Les facteurs de l’unité et de la cohésion dans le Coran et Hadith
Introduction
L’unité et le rassemblement font partie des enseignements fondamentaux de l’Islam.
La cohésion islamique compte parmi les principes stratégiques auxquels le Coran et la sirah du Prophète (Paix et salut sur et sa sainte famille) et des imams saints (Paix sur eux) accordent un intérêt spécial.
Dans les enseignements coraniques, l’unité jouit d’une telle importance que le Coran la cite comme un bienfait et parle de l’intervention directe de Dieu à ce propos. Il demande en même temps aux musulmans de se rappeler de l’amère période des hostilités et des émeutes et d’essayer de maintenir l’unité.
« Et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. » (Al Imran-103).
Le grand Prophète de l’Islam (que le salut de Dieu soit lui et sur ses descendants) a appelé tous les musulmans de quelle origine qu’ils soient, à l’affabilité, les considérant comme des frères des uns des autres.
Les Imams d’Ahl-ul-Bayt ont montré à maintes reprises leur souci de préserver l’unité de l’Islam, de sauvegarder sa force et la cohésion de ses rangs, et d’œuvrer en vue d’effacer les rancœurs entre les Musulmans.
Dans cet article, nous donnons des explications sur les facteurs de l’unité et de la cohésion dans le Coran et Hadith
Facteurs pour créer l’unité
- Les facteurs de création de l’unité du point de vue du Coran
1- Monothéisme
Le monothéisme signifie la croyance en l’unicité d’Allah à tous les égards. IL est Un. IL est le Seul Créateur. IL est le Seul à diriger le monde. IL est le Seul à mériter le culte et l’adoration. IL est Unique sous beaucoup d’autres aspects.
Du point de vue du Coran, au tout début, l’humanité était unie dans un monothéisme pur.
Dieu dit :
كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً فَبَعَثَ اللَّـهُ النَّبِيِّينَ مُبَشِّرِينَ وَمُنذِرِينَ وَأَنزَلَ مَعَهُمُ الْكِتَابَ بِالْحَقِّ لِيَحْكُمَ بَيْنَ النَّاسِ فِيمَا اخْتَلَفُوا فِيهِ ۚ وَمَا اخْتَلَفَ فِيهِ إِلَّا الَّذِينَ أُوتُوهُ مِن بَعْدِ مَا جَاءَتْهُمُ الْبَيِّنَاتُ بَغْيًا بَيْنَهُمْ ۖ فَهَدَى اللَّـهُ الَّذِينَ آمَنُوا لِمَا اخْتَلَفُوا فِيهِ مِنَ الْحَقِّ بِإِذْنِهِ ۗ وَاللَّـهُ يَهْدِي مَن يَشَاءُ إِلَىٰ صِرَاطٍ مُّسْتَقِيمٍ
« (Tous) les gens formaient (à l’origine) une seule communauté ; (mais ils s’opposèrent), alors Dieu (leur) envoya des prophètes pour leur annoncer la bonne nouvelle et pour les avertir. C’est ainsi qu’Il leur révéla les Écritures contenant la vérité pour leur servir de juge et trancher leurs différends. » (Coran 2:213)
Ce verset évoque d’abord la période de la naissance de la communauté humaine, époque pendant laquelle la vie individuelle et collective des gens était extrêmement simple et elle était gérée, donc, par des lois simples de la nature. Mais au fur et à mesure avec le développement des civilisations et des cultures différentes dans les quatre coins du monde, la divergence a pris évidemment la place de cette unité primitive. C’est là que Dieu envoya ses prophètes pour qu’ils guident les gens vers la vérité. Dieu fit descendre le Livre pour établir Sa loi sur la terre. Dans la vision coranique, il n’y a pas de différence entre les Livres saints des trois grands religions monothéistes à savoir la Bible, l’Evangile et le Coran, car, au départ, ils étaient initialement porteurs des vérités divines pour toute l’humanité. C’est la raison pour laquelle dans de nombreux verset ces trois Livres saints sont évoqués au singulier dans le noble Coran. Les fidèles qui se confient entièrement à la volonté de Dieu et qui obéissent aux prophètes et au Livre, seront sauvés, car ils seront protégés par Dieu Clément et Miséricordieux. Et Dieu guidera qui Il veut.
Dieu dit dans le verset 19 de la sourate Yunus:
وَمَا كَانَ النَّاسُ إِلَّا أُمَّةً وَاحِدَةً فَاخْتَلَفُوا وَلَوْلَا كَلِمَةٌ سَبَقَتْ مِن رَّبِّكَ لَقُضِيَ بَيْنَهُمْ فِيمَا فِيهِ يَخْتَلِفُونَ
Les hommes formaient d’abord un seul peuple ; ils se divisèrent par la suite ; et si la parole de Dieu, différant leur châtiment et leur donnant un délai, n’avait pas été révélée précédemment, le sujet de leur dissentiment aurait été décidé dans ce bas monde. (10:19)
Dans le verset 19 de la sourate X, le noble Coran nous dit que les humains faisaient, d’abord, un peuple unique, et qu’ils avaient tous leur nature innée qui les faisait se tourner vers leur Seigneur.
Mais au fur et à mesure, les humains se divisèrent et ils firent l’objet de tentations diaboliques. Certains devinrent associationnistes, les autres devinrent idolâtres.
La communauté humaine se divisa, alors, en deux groupes : celui des croyants et celui des mécréants.
L’humanité n’a connu l’idolâtrie que dix époques après Adam (ce qui nous amène à l’époque de Noé, que la paix soit sur eux deux). C’est à ce moment que l’idolâtrie et le polythéisme ont fait leur apparition. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Dieu envoya Noé, i.e. pour inviter les gens à revenir au monothéisme pur et pour les exhorter à abandonner l’adoration des idoles.
Mais quand Noé tenta de parler à son peuple, celui-ci se détourna de lui. Dieu dit : « Ils ont ourdi un vaste complot; ils ont dit : « N’abandonnez pas (vos divinités) Wadd, Souwa, Yagouth, Yaouq et Nasr. » (Coran 71:23)
Ibn Abbas nous apprend que ces noms appartenaient à des gens pieux ayant fait partie de la nation de Noé. Lorsque ces personnes pieuses décédèrent, le diable inspira aux gens d’ériger des statues à leur effigie aux endroits où elles avaient vécu. Cependant, au moment où ils érigèrent ces statues, ils n’allèrent pas jusqu’à les adorer. Ce sont les générations suivantes qui les prirent comme objets d’adoration. Plus tard, les idoles du peuple de Noé devinrent les idoles des tribus arabes.[1]
Cette situation se poursuivit jusqu’à ce que Dieu envoie le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sa sainte famille).
Toutes les nations reçurent un prophète qui les appela à l’adoration exclusive de Dieu. Dieu dit : « Et il n’est point de nation qui n’ait été avertie par un messager. » (Coran 35:24)
L’histoire des prophètes montre que tous invitaient à l’unicité et rejetaient toute forme d’idolâtrie et de culte des idoles. En fait, aucune réforme ne peut être apportée dans les sociétés humaines si on n’invite pas les gens dans cette voie. En effet, l’union dans la société, la coopération, l’assistance et le sacrifice de tous sont des choses qui s’enracinent dans l’unicité derrière l’adoration d’un seul Seigneur.
Le monothéisme un élément essentiel dans la coopération et la cohabitation entre les adeptes des écoles islamiques
En d’autres termes la connaissance de l’unicité et de l’essence pure de Dieu constitue l’âme même des croyances islamiques de sorte qu’on peut dire clairement : les fondements et les actes pratiques de l’islam naissent tous de l’unicité. On parle partout de l’unicité, l’unicité de l’essence divine, l’unicité de ses attributs, l’unicité des actes de Dieu. En clair, l’unicité de l’appel des prophète, l’unicité de la religion et de la législation, l’unicité de la direction de la prière, de notre livre céleste, l’unicité des dispositions pratiques, des dispositions et des lois divines pour tout le monde et finalement, l’unicité dans les rangs des musulmans et aussi l’unicité du jour du jugement.
Alors non seulement, l’islam repose sa pensée et son idéologie sur l’unicité et l’union, les questions sociales, politiques et économiques tournent autour de « l’unicité et l’union » et c’est sur cette base que se dessine le rassemblement islamique.
2- S’accrocher fermement à la corde d’Allah
Allah nous enseigne dans le Coran :
وَاعْتَصِمُوا بِحَبْلِ اللَّـهِ جَمِيعًا وَلَا تَفَرَّقُوا وَاذْكُرُوا نِعْمَتَ اللَّـهِ عَلَيْكُمْ إِذْ كُنتُمْ أَعْدَاءً فَأَلَّفَ بَيْنَ قُلُوبِكُمْ فَأَصْبَحْتُم بِنِعْمَتِهِ إِخْوَانًا وَكُنتُمْ عَلَىٰ شَفَا حُفْرَةٍ مِّنَ النَّارِ فَأَنقَذَكُم مِّنْهَا كَذَٰلِكَ يُبَيِّنُ اللَّـهُ لَكُمْ آيَاتِهِ لَعَلَّكُمْ تَهْتَدُونَ
“Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » (câble ou corde) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés.” . Sourate Âl-i İmrân 3:103
Notre Prophète (paix et salut sur lui et sa sainte famille) a décrit le Coran comme “la corde d’Allah suspendu entre le ciel et la terre”. [2]
Ce verset concerne la société des croyants, leur disant de s’unir et de s’accrocher au câble d’Allah. Qu’entend-on par le câble d’Allah? Dans ce verset, le câble est interprété comme étant soit le Saint Coran, soit la Religion de l’Islam, soit les Ma’sūmīn (a), soit l’ensemble de ces propositions. La dernière interprétation est la plus probable.
Tous servent de lien entre Allah et l’être humain et ont la même fonction. Le câble d’Allah aide les êtres humains à faire disparaître la noirceur et l’ignorance, la complaisance envers soi-même et la bassesse afin d’atteindre les sommets de l’ascension spirituelle. Il porte l’être humain lui permettant de s’élever et de réaliser tout son potentiel. C’est donc un moyen d’évasion et de secours.
Un mot significatif dans ce verset est jamī’an – tous ensemble. Le verset donne une direction qui est celle de combiner les efforts et aller de l’avant ensemble. L’Islam cherche à unir les gens sur la base de la pensée, de la concentration et des objectifs. Il y a de la force dans l’unité. Il y a aussi l’encouragement, l’épanouissement, la joie et beaucoup d’autres résultats positifs venant du fait de faire partie d’un groupe solide.
La communauté des croyants a une vision qui n’est pas assaillie par les différences. La désunion crée la faiblesse, et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez vos forces (Q 8:46). L’unité et les bonnes relations renforcent un groupe de personnes et leur permettent de réaliser beaucoup de choses. Ainsi, l’Imam Ali (as), dans son testament après avoir été blessé par Ibn Muljim dit à ses fils: Je vous recommande ainsi qu’à tous mes descendants, parents et lecteurs de cette lettre d’aimer Dieu, de vous entendre, de resserrer vos liens car j’ai bien entendu de votre grand-père, le Prophète, dire: “Réconcilier les esprits est préférable à toute prière et à tout jeûne” [3].
Quand les croyants se réunissent, ils exposent une force grandiose. Cela se voit le plus clairement dans le rassemblement qui prend de l’ampleur chaque année – celui du rassemblement pendant l’Arba’īn des Shuhadā de Karbala en Irak. La marche est devenue un phénomène très évoqué, avec des gens du monde entier qui veulent y participer. Il a été décrit comme un affichage extrêmement puissant de la croyance et de la solidarité chiites. (Patrick Cockburn, independent.co.uk) Bien entendu, l’objectif ne devrait pas être seulement un affichage extérieur de l’unité, mais aussi un alignement intérieur des objectifs.
Récitons ce verset pour nous rappeler l’importance de conserver ce qui créera l’unité – dans la famille, la communauté, la société. La connexion à Allah est le câble sur lequel nous pouvons tous nous accrocher et monter vers Lui beaucoup plus vite.
Le verset 102 de la sainte sourate Al Amram appelle explicitement les musulmans à l’unité autour de leur foi et leur croyance en Dieu. Le noble Coran évoque alors l’époque où les gens étaient hostiles les uns aux autres, avant qu’ils ne convertissent à l’Islam. Mais la foi en Dieu les sauva de l’impureté et de l’immoralité et ils devinrent frères et sœurs.
L’unité dont nous parle le Livre saint va au-delà des critères humains comme la race, les liens ethniques ou linguistiques, ou des intérêts matériels qui sont tous passagers, mais il s’agit de la piété et de la foi en Dieu unique.
3-Formation d’une communauté musulmane
Pour former une communauté musulmane, sur la base des enseignements coraniques, le Prophète de l’islam (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) a procédé à reformer la vision de son peuple et pour cela, il a changé les concepts et employant les termes existant, a créé au fur et à mesure de nouveaux concepts chez les croyants.
L’un des concepts existant dans la culture islamique et qui manifeste la cohérence, la convergence et la sympathie au sein de la communauté musulmane est celui d’ « Ansar ». Le meilleur exemple pour mettre en place une communauté coranique par le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) est la sympathie et la convergence qui ont donné naissance à « Ansar » à Médine.
Pour le Coran, l’un des objectifs du Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) est la formation d’une communauté et il considère la communauté islamique du temps du Prophète comme la meilleure oummah et société. L’un des traits caractéristiques cités par le Coran pour la oummah est que les gens y supervisent les œuvres des uns des autres, qu’ils recommandent le bien et interdisent le mal sur la base de la bonté et de la vertu.
وَتَعَاوَنُواْ عَلَى الْبرِّ وَالتَّقْوَى…
Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété (Maida-2). La fraternité basée sur la foi est telle qu’ils agissent par le sacrifice, ils évitent d’espionner les uns les autres et évitent de dire du mal les uns des autres, de calomnier les uns les autres… Le Coran en cite de nombreux exemples. Il regarde l’unité d’un point de vue social et met l’accent sur l’importance de l’unité au sein des hommes et des religions monothéistes.
اذْكُرُواْ نِعْمَةَ اللّهِ عَلَيْكُمْ إِذْ كُنتُمْ أَعْدَاء فَأَلَّفَ بَيْنَ قُلُوبِكُمْ فَأَصْبَحْتُم بِنِعْمَتِهِ إِخْوَانًا
et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères. (Al Imran-103).
Dans les enseignements coraniques, l’unité jouit d’une telle importance que le Coran la cite comme un bienfait et parle de l’intervention directe de Dieu à ce propos. Il demande en même temps aux musulmans de se rappeler de l’amère période des hostilités et des émeutes et d’essayer de maintenir l’unité.
4-S’accrocher aux Ahlul bayt
Le terme « Ahlul-Bayt » est commun pour les Musulmans. Bien qu’il puisse paraître confus sous un voile d’incompréhension, cette obscurité peut disparaître au moyen de la lumière de la raison pour que la trajectoire en soit éclairée. Ceci peut paraître manquer de valeur à la vérité. Pour convaincre le lecteur au sujet de sa réalité, il serait nécessaire de faire référence au Noble Coran, le point central de l’unité des Musulmans et du livre très divin qui est décrit comme la plus grande des valeurs.
Là, nous pouvons lire:
«فَاسْأَلُواْ أَهْلَ الذِّكْرِ إِن كُنتُمْ لاَ تَعْلَمُونَ»
« Demandez donc aux Gens du Rappel si vous ne savez pas. »
Sourate les abeilles (An-Nahl) 16: 43.
Qui sont ces Gens du Rappel qui peuvent sauver les gens de l’errance et leur montrer la trajectoire de la vérité et de la connaissance?
Ibn Jarir al-Tabari, dans son exégèse, rapporté par Jabir al-Ja’fi sur l’autorité de l’Imam Ali (as), a répondu clairement à cette question.
L’imam Ali (as) a dit:
«نحن اهل الذكر»
« Nous sommes les Gens du Rappel. » [4]
Lorsque al-Harith demanda à l’Imam Ali (as) d’expliquer davantage ce fait, l’Imam Ali (as) répondit énergiquement :
«والله انا نحن اهل الذكر، نحن اهل العلم و نحن معدن التأويل والتنزيل»
« Par Allah, Nous sommes les Gens du Rappel, nous sommes les Gens de la Connaissance, et nous sommes la voie de l’interprétation et de la révélation. » [5]
Certes, on peut affirmer que, tant que le Noble Coran et les traditions du Saint Prophète (saw) seront deux axes majeurs et les structures réelles Islamiques de la vraie unité de la Ummah et de la consolidation, l’ambiguïté sur beaucoup de questions sera par conséquent supprimée et la vérité sera donnée par « les Gens du Rappel », c’est-à-dire les Ahlul-Bayt du Saint Prophète (saw)
C’est un fait évident que, dans toute l’histoire Islamique, au début de l’Islam, et à travers les successeurs du Saint Prophète (saw), les dirigeants Islamiques avaient une approche respectueuse envers les Ahlul-Bayt (as).
Les paroles du Saint Prophète de l’Islam (saw) vérifient ce point. Pendant sa direction de la Ummah, il révèle la clé à prendre pour une Trajectoire Droite, et fait mention, qu’après lui et jusqu’au jour de la Résurrection, le seul chemin qui mène à la prospérité est d’adhérer au Noble Coran et aux Ahlul-Bayt :
«انى تارك فيكم ما ان تمسكتم به لن تضلوا بعدى، احدهما اعظم من الآخر: و هو كتاب الله حبل ممدود من السماء الي الارض و عترتى اهل بيتى و لن يفترقا حتي يردا علي الحوض، فانظروا كيف تخلفونى فيهما»
« Certes, je vous laisse certaines choses que, si vous vous y attachez, vous ne serez jamais égarés après moi, l’un étant aussi précieux que l’autre. Le premier est le Livre d’Allah, tenu par une corde, des cieux vers la terre, et l’autre ma Famille, les Gens de ma Maison; ils ne se sépareront jamais jusqu’à ce qu’ils viennent vers moi à la Rivière, ainsi laissez-moi voir comment vous les traiterez (en mon absence) » [6]
Il est intéressant de noter que, de cette tradition, le Noble Coran et les Ahlul-Bayt (as) ensembles et s’accompagnant, sont considérés comme la clé de la résistance et de la droiture ; et omettre l’un d’entre eux signifie tomber dans le piège de la plus grande erreur.
Dans les paroles du Saint Prophète (saw), les Ahlul-Bayt (as) ne sont pas uniquement les sauveurs de l’homme du piège, mais ils règlent aussi les différends. En fait, les différends ne proviennent de rien d’autre que de la perception de réalités différentes et controversées, et les Ahlul-Bayt (as), en tant que détenteurs de la vérité pure, supprime la racine de ces discordances et les effets de cette grande erreur.
Le récit d’Ibn Abbas est de ce fait considérable. Il cite le Prophète (saw) disant :
«النجوم امان لاهل الارض من الغرق واهل بيتى امان لامتى من الاختلاف»
« Les étoiles préservent les habitants du monde de tomber et ma Famille (Ahlul-Bayt) sauve mon peuple du désaccord. » [7]
Alors, si le rôle crucial des Ahlul-Bayt (as) est de ce fait apprécié pour leurs capacités de régler les différends et guider vers la pure vérité, il n’y aura aucune autre alternative que de se diriger vers leur connaissance et leur tradition et prendre en considération leurs paroles et actions. C’est seulement dans ce chemin qu’il serait possible de trouver des solutions aux problèmes et à la consolidation, pour arriver à l’unique vérité.
En fait, sans adhérer aux enseignements de l’Ahlul-Bayt (as), les intérêts de la Ummah Islamique seraient atteints dans sa meilleure forme possible et le chemin de la compréhension de l’Islam authentique, dans tous ses aspects, serait obstrué.
Il ne faut pas oublier que les Ahlul-Bayt (as) ont soufferts continuellement de troubles, pour protéger les intérêts de la Ummah Islamique, et à travers l’enjeu, ils ont toujours considéré la protection de l’Islam plus importante que tout.
Les recommandations et le soutien de l’Imam Ali (as)dans les problèmes et les crises, l’acceptation du contrat de paix par l’Imam al-Hassan (as)dans les cruciales conditions de cette époque et la déclaration de guerre à Rome, le martyre de l’Imam al-Hossein pour la proposition de réforme, les supplications de l’Imam al-Sajjad (as)en faveur des prisonniers et gardiens de la frontière des terres Islamiques, les séminaires scolaires de l’Imam al-Baqir (as)et de l’Imam al-Sadiq (as)pour la défense dans le domaine des croyances Islamiques, tout certifie l’idée que les Ahlul-Bayt(as)dans chaque période et chaque région, ont entrepris, plus qu’autre chose, de conserver l’héritage inestimable du Saint Prophète (saw), à savoir l’Islam, cette religion qui est la conclusion de toutes les religions divines et qui est un chemin vers la culmination de l’être humain.
Le message de paix et de coexistence avec les autres sectes Islamiques, également originaires du même point de vue, est que l’Imam al-Sadiq (as)désirait inviter ses partisans pour son message d’unité, aux congrégations religieuses du comportement social et de la bonne conduite, et le fait d’éviter cet ordre compterait comme un exemple de disgrâce.
«صلوا فى مساجدهم و عودوا مرضاهم واشهدوا جنائزهم فانكم اذا فعلتم ذلك قالوا: رحم الله جعفراً ما كان احسن ما يؤدّب اصحابه»
« Priez ensemble avec eux, rendez visites aux gens malades, et assistez aux cérémonies funéraires de leur morts, afin qu’ils puissent dire : Que Dieu bénisse Mohammad ibn Ja’far (as) qui a instruit ses compagnons. Soyez une source d’excellence pour nous, et ne soyez pas une source de disgrâce pour nous » [8]
On peut conclure qu’à travers l’appréciation du rôle central d’Ahlul-Bayt (as), qui sont, eux-mêmes, l’incarnation du Noble Coran et de la tradition prophétique, nous pouvons espérer un futur éclairé en nous inspirant d’eux. Ce futur conduira les chercheurs de vérité au solide domaine de la foi, et accomplira le vrai objectif de la création qui est d’atteindre la culmination divine, et fournira à l’être humain la position surdouée du Califat sur terre.
5-Resserrer les liens familiaux
Le maintien des liens de parenté est un concept de base stipulé dans la religion islamique, il vise à maintenir l’entente au sein de la famille et à prévenir la séparation de ses membres.
Le Coran enseigne aux musulmans comment doit être leur comportement vis-à-vis aux liens familiaux
يَا أَيُّهَا النَّاسُ اتَّقُوا رَبَّكُمُ الَّذِي خَلَقَكُم مِّن نَّفْسٍ وَاحِدَةٍ وَخَلَقَ مِنْهَا زَوْجَهَا وَبَثَّ مِنْهُمَا رِجَالًا كَثِيرًا وَنِسَاءً وَاتَّقُوا اللَّـهَ الَّذِي تَسَاءَلُونَ بِهِ وَالْأَرْحَامَ إِنَّ اللَّـهَ كَانَ عَلَيْكُمْ رَقِيبًا
O hommes et femmes, soyez pieux et pieuses envers votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, Adam, et d’un seul principe vital. Et Il a créé de lui, son épouse, Eve, et par eux Il a disséminé beaucoup d’hommes et de femmes. Soyez pieux envers Dieu que vous invoquez dans vos requêtes et respectez les liens de parenté, car Dieu est votre Surveillant, de vos intentions et de vos actes. (4:1)
. Dans ce premier verset de la sourate Les Femmes, le Coran conseille aux hommes et aux femmes d’être pieux et pieuses. Ce verset évoque la création d’Adam et d’Eve, et la création ensuite, des autres hommes et femmes qui sont en fait les descendants de ce premier couple.
Dans ce premier verset de la sourate IV, le Coran nous invitent, en fait, deux fois à la piété, ce qui indique l’importance de la piété d’abord dans l’élévation spirituelle de l’Homme et ensuite dans les liens que les humains établissent entre eux, des liens de parenté et surtout les liens qui unissent l’homme et la femme, en tant qu’époux et épouse.
Ce verset nous dit que Dieu créa l’être humain d’un seul esprit pour indiquer d’abord qu’il n’y a pas de différence parmi les hommes et les femmes. En effet, l’Islam rejette les différences de sexe, de race, de langue et de culture, et nous apprend que tous les humains sont égaux et que s’il y a une distinction parmi les humains, c’est par le niveau de leur foi et de leur piété.
En ce qui concerne l’homme et la femme, il y a bien sûr des différences physiques et psychiques entre eux, mais ils sont les uns comme les autres du même esprit unique.
Dans de nombreux versets, le noble Coran appelle les musulmans et les musulmanes à respecter les liens de parenté. C’est un devoir pour tout musulman d’être obéissant et respectueux à ses parents.
En effet, l’Islam accorde une grande importance aux liens familiaux et sociaux et appelle les gens à la piété pour qu’ils respectent mieux les droits de leurs semblables. Aux yeux de Dieu, tous les humains sont égaux et Il les ordonne à s’aimer et à se respecter.
Le noble Coran, dans la sainte sourate Raad (Le Tonnerre) dit:
الَّذِينَ يُوفُونَ بِعَهْدِ اللَّـهِ وَلَا يَنقُضُونَ الْمِيثَاقَ
وَالَّذِينَ يَصِلُونَ مَا أَمَرَ اللَّـهُ بِهِ أَن يُوصَلَ وَيَخْشَوْنَ رَبَّهُمْ وَيَخَافُونَ سُوءَ الْحِسَابِ
Les sages sont ceux qui remplissent leur engagement envers Dieu et ne violent pas le pacte, (13:20)
Qui unissent ce que Dieu a commandé d’unir, redoutent leur Seigneur et craignent une malheureuse reddition de compte. (13:21)
Dans les passages précédents, nous avons lu ensemble des versets de la sainte sourate «Raad» («Le Tonnerre»), qui disaient que les vrais sages étaient ceux qui croyaient en Dieu et qui obéissaient à Son messager.
Les versets 20 et 21 de la sourate XIII ajoutent que les sages restent fidèles à leur pacte avec le Seigneur et ne le violent pas. Les vrais serviteurs de Dieu craignent le jugement dernier et s’abstiennent du péché et des vices.
Les pactes auxquels ces deux versets de la sourate «Raad» font allusion sont multiples. Il s’agit, d’abord, des pactes de foi, dont la croyance à l’unicité de Dieu, la prophétie et la résurrection. Il y a, ensuite, des pactes portant sur le respect de la loi divine qui gère la vie des humains.
L’un des pactes que les sages renouent avec le Seigneur consiste à ne jamais se soumettre aux rebelles et à soutenir le camp du Juste. Les fidèles s’engagent, aussi, à respecter leurs parents, à être amis avec leurs frères et sœurs, à aider leur prochain, et à faire la charité.
Les versets 20 et 21 de la sourate XIII nous apprennent que les vrais fidèles sont des personnes sages, qui s’engagent à respecter leurs pactes avec Dieu et leurs pactes avec les membres de leur communauté, leur famille et leurs frères et sœurs coreligionnaires.
L’islam est particulièrement sensible par rapport au lien de famille, l’assistance et l’affection vis-à-vis des parents. C’est pour cette raison qu’elle interdit formellement la rupture des liens de famille et de liens de parenté. Les liens de famille sont s’y important que le prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) déclare :
« Les liens de famille bâtit de ville, augmente la longévité, même si ceux qui le font ne soient pas les bienfaiteurs. »[9]
La rupture des liens de famille est s’y mauvais au point que l’Imam Sajad (a.s.) recommande à son fils d’éviter de fréquenter cinq groupe et l’un de ces groupes porte sur ceux qui rompent les liens de famille :
« Evite de fréquenter ceux qui ont rompu les liens de famille car il sont maudit par le coran et éloignés de la miséricorde divine ».[10]
Il est écrit dans le saint coran :
« Vous qui rependez la perversité sur terre et rompez les liens de famille, vous êtes sur le collimateur de la malédiction divine et loin de sa miséricorde ». Sourate Muhammad, verset 22 ;
Bref, le coran est particulièrement sévère à l’égard de ceux qui rompent les liens de famille et bousculent les relations familiales. Les Hadiths islamique condamnent sévèrement aussi cela.
On a demandé au Messager de Dieu (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) : « Quel est l’acte le plus détesté auprès de Dieu ? »
Il répondit : « Attribuer les associés à Dieu ».
On demanda encore, « Et après cela ? »
Il répondit : « La rupture des liens de famille ».[11]
La seule base de la supériorité d’une personne sur une autre personne est la piété et la droiture, et rien d’autre :
Le verset qui met l’accent sur la nécessité de l’union et de la cohésion au sein de toute l’humanité, s’adresse à la communauté humaine. Il considère les valeurs humaines comme le plus important facteur garantissant l’ordre et la stabilité.
يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ
O hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur.
- Les facteurs de création de l’unité du point de vue de la Sunna
Le Saint Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) , depuis sa mission jusqu’à sa mort, a toujours pris des mesures dans ses enseignements et son comportement dans le sens de nier les divisions et les différences, de consolider les fondements de l’unité, de la solidarité et de la fraternité entre les musulmans et même de la compréhension avec les non-musulmans.
1- Les alliances nationales de Madina (Médine)
L’une des plus importantes parmi ces alliances fut le premier pacte qui fut conclu entre le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) et les gens de Ta’if ainsi que les tribus de Yathrib. Certaines d’entre elles sont considérées comme les « premières constitutions écrites du monde ». Cette mesure constitua la meilleure façon de créer l’unité nationale et la parenté religieuse, car elle garantissait l’unité entre les tribus en conflit, les droits communautaires des juifs ainsi que des émigrants musulmans. D’un autre côté, ces alliances réunissaient les préliminaires à la formation d’une unité était politique et gouvernementale.
A titre d’exemple du contenu du contrat entre les musulmans, il clairement stipulé que les musulmans constituent une communauté unique, indépendante des autres gens, il n’y a pas de relations entre les musulmans et les incroyants et il ne doit pas y avoir de distance d’un musulman à l’autre.
» أَنَّهُمْ أُمَّةٌ وَاحِدَةٌ مِنْ دُونِ النَّاسِ «
Bien que l’esprit régissant ces alliances est pareil à l’emploi de l’instrument qu’est l’unité islamique dans le sens de la stratégie axiologique du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) au sein de la communauté Islamique, et c’est pourquoi elles en possèdent toutes les caractéristiques, cependant nous en exposons certaines [12] :
Le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) a par la suite constamment rappelé l’importance de ce sujet dans la voie vers l’établissement de la parenté religieuse des musulmans. Lors de l’un de ses discours faisant suite à la conquête de Makka (La Mecque), on rapporta qu’il dit dans la Mosquée Sacrée :
»المسلم اخو المسلم والمسلمون اخوة يد واحدة على سواهم تتكافأ دمائهم يسعي بذمتهم ادناهم»
« Le musulman est un frère pour le musulman et les musulmans forment une communauté unie. » [13]
La création d’un tel sentiment religieux commun et d’une parenté spirituelle unique entre les croyants est célèbre dans cette parole attribuée au Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) :
»المؤمنون كنفس واحدة «
« Les croyants partagent une âme unique. »
2- Relation entre l’esprit fraternel et la fraternité
Apparition de l’appartenance communautaire
Lors de la première année de l’entrée du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) à Madina (Médine), l’une de ses innovations les plus importantes et l’une de ses stratégies essentielles lors de l’emploi du facteur d’unité religieuse fut le pacte de fraternité entre tous les musulmans, qu’ils soient homme ou femme.
L’Envoyé de Dieu (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) dit lors d’une réunion publique :
تأخوا في الله أخوين أخوين
« Soyez, en Dieu, deux à deux, des frères les uns pour les autres. » [14]
Les émigrants (les musulmans venus de Makka) et les assistants (les musulmans de Madina), du fait qu’ils avaient été éduqués dans deux endroits différents, avaient de grandes différences dans leurs façons de penser et de se comporter. Les « Aws » et les « Khazradj », qui formaient la population des assistants, se combattaient alors depuis cent vingt ans et se considéraient comme étant des ennemis de sang les uns des autres. Avec ces différents, la poursuite d’une vie religieuse et politique n’était possible en aucun cas. Or le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) résolu ce problème de manière intelligente.
Il fut chargé de la part de Dieu de rendre frères les uns des autres les émigrants et les assistants. Un jour, lors d’une assemblée publique, il se tourna vers ses partisans et dit : « Soyez, deux à deux, des frères en religion les uns pour les autres. » Lui-même déclara également qu’Ali (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) est son frère dans ce monde et dans l’Autre :
انه مني وانا منه
« Il (‘Alî) est de moi et je suis de lui. »
Les chroniques musulmanes dont fait partie le livre d’histoire de Ibn Hichâm ont enregistré les identités des individus qui sont alors devenus des frères les uns des autres.
Ce pacte fraternel général n’a pris forme que sur le fondement de la négation des stimulants ethniques et tribaux, tout en étant axé sur le droit et la coopération communautaire tel que :
إنما المؤمنون إخوةٌ فأصلحوا بين أخويكم واتقوا الله لعلكم ترحمون
« Les croyants sont frères. Etablissez donc la paix entre vos frères. Craignez Dieu ! Peut-être vous fera-t-on miséricorde. » 49 : 10.
Quoi qu’il en soit, cette décision intelligente fut l’instrument le plus productif de la réalisation de l’amitié apprise au sein de la communauté de cette époque. Elle montre les efforts du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) afin de créer une appartenance communautaire axée sur la foi en Dieu.
3- Utilisation des capacités communautaires
En définitive, le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) avec le projet des alliances fraternelles des assistants et des émigrants, a utilisé la capacité propre du cadre communautaire de la communauté arabe (qui était la protection de ceux avec lesquels l’alliance avaient été conclue) dans le but de réaliser la communauté unique.
Cette réussite manifeste du Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) n’a pas été seulement la cause de l’étonnement d’individus tels que Abû Sofiân ; les effets et les contrecoups de cette égalité Islamique alla jusqu’à rendre plus importants leurs biens et leurs possessions, vis-à-vis les uns des autres. Les historiens rapportent qu’au cours de la fraternité entre les assistants et les émigrants, un accord fut conclu, concernant aussi la participation à l’héritage.
A ce niveau, l’événement du partage du butin de guerre des Bani Nadhîr en constitue le meilleur exemple.
4- La suprématie au lieu de la dispersion
Un autre événement dont nous sommes témoins, dans le courant de la bataille d’Ohod, est un ordre que le Coran donne au Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) de ne pas blâmer les musulmans ayant fui la bataille. Et face à cela, de leur pardonner, de s’efforcer de leur donner espoir, de les aider de sorte à ce qu’ils soient attirés par la communauté Islamique et s’inscrivent dans la voie de l’amendement et de l’éducation morale :
فاعف عنهم واستغفر لهم وشاورهم في الأمر
« Pardonne-leur ! Demande pardon pour eux ; consulte-les sur toute chose… »
Sourate « Ali ‘Imrân »; 3: 159.
Assurément, l’une des racines fondamentales d’une telle décision choisie fut sa parenté avec l’unité et l’uniformité politique de la communauté musulmane, afin que par cette voie, disparaisse petit à petit le fond de séparation entre les groupes de musulmans ainsi que les autres fractures dans la communauté.
5- Stratégies ethniques et patriotiques
a. Négation du racisme et du nationalisme
Une autre des solutions que le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) a employées dans la voie de la fondation de l’unité de la communauté Islamique, fut la négation du racisme, du nationalisme et des discriminations injustes et inacceptables.
Destruction des valeurs de la djahiliya (la période préislamique de « l’ignorance »)
Le combat du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) contre l’esclavagisme de cette époque, qui fut accompagné d’un surcroît sensible de sa force politique et communautaire, avec la certitude d’une augmentation de jours en jours, en est le meilleur témoin. Ce soulèvement compte pour une partie des actions réclamant la justice engagée par le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) face à l’oppression ouverte de cette période.
C’est parce que le Prophète poursuit la fondation de la communauté prospère et religieuse et l’instauration du parti des justes que :
ألا إن حزب الله هم المفلحون
« Les partisans de Dieu ne sont-ils pas les gagnants ? » 58 : 22.
Et il avait bien appris du Coran que la prospérité et la félicité ne s’accordent pas à l’oppression et à la cruauté :
إنه لا يفلح الظالمون
« … Il n’y aura pas de bonheur pour les injustes. » 6 : 21.
L’un des efforts du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) à l’époque du début de sa présence de dix années à Makka Makrama (La Mecque vénérée) fut de casser la base du système de valeurs gouvernant la communauté ignorante de cette époque. Dans la trame des liens tribaux ; les esclaves et les servantes, sans la permission de leurs maîtres, n’avaient le droit d’aucune décision libre ni n’avait le droit de manifester leur participation à la communauté.
Il n’appartenait pas aux esclaves d’accepter ou de ne pas accepter leurs propres croyances religieuses.
L’appel culturel du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) à l’unicité, ainsi que son appel axiologique à instaurer l’appartenance religieuse et l’amour communautaire provenant de l’unicité sont devenus la cause pour préparer le terrain à la destruction de telles discriminations injustes. Les critères préislamiques des relations familiales ont disparu progressivement et finalement, les individus embrassèrent la nouvelle religion indépendamment de leur tribu d’origine, car :
« Il n’y a pas de contrainte en Islam. »
Le produit du succès du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) dans l’utilisation de cette voie fut la conversion à l’Islam d’individus provenant des différentes tribus associationnistes, leur désobéissance par rapport aux règles du système tribal, et enfin, leur adhésion aux rangs des croyants. Cette méthode, en plus de l’influence sur les valeurs et le fait communautaire, de semer le désespoir et la crainte dans le cœur des associationnistes, de détruire les fondements des valeurs gouvernantes, fit apparaître un fond propice à la naissance d’un nouveau système communautaire.
6- Valeur de l’égalité monothéiste
Ensuite, le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) sous la forme d’ordre, d’instruction ou de recommandation, orienta les musulmans vers la libération des esclaves, comme il le faisait lui-même. Le fait que la foi en Dieu, en l’Au-delà et en les prophètes est considérée comme équivalente au fait d’offrir un bien afin de libérer les autres hommes était un ordre divin :
ولكن البر من آمن بالله واليوم الآخر والملائكة والكتاب والنبيين وآتى المال على حبه ذوي القربى… وفي الرقاب
« … L’homme bon est celui qui croit en Dieu, au dernier Jour, aux anges, au Livre et aux prophètes. Celui qui, pour l’amour de Dieu, donne de son bien… pour le rachat des captifs » 2 : 177.
Le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) fit d’individus tels que Zayd ibn Haritha le commandant de l’armée de l’Islam, de Bilâl Habachî[15] le muezzin particulier et glorifie Salmân al-Fârsî[16] l’iranien, lui offrant une situation et une position élevées, afin et dans cet ordre, de lutter à la fois contre les discriminations existantes :
من اعتق مؤمناً اعتق الله العزيز الجبار بكل عضو منه عضواً من النار
« Celui qui libère un croyant, Dieu L’Adoré, Le Puissant, au lieu de chaque membre des membres de ce croyant, sauve ses membres du feu. » [17]
Et à la fois de faire connaître graduellement la valeur de la piété en tant que fondement des dignités et des positions au sein de la communauté :
إن أكرمكم عند الله أتقاكم
« Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre vous. » 49 : 13.
Le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) annonçait ouvertement : « Cet esclave habachî et ce sayyid qoraychî sont (tous deux) égaux auprès de moi. » Dans ce sens, on l’a considéré comme étant le proclamateur du droit d’égalité monothéiste.
أيها الناس، إن ربكم واحد وإن أباكم واحد، كلكم لآدم وآدم من تراب أكرمكم عند الله أتقاكم ليس لعربي على عجمي فضل الا بالتقوى
« O vous les hommes! En vérité votre Dieu est un et votre père est également un, vous êtes tous de Adam et Adam provient de la terre. Le meilleur d’entre vous auprès de Dieu est celui dont la piété est la plus grande ; aucun arabe n’est supérieur à un non arabe, excepté par la piété. » [18]
Quoi qu’il en soit, le respect de l’égalité et de la justice par l’intermédiaire du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) qui précisément prit la place de l’oppression et des discriminations en usage, fut parmi les stratégies les plus efficaces mettant en œuvre l’unité islamique au sein de la communauté endommagée de cette époque.
Dans les textes historiques et traditionnels nous lisons que le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) ne plaçait pas de différence entre les esclaves et les autres. Lui-même également, lors de l’exécution des règles, faisait goûter aux autres le goût suave du droit à l’égalité et à la justice. Même dans l’assemblée des musulmans, la place du Prophète de Dieu (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) n’était pas visible et lorsqu’il prenait place au sein de l’assemblée, les gens qui ne le connaissaient pas ne pouvaient pas facilement percevoir la présence de l’Envoyé de Dieu parmi les gens. L’apogée de l’éclat de cette quête de l’égalité était même visible dans les yeux bénis du Prophète de la miséricorde :
كان رسول الله يقسم لحظاته بين اصحابه، ينظر الى ذا وينظر الى ذا بالسوية
« Le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) partageait ses regards entre ses compagnons et les regardait de manière égale ou en observant l’égalité entre eux. » [19]
Bien entendu, il ne fait pas de doute que tous ces usages divins ont été très efficaces afin d’attirer la protection de la masse du peuple. Le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) lors d’une allégorie parlante dit :
ان الناس من عهد آدم الى يومنا هذا مثل أسنان المشط لا فضل العربي على العجمي ولا للاحمر على الاسود الا بالتقوى
« Les hommes, du temps de Adam jusqu’à maintenant sont égaux comme les dents d’un peigne. Ni l’arabe n’a de supériorité sur le non arabe, ni le blanc sur le noir, sauf du fait de la piété. » [20]
Cette manière intelligente particulière et cette capacité ingénieuse se poursuit également durant la période du gouvernement du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) afin que son plan tienne constamment sa promesse en tant que l’un des instruments de valeur construisant l’unité. Le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) a l’intention de supprimer tous les fondements des inégalités préislamiques et de rendre impossible le retour à l’époque de l’ignorance et l’acceptation des règles non divines :
أفحكم الجاهلية يبغون
« Recherchent-ils le jugement de l’ignorance ? » 5: 50.
L’Envoyé de Dieu (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) est lui-même l’initiateur de ce grand mouvement communautaire et axé sur les valeurs. Il utilisait toutes les éventualités dans le but d’induire et de confirmer l’esprit d’égalité et de justice humaines au sein de la communauté de cette époque, accomplissant ses premiers pas. Il dit de la manière la plus belle et la plus parfaite :
ان الله تعالى يكره من عبده أن يراه متميزاً بين اصحابه
« Dieu L’Elevé n’aime pas voir Son serviteur faire des différences entre ses compagnons. » [21]
Ainsi, l’on peut conclure : la négation du tribalisme et de toute sorte de fanatisme inacceptable de la période préislamique de l’ignorance était continuellement à l’esprit du Noble Prophète de l’Islam (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) . Ses avertissements à ceux qui considéraient la lignée et l’ascendance comme la base des glorifications et des valeurs ont été enregistrés dans l’histoire de l’Islam.
Salmân Fârsî était assis dans la mosquée du Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) . Certains des grands parmi les compagnons étaient également présents. La conversation vint sur l’origine et la lignée, chacun disait quelque chose à propos de sa propre origine et de sa propre lignée, jusqu’à ce qu’ils interrogent Salmân Fârsî. Il dit:
«انا سلمان بن عبدالله، كنت ضالاً فهداني الله عزوجل بمحمد، وكنت عائلاً فأغناني الله بمحمد وكنت مملوكاً فأعتقني الله بمحمد
« Je suis Salmân Fârsî, le fils du serviteur de Dieu, j’étais égaré mais Dieu m’a guidé par l’intermédiaire du Prophète, j’étais pauvre mais par l’intermédiaire du Prophète ; Il m’a rendu riche, j’étais esclave et par le Prophète, Il m’a libéré. » [22]
Ensuite, le Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) entra et Salmân lui raconta ce qui se passait. Le Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) dit à cette assemblée dont tous étaient de qoraych :
يا معشر قريش ان حسب الرجل دينه ومروته خلقه واصله عقله
« O peuple de qoraych ! En vérité, l’essence et l’honneur de l’homme sont sa religion, sa dignité est dans ses mœurs et son origine provient de sa sagesse. » [23]
De la même façon, dans un autre hadith, la gloire et les honneurs axés sur le fanatisme tribal comptent pour le feu de l’Enfer : [24]
ليدعن رجال فخرهم بأقوام انما هم فحم من فحم جهنم
Dans cette ligne il faut faire allusion à la vie très simple du Noble Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) qui comme le rapporte le Commandeur des croyants, la Paix soit sur lui, ne donnait même pas la permission d’installer un tissus avec des décorations ordinaires dans sa propre maison. Cette affaire était le meilleur témoin et terrain le plus favorable à l’attraction des hommes ayant connu les privations de cette époque, ainsi que le meilleur facteur de la réalisation de l’unité religieuse. Ses compagnons ont rapporté :
كان رسول الله – صلى لله عليه واله – خفيف المؤونة
« Les dépenses journalières de l’Envoyé de Dieu, que Dieu le bénisse lui et les siens, étaient infimes. » : [25]
La plus belle interprétation à propos du rôle axiologique des prophètes est ce que nous lisons dans le Nahdj ol-Balâgha :
مع قناعة تملا القلوب والعيون غني وخصاصة تملا الابصار والاسماع أذي
« Dieu (a envoyé) les prophètes avec un contentement qui remplit les cœurs et les regards même si leur apparente pauvreté et indigence rend malveillants les regards et les oreilles (des gens). » : [26]
Conclusion
En examinant les versets coraniques et la Sunna des Infaillibles, nous arrivons à la conclusion que l’unité profite avant tout aux musulmans. En faisant référence au Saint Coran et à la sunna, nous avons souligné les plus importants facteurs de l’unité et de la cohésion. Avec des facteurs d’union tels que l’attachement au coran et à la sunna, s’éloigner des divergences, se concentrer sur des éléments communs, la plus importante solution pour la concrétisation de l’union islamique. Par conséquent, les musulmans du monde entier devraient unir leurs cœurs et ne pas permettre aux ennemis de profiter de la division qui les sépare.
Notes:
-
Sahih Al-Boukhari
-
Mousnad, III, 14, 17
-
Nahjul Balagha, Lettre n ° 47
4. L’Interprétation de noble Coran, Ibn Jarir al-Tabari. Tome 17, p.5.
5. Shawahid Bihar al-Anwar, tome 23, p. 173.
6. Sahih Moslem, tome 4, p. 1873, tradition 2408.
7. Al-Mustadrak ‘ala al-Sahihayn, tome 3, p. 162,
8. Man La Yahdarahu al-Faqih, tome 1, p. 383.
- Safinetul-Bahaar, Vol.1 ; P.514,
- Safinetul-Bahaar, vol.1 ; P.216 (Le mot “Rahrm),
- Safinetul-Bahaar, Le mot « Rahrm »
- Mohammad Hamid Allah, La première constitution écrite du monde, traduction persane de Gholâm Redhâ Sa‘îdî. Teheran, Editions Be‘that. 1365. pp.55 à 64. / Fiqh al-Sonna, Vol. 2, pp.705-709. / Bihâr ol-Anwâr, Vol. 19, pp.168-169.
- Ibn Ibn Abî al-Hadîd, Charh Nahdj ol-Balâgha, Vol. 17, p.281. / Allama Hindî, Konz al-‘Ammâl, Vol. 1, p.149.
- Bihâr ol-Anwâr, Vol. 19, p.132. / Al-Ghadîr, Vol. 3, p.116.
- Le père et la mère de Bilâl étaient de Habacha. Ils entrèrent dans la péninsule arabique en tant que captifs. Bilâl fut l’esclave de Omayya ibn Khalaf. Après qu’il eut compris que son esclave avait embrassé l’Islam et la religion du Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, Omayya fit de lui l’objet de supplices, de persécutions et de tortures, de telle sorte que lors des jours les plus chauds, il le faisait étendre, le corps nu, sur le gravier brûlant, plaçait de très grosses pierres brûlantes sur sa poitrine et lui parlait ainsi : « Je ne te libèrerai pas jusqu’à ce que tu rendes ton âme dans cet état, ou que tu reviennes de ta croyance en le Dieu de Mohammad. » Parfois, Omayya accomplissait des actions pires encore ; il accrochait une corde au cou de Bilâl et la mettait entre les mains des enfants afin qu’ils le promènent ainsi à travers les ruelles. (Tabaqât, Ibn Sa‘d, Vol. 3, p.233. / Forûgh Abadiat, Dja‘far Sobhânî, Vol. 1, p.277.)
- Son nom, avant la conversion à l’Islam, était Rûzba, mais après avoir embrasé l’Islam en présence du Noble Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, il porta le nom de Salmân. Salmân avança tellement dans l’acquisition des degrés spirituels que le Prophète de l’Islam, que Dieu le bénisse lui et les siens, fit ainsi son éloge : « Salmân est de nous, Gens de la Demeure prophétique. »
- Awâlî Allâ’î, Vol. 2, p.298.
- Bihâr ol-Anwâr, Vol. 31, p.25. / Mostadrak al-Wasâ’il, Vol. 12, p.89.
- Kolaynî, Al-Kâfî, Vol. 8, p.268.
- Bihâr ol-Anwâr, Vol. 22, p.348. / Mostadrak al-Wasâ’il, Vol. 12, p.89.
- Sobol al-Hoda wa al-Rachâd, Vol. 7, p.13. / Kachf al-Khafâ’, Vol. 1, p.251.
- Al-Kâfî, Vol. 8, p.181. / Bihâr ol-Anwâr, Vol. 22, p.382.
- Tafsîr Nûr al-Thaqalayn, Vol. 5, p.100. / Rawdhat al-Wâ‘izhîn, p.283.
- Sonan Abî Dâwûd, Vol. 2, p.502. / Konz al-‘Ammâl, Vol. 1, p.258.
- Nahdj ol-Balâgha, discours n°192.