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Vertus, actes et rituels du mois de Cha'bân

Vertus, actes et rituels du mois de Cha’bân

2026-03-12

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Le mois de Chaabane représente une période privilégiée pour préparer son âme à accueillir le mois de Ramadan avec ferveur et spiritualité. Il agit comme un pont spirituel menant au grand rendez-vous du jeûne. Huitième mois du calendrier lunaire hégirien, Chaabane est considéré comme l’un des mois les plus nobles et vertueux de l’islam.

Pourquoi ce mois est-il appelé Chaabane ?

Surnommé « le mois du Messager de Dieu », le Prophète (que la paix et le salut de Dieu soient sur lui et sa famille) y jeûnait abondamment, reliant ainsi le jeûne de Chaabane à celui de Ramadan, formant une chaîne de deux mois de jeûne consécutifs.

Situé juste avant le mois sacré de Ramadan, Chaabane offre aux croyants une occasion précieuse de préparation spirituelle et morale. Selon une tradition rapportée, le Prophète a dit : « Chaabane a été ainsi nommé car c’est durant ce mois que se répartissent les subsistances des croyants ».[1]

Les récits des Infaillibles (que la paix soit sur eux) mettent particulièrement l’accent sur des actes tels que le jeûne, la demande de pardon (istighfār), l’aumône, les salutations sur le Prophète (salawāt) et la récitation d’invocations spécifiques. Par ailleurs, ce mois est marqué par d’importantes commémorations religieuses, notamment les naissances de l’imam Hussein (psl), de Hazrat Abbas (psl), de l’imam Sajjad (psl) et de l’imam Mahdi (que Dieu hâte sa venue), ce qui renforce sa grandeur et sa bénédiction. La nuit de la mi-Chaabane occupe une place exceptionnelle : elle est considérée comme l’une des nuits les plus éminentes après la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr), avec des rituels recommandés spécifiques.

Dans la tradition islamique, et plus particulièrement selon les enseignements de la Famille du Prophète (Ahl al-Bayt), le mois de Chaabane occupe une place d’une importance toute particulière. Le Messager de Dieu — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille — a déclaré, alors que l’on évoquait devant lui les mérites de ce mois : « Chaabane est un mois noble, et il est mon mois. Les Porteurs du Trône l’honorent et en reconnaissent la valeur. Durant ce mois, la subsistance des croyants est accrue. C’est le mois de l’œuvre : l’action de grâce y est multipliée par soixante-dix, les péchés y sont effacés, les fautes pardonnées et les bonnes actions acceptées. Dieu — exaltée soit Sa Gloire — se glorifie de Ses serviteurs auprès des anges ; Il observe ceux qui jeûnent et ceux qui veillent en prière, et Il s’en prévaut devant les Porteurs du Trône. »[2]

 Les actes de piété à accomplir durant le mois de Chaabane

Le mois de Chaabane est particulièrement riche en actes d’adoration recommandés. Ceux-ci se divisent en deux catégories : les actes communs, valables pour l’ensemble du mois, et les actes spécifiques, liés à des jours précis.

Les actes communs du mois de Chaabane

Parmi les actes communs figure en premier lieu l’istighfâr (la demande de pardon). Il est recommandé de dire chaque jour soixante-dix fois : « Je demande pardon à Dieu et je me repens auprès de Lui », ainsi que soixante-dix fois une formule de glorification plus longue mentionnée dans le Mafâtîh al-Jinân.

L’aumône (ṣadaqa), même modeste, occupe également une place centrale durant ce mois. L’Imam al-Sâdiq — que la paix soit sur lui — l’a citée, conjointement avec l’istighfâr, comme étant la meilleure œuvre à accomplir pendant le mois de Chaabane. Interrogé à ce sujet, il déclara : « L’aumône et la demande de pardon (istighfâr) ».[3]

Sont également recommandés au cours de ce mois : la récitation mille fois de l’attestation de l’unicité divine (tahlîl) ; l’abondance de salawât sur le Prophète et sa Famille — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur eux — ; les invocations quotidiennes rapportées de l’Imam al-Sajjâd — que la paix soit sur lui — à l’heure du zénith, ainsi que la célèbre Munâjât Shaʿbâniyya, une supplication d’une profondeur spirituelle et mystique particulière, chérie par les Imams — que la paix soit sur eux — (Mafâtîh al-Jinân).

Les actes spécifiques du mois de Chaabane

Parmi les actes spécifiques du mois de Chaabane, le jeûne occupe une place centrale. Il est fortement recommandé par le Prophète — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille — ainsi que par les Imams — que la paix soit sur eux. Le jeûne, fût-ce d’un seul jour, est considéré comme un acte d’une grande valeur spirituelle.[4]

Le Prophète — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille — a dit : « Chaabane est mon mois et Ramadan est le mois de Dieu. Quiconque jeûne durant mon mois, je serai son intercesseur au Jour de la Résurrection. »[5]

Le Prophète Mohammad — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille — accordait une attention toute particulière au mois de Chaabane, notamment à travers la pratique du jeûne, établissant ainsi un lien spirituel direct entre Chaabane et le mois de Ramadan. Il a déclaré : « Chaabane est mon mois ; quiconque jeûne un jour de mon mois aura assurément droit au Paradis. »[6] L’Imam Ali — que la paix soit sur lui — a également dit : « Quiconque jeûne le mois de Chaabane par amour pour le Messager de Dieu et dans le but de se rapprocher de Dieu, Dieu l’aimera, le rapprochera de Sa noblesse au Jour de la Résurrection et lui accordera le Paradis. »[7]

Il est également rapporté qu’à l’approche du mois de Chaabane, l’Imam Sajjad — que la paix soit sur lui — avait pour habitude de réunir ses compagnons afin de leur rappeler les mérites de ce mois et de les encourager au jeûne. L’Imam al-Sâdiq — que la paix soit sur lui — rapporte à ce sujet : « Lorsque le mois de Chaabane arrivait, l’Imam al-Sajjâd réunissait ses compagnons et leur disait : “Ô mes compagnons ! Savez-vous quel est ce mois ? C’est le mois de Chaabane, dont le Prophète — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille — disait : ‘C’est mon mois’. Jeûnez donc durant ce mois par amour pour votre Prophète et pour vous rapprocher de votre Seigneur.” » Puis il ajouta : « Je jure par Celui qui détient mon âme que j’ai entendu l’Imam al-Hussein — que la paix soit sur lui — dire : ‘Quiconque jeûne le mois de Chaabane par amour pour le Prophète et dans le but de se rapprocher d’Allah, Allah l’aimera, le rapprochera de Sa grâce au Jour du Jugement et le destinera assurément au Paradis.’ »[8]

L’Imam al-Bâqir — que la paix soit sur lui — a également souligné : « Le jeûne de Chaabane est le jeûne des prophètes et de leurs partisans. Quiconque jeûne durant ce mois bénéficie de l’invocation du Prophète — que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa famille — lorsqu’il disait : ‘Que Dieu fasse miséricorde à celui qui m’assiste dans mon mois.’ » Safwân al-Jammâl rapporte enfin : « L’Imam al-Sâdiq — que la paix soit sur lui — me dit un jour : ‘Encourage les gens autour de toi à jeûner durant le mois de Chaabane.’ Je lui demandai : ‘Que je te sois sacrifié ! Y a-t-il quelque chose de particulier dans ce mois ?’ Il répondit : ‘Oui, assurément. Lorsque le croissant du mois de Chaabane apparaissait, le Messager d’Allah ordonnait à un crieur de proclamer : “O habitants de Médine ! Je suis le Messager d’Allah auprès de vous. Sachez que le mois de Chaabane est mon mois. Qu’Allah entoure de Sa miséricorde quiconque participe avec moi au jeûne de mon mois.”’ » L’Imam al-Sâdiq ajouta : « L’Imam Ali — que la paix soit sur lui — disait : ‘Depuis que j’ai entendu le crieur du Prophète appeler au jeûne durant le mois de Chaabane, je n’ai jamais cessé de jeûner durant ce mois et, inchâ’Allah, je ne cesserai jamais de le faire tout au long de ma vie.’ Car le Messager d’Allah disait : ‘Le jeûne de deux mois consécutifs constitue une repentance auprès d’Allah.’ »[9]

Les actes spécifiques de la nuit de la mi-Chaabane

La nuit de la mi-Chaabane est une nuit d’une très haute dignité spirituelle. Selon l’Imam Jafar al-Sâdiq — que la paix soit sur lui —, rapportant les paroles de l’Imam al-Bâqir — que la paix soit sur lui — au sujet de la prééminence de cette nuit, celui-ci a déclaré : « Elle est la meilleure des nuits après la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr). En cette nuit, Allah accorde à Ses serviteurs Ses faveurs et leur pardonne par Sa grâce. Efforcez-vous donc de vous rapprocher d’Allah durant cette nuit, car Il a promis de ne rejeter aucune demande d’un solliciteur, à moins que celle-ci ne comporte un péché. C’est une nuit qu’Allah a accordée à nous, les Ahl al-Bayt, de la même manière qu’Il a accordé la Nuit du Destin à notre Prophète — que la paix soit sur lui. Appliquez-vous donc à invoquer Allah et à Le glorifier durant cette nuit bénie. »

Parmi les plus grandes bénédictions de cette nuit figure également l’anniversaire de la naissance de l’Imam du Temps, l’Imam al-Mahdi — que la paix soit sur lui — né avant l’aube du 15 Chaabane de l’an 255 de l’Hégire, à Samarra, en Irak. Cet événement béni ne fait qu’ajouter à la noblesse et aux multiples vertus de cette nuit, telles qu’elles ont été soulignées par le Noble Prophète et les Imams des Ahl al-Bayt — que la paix soit sur eux.

Selon de nombreux hadiths, plusieurs actes d’adoration sont fortement recommandés durant cette nuit bénie, parmi lesquels :

  • Accomplir le ghusl (bain rituel), de préférence au coucher du soleil. Cet acte est une cause d’allègement des péchés inscrits au passif du croyant.
  • Veiller cette nuit en adoration, par la prière, les invocations (duʿâ’), la récitation et les actes recommandés, tout en implorant Allah de nous accorder le pardon de nos péchés, à l’exemple de l’Imam Zayn al-ʿÂbidîn — que la paix soit sur lui. Il est rapporté à ce sujet : « Quiconque veille cette nuit de cette manière, son cœur ne mourra pas le jour où les cœurs mourront. »
  • Accomplir la ziyâra de l’Imam al-Hussein — que la paix soit sur lui —, laquelle constitue le meilleur des actes d’adoration associés à cette nuit et entraîne l’effacement des péchés. Il est rapporté que quiconque souhaite que sa main soit serrée par cent vingt-quatre mille prophètes accomplisse cette ziyâra. Celle-ci peut être réalisée de la manière suivante : après avoir regardé à droite et à gauche, on lève la tête vers le ciel et l’on dit : As-salâmu ʿalayka yâ Abâ ʿAbdillâ As-salâmu ʿalayka wa raḥmatullâhi wa barakâtuh. (Que la paix soit sur toi, ô Abâ ʿAbdillâh ! Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur toi.) Il est également rapporté que celui qui accomplit cette ziyârah reçoit la récompense d’un ḥajj majeur et d’une ʿOmra.[10]
  • Réciter l’invocation spécifique rapportée dans Mafâtîh al-Jinân, laquelle équivaut à une ziyâra de l’Imam al-Mahdi — que la paix soit sur lui — et consiste également à implorer Allah d’accélérer son apparition bénie.

Conclusion

Le mois de Chaabane constitue une étape spirituelle majeure sur le parcours du croyant. Il est un moment privilégié de purification intérieure, d’élévation de l’âme et de rapprochement sincère avec Allah, il prépare les cœurs à recevoir la lumière bénie du mois de Ramadan. À travers le jeûne, la demande de pardon, l’aumône, les invocations ferventes, les prières sur le Prophète et sa Famille — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur eux —, ainsi que par les rites éminents de la nuit de la mi- Chaabane, ce mois offre une occasion unique de renouveler son engagement spirituel et moral. Illuminé par les naissances bénies des Imams et surtout par la venue au monde de l’Imam du Temps — que Dieu hâte son heureuse apparition —, Chaabane rappelle au croyant la place centrale de l’espérance, de la miséricorde divine et de la préparation consciente à la rencontre avec son Seigneur. Il devient ainsi un véritable prélude sacré au mois béni de Ramadan.

Notes:

[1] Thawāb al-Aʿmāl, p. 62

[2] Thawāb al-Aʿmāl wa ʿIqāb al-Aʿmāl, p. 148

[3] Iqbâl al-Aʿmâl, vol. 3, p. 294

[4] Mafâtîh al-Jinân

[5] Bihâr al-Anwâr, vol. 97, p. 83

[6] Mafātīḥ al-Jinān

[7] Thawāb al-Aʿmāl wa ʿIqāb al-Aʿmāl, p. 143

[8] Mafātīḥ al-Jinān

[9] Mafātīḥ al-Jinān

[10] Mafātīḥ al-Jinān

Sources :

  1. Cheikh Sadouq, Mohammad ibn Ali. Thawab al-A’mal…, trad. Hasan-zâdeh, Sâdeq, Téhéran: Armaghân Toubâ, 2003.
  2. Qomi, Cheikh Abbas. Mafatih al-Jinan (L’anthologie des Clés des Paradis), Trad. Abbas Ahmad al-Bostani, Canada : La Cité du Savoir, s.d.
  3. Majlissi, Mohammad Baqer, Bihâr al-Anwâr, s.l., Fondation Al-Wafâ, 1982.
  4. Ibn Tawus, Ali ben Moussa, Iqbâl al-Aʿmâl, Téhéran: Dâr al-Kutub al-Islâmiyya, 1988.

 

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