La vénérable Ruqayyah (P), est la fille de l’Imam Hussein (P), Maitre des martyres, petit-fils du Prophète Muhammad (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) , le troisième Imam des chiites qui fut tombé en martyre dans l’événement de Karbala. La mère de la sainte Ruqayyah s’appelle Umm Ishaq. La Vénérée Ruqayyah avait trois ans et elle était captivée avec les captifs du Karbala. L’histoire de la vénérable Ruqayyah (P) est reconnue comme l’un des moments les plus tragiques de l’Achoura.
Le vrai nom de la vénérée Ruqayyah (P) dans les sources historiques
Il existe deux types de sources historiques concernant le nom de la vénérée Ruqayyah (P) :
- Les sources qui ne mentionnent pas le nom et la vie de la vénérée Ruqayyah (P)
- Les sources qui abordent brièvement la vie de la vénérée Ruqayyah(P) , leur contenu est le suivant:
A) Certains sources historiques ont cité les noms de quatre fils et de deux filles pour l’Imam al-Husayn (a).[1]
Voici les noms de ses enfants avec les noms de leurs mères :
- Ali Akbar, le grand fils de l’Imam Hussein (P) , le fils de Laylâ.
- Ali b. Hussein, Ali Awsat, le quatrième Imam des chiites, connu sous le nom de Zayn al-‘Âbidîn (l’ornement des adorateurs), son titre est as-Sajjâd et Abû Muhammad. Sa mère est Shahrbânû, la fille de Yazdgird, le roi de Perse.
- Abd Allah b. al-Husayn, ou ‘Abd Allah ar-Radî'(nourrisson), surnomé Ali Asghar, martyre de Karbala. Sa mère est Rabâb.
- Ja’far b. al-Husayn, mort lorsque l’Imam (a) était en vie. Sa mère est une femme de la tribu de Qudâ’a. Il n’a pas de descendance.
- Fatima, la fille aînée de l’Imam (a). Sa mère est Umm Ishâq, la fille de Talha.
- Sukayna bt. al-Husayn, la fille de l’Imam (a). Sa mère est Rabâb.
b) Dans certains sources, le nombre d’enfants de l’Imam Hussein (P) est mentionné comme étant neuf, mais il existe une divergence d’opinion concernant l’ordre de mention de ces noms :
- Un groupe de neuf personnes a été nommé comme suit : Ali Akbar, Ali Awsat, Ali Asghar, Muhammad, Abdullah, Jafar, Zaynab, Sakina et Fatima. [2]
- Une autre série de sources mentionne également neuf enfants comme suit : Ali Akbar Shahid, Ali Awsat, Ali Asghar, Muhammad, Abdullah, Jafar, Sakina, Fatima et Zaynab. [3]
c) Un autre groupe de sources a nommé dix personnes dans cet ordre : Ali Akbar, Ali Asghar, Abdullah, Jafar, Ibrahim, Muhammad, Fatima, Sakina, Zaynab, Umm Kulthum. Ils disent également : « De ses enfants, aucun n’est resté à l’exception de Zayn al-Abidin (P), Fatima, Sakina et Ruqayyah. » [4]
d) Ibn Talha ach-Chafi’î écrivit que l’Imam (P) avait dix enfants, mais, il n’en a cité que neuf.[5] Aussi, dans certaines sources précédentes, on est rapporté le nom d’une fille de l’Imam al-Husayn (P), sous le nom de Ruqayya.[6]
e) À l’exception de ces noms,, d’autres enfants sont attribués à l’Imam Hussein (P) dans de rares récits, tels que : Amr[7] Zayd et Hamza[8]
À ce propos, l’un des chercheurs écrit : «Il existe une forte probabilité de corrections ou d’erreurs concernant les enfants de l’Imam Hassan (P), ainsi que les noms multiples de certains d’entre eux.» [9]
Après des recherches et des investigations, il semble que le nom original de Ruqayyah était Fatima ; car d’une part, l’Imam Hussein (P) aimait beaucoup les noms de ses parents, Ali et Fatima, et il appelait tous ses fils Ali (Ali Akbar, Ali Awsat, Ali Asghar) et toutes ses filles Fatima, et d’autre part, le nom Ruqayyah apparaît très rarement dans les sources historiques.
Par conséquent, le nom de la plus jeune fille de l’Imam Hussein (P) était Fatima et sa mère était Umm Ishaq, fille de Talhah ibn Abdullah Taymiyyah ; comme l’écrit Al-Irbili :
» Et Fatima bint al-Husayn et Umm Ishaq bint Talha bin Abdullah Taymiyyah. » [10]
Cheikh Abbas Qummi dit :
« … et Fatima, fille de Hussein, et sa mère, Umm Ishaq, fille de Talhah ibn Abdullah Taymiyyah. » [11]
Cheikh Mufid a mentionné dans Al-Irshad, à propos de la mère de Ruqayyah, qu’elle avait été l’épouse de l’Imam Hassan Mujtaba (P) Et qu’après son martyre, et par la volonté de l’Imam Hassan (P), elle avait épousé l’Imam Hussein (P). [12]
Naissance
Rien n’a été enregistré dans les sources historiques sur l’année et le lieu de naissance de la vénérée Ruqayyah (P), à moins que sa naissance ne soit mentionnée entre les années cinquante-sept et cinquante-huit de l’Hégire à Médine. [13]
La vénérée Ruqayyah (P) l’immaculée (P), son nom dérive de «roqiyy» signifiant «s’élever» et «progrès». Il faut mentionner que ce nom fut son titre honorifique, bien que son vrai nom ait été «Fatima».
Selon l’Imam al-Hussein (P), les prénoms «Fatima» et «Ali» avaient des sens particuliers. Il est mentionné dans les livres d’histoire que parmi les enfants de l’Imam al-Hussein (P), il existait une petite fille du nom de Fatima.
Puisque l’Imam al-Hussein (P) aimait beaucoup sa vénérée mère, il nomma Fatima chaque fille que Dieu lui offrit, de même qu’il nomma Ali tous ses fils, en l’honneur de son père, l’éminent Imam Ali (P).
Son honorable mère
La mère de la vénérée Ruqayyah (P) s’appelait Umm Ishaq., elle était considérée comme une dame vénérable et vertueuse.
Selon certains récits, l’âge béni de la vénérée Ruqayyah (P) lors de son martyre, était de trois ans mais selon certains autres récits, elle avait quatre ans, ou encore quelqu’un d’autre affirma qu’elle avait cinq ou sept ans.
La vénérée Ruqayyah (P) dans Achoura
La présence de la vénérée Ruqayyah (P) dans l’épopée d’Achoura montre une autre dimension de la gloire et de la grandeur de cet évènement. La présence de cette petite fille dans le mouvement rouge al-Husseini ne fut pas un événement simple et insignifiant.
Selon les témoignages des chroniqueurs et de ceux qui traitèrent le drame de Karbala, le trépas de la vénérée Ruqayyah (P) en tant qu’enfant martyr âgée de trois ou quatre ans, peu de temps après l’épopée sanglante de Karbala, eut lieu en 61 H.
La vénérée Ruqayyah (P), bien qu’étant toute jeune, passa les frontières de l’histoire et atteignit l’éternité. Il semble que ce soit peut-être la première chose merveilleuse à propos de la vénérée Ruqayyah (P), de même que pour son frère, Ali Asghar (Psl), un nourrisson, parvenir à une telle vénération, autrement dit il semble qu’un autre événement important de l’épopée d’Achoura soit la diversité des âges de ses personnages, du plus jeune au plus âgé (Habib ibn Mazaher).
Les malheurs et les épreuves que la vénérée Ruqayyah (P) a subis de Karbala à Koufa, de Koufa à Damas étaient si tristes et si effroyables qu’ils choquèrent la conscience de tout homme libre et pieux mais aussi touchèrent et blessèrent l’âme et le cœur.
Supporter la chaleur intense et la soif, la présence sur le champ de bataille du martyre de ses parents, être otage et témoin de comportements odieux, de persécutions et tourments physiques et spirituels, la nostalgie de son père dans les ruines de Syrie,… furent les signes des grandes épreuves auxquelles une petite enfant fut confrontée.
Certains récits racontent que la vénérée Sakina (P), âgée de trois ans lors de l’épopée de Karbala, aurait dit à sa sœur très vraisemblablement la vénérée Ruqayyah (P) : « Allons attacher notre père et ne permettons pas qu’il parte et qu’il meurt » [14].
En entendant ces paroles, l’Imam al-Hussein (P) aurait pleuré. La vénérée Ruqayyah (P) en appelant son père, aurait dit : « Papa, je ne t’empêcherai pas; mais attends, je voudrais te voir » [15].
Le martyre de la sainte Ruqayyah
Après le martyre du Maître des martyrs (P), les captifs de la maison de la prophétie ont dû passer par de nombreux autres événements tragiques de haine contre eux, l’oppression et l’injustice des Omeyyades sur Ahl Al-Bayt (P), parmi lesquels le martyre de la sainte Ruqayyah, fille de l’Imam Al-Hussein (P), qui a eu lieu le cinquième jour du mois de Safar en 61AH, quand Ahl Al-Bayt (P) ont été emprisonnés dans le donjon de Cham (Syrie), dans lequel sainte Ruqayyah (P) a vu dans ses rêves son père Imam Al-Hussein (P), alors elle s’est réveillée le cœur brisé, pleurant et a commencé à chercher son père partout. Toutes les dames essayèrent de la consoler pour qu’elle arrête de pleurer mais elle n’eut aucune paix et continua à pleurer. « O ma chère tante, où est mon père il y a quelques minutes j’étais avec mon père et il m’a embrassé et m’a dit ma chère Ruqayyah tu seras bientôt avec moi … Mais où est mon père maintenant ?
Toutes les dames et les enfants ont commencé à pleurer et maintenant ce bruit de pleurs avait réveillé Yazid (qu’Allah le maudisse) qui a envoyé ses serviteurs pour demander pourquoi ils pleuraient. Ils l’ont informé que sainte Ruqayyah (P) demande après son père et c’est pourquoi elle pleurait, et Yazid, pour son plaisir sadique, leur a ordonné d’envoyer la tête coupée de l’Imam Al-Hussein (P) à la prison et quand elle a reçu la tête de son père elle a commencé à pleurer encore plus et l’a serrée très fort et a demandé à son père : « Qui t’a couvert de ton sang ? O père, qui t’a coupé la tête, ô père, qui m’as rendu orpheline à mon jeune âge ? O père, à qui nous sommes-nous après ? O père, qui prendra soin de l’orpheline jusqu’à ce qu’elle grandisse ? … « [16].
Elle posa alors ses petites lèvres sur ses lèvres saintes de son père (p) et pleura lourdement jusqu’à ce qu’elle perde conscience, et il y eut un silence dans la cellule. Tout le monde pensait que Ruqayyah s’était enfin endormi, l’Imam As-Sajjad (p) a appelé sa tante Dame Zaynab (p) : « O Tante, lève Ruqayyah de la tête de mon père, elle est morte ! » Cela a renouvelé le chagrin et l’affliction d’Ahl Al-Bayt (P) qui ont commencé à pleurer.
Adieu à la vénérée Ruqayyah (P)
Lorsque la caravane des prisonniers de Karbala revint à Médine, une profonde tristesse tourmenta la vénérée Zaynab (P) ; comment aurait-elle pu quitter Kharabeh-ye-et sham ? Une jeune fleur du jardin d’Hussein (P) repose dans ces ruines, et le soir embaume la vénérée Ruqayyah (P) ; la vénérée Ruqayyah était le souvenir d’un frère, la chérie d’un père et un trésor entre les mains de Zaynab (as). Comment aurait-elle pu entrer à Karbala et à Médine sans Ruqayyah ?
La tristesse a envahi Damas, et des cris ont une fois de plus rompu le silence de la ville[17].
Conclusion
La recherche sur la vie de la vénérée Ruqayyah (P) et la manière dont elle a été martyrisée a clairement mis en évidence le rôle crucial de la vénérée Ruqayyah (P) dans la transformation de l’événement d’Achoura en un flux historique fluide.
L’histoire de la vénérée Ruqayyah (P) est considérée comme l’un des événements les plus tragiques de l’Achoura, et témoigne de la haine et de l’inimitié de Yazid. Après son martyre dans Kharabeh-ye Syrie, la petite Ruqayyah et la mémoire de l’Imam Hussein (P) y furent enterrées, et son sanctuaire devint un lieu de rencontre pour les amoureux des cœurs brûlants d’Abou Abdullah (P).
References
1-Al-Îrshâd, Cheikh al-Mufîd, v 2 p 135; Ibn Shahrâshûb, , vol 4, p 123
2- Al-Irbili, Kashf al-ghumma, v 2 p 5
3-Ibn Shahrâshûb, Manâqib l Abî Tâlib, vol 4, p 109
4-Labab al-Ansab wa al-Aqab wa al-A’qab, vol 4, p 349-350
5-Matâlib as-Su’ûl fi Manâqib Âl ar-Rasûl, v 2 p 69
6-Rawda ash-Shuhadâ, v 1 p 389-390 et A’yân ach-Chi’a, v 7 p 34
7-Ibn Hayyun, Sharh al-akhbar fi fada’il al-A’imma al-Athar, vol 5, p 448
8-Ibn Shahrâshûb, , vol 4, p 113
9-Rey Shahri, Shahadat Nameh Imam Husayn, vol 1, p 149
10-Al-Irbili, Kashf al-ghumma, v 2 p 250
11-Cheikh Abbas al-Qummî, Nafas al-Mahmûm, vol 1, p 462
12-Al-Îrshâd, Cheikh al-Mufîd, v 2 p 138
13-Ali Rabbani Al Khalkhali, Setareh derakhshan sham, p219
14-Al-Îrshâd, Cheikh al-Mufîd, v 2 p 135; Ibn Shahrâshûb, , vol 4, p 123
15-Al-Îrshâd, Cheikh al-Mufîd, v 2 p 135; Ibn Shahrâshûb, vol 4, p 123
16-Tabari, Kāmil-i Bahāʼī, vol 2, p 179
17-Ibn Tâwûs, p 179
Bibliographie
- Abbas b. Muhammad Ridâ al-Qummî Nafas al-Mahmûm fî Musîbat Sayyidina al-Husayn al-Mazlûm (traduction persan)Qom, Publications de la Sainte Mosquée Jamkaran.
- Abu Hanifa Nu’man b. Muhammad b. Mansur b. Ahmad b. Hayun al-Tamimi al-Maghribi ,Sharh al-akhbar fi fada’il al-A’imma al-Athar, Qom: Jāmiʿa Mudarrisīn, 1414 AH.
- Abu l-Hasan ‘Ali b. ‘Isa Hakkari, Baha’ al-Din al-Irbili, Kashf al-ghumma fī maʿrifat al-aʾimma. Beirut: Dār al-Aḍwāʾ, 1405 AH.
- al-Ḥasan ibn ʻAlī ʻImād al-Dīn Ṭabarī, Kāmil-i Bahāʼī, Téhéran, Mortazawi, 2004.
- Ali Rabbani Al Khalkhali, Setareh derakhshan sham, Sous-titre :Hazrat Ruqayyah, la fille de l’Imam Hussein (p), Mactab Al Hussein , Qom, 1378 AH.
- Ibn Fanduq, Ali ibn Abi al-Qasim Bayhaqi, (1428 AH), Labab al-Ansab wa al-Aqab wa al-A’qab, Qom: The school of the grand Ayatollah Marashi al-Najafi al-Kubra, second.
- Ibn Tâwûs, ‘Alî b. Mûsâ, Iqbâl al A’mâl, Dar al Kutub al Islâmiya, Téhéran, 1367 de l’hégire solaire
- Muhammadi Rey Shahri, Shahadat Nameh Imam Husayn, Institut scientifique et culturel, Qom, Dar al-Hadith.