Le bahaïsme, ou Foi bahaïe, est un mouvement religieux émergé au XIXᵉ siècle en Perse, fondé par Mirza Husayn Ali Nuri (1817–1892), connu sous le nom de Bahâu Allah. Représentant une continuité du babisme, lui-même issu de l’islam chiite, le bahaïsme prône l’unité de l’humanité, la paix mondiale, l’égalité des sexes et l’harmonie entre science et religion. Toutefois, malgré ses apparences de modernité, ce courant a été l’objet de critiques à la fois internes et externes. L’analyse qui suit vise à évaluer les fondements doctrinaux, les controverses religieuses et les critiques formulées contre le bahaïsme.
Origines et contexte historique du bahaïsme
Le bahaïsme est une secte religieuse issue du babisme[1], apparue au XIIIᵉ siècle de l’hégire (XIXᵉ siècle de l’ère chrétienne), fondée par Mirza Hossein Ali Nuri, connu sous le nom de Bahāʾ-Allāh[2]. Mirza Hossein- Ali était l’un des disciples de Sayyed Ali Mohammad Bâb, et après la mort de ce dernier, il établit le courant bahaï. Après Bahâu Allah, le leadership de la communauté fut successivement assuré par son fils Abbas Effendi, plus connu sous le nom de Abd al-Bahāʾ, puis par Shoghi Effendi, petit-fils par filiation maternelle de Abd al-Bahāʾ.
À la mort de Shoghi Effendi, une controverse éclata concernant sa succession, ce qui conduisit à la fragmentation du mouvement en différentes branches, notamment les bahaïs du Bayt al-Adl (Maison universelle de justice) et les bahaïs dits orthodoxes. Aujourd’hui, l’autorité centrale du bahaïsme est exercée par la Maison universelle de justice, siégeant à Haïfa (Israël).
Les bahaïs considèrent Bahâu Allah comme un prophète, et le bahaïsme comme une nouvelle religion abrogeant l’islam. Selon Bahâu Allah, la résurrection annoncée par l’islam s’est réalisée avec l’avènement du Bâb et s’est achevée avec sa mort. Il en serait de même pour les babis : leur résurrection aurait eu lieu avec l’apparition de Bahâu Allah et aurait pris fin avec sa disparition.
Les bahaïs accomplissent certaines pratiques cultuelles telles que la prière, le jeûne, le pèlerinage et l’observance de règles religieuses, mais selon des modalités distinctes de celles en vigueur dans l’islam.
La Maison universelle de justice du bahaïsme
La Maison universelle de justice constitue l’instance suprême du bahaïsme et représente l’autorité centrale en matière doctrinale, administrative et juridique pour l’ensemble de ses fidèles. Elle est située sur le mont Carmel à Haïfa, en Israël. Ses membres sont élus par des assemblées nationales bahaïes, qui servent de relais entre les communautés nationales et cette institution centrale.
Parmi les lieux saints du bahaïsme, on compte notamment : – la maison d’Ali Moḥammad Bâb à Shiraz, – la maison de Bahâu -Allah à Bagdad, – le jardin de Ridvān (lieu où Bahâu -Allah déclara sa manifestation), – le Maqām Aʿlā (tombeau du Bâb sur le mont Carmel), – et le sanctuaire de Bahâu Allah à Akkā (appelé « Rawḍa-ye Mobāraka »).
Les fêtes du bahaïsme comprennent notamment le Nawruz (Nouvel An persan), ainsi que les anniversaires de naissance et de décès du Bâb et de Bahâu Allah.
Le bahaïsme reconnaît plusieurs textes comme sacrés, dont : – les œuvres de Bahâu Allah, telles que Kitāb al-Aqdas, Kitāb al-Īqān, Kalemāt-e Maknūna et les Lawḥs (tablettes), – les écrits de Abd al-Bahāʾ et de Shoghi Effendi, – ainsi que des ouvrages doctrinaux comme al-Farāʾid et Ganjīna-ye ḥodūd va aḥkām.
Croyances du bahaïsme
Bahâu Allah a abrogé la religion islamique et a instauré une nouvelle religion[3]. Les bahaïs insistent sur le caractère novateur des enseignements de Bahâu Allah, qu’ils considèrent comme un prophète porteur d’un message divin inédit. Selon leur affirmation, l’humanité aurait atteint à l’époque de Bahâu Allah un niveau de maturité suffisant pour recevoir des enseignements nouveaux de la part de Dieu. Ainsi, Dieu aurait suscité Hossein Ali Bahâu pour transmettre ces enseignements à l’humanité[4].
D’après le bahaïsme, Dieu a, tout au long de l’histoire, envoyé une succession d’éducateurs et de messagers divins à l’humanité, dont le plus récent est Bahâu Allah.
Parmi les enseignements et croyances fondamentales du bahaïsme, on peut citer notamment :
Le monothéisme ,les bahaïs affirment que Bahâu Allah n’est pas Dieu lui-même, mais un serviteur ayant atteint le rang de « manifestation de Dieu » sur terre[5]. Il serait ainsi le reflet de la divinité, sans en être l’essence.
Cependant, les chercheurs et les critiques du bahaïsme soutiennent, sur la base des propres déclarations de Bahâu Allah, que les bahaïs le considèrent en réalité comme le Dieu des mondes.
Parmi les passages attribués à Bahâu Allah qui, selon eux, témoigneraient d’une revendication de divinité ou d’un statut divin explicite, figurent les suivants[6] :
Parmi les déclarations de Bahâu- Allah que les critiques du bahaïsme considèrent comme des revendications implicites ou explicites de divinité, on trouve notamment les suivantes :
« Il n’y a de dieu que Moi, le prisonnier solitaire (lā ilāha illā anā al-masjūn al-farīd) » ;
« Celui qui a créé le monde pour lui-même est emprisonné par les injustes dans les lieux les plus misérables » ;
« C’est ainsi que ton Seigneur a décrété, alors qu’il était prisonnier dans la plus misérable des cités »[7] ;
« Il n’y a de dieu que Moi, le Subsistant, l’Unique, l’Éternel… Il n’y a de dieu que Moi, le Clément et le Généreux » (anā al-bāqī al-ghafūr al-karīm) [8];
Enfin, à propos de sa propre naissance, Mirza Hossein Ali Nuri écrit : « En ce matin est né celui qui n’est pas né et qui ne donnera jamais naissance » (wa fīhi wulida man lam yalid wa lam yūlad).
Ces formulations sont interprétées par les opposants au bahaïsme comme des signes d’une prétention à l’auto-divinisation, en contradiction avec le monothéisme strict tel qu’il est compris dans la tradition islamique.
Prophétie selon bahaïsme
La Prophétie Mirza Hossein Ali Nuri (Bahâu Allah) a, dans ses écrits, revendiqué le statut de prophète et s’est présenté comme un messager de Dieu. Abbas Afandī (Abd al-Bahāʾ), son fils et deuxième dirigeant du bahaïsme, a placé Ali- Mohammad Bâb sur le même rang que les grands prophètes tels qu’Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad — que la paix soit sur eux —, le considérant comme le précurseur annonciateur de la venue de Bahâu Allah. Selon lui, Bahâu- Allah appartient à cette lignée prophétique, voire les surpasse[9].
Selon J. E. Esslemont, auteur bahaï, le bahaïsme témoigne d’un respect envers tous les prophètes, tout en affirmant que Bahâu Allah est le porteur du message divin destiné à l’époque contemporaine. Il est décrit comme le plus grand éducateur et maître spirituel mondial, venu parachever l’œuvre des prophètes précédents[10].
Néanmoins, dans certaines de ses œuvres, Bahâu Allah reconnaît explicitement le principe islamique du « khātamīyyat » (clôture de la prophétie) incarné par le Prophète Muhammad[11].
Selon Ali- Reza Ruzbehani, spécialiste contemporain du bahaïsme, il demeure difficile de déterminer avec certitude si Bahâu Allah se considérait comme Dieu, comme prophète, ou comme autre chose encore. En effet, certains textes le présentent, suivant la position d’Abd al-Bahāʾ, comme un prophète, tandis que d’autres — tenant compte de la doctrine islamique de la clôture de la prophétie — le décrivent comme une manifestation divine supérieure aux prophètes eux-mêmes[12].
La doctrine de l’au-delà dans le bahaïsme
La conception de la vie après la mort (maʿād) dans le bahaïsme se caractérise par une approche symbolique et allégorique, sensiblement différente de la perspective eschatologique islamique classique. Selon le chercheur contemporain Alireza Ruzbehani, les textes bahaïs évoquent l’existence d’un monde post-mortem, mais de manière ambigüe, sans fournir de détails concrets ni explicites sur ses modalités[13].
Dans cette optique, le bahaïsme interprète les descriptionscoraniques de la Résurrection (Qiyāma) comme des événements symboliques. Ainsi, selon les déclarations d’ Ali -Mohammad Bâb dans son ouvrage Bayān, la résurrection des musulmans aurait été inaugurée avec sa propre apparition, et elle demeurerait effective tant qu’il vivrait. À sa mort, cette résurrection prendrait fin[14]. Hossein- Ali Nuri (Bahâu- Allah), dans le prolongement de cette idée, affirma que la résurrection des bābis coïncide avec sa propre manifestation, et s’achève avec sa disparition physique[15].
Dans une perspective similaire, Jean Esslemont — auteur bahaï — rapporte que Bahâu Allah et Abd-al-Bahāʾ considéraient les descriptions traditionnelles du paradis (janna) et de l’enfer (jahannam) comme purement métaphoriques[16]. Ils rejettent leur interprétation littérale : le paradis serait ainsi l’état spirituel de perfection et de proximité avec Dieu et les âmes nobles, tandis que l’enfer représenterait le monde des carences, la privation de cette proximité et l’absence de perfection morale. La félicité du paradis serait celle de l’âme épanouie, et les souffrances de l’enfer correspondraient à l’aliénation spirituelle et à l’éloignement de la lumière divine[17].
Les douze principes fondamentaux de la foi du bahaïsme
Abbas Effendi, connu sous le nom de Abd al-Bahāʾ, fils et successeur de Bahâu Allah, joua un rôle déterminant dans la diffusion du message du bahaïsme à l’échelle mondiale. Au cours de ses voyages en Europe et en Amérique du Nord au début du XXe siècle, il exposa dans des églises, synagogues et cercles intellectuels un ensemble structuré de principes, résumés en douze enseignements fondamentaux, qui furent ensuite considérés comme les principes doctrinaux du bahaïsme[18].
Ces douze principes, proclamés comme universels et intemporels, sont les suivants :
- La recherche indépendante de la vérité (taḥarrī-ye ḥaqīqat), fondement de toute croyance authentique ;
- L’unité du genre humain ;
- Le rôle de la religion en tant que facteur de paix et d’amour entre les hommes ;
- La nécessaire concordance de la religion avec la raison et la science ;
- Le rejet des préjugés de sexe, de race, de nation, de religion ou de classe sociale ;
- La modération dans les conditions économiques (justice dans la répartition des richesses) ;
- L’unité fondamentale des religions ;
- La nécessité d’une éducation universelle pour tous les êtres humains ;
- L’adoption d’une langue et d’un alphabet communs pour faciliter la communication mondiale ;
- L’égalité entre les femmes et les hommes ;
- L’instauration d’une paix universelle et la création d’une juridiction internationale ;
- La conviction que le progrès spirituel et matériel de l’humanité dépend de l’inspiration divine (ce que le bahaïsme appelle les « souffles du Saint-Esprit » – nafaṯāt al-rūḥ al-quds)[19].
Le bahaïsme soutient que ces enseignements représentent un message spirituel inédit, jamais formulé collectivement par aucun prophète antérieur. Toutefois, plusieurs chercheurs en études du bahaïsme ont souligné que nombre de ces principes trouvent des antécédents clairs dans les traditions religieuses anciennes, notamment dans l’islam, et d’autres semblent empruntés à l’environnement philosophique et sociopolitique de l’Europe du XIXe siècle, notamment aux idéaux issus des Lumières et de la modernité occidentale[20].
Les prescriptions cultuelles du bahaïsme
Selon les chercheurs spécialisés dans l’étude du bahaïsme, une grande partie des prescriptions juridiques et cultuelles du bahaïsme dérive directement des lois énoncées par Ali- Mohammad Bâb dans son ouvrage majeur, le Bayān. Toutefois, certaines différences notables apparaissent entre les injonctions du Bâb et celles édictées ultérieurement par Bahâu -Allah[21].
L’un des piliers du culte du bahaïsme est la prière quotidienne, dont les formes et les modalités sont décrites principalement dans le Kitāb-e Aqdas (Le Livre le plus sacré). Bahâu- Allah y affirme que la prière est obligatoire à partir de l’âge de la puberté[22]. Trois types de prières sont proposés aux fidèles :
La petite prière (ṣalāt-e ṣoḡrā) ;
La prière moyenne (ṣalāt-e vosṭā) ;
La grande prière (ṣalāt-e kabīr)[23].
Selon les textes canoniques du bahaïsme, la récitation de la grande prière une fois par jour dispense de l’accomplissement des deux autres[24]. Les moments fixés pour la prière moyenne sont le matin, le midi et le soir, tandis que la petite prière est prescrite uniquement au moment du zénith solaire[25].
Par ailleurs, les écrits du bahaïsme évoquent l’existence d’une prière composée de neuf raka (unités rituelles), révélée par Bahâu -Allah. Toutefois, selon les propos de Abd al-Bahāʾ, cette prière aurait été inscrite sur un feuillet séparé, lequel aurait disparu après avoir été volé[26]. En conséquence, la forme exacte de cette prière reste inconnue à ce jour[27].
Le jeûne et le pèlerinage selon le bahaïsme
Outre la prière, la pratique du jeûne constitue un autre pilier essentiel du culte bahaïsme. Conformément aux instructions de Bahâu -Allah dans le Kitāb-e Aqdas, le jeûne s’étend du 2 au 20 mars (19 jours au total) chaque année et précède immédiatement le Nouvel An baha’i (Nowruz)[28]. Cette période, appelée mois d’Ala’ (Sublimité) dans le calendrier du bahaïsme, est réservée à l’abstinence de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil, pour tous les fidèles âgés de 15 à 70 ans, à l’exception des malades, des femmes enceintes ou allaitantes, des voyageurs et des personnes en période de menstruation[29].
Le jeûne au sein du bahaïsme vise, selon les textes, la purification de l’âme et le renforcement du lien spirituel avec Dieu, et non la pénitence corporelle telle que pratiquée dans certaines traditions religieuses[30].
Le pèlerinage (ḥajj) dans le bahaïsme, bien qu’il soit également une prescription obligatoire, présente plusieurs particularités distinctes par rapport à l’islam. Bahâu- Allah désigne deux lieux saints pour ce rite :
La maison de Bahâu -Allah à Bagdad (Bayt-e Bahāʾ),
Et la maison de Bâb à Chiraz[31].
Toutefois, dans la pratique actuelle, en raison de la destruction ou de l’inaccessibilité de ces lieux, le pèlerinage est généralement accompli par la visite des lieux saints situés à Haïfa et à Akkā (Acre), notamment :
La tombe du Bâb (maqām-e aʿlā) sur le Mont Carmel,
Le sanctuaire de Bahâu- Allah à Bahjí, près d’Akkā (rawḍat al-mubārakah)[32].
Contrairement au hajj islamique, le pèlerinage du bahaïsme n’est pas fixé à une date précise du calendrier, et sa forme a évolué avec le temps, particulièrement sous l’administration du Bayt al-ʿAdl al-Aʿẓam (Maison universelle de justice), autorité suprême du bahaïsme depuis 1963[33].
Critiques
Selon la croyance des musulmans, le bahaïsme est considéré comme une secte déviante et éloigné de l’islam.
Plus de 400 ouvrages et articles ont été rédigés en critique du bahaïsme. Certains d’entre eux ont été écrits par d’anciens baha’is ayant renoncé à leur foi, tels que Abd al-Ḥossayn Ayati Bāfeqi Yazdi.
Les revendications de Bahâu Allah à la divinité, à la prophétie et au statut de messie attendu (mawʿūd) sont jugées incompatibles avec les fondements de la foi islamique, et assimilées à une forme d’idolâtrie ou de culte de la personnalité.
Parmi les critiques adressées au bahaïsme figurent : l’incohérence doctrinale, les divisions internes profondes, ainsi que les excommunications réciproques entre les figures majeures du mouvement.
Du point de vue de ses détracteurs, le bahaïsme est une organisation politico-religieuse soutenue historiquement, selon eux, par certaines puissances étrangères telles que la Russie, le Royaume-Uni, Israël et les États-Unis.
Points de vue des autorités religieuses chiites concernant le bahaïsme
Les autorités religieuses chiites considèrent le bahaïsme comme une forme de mécréance[34], et les baha’is comme rituellement impurs[35], mettant en garde contre toute forme de relation ou de fréquentation avec eux. Selon ces autorités, les baha’is sont des ennemis de la religion et de la foi, et sont assimilés à des mécréants en guerre contre l’islam (kāfir muḥārib)[36]. Le mariage avec eux est interdit et invalide, et toute action susceptible de renforcer ou de promouvoir cette secte est jugée illicite[37].
La revendication par les dirigeants du bahaïsme d’une religion indépendante et d’une nouvelle loi religieuse implique nécessairement la négation du caractère scellé de la prophétie de Muhammad (pbsl) – et rend impossible de considérer cette secte comme une évolution interne du chiisme. De ce fait, les savants chiites ainsi que de nombreux érudits musulmans considèrent le bahaïsme comme une doctrine contraire au monothéisme[38], et qualifient cette religion de dérive doctrinale et de secte déviante au sein des musulmans[39].
notes
[1] Sadri, Bahaïsme, p. 733.
[2] Lawson, Bahaïsme, 729-730.
[3] Zahid Zahidani, Bahaiyat dar Iran, 1388 H.S, p. 103.
[4] Niyazi, Kuzargahi tarikhi, 1393 H. S, p. 312.
[5] Musavizadeh, Munadiyan tarikhi, 1393, p. 76.
[6] Nadjafi, Bahaiyan, 1383, p. 403-417.
[7] Idem, 402.
[8] Ruzbahai, Tahlil va Naqd bahaiyat, 1387 H.S, p. 93-94.
[9] Bahāʾ-Allāh, Lawḥ-i-Maqṣūd, éd. Bahá’í World Centre, Haïfa, 2009.
[10] Bahāʾ-Allāh, Le Livre Très Saint (Kitāb-i-Aqdas), Centre mondial bahá’í, Haïfa, 1992.
[11] Abd al-Bahāʾ, Les Leçons de Saint-Jean-d’Acre, éd. Maison d’Éditions Bahá’íes, 1980.
[12] Esslemont, J.E., Bahá’u’lláh and the New Era, Oxford: George Ronald, 2007.
[13] Rouzbehani, Alireza. Naqd-e ʿAqāʾed-e Bahāʾīyat, 2022, p. 142.
[14] Bāb, ʿAlī-Moḥammad, Bayān Fārsī, éd. Bahá’í World Centre, Haifa, v. 2, p. 55.
[15] Esslemont, J.E., Bahá’u’lláh and the New Era, Bahá’í Publishing Trust, 1980, pp. 192–193.
[16] Bahāʾ-Allāh, Lawḥ-i-Qiyāmat, dans Majmūʿih-yi Alvāḥ, Haifa: Bahá’í World Centre, 1982.
[17] Abd-al-Bahāʾ, Some Answered Questions, Bahá’í Publishing Committee, 1930, chap. 71.
[18] Effendi, Abd al-Bahāʾ, The Promulgation of Universal Peace, Bahá’í Publishing Committee, 1922.
[19] Rouzbehani, Alireza. Naqd-e ʿAqāʾed-e Bahāʾīyat, 2022, pp. 174–179.
[20] Saeedi, Ḥossein. Jāmeʿ-chenāsī-ye Naqd-e Bahāʾīyat, Qom: Markaz-e Baḥth-hā-ye Eslāmī, 2017, chap. 5.
[21] Rouzbehani, Alireza. Naqd-e ʿAqāʾed-e Bahāʾīyat, 2022, pp. 182–185.
[22] Bahāʾ-Allāh, Kitāb-e Aqdas, Haïfa : UHJ, §10.
[23] Ibid., §12–14.
[24] Abd al-Bahāʾ, Resāla-ye ṣalāt, cité dans Majmūʿa-ye Maktūbāt-e ʿAbd al-Bahāʾ, vol. 2, p. 134.
[25] Bahāʾ-Allāh, Kitāb-e Aqdas, §13.
[26] Abd al-Bahāʾ, Maktūbāt, vol. 2, p. 137.
[27] Saeedi, Ḥossein. Jāmeʿ-chenāsī-ye Naqd-e Bahāʾīyat, 2018, chap. 6
[28] Bahāʾ-Allāh, Kitāb-e Aqdas, §16
[29] Abd al-Bahāʾ, Maktūbāt, vol. 1, p. 88 ; Questions and Answers, Q. 66.
[30] Savi, Julio. The Eternal Quest for God: An Introduction to the Baha’i Faith, Oxford : George Ronald, 1989, p. 164.
[31] Bahāʾ-Allāh, Kitāb-e Aqdas, §32–33.
[32] Taherzadeh, Adib. The Revelation of Bahāʾu’llāh, vol. 3, Oxford : George Ronald, 1983, pp. 215–220.
[33] Momen, Moojan. A Short Introduction to the Baha’i Faith, Oxford : Oneworld, 1997, chap. 5.
[34] Gulpaygani, Madjma al Masâil, 1314 HL, vol. 3, p. 215.
[35] Bahdjat, Istiftaat, 1324 HL, vol. 1, p. 110.
[36] Makarim shirazi, Istiftaat jadid, 1427, vol. 1, p. 349.
[37] Tabrizi, Istiftaat jadid, vol. 2, p. 199.
[38] Ḥusayn Walīyān, Bahā’iyyat, 1392 HS, p. 75.
[39] Muḥammad Bāqir Ṣadr, al-Islām Yaṣṭadimu maʿa al-Bahā’iyyah,2005, p. 51