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La gratitude et ses effets selon le Coran et la psychologie

La gratitude et ses effets selon le Coran et la psychologie

2026-09-17

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La reconnaissance et la gratitude comptent parmi les vertus morales que la raison humaine, tout comme la sagesse des peuples, n’a cessé de louer et d’encourager. Par le simple jugement de son intelligence, tout être humain parvient à cette conclusion : il se doit de remercier quiconque lui rend service ou lui accorde un bienfait. Manifester de la gratitude procure des bienfaits si nombreux — sur le plan physique, mental et affectif — que chacun devrait en faire une habitude de vie. De fait, la gratitude est étroitement et durablement liée à un plus grand bonheur : elle aide à ressentir davantage d’émotions positives, à savourer les bons moments de l’existence, à préserver sa santé, à surmonter les épreuves et à nouer des relations solides et durables.

Le champ sémantique de la gratitude

Le mot « gratitude » vient du latin gratia, qui signifie grâce, bienveillance ou reconnaissance selon le contexte. D’une certaine manière, la gratitude réunit l’ensemble de ces significations : elle consiste à exprimer sa reconnaissance pour ce que l’on reçoit, qu’il s’agisse de biens matériels ou immatériels. Par la gratitude, l’être humain reconnaît le bien qui l’entoure ; ce faisant, il admet généralement que la source de ce bien se trouve, au moins en partie, en dehors de lui-même. Ainsi, la gratitude nous aide également à nous relier à quelque chose qui nous dépasse — autrui, la nature, ou une puissance supérieure.[1]

En arabe, en revanche, le terme shukr (gratitude) signifie « concevoir le bienfait et le manifester ».[2] En éthique islamique, la gratitude se définit comme le fait de reconnaître le bienfait en identifiant celui qui l’accorde, de s’en réjouir, puis de l’employer d’une manière qui suscite l’agrément et la satisfaction de ce dernier.[3]

Il ressort de ces définitions que la gratitude figure parmi les actions humaines les plus nobles et les plus vertueuses. Elle se compose de trois éléments fondamentaux : le savoir (‘ilm), l’état intérieur (hâl) et l’action (‘amal). Cela signifie que l’individu doit d’abord prendre pleinement conscience du bienfait et de celui qui l’accorde ; sous l’effet de cette connaissance, il accède ensuite à un état affectif et émotionnel dont l’humilité et la reconnaissance envers le bienfaiteur sont les manifestations visibles. Enfin, au stade de l’action, il extériorise ce qu’il ressent par une gratitude à la fois verbale et pratique.

La question de la gratitude engage ainsi trois dimensions : la connaissance et le savoir, la sensibilité et l’émotion, enfin le comportement et l’action. En effet, sans connaissance préalable, il est impossible de mesurer la valeur d’un bienfait ou la portée de l’acte accompli par le bienfaiteur.

Le rôle de la connaissance dans le sentiment de gratitude

La connaissance de sa propre condition, de la position du bienfaiteur, du besoin ainsi comblé, ainsi que de la valeur et de l’importance du bienfait, engendre chez l’homme un état émotionnel particulier que l’on nomme « l’état de gratitude ». C’est une fois cet état établi que l’individu se sent tenu — par le verdict de la raison, par la tradition des sages, et par son inclination intérieure — de remercier le bienfait et son auteur.

C’est pourquoi, en psychologie positive, la gratitude est fortement et systématiquement associée à un plus grand bonheur. Elle aide à ressentir davantage d’émotions positives, à savourer les bons moments, à améliorer sa santé, à surmonter l’adversité et à tisser des relations solides.[4]

Cette convergence entre les enseignements religieux et les découvertes scientifiques contemporaines n’a rien d’un hasard. Depuis quelques décennies, la psychologie positive s’est emparée du thème de la gratitude comme objet d’étude à part entière, multipliant les recherches sur ses effets bénéfiques pour la santé mentale, la qualité des relations humaines et le sentiment général de satisfaction dans la vie. De son côté, la tradition islamique n’a cessé, depuis quatorze siècles, de placer la gratitude (shukr) au cœur de la relation entre le Créateur et Sa création, en faisant de cette vertu l’un des piliers de la foi et l’une des clés de l’épanouissement spirituel. C’est cette double perspective — coranique et psychologique — que nous nous proposons d’explorer dans les lignes qui suivent, afin de mieux comprendre pourquoi la gratitude occupe une place aussi centrale dans la quête du bonheur et de la proximité divine.

Les formes et les degrés de la gratitude

Le remerciement et la gratitude peuvent se manifester sous diverses formes.

1. La gratitude du cœur

Elle consiste à concevoir le bienfait et à éprouver, à son égard, un sentiment profond de satisfaction et de contentement, sans nécessairement l’extérioriser ou le démontrer. La gratitude du cœur revient, en réalité, à percevoir le bienfait et à ressentir une satisfaction sincère envers les grâces divines. Elle implique que l’individu ne nourrisse jamais, dans son for intérieur, le moindre sentiment d’ingratitude envers ces bienfaits, qu’ils soient infimes ou abondants.

2. La gratitude de la langue

Elle réside dans l’expression verbale du sentiment de satisfaction et de contentement à l’égard du bienfaiteur. On peut ressentir et exprimer sa gratitude de multiples façons : en l’appliquant au passé, en se remémorant des souvenirs heureux et en étant reconnaissant pour les bienfaits de l’enfance ou d’autrefois ; au présent, en appréciant la chance qui se présente ; et à l’avenir, en cultivant l’espoir et l’optimisme. Quel que soit le niveau de gratitude, inné ou actuel, d’une personne, il s’agit d’une qualité qu’elle peut développer par la pratique. L’imam Al-Sadiq (sur lui la paix) déclare à propos de la gratitude verbale : « Quiconque dit Al-hamdulillah (Louange à Dieu) face à un bienfait, qu’il soit infime ou immense, s’est acquitté du droit à la gratitude qui lui est dû. »[5]

3. La gratitude pratique

La gratitude pratique consiste à méditer profondément sur la finalité pour laquelle chaque bienfait nous a été accordé, afin de l’employer exclusivement à cette fin. Les grâces divines ayant été données à l’homme pour qu’il les mette au service de l’obéissance à Dieu, leur usage dans le péché et la transgression constitue une forme manifeste de déni et d’ingratitude (kufrân). L’imam Ali (sur lui la paix) déclare à ce propos : « La gratitude pour chaque bienfait réside dans l’évitement des interdits divins. »[6]

Dans la logique de l’islam, la reconnaissance qu’un musulman témoigne envers Dieu se mesure à l’accomplissement des commandements divins et à l’abstention des péchés et des actes illicites.

La gratitude concrétisée par les actes représente la forme la plus achevée de la reconnaissance, étant le fruit et l’aboutissement des deux étapes précédentes — celle du cœur et celle de la langue. Elle jouit d’une valeur et d’un statut supérieurs, et seule une minorité d’individus parvient à ce rang spirituel. Le Coran dit à ce sujet : « Ô famille de David, œuvrez par gratitude », alors qu’il y a eu peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants. »[7]

Il est évident que si la gratitude se limitait à la parole, la tâche ne serait pas si ardue au point que ceux qui l’accomplissent soient qualifiés de « peu nombreux ». Il s’agit donc bien d’une gratitude par les actes, c’est-à-dire de l’usage des faveurs divines conformément aux fins pour lesquelles elles ont été créées. Or, force est de constater que ceux qui emploient l’ensemble des dons de Dieu à bon escient et avec justesse forment une minorité.[8]

Les effets positifs de la gratitude selon la psychologie

Les recherches montrent que la gratitude peut améliorer les relations avec autrui. En effet, lorsque nous exprimons notre reconnaissance à quelqu’un — pour un cadeau, un mot gentil ou une aide pratique —, cette personne se sent appréciée et valorisée. Même des inconnus se montrent chaleureux lorsqu’on les remercie sincèrement pour une simple marque d’attention, comme le fait de tenir une porte.

Les études psychologiques ont examiné en détail la manière dont la gratitude peut renforcer les relations. Ainsi, une étude menée auprès de couples a révélé que les personnes qui prenaient le temps d’exprimer leur gratitude envers leur partenaire développaient non seulement une attitude plus positive envers l’autre, mais se sentaient également plus à l’aise pour exprimer leurs préoccupations concernant leur relation.

Les responsables qui prennent le temps de remercier leurs collaborateurs constatent souvent que ces derniers se montrent plus motivés et plus investis dans leur travail. Des chercheurs de la Wharton School, à l’Université de Pennsylvanie, ont réparti aléatoirement les collecteurs de fonds de l’université en deux groupes. Le premier groupe a continué à solliciter des dons auprès des anciens élèves par téléphone, selon les méthodes habituelles. Le second groupe, réuni un autre jour, a reçu un message d’encouragement de la directrice des dons annuels, qui leur a exprimé sa gratitude pour leurs efforts. La semaine suivante, les employés ayant entendu ce message de remerciement ont passé cinquante pour cent d’appels de collecte de fonds de plus que les autres.[9]

Ces résultats illustrent un principe simple mais souvent négligé : la gratitude n’est pas seulement bénéfique pour celui qui la reçoit, elle transforme également celui qui l’exprime. En reconnaissant les efforts et la bonté d’autrui, on renforce sa propre motivation, on apaise les tensions relationnelles et on cultive un climat de confiance mutuelle — que ce soit au sein du couple, de la famille, du lieu de travail ou de la communauté. Ce constat rejoint, sur le plan humain et social, ce que la tradition islamique enseigne depuis toujours : celui qui remercie ses semblables se rend également plus apte à remercier son Créateur, car la gratitude, une fois cultivée envers la création, se prolonge naturellement vers Celui qui en est l’origine ultime.

Les effets positifs de la gratitude selon le Coran

Dans plusieurs versets, le Coran évoque les bienfaits de la gratitude, parmi lesquels figurent l’abondance des grâces, la préservation des châtiments de l’au-delà, ainsi que la délivrance face aux discordes et aux épreuves terrestres.

1. Le développement personnel et l’expansion existentielle

L’un des effets les plus remarquables de la gratitude, dans la logique coranique, est le développement personnel et l’expansion des capacités existentielles de l’être humain. Le septième verset de la sourate Ibrahim ne présente pas la gratitude comme une simple réaction verbale face aux bienfaits divins, mais bien comme une loi universelle régissant la croissance, l’épanouissement et l’accomplissement de l’homme : « Et lorsque votre Seigneur proclama : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement j’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible ! » »[10]

Selon ce verset, la gratitude ne se limite pas à multiplier les biens matériels ; elle élargit l’être humain lui-même, en approfondissant sa perception, en fortifiant sa volonté, en équilibrant sa personnalité et en augmentant son aptitude à recevoir et à faire un usage responsable des bénédictions divines. On peut ainsi affirmer que plus l’homme progresse dans la reconnaissance, dans l’expression et dans le bon usage des bienfaits, plus son degré existentiel s’élève. En ce sens, la promesse « j’augmenterai [Mes bienfaits] » n’annonce pas seulement un accroissement des ressources matérielles, mais promet une expansion de l’être même de l’homme : accroissement de la foi, de la connaissance spirituelle (ma’rifa), de la sérénité, de la responsabilité, de la capacité d’action et de l’aptitude à la proximité divine. Ainsi, la gratitude dépasse le cadre d’un simple comportement moral pour devenir un véritable modèle d’édification de soi, d’épanouissement des potentialités et de marche continue vers la perfection. Elle constitue, en ce sens, un moteur intérieur qui pousse le croyant à toujours mieux connaître ses propres capacités et à les mettre au service d’un idéal plus élevé que lui-même.

2. La délivrance des discordes et des fléaux terrestres

Un autre effet majeur de la gratitude, dans la perspective coranique, réside dans la préservation et la délivrance face aux discordes, aux crises et aux fléaux de ce monde. Allah dit dans le Coran : « [C’était là] un bienfait de Notre part ; c’est ainsi que Nous récompensons celui qui est reconnaissant. »[11]

Ce verset montre que la gratitude, au-delà de sa fonction d’accroissement des bienfaits, protège également des épreuves de ce monde. Parce qu’il rapporte le bienfait à Dieu, l’homme reconnaissant en fait un usage correct, s’éloigne de l’insouciance et bénéficie, au cœur même des tempêtes de la vie, d’une clairvoyance, d’une paix intérieure et d’un soutien divin accrus. La gratitude agit ainsi à la fois comme un bouclier contre l’émergence des épreuves et comme un vecteur de libération face aux troubles qui submergent autrui.

3. L’accès à une guidance divine particulière : la récompense des reconnaissants

Dans la hiérarchie des perfections spirituelles, la guidance demeure le bienfait le plus précieux que le Créateur puisse accorder à l’homme. Le Coran, au verset 121 de la sourate an-Nahl, dit : « Il (Abraham) était reconnaissant pour Ses bienfaits. [Alors] Dieu l’élut et le guida vers un droit chemin. »[12] Ce verset, à travers l’évocation de la figure monothéiste d’Abraham (sur lui la paix), dévoile une profonde relation entre l’action de grâce et la réception d’une guidance singulière et privilégiée. Il met en lumière le fait qu’une gratitude humble, totale et sincère prédispose l’âme humaine à l’élection divine (ijtiba’) et à l’orientation vers le sentier de la droiture.

Ainsi, par sa gratitude constante envers les bienfaits de son Seigneur — qu’ils fussent modestes ou grandioses — Abraham (sur lui la paix) acquit l’aptitude à l’élection divine, et Dieu le guida vers le droit chemin, la voie la plus courte et la plus sûre vers la perfection absolue. La gratitude n’est donc pas seulement un remerciement pour le passé ; elle constitue également un investissement pour l’avenir spirituel et la clé qui ouvre les portes de la guidance exclusive du Seigneur.

Comment cultiver la gratitude

La gratitude permet d’apprécier ce que l’on possède déjà, au lieu de toujours rechercher la nouveauté dans l’esperence d’un bonheur accru, ou de croire que le bonheur ne peut être atteint que lorsque tous nos besoins matériels sont comblés. Elle aide à recentrer notre attention sur ce que nous avons plutôt que sur ce qui nous manque. Et même si cet exercice peut sembler artificiel au premier abord, cet état d’esprit se renforce avec la pratique régulière.

Sur le plan spirituel, cultiver la gratitude n’est pas seulement un exercice psychologique de bien-être : c’est un acte d’adoration à part entière, une manière concrète de se rapprocher de Dieu à travers les gestes les plus simples du quotidien. Chaque respiration, chaque repas, chaque relation humaine devient alors une occasion de renouveler ce lien de reconnaissance envers le Créateur. C’est précisément cette dimension qui distingue la gratitude islamique d’une simple discipline de développement personnel : elle inscrit chaque bienfait terrestre dans une perspective plus vaste, celle du retour à Dieu et de la préparation de l’au-delà.

Voici quelques façons de cultiver la gratitude au quotidien :

  • Écrivez un mot de remerciement. Vous pouvez vous faire plaisir tout en entretenant vos relations en écrivant à une personne une lettre ou un courriel exprimant votre joie et votre reconnaissance pour l’influence positive qu’elle a eue sur votre vie. Envoyez-le, ou mieux encore, remettez-le en main propre si cela est possible. Prenez l’habitude d’envoyer au moins une lettre de remerciement par mois — et, de temps en temps, écrivez-en une pour vous-même.
  • Remerciez quelqu’un mentalement. Vous n’avez pas le temps d’écrire ? Pensez simplement à une personne qui a fait preuve de gentillesse envers vous et remerciez-la intérieurement.
  • Tenez un journal de gratitude. Prenez l’habitude d’écrire, ou de partager avec un être cher, vos réflexions sur les bienfaits que vous avez reçus chaque jour.
  • Faites le bilan de vos bienfaits. Prenez un moment chaque semaine pour vous asseoir et noter vos moments de bonheur, en réfléchissant à ce qui s’est bien passé ou à ce pour quoi vous êtes reconnaissant. Il peut être utile de choisir un nombre précis — trois à cinq éléments, par exemple — que vous consignerez chaque semaine. En écrivant, soyez précis et efforcez-vous de vous rappeler les sensations que vous avez ressenties lorsqu’il vous est arrivé quelque chose de bon.
  • Priez pour le bienfaiteur. Une autre manière de manifester sa gratitude envers celui qui nous a fait du bien consiste à prier pour lui, et à utiliser cette prière comme un moyen de cultiver sa propre gratitude.

Conclusion

Qu’elle soit envisagée à travers le prisme de la raison, de la psychologie moderne ou de la révélation coranique, la gratitude apparaît comme l’une des vertus les plus fécondes de l’existence humaine : elle apaise le cœur, renforce les liens qui nous unissent aux autres, et ouvre la voie à une guidance divine toujours renouvelée. Loin d’être un simple mot prononcé du bout des lèvres, elle engage tout l’être — son savoir, son cœur et ses actes — dans une reconnaissance sincère envers le Bienfaiteur véritable de toute chose. Puisse chacun de nous s’efforcer, jour après jour, de faire de la gratitude non pas un sentiment passager, mais une manière d’être et de vivre. Car, comme le rappelle le Coran, c’est par la reconnaissance que l’homme grandit, se purifie et s’approche de son Seigneur. Qu’Allah nous compte parmi Ses serviteurs reconnaissants.

Notes:

[1] Robert A. Emmons et Michael E. McCullough, Giving thanks can make you happier, Harvard Health Publishing, 2011.

[2] Rāghib al-Iṣfahānī, Mufradāt alfāẓ al-Qurʾān, p. 461.

[3] Narāqī, Jāmiʿ al-saʿādāt, vol. 3, p. 611.

[4] Robert A. Emmons et Michael E. McCullough, Giving thanks can make you happier, Harvard Health Publishing, 2011.

[5] Majlisī, Biḥār al-anwār, vol. 68, p. 32.

[6] Majlisī, Biḥār al-anwār, vol. 68, p. 56.

[7] Sourate Saba, 34 : 13

[8] Makārim Shīrāzī, Tafsīr-i nimūnah, vol. 18, p. 41.

[9] Robert A. Emmons et Michael E. McCullough, Giving thanks can make you happier, Harvard Health Publishing, 2011.

[10] Sourate Ibrâhîm, 14 : 7.

[11] Sourate al-Qamar, 54 : 35.

[12] Sourate an-Nahl, 16 :121.

Sources:

  1. Coran
  2. Majlisī, Muḥammad Bāqir, Biḥār al-anwār, Beyrouth : Dār Iḥyā’ al-Turāth al-‘Arabī, 1983.
  3. Makârem Shîrâzî, Nâsir, Tafsîr-e Nemûne, Téhéran: Dār al-Kutub al-Islāmiyya, 1995.
  4. Narāqī, Muḥammad Mahdī, Jāmiʿ al-saʿādāt, Beyrouth: Mu’assasat al-A‘lamī li-l-Maṭbū‘āt, 2006.
  5. Rāghib al-Iṣfahānī, Mufradāt alfāẓ al-Qurʾān, Damas: Dār al-Qalam, 1991.
  6. Robert A. Emmons et Michael E. McCullough, Giving thanks can make you happier, Harvard Health Publishing, 2011.
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