Abû Tâlib, le soutien du Prophète Mohammad (P)
Introduction:
Abd Manâf b. Abd al-Muttalib b. Hâshim connu sous le nom d’Abû Tâlib, était le père de l’Imam Ali b. Abî Tâlib et l’oncle du Prophète Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa sainte famille) Muhammad b. ‘Abd Allah, Prophète de l’Islam(les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa sainte famille) et la personnalité importante de la Mecque et de la tribu de Banî Hâshim.
Étant du nombre des puissants de La Mecque, il protégea son neveu contre ceux parmi les Quraychites qui voulurent cesser l’appel à l’islam.
Un recueil de poèmes attribué à ’Abû Tâlib, prouve sa grande foi au Prophète de l’islam, et des chercheurs ont déclaré que ce recueil était une preuve évidente de sa foi et avait pour objectif la reconnaissance officielle de la prophétie de Muhammad. (Les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa sainte famille)
Naissance et généalogie
Les spécialistes de la généalogie ont déclaré qu’Abû Tâlib s’appelait en fait ‘Abd Manâf b. ‘Abd ul-Muttalib b. Hâshim b. ‘Abd Manaf. Il est connu sous ce surnom alors que son nom est ‘Abd Manâf.[1]
Ibn ‘Anbe a déclaré : «Qu’on l’ait nommé ‘Umarân, n’est pas un récit (riwâya) fiable».[2]
Il vint au monde dans la famille de Abdol-Mottalib, grand-père du Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille), et partisan d’Ibrâhîm Khalîl (l’ami de Dieu) (le prophète Abraham) (les bénédictions de Dieu soient sur lui). L’Histoire de la péninsule arabe montre que Abdol-Mottalib, dans les situations les plus troublées et les plus dangereuses de sa vie, n’a jamais abandonné l’adoration de Dieu et la défense du Monothéisme.
Abû Tâlib est né 35 ans avant le Prophète (P). Son père, ‘Abd ul-Muttalib, est le grand père du Prophète (P) Sa mère s’appelait Fatima, fille de ‘Amarû b. ‘Â’iz Makhzûmi.[3]
Épouse et ses enfants
Abû Tâlib a eu quatre garçons et trois filles. Ses fils s’appelaient Tâlib, ‘Aqïl, Ja’far et ‘Ali, et ses filles, Umma Hânï, Jummâna et Rayta. Leur mère était Fatima Bint Asad. Il a été dit également qu’il aurait eu un autre enfant nommé Talïq d’une épouse nommée ‘Illa.[4]
Statut social particulier d’Abû Tâlib
Abû Tâlib était chargé de l’accueil des pèlerins et de leur procurer de l’eau à la Mecque.[5] Il faisait aussi du commerce et vendait et achetait du blé et des parfums.[6]
D’après ce qui nous est parvenu de l’Imam ‘Ali et des historiens, sur Abû Tâlib, il était très respecté bien qu’il ne soit pas riche, et reconnu dans la tribu des Qurayshites, pour sa sagesse et sa grandeur.[7]
Au sujet de sa grande générosité, on raconte que quand il offrait des repas, personne parmi les Qurayshites ne recevait d’invité ce jour-là.[8] Il fut la première personne à l’époque préislamique, à avoir répandu l’usage du serment des membres de la famille des victimes[9], coutume qui a été confirmée ensuite par l’Islam. Halabi a déclaré qu’il s’était, interdit comme son père, l’usage de l’alcool.[10]
Quelques aperçus historiques du soutien d’Abou Talib au prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa sainte famille)
Abou Talib, le père de l’Imam Ali (P) était influent parmi les peuples de la Mecque. Il était un dirigeant habile et intelligent. Il s’était érigé en véritable bouclier pour protéger le prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa sainte famille), un véritable soutien et appui pour lui.
Pour expliquer cela, on peut citer la déclaration de l’Imam Ali (P) qui apparait dans une lettre à Muawiya :
Selon un groupe de commentateurs de Nahjul Balagha, un passage de cette lettre fait allusion aux personnes telles que Abbas, Abou Talib, Hamza et bien d’autres qui même avant de croire en l’Islam défendaient déjà le prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa sainte famille) et la religion sur la base de leur loyauté par rapport au principe de l’affection vis-à-vis des membres de la famille
Dans un hadith de l’Imam Ali ibn Hassan (p), nous lisons : « Abou Talib avec son épée défendait incessamment le noble prophète (P) »
Ou encore ibn Hicham dans son livre «Sirat ul Nabawiya » qui dit qu’au début de l’Islam, quand l’heure de la prière arrivait, le prophète (P) se retirait discrètement dans certaines vallées de la Mecque accompagné uniquement d’Ali ibn Abi Talib (P) pour prier…Un jour, Abou Talib dit : «Mon fils ! Quelle est cette religion à laquelle tu as adhérée ? » Il répondit : «cher père ! J’ai foi en Dieu en son messager et ce qui lui est révélé. J’accomplis la prière avec lui…Abou Talib dit : « Saches qu’il ne peut t’inviter que dans ce qui est bien et bon. Alors, ne te sépare jamais de lui »
De même, Ousmane ibn Maz’oun, l’un des célèbres compagnons du messager de Dieu déclare : « au début, j’avais accepté l’Islam sur la forme et non dans le cœur. Et la preuve est que le prophète (P) me proposait incessamment l’Islam et j’ai également accepté par pur loisir. Cela s’est poursuivi ainsi jusqu’au jour où le prophète (P) m’avait lu un verset jusqu’à la fin. La haute signification de ce verset me toucha et à cet instant, l’Islam s’installa du fin fond de mon âme. Je me rendis auprès d’Abou Talib et je lui expliquai la situation il dit : «Ô peuple de Qoraysh ! Suivez Mohammad et vous serez guidés, car il ne vous invitera que vers les vertus et les qualités morales »
Les récits historiques parlent du soutien inconditionnel d’Abû Tâlib au Prophète lors des pressions et des menaces des Qurayshites. Alors qu’il avait 75 ans à l’époque de la révélation, il ne manqua jamais de manifester son soutien, surtout dans les discussions avec les chefs de la tribu de Quraysh.[11] Lors de la proposition des Qurayshites pour une exécration mutuelle avec ‘Ammâr b. Walîd Makhzûmî, un beau et fort jeune homme, il les menaça même de mort.[12] Lui et sa femme aidaient et soutenaient tellement le Prophète (P) qu’ils étaient considérés comme ses vrais parents.[13]
Lorsque Abraheh décida de lancer son armée d’éléphants vers la Mecque pour détruire la Ka‘ba, il confisqua une partie des chameaux de Abdol-Mottalib. Abdol-Mottalib tenta de récupérer ses chameaux, Abraheh, stupéfait, lui demanda: « Pourquoi au lieu de me demander de te rendre tes chameaux, ne me demandes- tu pas de faire reculer mon armée et d’abandonner mon projet de détruire la Ka‘ba?»
Abdol-Mottalib répondit :
»أنا ربّ الإبل وللبيت ربّ يمنعُهُ يحميه «
«Je suis le propriétaire des chameaux et cette maison-là Ka‘ba– a aussi un Maître qui la garde et la protège». [14]
Puis il se mit en route vers la Mecque et se rendit à la Ka‘ba, il prit l’anneau de sa porte, il dit:
يا ربِّ لا أرجولهم سواكا
يا ربِّ فامنع منهم حماكا
إنّ عدوّ البيت من عاداكا
إمنعهم أن يخربوا فناكا
«Mon Dieu! Je n’ai pas d’espoir envers un autre que Toi. Mon Dieu! Préserve ton sanctuaire sûr de ces ennemis. Les ennemis de cette maison sont entrés en guerre avec Toi, empêche-les de détruire Ta maison». [15]
Ces paroles sont une preuve évidente du Monothéisme et de la foi de Abdol-Mottalib – père d’Abû Tâlib et grand-père de l’Emir des croyants.
Ya‘qûbî écrit dans son livre sur l’Histoire d’Abdol-Mottalib:
»رفض عبادة الأصنام ووحّدالله عزّ وجل «
«Abdol-Mottalib ne partageait pas le culte des idoles et croyait en Dieu L’Unique». [16]
Voyons ce que ce père adorant Dieu et croyant, disait au sujet de son fils Abû Tâlib:
Abû Tâlib décrit par Abdol-Mottalib
L’Histoire rapporte que certains avaient prévu et averti Abdol-Mottalib de l’avenir brillant du Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille)et de sa Prophétie.
Au moment où Sayf ibn Dhî Yazan prit le pouvoir en Abyssinie, Abdol-Mottalib se rendit à une cérémonie où il fit quelques observations dans un discours éloquent. Le souverain abyssin lui annonça cette nouvelle: «Un prophète honorable apparaîtra bientôt dans ta maison».
»اسمه محمّد – صلى الله عليه (وآله) وسلّم – يموت أبوه واُمّه ويكفله جدّه وعمّه «
«Son nom est Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille), son père et sa mère vont mourir et son grand-père et son oncle paternel le prendront à leur charge». [17]
Décrivant plus précisément les qualités de ce Prophète à venir il dit :
»يعبد الرّحمن ويدحض الشّيطان ويخمد النّيران ويكسر الأوثان. قوله فصلٌ وحكمه عدلٌ ويأمر بالمعروف ويفعله وينهى عن المنكر ويبطله «
«Il adorera le Dieu Unique et Miséricordieux, retiendra Satan, éteindra les feux et détruira les idoles. Ses paroles seront le critère de la vérité et de l’erreur, et ses ordres seront basés sur la justice. Il guidera les gens vers le bien et sera lui-même bienfaisant, il les éloignera du mal et effacera ce qui est laid». [18]
Puis il dit à Abdol-Mottalib:
»انّك لجدّه يا عبدالمطلب غير كذب «
«Sans aucun doute, tu es le grand-père de ce Prophète». [19]
Abdol-Mottalib, après avoir entendu cette nouvelle encourageante, tomba prosterné en signe de remerciement. Il raconte alors ainsi la naissance de cet enfant béni:
»انّه كان لي ابنٌ وكنت به مُعجباً وعليه رقيقاً وإنّي زوّجته – كريمةً من كرائم قومي آمنة بنت وهب بن عبدمناف ابن زهرة فجاءت بغلام فسمّينُهُ محمّداً مات ابوهُ واُمُّه وكفلتهُ أنّا وعَمّهُ (يعني أباً طالب «
«J’avais un fils auquel j’étais très attaché, je lui ai choisi pour épouse une noble femme du nom d’Âmina, fille de Wahab ibn Abdol-Manâf. Cette femme mit au monde un fils que j’ai nommé Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille). Quelque temps après son père et sa mère quittèrent ce monde et avec son oncle paternel –Abû Tâlib– nous le prîmes à notre charge». [20]
Ce récit montre que Abdol-Mottalib connaissait l’avenir brillant de cet orphelin et c’est pourquoi il a décidé de transmettre après lui, sa fonction, au plus noble de ses enfants –Abû Tâlib–.
Abû Tâlib, d’après son père croyant et monothéiste, jouissait d’un tel degré de foi et de générosité qu’il était le seul à mériter la garde du Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille). [21]
Pour plus d’éclaircissements, énumérons les preuves évidentes de la foi de Abû Tâlib:
- Les œuvres littéraires de Abû Tâlib témoignent de sa foi
Les savants et les historiens musulmans ont rapporté des poèmes éloquents de Abû Tâlib qui permettent de comprendre sa grande foi.
Nous en rapportons certains ici:
ليعلمْ خيارُ النّاس أنّ محمّداً
نبيُّ كموسى والمسيح ابنِ مريمِ
أتانا بهديِّ مثلَ ما أتيابِهِ
فكلّ بأمرِ الله يهدي ويَعصم.
«Nos gens honorables doivent savoir que Mohammad(les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) est un Envoyé comme Mûsâ et Isâ, fils de Mariam, qui possède comme eux, la clarté céleste. Par conséquent Alors, tous les envoyés divins guident gens selon l’ordre de Dien et leur évitent le péché». [22]
ألم تعلموا أنا وجدنا محمداً
رسولاً كموسى خطّ في أوّل الكتب
وأنّ عليه في العباد محبّةً
ولا حيفَ فيمن خصّه الله بالحُب.
«Ne savez-vous pas que nous estimons que Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) est un Envoyé de Dieu comme Moïse et dont parlent les Livres célestes? Les gens ont de l’affection pour lui et il ne faut pas opprimer celui dont Dieu a placé l’affection dans les cœurs». [23]
لَقد أكرمَ اللهُ النّبيَّ محمّداً
فَأكرَمُ خلقِ اللهِ في الناسِ أحمدُ
وشقَّ له من اسمِهِ ليُجلَّه
فذو العرشِ محمودُ وهذا محمداً
«Dieu a honoré Son Envoyé Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille). La plus noble des créatures de Dieu est dans Ahmad. Dieu a donné au Prophète Son propre Nom afin d’exalter son degré, c’est ainsi que le Maître du Trône est Mahmûd (Celui qui est loué) et Son Envoyé est Ahmad (le digne de louanges)». [24]
والله لن يصلوا إليْك بجمعهم
حتّى اُوسّدَ في التُّراب دفينا
فاصَدعْ بأمركَ ما عليكَ غضاضة ٌ
وابشر بذلك وقرّمنك عيوناً
ودعوتني وعَلمتُ أنك ناصحي
ولقد دعوتَ وكُنتَ ثَمّ أمينا
ولقد علمتُ بأنّ دينَ محمدٍ
من خيرِ أديانِ البريّةِ دِينا.
«Envoyé de Dieu, jamais les ennemis ne t’atteindront tant que sois handi et prodigue la lumière à celui qui révèle à l’annonceur de bonne nouvelle et aux regards. Tu m’as amené à ta religion, je sais que tu es mon bienfaiteur et que dans ton invitation, tu es loyal et digne de confiance. Je sais parfaitement que la religion de Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) est la meilleure des religions du monde». [25]
يا شاهد الله عليّ فاشهد
أنّى على دين النّبيّ أحمد
من ضَلّ في الدّين
فإنّي مُهتَدي
«Témoin de Dieu, témoigne de ma foi en la religion de l’Envoyé de Dieu Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille), si certains sont perdus, moi je suis guidé». [26]
Abû Tâlib, dans les derniers jours de sa vie, invita les grands de la tribu de Qoraïch à soutenir l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) dans ces vers:
أوصى بنصر نبيِّ الخيرِ أربعةً
إبنى عليّاً وشيخَ القومِ عبّاسا
وحمزةَ الأسدِ الحامي حقيقته
وجعفراً أن تذودوا دونه النّاسا
كونوا فداءً لكم اُمّي وما ولدتْ
في نصرِاحمدَ دون الناسِ أتراسا
«Je vous recommande à vous quatre, Alî, mon fils, Abbâs, le chef de notre tribu, Hamza, le lion de Dieu qui a toujours protégé le Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) et mon fils, Dja‘far, d’assister l’Envoyé bienfaisant et de le secourir. Vous qui m’êtes chers, soyez-lui dévoués comme des boucliers face aux ennemis». [27]
Toute personne raisonnable et impartiale reconnaîtra que ces œuvres littéraires si éloquentes sont une preuve de la foi de Abû Tâlib en Dieu et en la mission du Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille). Cela montre l’authenticité du discours chiite sur sa foi et l’erreur des accusations faites par certains auteurs dans un dessein politique particulier, à un croyant sincère de la famille des Qorayshites, l’oncle du Messager de Dieu, le père de l’Emir des croyants (les bénédictions de Dieu soient sur eux ), et le garant de la loi dans les conditions pénibles des premiers temps de l’Islam.
- La manière dont Abû Tâlib se comportait avec le Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) est une preuve de sa foi
Tous les historiens musulmans célèbres ont rapporté ses sacrifices sans égal, dans son service à l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) qui constituent une preuve de sa profonde croyance.
Abû Tâlib préféra s’exiler et vivre trois ans, dans un lieu désertique et montagneux aux environs de la Mecque qui appartenait aux Qorayshites, auprès de l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille), pour protéger l’Islam et le Prophète. Il resta auprès d’eux jusqu’à la fin du blocus économique imposé aux musulmans et supporta toutes les difficultés et des conditions de vie extrêmement dures. [28]
En plus de cela, Abû Tâlib a encouragé Alî (les bénédictions de Dieu soient sur lui) à suivre et à être le fidèle compagnon de l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) et lui a demandé d’être son soutien dans toutes les conditions difficiles des premiers temps de l’Islam.
Ibn Abî al-Hadîd a rapporté cette parole de Abû Tâlib dans le commentaire du Nahdj al-Balâghah disant à son fils Alî (les bénédictions de Dieu soient sur lui):
«L’Envoyé de Dieu t’a invité au bien, sois constamment attaché à lui et sois son fidèle compagnon» [29].
Il est clair que tous ces services de valeur rendus au Prophète,(les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) par Abû Tâlib ainsi que ses sacrifices pour la défense de l’Islam sont les preuves les plus manifestes de sa foi.
Le grand savant musulman –Ibn Abî al-Hadîd– a chanté ces vers à propos du rôle d’Abû Tâlib dans la protection de l’Envoyé de Dieu et de sa religion:
ولولا ابوطالبٍ وابنُهُ
لَما مثّلَ الدينُ شخصاً فقاما
فذاك بمكةَ آوى وحامى
وهذا بيثربّ جسّ الحماما
وما ضرّ مجدَ أبي طالبٍ
جهولٌ لغيٍّ أو بصيرٌ تعامى
«Sans Abû Tâlib et son fils, la religion de l’Islam n’aurait jamais pris pied. Il a donné asile au Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) et l’a protégé à la Mecque. Son fils, à Yathrib (en allant secourir l’Envoyé de Dieu), s’est approché des abîmes de la mort. Personne ne peut nuire à la grandeur de Abû Tâlib, ni les ignorants proférant des absurdités, ni les savants qui optent pour feindre l’ignorance». [30]
- Le testament de Abû Tâlib constitue une preuve évidente de sa foi
Les historiens célèbres du monde islamique comme Halabî Châfi‘î dans son Sîrah et Mohammad Diyârbakirî dans le Târîkh al-Khamîs ont rapporté les dernières paroles de Abû Tâlib, exhortant son peuple à assister l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille):
»يا معشر قريش كونوا له ولاةً، ولحزبه حماةً، والله لايسلك أحد منكم سبيله إلاّ رشد ولا يأخذ أحدٌ يهديه إلاّ سعد، ولو كان لنفسي مدّة ولأجلي تأخّر لكففتُ عنه الهزائز ولدفعتُ عنه الدَّواهي. ثم هلك «
«Mes parents, soyez les amis et les partisans de Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) et protégez son parti (l’Islam). Je jure par Dieu que celui qui le suit aura bonne fortune. Si ma vie se prolongeait et si la mort me laissait un répit, sans hésitation, j’éloignerais de lui les épreuves et les difficultés. Il dit cela en rendant l’âme». [31]
- L’amour de l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) pour Abû Tâlib est une preuve de la foi de ce dernier
L’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille), dans ses relations avec son oncle – Abû Tâlib – faisait preuve d’un grand respect et déclarait son amitié envers lui, ce que nous montrerons dans deux exemples:
- a) Un groupe d’historiens a rapporté la tradition suivante selon laquelle le Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille)a dit à Aqîl ibn Abî Tâlib:
»إنّي أحبّك حبّين حبّاً لقرابتك منّي وحبّاً لما كنت أعلم من حبّ عمّي إيّاك «
«Je t’aime pour deux raisons: l’une est ta parenté avec moi et l’autre que mon oncle paternel (Abû Tâlib) t’aimait, lui aussi». [32]
- b) Halabî rapporte un Hadith analogue de l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) dans son Sîrah, dans laquelle il exprime son grand respect pour son oncle paternel Abû Tâlib:
»ما نالت قريش منّي شيئـاً أكرهه (أي اشدّ الكراهة) حتّى مات أبو طالب«
«Tant que Abû Tâlib fut en vie, les infidèles de Qoraysh ne purent me faire aucun mal». [33]
Il est clair que l’amour et le respect du Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille)pour Abû Tâlib, constituent des preuves évidentes de sa foi, car l’Envoyé de Dieu, comme le disent les versets du Coran n’aime que les croyants et s’oppose aux infidèles et aux polythéistes. Le Coran dit à ce sujet:
﴿ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللهِ وَالَّذِيْنَ مَعَهُ أشِدّاءُ عَلَى الْكُفَّارِ رَحَماءُ بَيْنَهُمْ ﴾
«Mohammad est le Prophète de Dieu. Ses compagnons sont violents envers les impies». [34]
Il dit ailleurs:
﴿ لاَ تَجِدُ قَوْمًا يُؤْمِنُونَ بِاللهِ واَلْيَوْمِ الْآخِرِ يُوَادُّونَ مَنْ حَادَّ للهَ وَ رَسُولَهُ وَ لَوْ كَانُوا آبَاءَهُمْ أَوْ أَبْنَاءَهُمْ أَوْ إِخْوَانَهُمْ أَوْ عَشِيرَتَهُمْ أُولَئِكَ كَتَبَ فِي قُلُوبِهِمُ لإِيمَانَ ﴾
«Tu ne trouveras pas de gens, croyant en Dieu et au Jour dernier qui témoignent en même temps de l’affection pour ceux qui s’opposent à Dieu et à Son Prophète; seraient-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou appartiendraient-ils à leur clan. Dieu a inscrit la foi dans leurs cœurs». [35]
Ces versets et l’amour du Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) pour Abû Tâlib ne laissent aucun doute sur sa foi en Dieu et au Prophète.
- Témoignage des compagnons de l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille)
Un groupe de compagnons du Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) a témoigné de la foi réelle de Abû Tâlib en plusieurs circonstances:
- a) Un individu ignorant la présence du Commandeur des croyants, Alî (les bénédictions de Dieu soient sur lui) se mit à calomnier Abû Tâlib. Ali, alors que la colère se lisait sur son visage s’exclama:
»مَه، فضّ الله فاك، والّذي بعث محمداً بالحق نبيّاً لو شفع أبي في كلّ مذنب على وجه الأرض لشفّعه الله
«Tais-toi, que Dieu te brise la bouche, je jure par Dieu qui a suscité la Prophétie de Mohammad (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) que Dieu accepterait si mon père, Abû Tâlib, prenait à sa charge l’intercession de tous les pécheurs». [36]
Il dit ailleurs:
»كانّ والله ابو طالب عبد مناف بن عبد المطّلب مؤمناً مسلماً يكتم إيمانه مخافةً على بني هاشمِ أن تنابذها قريش «
«Je jure par Dieu que Abû Tâlib, Abdol Manâf ibn Abdol-Mottalib était un croyant et un musulman soumis, et qu’il cacha sa foi aux infidèles de Qoraysh pour ne pas nuire aux Banî Hâchim». [37]
Ces paroles de l’Imâm Alî (les bénédictions de Dieu soient sur lui) non seulement confirment la foi de Abû Tâlib mais le mettent au nombre des Amis de Dieu qui, avec Sa permission, peuvent devenir les intercesseurs des croyants.
- b) Abû Dharr Ghaffârî dit à propos de Abû Tâlib:
»والله الذي لا إله إلا هو ما مات ابو طالبٍ رضي الله عنه حتّى أسلم «
«Je jure par Dieu, point de divinité en dehors de Lui, que Abû Tâlib n’a pas quitté ce monde sans avoir choisi l’islam». [38]
- c) Il a été rapporté de Abbâs ibn Abd-ol-Mottalib et aussi de Abû Bakr ibn Abû Qohâfah, par de nombreuses chaînes de Hadith:
»إن أبا طالبٍ ما ماتَ حتّى قال: لا إله إلاّ الله مُحمّد رسول الله «
«Abû Tâlib n’a pas quitté ce monde sans avoir prononcé la Shahadat (l’acte de foi): «Nul dieu hormis Dieu, Mohammad est l’Envoyé de Dieu». [39]
- Abû Tâlib vu par les Gens de la Demeure Prophétique
Tous les Imams des Membres de la Demeure Prophétique ont témoigné de la foi de Abû Tâlib et ont défendu à différentes occasions, cet ami dévoué du Noble Prophète –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–.
Nous donnerons deux exemples à ce propos :
- a) L’Imam Bâqir –les bénédictions de Dieu soient sur lui– a dit:
»لَو وُضع ايمانُ أبي طالبٍ في كفّة ميزان وايمان هذا الخلق في الكفّة الأخرى لرجح ايمانه «
«Si l’on plaçait la foi de Abû Tâlib dans un des plateaux de la balance et la foi de ces gens dans l’autre plateau, la foi de Abû Tâlib l’emporterait». [40]
- b) L’Imâm Sâdiq –les bénédictions de Dieu soient sur lui– rapporte de l’Envoyé de Dieu –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–:
»إنّ اصحاب الكهف أسرّوا الإيمان وأظهروا الكفر فآتاهم الله أجرهم مرّتين، وإنّ أباطالبٍ أسرّ الإيْمانَ وَأظْهَرَ الشِّركَ فَآتاهُ اللهُ أجْره مرّتين «
«Les compagnons de la caverne ont caché leur foi et on feint d’être des incroyants, puis Dieu leur donna une double récompense. Abû Tâlib aussi a caché sa foi et son Islam et a simulé un associationnisme, puis Dieu lui a accordé la faveur d’une double récompense». [41]
Ces déclarations montre bien que Abû Tâlib jouissait d’une foi solide en Dieu et en Son Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) et de l’assistance et de la protection sans égale, de l’Envoyé de Dieu (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille)et avait fait preuve d’un grand dévouement dans la voie de l’Islam.
Cela prouve aussi qu’il jouissait d’une faveur sans égale auprès du Noble Prophète (les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) et du mérite d’intercéder auprès de Dieu.
Les calomnies honteuses et inadmissibles que certains ont faites à son sujet, n’ont aucune valeur.
Deux vérités se manifestent à nous: La première est que la foi de Abû Tâlib était l’objet de l’agrément de l’Envoyé de Dieu –les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille–, de ses compagnons, du Commandeur des croyants et des Imams des Gens de la Demeure Prophétique. La seconde est que les calomnies honteuses qui ont été répandues à son sujet, n’ont ni base ni fondements, et servaient uniquement des buts politiques. Il s’agissait de manœuvres d’un groupe de souverains des Banî Omayyah et des Banî ‘Abbâs, qui ont constamment été en conflit avec les Gens de la Demeure Prophétique et les descendants de Abû Tâlib.
Notes:
1-Ensâb ol Ashrâf, vol. 2, p. 288
2-Omda al Tâlib, p. 20
3-Târigh Tabari, vol. 2, p. 2, et Târigh Yaghubi, vol. 2, p. 111
4-Tabaghât b. Sa’ad, vol. 1, p. 121 et 122
5-Târigh Yaghûbi, vol. 2, p. 13
6-Al Ma’ârif, p. 575
7-Târigh Yaghûbi, vol. 2, p. 14
8-Ensâb ol Ashrâf, vol. 2, p. 288
9-Sunan Nasâyeh, vol. 8, p. 2 et 4
10-Sire Halabi, vol.1, p.184
11-Sira Ibn Hishâm, vol. 1, p. 172 et 173
12-Sira Ibn Hishâm, vol. 1, p. 172 et 173
13-Târîkh Yaghûbi, vol. 2, p. 14
14-Kamil ibn Athîr, Vol.1, p.261. Edité au Caire en 1348 de l’Hégire.
15-Idem.
16-Histoire de Ya‘qûbî, Vol.2, p.7. Imprimé à Najaf.
17-Sîrah Halabî, Vol.1, p.136 et 137 Imprimé au Caire ou p.114 et 115 imprimé à Beyrouth.
18-Idem.
19-Sîrah Halabî, Vol.1, p.136 et 137 Imprimé au Caire ou p.114 et 115 imprimé à Beyrouth.
20-Idem (Sîrah Halabî), Vol.1, p.137. Imprimé au Caire.
21-Pour plus de détails, se référer au Sîrah Halabî, Vol.1, p.134. Edité au Caire / Sîrah ibn Hichâm, Vol.1, p.189. Imprimé à Beyrouth / Abû Tâlib mo’min Qoraïch, p.109. Imprimé à Beyrouth / Tabaqât Kobrâ, Vol.1, p.117. Imprimé à Beyrouth.
22-Al-Hodjdja, p.57. De même dans le Mostadrak de Hâkim, Vol.2, p.623. Imprimé à Beyrouth.
23-Târîkh Ibn Kathîr, Vol.1, p.42 / Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.72.
24-Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.78 / Târîkh Ibn Osâkir, Vol.1, p.275 / Târîkh Ibn Kathîr, Vol.1, p.266 / Târîkh al-Khamîs, Vol.1, p.254.
25-Khazânat ol-Adab Baghdâdî, Vol.1, p.261 / Târîkh Ibn Kathîr, Vol.3, p.42 / Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.55 / Fath al-Bârî, Vol.7, p.153-155 / Al-Isâbah, Vol.4, p.116. Imprimé au Caire, 1358 de l’Hégire / Diwân Abî Tâlib, p.12.
26-Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.78 / Diwân Abî Tâlib, p.75.
27-Motachâbihât al-Qor’ân (Ibn Chahr Âchûb Mâzandarânî), dans le tafsîr de la sourate al-Hadjdj, suite au verset «ولينصرنّ الله من ينصره».
28-– Pour en savoir plus, se référer aux textes suivants:
1) Sîrah Halabî, Vol.1, p.134. Imprimé au Caire. 2) Târîkh al-Khamîs, Vol.1, p.253-254. Imprimé à Beyrouth. 3) Sîrah d’ Ibn Hichâm, Vol.1, p.189. Imprimé à Beyrouth. 4) Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition Vol.14, p.52. 5) Târîkh Ya‘qûbî, début du Vol.2. Imprimé à Najaf. 6) Al-Isâbah, Vol.4, p.115. Imprimé au Caire. 7) Tabaqât Kobrâ, Vol.1, p.119. Imprimé à Beyrouth. 1380 de l’Hégire.
29-Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.53.
30-Idem, p.84.
31-Târîkh al-Khamîs, Vol.1, p.300-301. Imprimé à Beyrouth / Sîrah Halabî, Vol.1, p.391. Imprimé au Caire.
32-Târîkh al-Khamîs, Vol.1, p.163. Imprimé à Beyrouth / Al-Istî‘âb, Vol.2, p.509.
33-Sîrah Halabî, Vol.1, p.391. Imprimé au Caire.
34-Sourate «Fath» 48:29.
35-Sourate «Modjâdila» 58:22. De même les versets des sourates «Momtahanah» (60:1), «Tawbah» (9: 23) «Mâ’ida» (5: 54 et 81).
36-Al-Hodjjah, p.24.
37-Al-Hodjjah, p.24.
38-Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.71.
39-Al-Ghadîr, Vol.7, p.398. 3ème édition. Beyrouth. 1378 de l’hégire. Citant le tafsîr Al-Wakî’.
40-Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.68 / Al-Hodjjah, p.18.
41-Charh Nahdj ol-Balâghah (Ibn Abî al-Hadîd), 2ème édition, Vol.14, p.70 / Al-Hodjjah, p.17 et 115.