammad, tout comme Tu as accordé Ta bénédiction à la famille d’Abraham ; et répands Tes faveurs sur Mohammad et sur la famille de Mohammad, tout comme Tu as répandu Tes faveurs sur la famille d’Abraham dans les mondes. Certes, Tu es digne de louange et de gloire ». »[4]
  3. Dans le Tafsîr al-Durr al-Manthûr — qui est l’exégèse traditionnelle basée sur les récits (tafsîr riwâ’î) la plus célèbre —, l’auteur rapporte cette même tradition d’Abû Sa‘îd al-Khudrî d’après al-Boukhârî, al-Nasâ’î, Ibn Mâjah et Ibn Mardawayh, tenant directement du Noble Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix).[5]

Dans le même sens, le grand savant Makarem Shirazi, dans son ouvrage Payâm-e Qur’ân (Le Message du Coran), affirme, en s’appuyant sur des traditions communes aux deux écoles, que la mention de la famille du Prophète  dans la prière sur le Prophète fait partie intégrante de la formule complète de la prière sur le Prophète.[6]

Les modalités de la prière sur le Prophète et les Ahl al-Bayt

Les recueils de traditions rapportent différentes formules de prière sur le Prophète et sa famille. La plus célèbre et la plus répandue demeure la suivante : « Ô Dieu, accorde Ta bénédiction à Mohammad et à la famille de Mohammad. » [7]

Certaines traditions recommandent d’ajouter  après la prière sur le Prophète la formule suivante : « wa ajil Farajahoum ». D’une manière générale, aucune formulation rigide n’est strictement exigée : toute phrase exprimant cette intention accomplit l’acte de la prière sur le Prophète. La formule la plus méritoire reste néanmoins celle qui est explicitement enseignée dans les textes sacrés.

La prière complète sur le Prophète et sa famille

Plusieurs hadiths, faisant autorité auprès des deux écoles — sunnite et chiite —, interdisent ce que l’on appelle la « prière tronquée » (al-Salât al-Batrâ’). Cela consiste à faire la prière sur le Prophète sans faire mention de sa famille.

Al-Sakhâwî (mort en 902 de l’Hégire) rapporte, dans le livre  Al-Qawl al-Badî’, d’après l’ouvrage Sharaf al-Mustafâ d’Abû Sa’d, que le Prophète — que la bénédiction de Dieu soit sur lui et sur sa famille — a dit : « Ne formulez pas sur moi de prière tronquée. » On lui demanda : « Qu’est-ce qu’une prière tronquée, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « C’est lorsque vous dites : « Ô Dieu, bénis Muhammad », et que vous vous arrêtez là. Dites plutôt : « Ô Dieu, bénis Muhammad et la famille de Mohammad. » »[8]

L’approche sunnite. Selon Ibn Hajar al-Haytamî, la formule de la prière sur le Prophète qui fait consensus quant à sa validité est : « Ô Dieu, accorde Ta bénédiction à Mohammad et à la famille de Mohammad. » C’est pourquoi, dans la jurisprudence (fiqh) shaféite, la prière sur la famille du Prophète (Âl Mohammad) est considérée comme obligatoire au sein de la prière rituelle. Certains théologiens sunnites, à l’image d’Ibn Taymiyyah, ont néanmoins jugé préférable d’omettre parfois cette mention.[9]

Il convient de souligner que la famille du Prophète est intrinsèquement liée à sa personne. La prière sur le Prophète doit donc toujours s’accompagner de celle sur sa famille, sans quoi elle demeure incomplète et tronquée.

L’approche chiite. Dans la tradition chiite, le terme Salawât désigne indissociablement la prière sur le Prophète unie à celle sur sa famille : une formule adressée au Prophète sans mention de sa descendance n’y est pas reconnue comme valide. Sâhib al-Jawâhir, éminent juriste chiite, souligne que l’inclusion de la famille du Prophète dans les Salawât est si profondément ancrée qu’elle constitue l’une des évidences de la doctrine chiite, rendant incontestable, au sein de cette école, la nullité de toute formule amputée de cette mention.[10]

Les bienfaits innombrables de la prière sur le Prophète

Les sources de hadiths regorgent de mentions relatives aux récompenses spirituelles et matérielles considérables liées à la récitation de la prière sur le Prophète (pslf). Parmi ces nombreux bienfaits, on peut citer l’expiation, l’effacement et la rémission des péchés, ainsi que la purification des actions — ce qui en fait l’acte le plus lourd sur la balance des œuvres au Jour du Jugement, et l’assurance d’être au plus près du Prophète au Jour de la Résurrection, en obtenant son intercession et l’amour divin.

Cette invocation précieuse provoque également l’ouverture des portes du ciel, l’exaucement des invocations (du’â’), la demande de pardon formulée par les anges en faveur du récitant, ainsi que la bénédiction directe de Dieu et de Ses anges sur celui qui la prononce. Sur le plan spirituel et psychologique, elle permet l’éradication de l’hypocrisie du cœur, vient en aide à la mémoire face à l’oubli, et possède une valeur équivalente à la glorification (Tasbîh), à l’attestation de l’unicité divine (Tahlîl) et à la proclamation de la grandeur de Dieu (Takbîr).

Enfin, elle constitue la meilleure œuvre à accomplir le vendredi, la meilleure invocation à formuler auprès de la Kaaba, et elle apporte des grâces concrètes telles que l’accomplissement de cent besoins — matériels comme spirituels —, l’ouverture d’une porte vers le salut, la préservation de la santé (‘âfiyah), la protection contre le feu de l’Enfer, le privilège de se rapprocher de l’Imam du Temps, ainsi qu’une lumière salvatrice dans la tombe, sur le pont (Sirât) et au Paradis.[11]

Les récits authentiques et largement transmis, issus des descendants du Prophète, décrivent des effets si extraordinaires qu’il serait impossible de tous les recenser dans un court article. Pour de plus amples détails, le lecteur pourra utilement se référer aux grands recueils de hadiths de référence.

La prière sur le Prophète et la bonne nouvelle annoncée à l’Imam Ali (as)

Il est rapporté que le Prophète (pslf) dit un jour à l’Imam Ali — que la paix soit sur lui :

« Ô Ali, puis-je t’annoncer une bonne nouvelle ? » Ali répondit : « Oui, que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi ! Tu as toujours été le Messager de toutes les bonnes nouvelles. » Le Prophète reprit : « L’ange Gabriel vient de m’apprendre une chose merveilleuse. » Ali demanda : « Quelle est cette nouvelle, ô Messager de Dieu ? » Le Prophète répondit : « Il m’a informé que lorsqu’un homme de ma communauté prie sur moi et fait suivre cette prière de l’invocation sur les Gens de ma demeure — mes Ahl al-Bayt —, les portes du ciel s’ouvrent devant lui, et les anges formulent pour lui soixante-dix bénédictions. Fût-il un grand pécheur habitué à commettre des fautes, ses péchés tombent alors de lui comme les feuilles tombent d’un arbre. Dieu — Béni et Exalté soit-Il — dit alors : « Me voici à ton service, ô Mon serviteur, et sois comblé de bonheur ! Ô Mes anges, vous avez formulé soixante-dix bénédictions sur lui, et Moi, J’en formule sept cents sur lui. »

En revanche, s’il prie sur moi sans faire suivre cette prière de l’invocation sur les Gens de ma demeure, un voile de soixante-dix épaisseurs s’interpose entre sa prière et le ciel. Dieu — Béni et Exalté soit-Il — dit alors : « Je ne réponds pas à ton appel, et tu ne seras point comblé de bonheur ! Ô Mes anges, ne faites pas monter sa prière jusqu’à ce qu’il associe la descendance de Mon Prophète à son invocation. » Cette prière demeure ainsi voilée et suspendue, tant qu’il n’y aura pas associé ma famille. »[12]

Cette même tradition est rapportée, avec sa chaîne de transmission complète, par le père du Cheikh al-Sadûq, d’après Ali ibn Ibrahim, d’après son propre père, d’après Ali ibn Ma’bad, d’après Wassil ibn Abdallah, d’après Abdallah ibn Sinan, qui la tient d’Abû Abdallah — l’Imam Ja’far al-Sâdiq, que la paix soit sur lui. Elle confirme, mot pour mot, ce même enseignement : la prière tronquée demeure suspendue entre ciel et terre tant que le croyant n’y associe pas la famille du Prophète, tandis que la prière complète ouvre les portes du ciel et attire sur celui qui la formule une multitude de bénédictions divines et angéliques.

Les moments les plus propices pour effectuer la prière sur le Prophète

Les moments les plus favorables pour tirer pleinement profit des bienfaits de cette invocation sont le jeudi soir et l’après-midi du vendredi. L’Imam Jafar al-Sâdiq — que la paix soit sur lui — a dit :

« À la fin de la journée du jeudi et durant la nuit du vendredi, les anges descendent du ciel sur la terre. Munis de calames d’or et de tablettes d’argent, ils n’écrivent rien d’autre que les prières formulées sur le Prophète Muhammad — que Dieu le bénisse, lui et sa famille. »[13]

D’une manière plus générale, chaque fois que l’être humain se souvient de Dieu, il lui est bénéfique de réciter les Salawât. Parmi les moments particulièrement recommandés figurent le jour de la fête de la Mission prophétique (Mab’ath), l’appel à la prière (Adhân), le mois de Sha’bân, la période qui suit la prière de l’aube (Subh), ou encore le moment où l’on formule un vœu.

L’Imam al-Sâdiq — que la paix soit sur lui — a également recommandé ceci :

« Après la prière de l’aube, avant d’engager toute conversation, dites cent fois : « Ô Seigneur, accorde Ta bénédiction à Mohammad et à la famille de Muhammad, hâte la délivrance de la famille de Mohammad, et affranchis mon cou du feu de l’Enfer. » »[14]

Conclusion

À la lumière de ce qui précède, la prière sur le Prophète et sur sa famille apparaît comme bien plus qu’une simple formule pieuse : elle est un pont tendu entre le cœur du croyant et la miséricorde divine, un acte à la portée de tous et pourtant d’une valeur immense aux yeux de Dieu. Elle ne coûte ni effort particulier ni condition préalable, et pourtant elle ouvre les portes du ciel, allège le poids des péchés, purifie l’âme de l’hypocrisie et prépare, dès ce monde, la lumière qui accompagnera le croyant dans sa tombe et le jour de la Résurrection.

Notes:

[1] Sourate Ahzab, 33 : 56.

[2] Tabataba’i, Sayyid Mohammad Hussein, Al-Mîzân fî Tafsîr al-Qur’ân.

[3] Sahîh al-Boukhârî, Vol. 6, p. 151 (Édition Dâr al-Jîl, Beyrouth).

[4] Sahîh Muslim, Vol. 1, p. 305, hadith 65 (Édition Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, Beyrouth).

[5] Jalāl al-Dīn al-Suyūṭī, Al-Durr al-Manthûr, Vol. 5, p. 217.

[6] Makarem Shirazi, Naser, Payâm-e Qur’ân [Le Message du Coran], Vol. 9, p. 371.

[7] Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl wa ‘Iqâb al-A‘mâl, Vol. 1, p. 155.

[8] Madani, Muhammad Hâshim, Mukhtasar al-Salât al-Batrâ’, Vol. 1, p. 162.

[9] Madani, Muhammad Hâshim, Mukhtasar al-Salât al-Batrâ’, Vol. 1, p. 162.

[10] Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl wa ‘Iqâb al-A‘mâl, Vol. 1, p. 155.

[11]  Voir : Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl wa ‘Iqâb al-A‘mâl, Vol. 1, p. 155-160.

[12] Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl, p. 157 ; Cheikh al-Sadûq , Amâlî al-Sadûq, pp. 676-679, hadith 916.

[13] Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl, Vol. 1, p. 158.

[14] Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl, Vol. 1, p. 159.

Sources :

  1. Cheikh al-Sadûq, Thawâb al-A‘mâl, Qom : Dār al-Sharīf al-Raḍī lil-Nashr, 1985.
  2. Cheikh al-Sadûq, Amâlî al-Sadûq, Beyrouth:Mu’ssassat al-Ilami, s.d.
  3. Madani, Mohammad Hâshim, Mukhtasar al-Salât al-Batrâ’, Qom: Al-Majma’ al-‘Ālamī li-Ahl al-Bayt, 2018.
  4. Muslim, Sahîh Muslim, Beyrouth: Édition Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, s.d.
  5. Jalāl al-Dīn al-Suyūṭī, Al-Durr al-Manthûr, Beyrouth : Dār al-Fikr, s.d.
  6. Makarem Shirazi, Naser, Payâm-e Qur’ân [Le Message du Coran], Téhéran : Dār al-Kotob al-Islāmiyya, 2007.
  7. Boukhârî, Sahîh al-Boukhârî, Beyrouth : Dâr al-Jîl, s.d.
  8. Tabataba’i, Sayyid Mohammad Hussein, Al-Mîzân fî Tafsîr al-Qur’ân, Beyrouth : Mu’assasat al-A’lamî lil, 1973.
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