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Les facteurs du bonheur selon le Saint Coran

Les facteurs du bonheur selon le Saint Coran

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Le bonheur est l’aspiration la plus profonde et la plus universelle de l’être humain. Quels que soient notre époque, notre culture ou notre condition, nous portons tous, au fond de notre cœur, ce même désir : être délivrés de la peine et de l’épreuve, et accéder à une vie apaisée, à une joie véritable et durable. L’homme y consacre toute son énergie, toute sa vie, souvent sans même s’en rendre compte. C’est pourquoi il est essentiel que l’homme connaisse le bonheur et la félicité authentique et en identifie les facteurs. Or, Dieu le Très-Haut, Créateur de l’homme, mieux que quiconque, a exposé dans Son Livre, le Coran, le véritable bonheur, l’infortune, ainsi que leurs facteurs respectifs. C’est donc vers le Coran que nous devons nous tourner si nous voulons connaître le chemin du bonheur authentique.

Le sens de la félicité et du malheur

Avant d’aborder les facteurs de la félicité, il convient de s’arrêter un instant sur le sens même de ce mot. Dans la langue arabe, le terme qui désigne la félicité et le bonheur — sa’âda — évoque la joie et l’allégresse qui habitent le cœur.[1] Son contraire, la shaqâwa, le malheur ou l’infortune, désigne un état pénible qui éloigne l’homme du chemin du bien, de la droiture et de l’accomplissement, aussi bien matériel que spirituel.[2]

Le Coran nous enseigne que les hommes, au Jour de la Résurrection, se répartiront en deux groupes : les malheureux et les bienheureux. Les uns seront dans le Feu, y demeurant éternellement ; les autres seront dans le Paradis, y demeurant éternellement aussi longtemps que dureront les cieux et la terre. Ainsi, la félicité véritable, celle qui compte au-delà de toute autre, c’est l’accès au Paradis éternel et la jouissance de ses bienfaits. Et si nous découvrons les moyens d’y parvenir, nous aurons découvert les véritables facteurs de la félicité. À l’inverse, le malheur, c’est être privé de ces bienfaits et se retrouver plongé dans les tourments du Feu.

C’est cette félicité-là, la félicité ultime et durable, que le Coran nous enseigne à rechercher — non pas au détriment de notre vie ici-bas, mais comme son couronnement et son sens véritable.

Les facteurs de la félicité et du bonheur selon le Coran

Le Coran mentionne de nombreux facteurs qui conduisent l’être humain vers cette félicité. Nous en évoquerons ici sept, qui constituent autant de piliers sur lesquels chacun de nous peut bâtir sa vie spirituelle.

La foi et les œuvres vertueuses : premier facteur du bonheur selon le Coran

La croyance en Dieu, accompagnée des actes conformes à cette croyance, est sans doute le facteur le plus fondamental de la félicité.[3] La foi seule, sans les œuvres qui en découlent, demeure incomplète ; et les œuvres, sans la foi qui les anime, perdent leur sens le plus profond. C’est l’union des deux qui ouvre à l’homme le chemin du salut. Dieu dit dans le Coran : « Par le Temps ! En vérité, l’homme est en perdition, à l’exception de ceux qui ont cru et accompli des œuvres vertueuses. »[4] Ce court serment, placé au début de l’une des sourates les plus denses du Coran, résume à lui seul toute la condition humaine : livré à lui-même, l’homme court à sa perte ; mais la foi jointe à l’action droite le sauve.

Il est rapporté qu’un compagnon du Prophète (pslf) lui demanda un jour d’expliquer le sens de ce verset. Le Prophète répondit en évoquant deux figures opposées : d’un côté, ceux qui, à l’image d’Abû Jahl, incarnent la perdition par leur rejet obstiné de la vérité ; de l’autre, les Gens de la Maison du Prophète, dont Ali est le modèle, qui incarnent au contraire la foi jointe à l’œuvre vertueuse.[5]

Ainsi, la foi accompagnée de bonnes œuvres est le premier facteur du bonheur selon le Coran, elle sauve l’homme de la perdition, et, à un degré plus élevé encore, elle devient la clé même du Paradis éternel : « Annonce à ceux qui ont cru et accompli des œuvres vertueuses qu’ils auront des jardins sous lesquels coulent des rivières, où ils demeureront éternellement. »[6] Mais il faut le souligner : cette foi doit se traduire concrètement dans les actes. Une foi qui reste au stade de la simple affirmation verbale, sans se manifester dans le comportement quotidien, ne suffit pas à elle seule à ouvrir les portes de la félicité.

La piété (taqwâ) : deuxième facteur du bonheur selon le Coran

L’autre facteur du bonheur selon le Coran est la piété. Ce sentiment de vigilance intérieure qui pousse le croyant à s’abstenir de ce qui est interdit et à accomplir ce qui est prescrit. Elle consiste à se prémunir contre le châtiment de Dieu en accomplissant des actes justes et louables, et en évitant soigneusement tout ce qui pourrait déplaire à notre Créateur.

Il ne s’agit pas d’une crainte paralysante, mais d’une protection de l’âme : c’est en se préservant de la désobéissance à Dieu que l’homme se préserve, en réalité, de sa propre perte. Dieu présente le Coran lui-même comme un guide destiné aux gens pieux, et Il les décrit comme étant sur le chemin de la réussite : « Ce Livre… est un guide pour les pieux… ceux-là sont sur une guidance de leur Seigneur, et ceux-là sont les bienheureux. »[7]

Dans de nombreux autres versets, Dieu associe explicitement la piété à la réussite et au bonheur : « Craignez Dieu, afin que vous réussissiez. »[8] Et dans la Sourate Yûnus : « Ceux qui ont cru et qui craignaient Dieu auront la bonne nouvelle dans la vie de ce monde et dans l’au-delà… voilà l’immense triomphe. »[9]

La piété a une portée très large, et ses effets touchent tous les aspects de la vie du croyant. Après avoir invité les hommes à se hâter vers Son pardon et vers un Paradis aussi vaste que les cieux et la terre, Dieu précise que ce bienfait est réservé aux pieux.[10] Mais quelles sont donc les qualités concrètes de ces gens de piété ? Le Coran nous en dresse le portrait avec une précision remarquable : « Ceux qui dépensent dans l’aisance comme dans l’adversité, qui maîtrisent leur colère et pardonnent aux hommes — Dieu aime les bienfaisants. »[11]

Et Dieu ajoute : « Et ceux qui, lorsqu’ils commettent un acte blâmable ou se font tort à eux-mêmes, se souviennent de Dieu et implorent le pardon de leurs péchés — et qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu ? — et qui ne persistent pas sciemment dans ce qu’ils ont fait. »[12] En conclusion, Dieu promet à ces croyants un pardon et des jardins sous lesquels coulent des rivières, où ils demeureront éternellement.[13]

On voit ainsi que la piété se décline en plusieurs vertus concrètes : la générosité en toute circonstance, la maîtrise de la colère, le pardon envers autrui, le repentir prompt après une faute, et la persévérance dans le refus de retomber dans le péché. Ce ne sont pas là des idéaux abstraits, mais des comportements que chacun de nous peut cultiver au quotidien.

L’attachement aux prescriptions divines : troisième facteur du bonheur selon le Coran

Dieu a fixé pour les hommes des limites — des prescriptions qui structurent la vie individuelle et collective, et sur le respect desquelles repose l’harmonie de la société humaine. S’attacher fidèlement à ces prescriptions, c’est emprunter le chemin le plus sûr vers la félicité. Le Coran nous rappelle que Dieu a « acheté » aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis, et qu’Il compte parmi ces croyants privilégiés « ceux qui observent les limites de Dieu ». Ailleurs, le Coran précise, à propos des « limites de Dieu » relatives à l’héritage et au traitement des orphelins « Voilà les limites de Dieu. Quiconque obéit à Dieu et à Son messager, Il le fera entrer dans des jardins sous lesquels coulent des rivières, où il demeurera éternellement ; et voilà l’immense triomphe. »[14]

Parmi ces prescriptions divines figure également l’une des obligations collectives les plus importantes de l’islam : « commander le convenable et interdire le blâmable », c’est-à-dire cette responsabilité partagée qui consiste à encourager le bien autour de soi et à s’opposer, avec sagesse et bienveillance, à ce qui est injuste ou nuisible. Le Coran en fait un trait distinctif des croyants bienheureux : « Et qu’il y ait parmi vous une communauté qui appelle au bien, commande le convenable et interdit le blâmable — voilà ceux qui réussissent. »[15]

La fidélité à l’engagement : quatrième facteur du bonheur selon le Coran

Le quatrième facteur du bonheur selon le Coran est la fidélité à la parole donnée. En effet, la fidélité à la parole donnée est une valeur que le Coran place au tout premier rang des qualités du croyant authentique. Dès l’ouverture de la sourate des Croyants, Dieu déclare : « Certes, les croyants ont réussi », et Il précise, quelques versets plus loin, l’une des raisons de cette réussite : « Et ceux qui sont fidèles à leurs dépôts et à leurs engagements. »

Ailleurs, le Coran évoque « les doués d’intelligence » et cite, comme premier de leurs traits distinctifs, la fidélité au pacte et le refus de le rompre : « Ceux qui remplissent l’engagement envers Dieu et ne rompent pas le pacte. » Cet engagement, précisent les commentateurs, revêt un sens très large : il englobe le pacte inné que Dieu a inscrit dans la nature primordiale de l’homme — l’amour du vrai et du juste — ; le pacte rationnel, que l’homme perçoit par sa réflexion sur les vérités de l’existence ; le pacte légal, transmis par les prophètes ; mais aussi, tout naturellement, les engagements que nous prenons les uns envers les autres dans notre vie quotidienne.[16]

Le Coran promet à ceux qui honorent leurs engagements une issue des plus heureuses : les jardins éternels du Paradis, où les anges eux-mêmes viendront les accueillir en leur souhaitant la paix.[17] Comme l’a si bien exprimé le poète persan Ferdowsî à propos de l’homme loyal : devant lui, le monde entier n’était que vanité — il était noble et fidèle.

La sincérité : cinquième facteur du bonheur selon le Coran

La sincérité — cette vertu qui consiste à faire correspondre exactement ce que l’on dit avec ce que l’on pense et ce que l’on fait — est le cinquième facteur du bonheur selon le Coran. Elle occupe une place de choix parmi les facteurs du bonheur dans l’au-delà. L’homme sincère est celui qui, une fois la vérité reconnue, ne cède ni à l’entêtement ni à l’orgueil, mais l’exprime avec courage, quel qu’en soit le prix. Beaucoup prétendent qu’ils agiraient ainsi s’ils étaient confrontés à la vérité ; peu, en réalité, s’y tiennent lorsque l’épreuve se présente.

Le Coran décrit ainsi la scène du Jour du Jugement : « Dieu dira : « Voici le jour où la sincérité des sincères leur sera profitable. » Ils auront des jardins sous lesquels coulent des rivières, où ils demeureront éternellement à jamais. Dieu est satisfait d’eux, et ils sont satisfaits de Lui : voilà l’immense triomphe. »[18] Ce verset nous enseigne que c’est la sincérité pratiquée ici-bas, dans nos paroles comme dans nos actes, qui portera ses fruits dans l’autre monde — un monde où, précisément, le mensonge n’aura plus sa place.

La patience et la constance : sixième facteur du bonheur selon le Coran

Un autre facteur du bonheur selon le Coran est la patience. En effet, nul ne peut avancer sur le chemin de la foi sans patience. Face aux épreuves, aux difficultés, aux moqueries parfois, c’est la patience qui garde le cœur du croyant dans la droiture et la dignité. L’imam Ali (as) comparait le rapport entre la patience et la foi à celui de la tête et du corps : sans tête, le corps ne peut vivre ; sans patience, la foi ne peut se maintenir.

Le Coran nous exhorte ainsi : « Ô vous qui avez cru ! Soyez patients, surpassez-vous en patience, tenez-vous prêts et craignez Dieu, afin que vous réussissiez. »[19] Et à propos de ceux qui ont enduré les moqueries et les persécutions de leurs adversaires, Dieu déclare : « En vérité, Je les ai récompensés aujourd’hui pour leur patience ; ce sont eux les triomphants. »

Étroitement liée à la patience, la constance en est comme le fruit mûr : c’est la persévérance qui permet de tenir bon dans la durée, sans jamais s’écarter du droit chemin, ne serait-ce qu’un instant. La foi seule, aussi sincère soit-elle au moment de sa profession, ne suffit pas ; il faut y demeurer fidèle jour après jour. Dieu promet à ceux qui persévèrent une consolation immense : « En vérité, ceux qui ont dit : « Notre Seigneur est Dieu », puis ont persévéré, les anges descendent sur eux : « N’ayez ni crainte ni tristesse, et réjouissez-vous du Paradis qui vous a été promis. » »[20] Quelle magnifique promesse pour celles et ceux qui, malgré la difficulté du chemin, choisissent chaque jour de continuer à avancer !

Le repentir : septième facteur du bonheur selon le Coran

Le repentir est le retour du cœur vers Dieu après une faute, accompagné d’un regret sincère et d’une résolution ferme de ne pas y retomber ; de la part de Dieu, il consiste à agréer ce retour. Il constitue l’un des dons les plus miséricordieux que Dieu ait accordés à Ses créatures : quelle que soit la gravité de nos erreurs, la porte du repentir demeure toujours ouverte.

L’homme en quête de félicité doit cultiver une relation intime avec son Créateur, se libérer, autant que possible, de la poussière des négligences quotidiennes, et goûter, à travers les invocations nocturnes et l’éveil avant l’aube, la douceur du repentir sincère. Dieu déclare dans le Coran : « Revenez tous à Dieu, ô croyants, afin que vous réussissiez. »[21] Et ailleurs : « Quant à celui qui s’est repenti, a cru et a accompli une œuvre vertueuse, il se peut qu’il soit parmi les réussis. » Le repentir n’est donc pas un aveu de faiblesse, mais au contraire un acte de force spirituelle : celui qui se relève après une chute, avec humilité et détermination, se rapproche de Dieu plus encore que s’il n’était jamais tombé.

Conclusion

Nous avons vu, à travers ces sept facteurs du bonheur selon le Coran — la foi jointe à l’œuvre vertueuse, la piété, l’attachement aux prescriptions divines, la fidélité à l’engagement, la sincérité, la patience et la constance, et enfin le repentir — que le chemin de la félicité n’est ni mystérieux ni réservé à une élite spirituelle. Il est à la portée de chacun d’entre nous, dans notre vie de tous les jours : dans la manière dont nous traitons nos proches, dont nous tenons notre parole, dont nous maîtrisons notre colère, dont nous employons notre langue, dont nous nous relevons après une faute.

Notes :
[1] Ahmad ibn Fâris, Mu’jam maqâyîs al-lugha, Qom, Intishârât-e Jâme’e-ye Modarresîn, vol. 3, p. 57, entrée « sa’d ».

[2] Mostafavî, Hasan, Al-Tahqîq fî kalimât al-Qur’ân, Qom, Intishârât-e Mostafavî, vol. 6, p. 96, entrée « shaqî ».

[3] Tabâtabâ’î, Sayyid Muhammad Husayn, Al-Mîzân fî tafsîr al-Qur’ân, Qom, Intishârât-e Jâme’e-ye Modarresîn, vol. 12, p. 18.

[4] Sourate al-‘Asr, 103 :  2-3.

[5] Abû al-Futûh Râzî, Rawd al-Jinân wa Rûh al-Jinân, Mashhad, Bonyâd-e Pazhûheshhâ-ye Eslâmî, vol. 20, p. 393-394.

[6] Sourate al-Baqara, 2 : 25.

[7] Sourate al-Baqara, 2 : 2 et 5.

[8] Sourate al-Baqara, 2 : 189.

[9] Sourate Yûnus, 10 : 63-64.

[10] Tabâtabâ’î, Sayyid Mohammad Hussein, Al-Mîzân fî tafsîr al-Qur’ân, op. cit., vol. 4, p. 20.

[11] Sourate Âl ‘Imrân, 3 : 134.

[12] Sourate Âl ‘Imrân, 3 : 135.

[13] Fadlallâh, Mohammad Hussein, Tafsîr min wahy al-Qur’ân, op. cit., vol. 6, p. 273-274.

[14] Sourate al-Baqara, 2 : 187.

[15] Sourate Âl ‘Imrân, 3 : 104.

[16] Makârem Shîrâzî, Nâsir, Tafsîr-e Nemûne, op. cit., vol. 10, p. 184.

[17] ibid., p. 192-193.

[18] Sourate al-Mâ’ida, 5 : 119.

[19] Sourate Âl ‘Imrân, 3 : 200.

[20] Sourate Fussilat, verset 30.

[21] Sourate al-Nûr, 24 : 31.

Sources:

  1. Coran
  2. Ahmad ibn Fâris, Mu’jam maqâyîs al-lugha, Qom : Intishârât-e Jâme’e-ye Modarresîn,
  3. Mostafavî, Hassan, Al-Tahqîq fî kalimât al-Qur’ân, Qom : Intishârât-e Mostafavî,
  4. Tabâtabâ’î, Sayyid Mohammad Hussein, Al-Mîzân fî tafsîr al-Qur’ân, Qom : Intishârât-e Jâme’e-ye Modarresîn, 2004.
  5. Abû al-Futûh Râzî, Rawd al-Jinân wa Rûh al-Jinân, Mashhad : Bonyâd-e Pazhûheshhâ-ye Eslâmî, 1997.
  6. Fadlallâh, Mohammad Hussein, Tafsîr min wahy al-Qur’ân, Beyrouth : Dār al-Malāk, 1998.
  7. Makârem Shîrâzî, Nâsir, Tafsîr-e Nemûne, Téhéran : Dār al-Kutub al-Islāmiyya, 1995.
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