Du point de vue chiite, l’événement de Ghadir khum est l’une des preuves claires et évidentes pour l’autorité et le califat de l’Imâm Ali (que la paix soit sur lui), après le Prophète (que le salut de Dieu soit sur lui et sur sa Famille), et les chercheurs l’ont reconnu certaines importances.
Introduction:
Tout au long de sa mission, le Prophète (P) n’a jamais cessé de Présenter l’Imam Ali (P) comme son successeur, son héritier et guide des musulmans après lui. Beaucoup de preuves historiques nous attestent cela. L’événement de Ghadir Khum est l’un des plus importants événements de l’histoire de l’Islam. le Prophète (P) avait non seulement conscience de l’importance de la question de l’Imamat, mais qu’il l’avait résolue publiquement à son retour du pèlerinage d’Adieu, le 18 du mois de Dhu al-Hijja au Ghadir khum, en désignant -sur ordre de Dieu- son légataire universel et son successeur, et en indiquant par cela-même les moyens et voies pour assurer la poursuite de son mouvement, et le bonheur de la justice et la prospérité de la communauté musulmane.
Dans cet article nous examinons la question de Ghadir khum et l’Imamat en trois parties:
1 – Analyse sémantique du mot « wilayah »
2 – Versets coraniques
3- Interprétation du Prophète
La signification du mot Wilâyah
Wilâyah est un terme arable polysémique et complexe, il a été utilisé dans diverses significations, telles que autorité, propriétaire, libérateur, proche, voisin, aide, premier et plus méritant d’une tâche, alliance, amitié;
Cependant, les philologues et les dictionnaires ont principalement interprété le mot « wilayah » et ses dérivés, tels que « mawla » et « wali », comme signifiant supervision, responsabilité des affaires, domination, domination, leadership et gouvernance. Ici, la signification de ce mot ainsi que de certains de ses dérivés est citée à partir de livres lexicographiques sunnites :
Le mot « wilayah » a été utilisé dans diverses significations, telles que propriétaire, libérateur, proche, voisin, aide, premier et plus méritant d’une tâche, etc. Cependant, les philologues et les dictionnaires ont principalement interprété le mot « wilayah » et ses dérivés, tels que « mawli » et « wali », comme signifiant supervision, responsabilité des affaires, domination, domination, leadership et gouvernance. Ici, la signification de ce mot ainsi que de certains de ses dérivés est citée à partir de livres lexicographiques sunnites :
Al-Raghib al-Isfahani utilise le terme « welayat » avec le sens de « tutelle, pouvoir, protection ».[1]
Ibn Athir écrit : wali ; C’est-à-dire que l’assistant, celui qui entreprend une tâche, en est le maître et le gardien. Puis il dit : Et de ce genre est le hadith : « celui dont je suis maître, Ali est aussi son maître « [2]
L’auteur de Sihah al-Lugha écrit : Quiconque prend en charge les affaires de quelqu’un, est son maître [3]
Wilâya dans le sens « l’autorité » est connue parmi les chiites. D’après les chiites duodécimains, la Wilâya a deux sortes :
La tutelle par rapport aux choses : comme l’autorité fils sur les biens de son père, après la mort de ce dernier.
La tutelle par rapport aux êtres humains : comme l’autorité du père sur son enfant ou l’autorité d’Allah sur toute sa création ou l’autorité ou la tutelle des prophètes (P) et des Imams sur les gens.[4]
Versets coraniques
Verset d’at-Tablîgh
Verset d’at-Tablîgh est le 67e verset de la sainte sourate « Table Servie » considéré comme le dernier verset révélé au Prophète. Conformément à ce verset le Prophète a eu pour devoir d’annoncer une chose très importante aux gens, une chose d’une telle importance qu’en cas de sa non-transmission, sa mission resterait inachevée.
Selon les chiites et certains sunnites, le verset a été révélé peu avant le 18 dhu al-Hijja de l’an 10 de l’hégire solaire. Pour les chiites, cette chose importante est l’annonce de la succession du Prophète par Ali et après la révélation du verset, le Prophète a présenté à Ghadir Khum, l’Imam comme son successeur.
Verset
Le verset du Tablîgh[5] est le verset 67 de la sainte sourate « Table Servie » :
يَا أَيُّهَا الرَّسُولُ بَلِّغْ مَا أُنزِلَ إِلَيْكَ مِن رَّبِّكَ وَإِن لَّمْ تَفْعَلْ فَمَا بَلَّغْتَ رِسَالَتَهُ وَاللَّـهُ يَعْصِمُكَ مِنَ النَّاسِ إِنَّ اللَّـهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكَافِرِينَ
« O Toi le Messager ! Fais connaître aux gens tout ce que Dieu t’a révélé. Si tu ne parviens pas à le faire complètement, ne cherche point à remplir ta mission. Fais-le et Dieu te mettra à l’abri des violences des hommes ; il n’est pas le guide des infidèles. (5:67)
Circonstances de la révélation
Les exégètes et les spécialistes de hadith chiites précisent que le hadith a été révélé au cours du pèlerinage de l’Adieu à Ghadir Khum (le 18 dhu al hajja) pour annoncer la succession du Prophète(P) par l’Imam Ali.[6]
Certains commentateurs sunnites confirment ce point de vue.[7]
Verset d’al-Ikmâl
Verset d’al-Ikmâl est le troisième verset de la Sourate al-Mâ’ida portant sur l’événement de Ghadir khum, révélé au Noble Prophète (P). Dieu dit dans ce verset avoir parachevé après la révélation de ce verset, la religion et le bienfait. Il y a des divergences au sujet du jour où le verset a été révélé ; certains considèrent qu’il a été révélé pendant le jour de l’Arafah et d’autres considèrent le 18 dhu al-Hajjah de l’an 10 de l’hégire lunaire comme le moment de sa révélation. Les chiites estimes à l’unanimité que le verset concerne l’événement de Ghadir Khum et la désignation d’‘Ali comme maître (wali).
Verset
الْيَوْمَ أَكْمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ وَأَتْمَمْتُ عَلَيْكُمْ نِعْمَتِي وَرَضِيتُ لَكُمُ الْإِسْلَامَ دِينًا
« Aujourd’hui, j’ai parachevé votre religion et vous ai accordé Mon entier bienfait. J’agrée pour vous l’Islam, comme religion« .
Selon les récits, ce verset a été révélé le jour de Ghadir Khum ou un peu plus tard. Ces récits se voient dans les sources chiites authentiques.[8][9]
Certaines sources sunnites font également allusion à ce que ce verset a été révélé à Ghadir Khum, cependant ces sources sont considérées comme moins bien fondées par certains sunnites.[10][11] Néanmoins dans la chaîne de transmission de ces récit, il existe des personnalités considérées comme dignes de confiance par les savants et transmetteurs de hadith.[12]
Analyse du verset
D’après les spécialistes de hadith et des commentateurs du Coran, quand le verset du Tablîgh a été révélé à Ghadir Khum, le Prophète a nommé ‘Ali b. Abî Tâlib comme Walî et Calife après lui et le verset d’Ikmâl a été révélé et le Prophète avait dit :
الله اکبر علی اکمال الدین و اتمام النعمة و رضا الرب برسالتی و ولایة علی بن ابیطالب من بعدی
Je témoigne que Dieu est le plus Grand, parce qu’il a parachevé la Religion et accordé Son entier bienfait et qu’Il est Satisfait de ma mission et du choix d’‘Ali b. Abi Tâlib comme mon successeur.[13]
Sur cette même base, la question de la succession du Prophète par ‘Ali b. Abî Tâlib est le dernier devoir à propos duquel il y a eu une révélation et rien n’a été révélé après cela sauf le verset d’Ikmâl .[14]
Interprétation du Prophète (P)
A Ghadir Khum, vint donc le moment de la prière du midi.Bien qu’il faisait très chaud, le Prophète Muhammad (P) s’est arrêté à Ghadir Khum pour effectuer l’ordre de Dieu. Il dirigea la prière, puis il se leva pour se préparer à prononcer l’un des prônes les plus importants de sa mission.Il a dit aux pèlerins qui étaient en avant de la caravane de revenir et a commandé à ceux qui étaient derrière d’avancer plus vite. Lorsque tous les pèlerins se sont réunis en un seul endroit, le Prophète (P) est monté en chaire; Les mains du Prophète(P) saisirent le bras de Ali Ibn Abi Talib(P), qui se tenait un étage au-dessous à droite du Prophète(P) depuis le début du prêche. Il le prit par les bras et ouvrit ses paumes vers le haut, et le souleva jusqu’à ce que les pieds de Ali(P) atteignirent les genoux du Prophète(P). Et a fait un long sermon, appelé le sermon de Ghadir Khum.
Parmi ce qui est dit par le Prophète (P) au Ghadir Khum:
Quiconque dont je suis son maître, son tuteur et son dirigeant, Ali est aussi son maître.
Ô Allah, aime celui qui aime Ali et déteste celui qui le hait. Lorsqu’Omar rencontra Ali (as), il le félicita en ce terme : tu es devenue mon maître et le maître de tous les croyants et les croyantes. [15]
Nous lisons dans le livre Biharoul Anwar que Abi Sa’id raconte:
« Quand le jour de Ghadir arriva, le Messager d’Allah (que les Bénédictions d’Allah soient sur lui et sur sa Famille) ordonna que l’annonceur appelle les gens:
« Rassemblez-vous pour le Salat. Puis il prit Ali (que la Paix soit sur lui) par la main et dit:
“Ô Allah ! Celui dont je suis le maître, ce Ali est aussi son maître. Ô Allah ! Sois l’ami de celui qui est son ami et soit l’ennemi de celui qui est son ennemi.” » [16]
Cet événement est raconté dans de divers hadiths, dont l’un est cité ici: Zayd ibn Arqam a dit: «Quand l’Envoyé de Dieu (P) revenait du Pèlerinage de l’Adieu, il s’est arrêté à Ghadir Khum. D’abord, il a ordonné de retirer les épines et les broussailles sous les arbres. Puis, il a effectué un sermon et dit: ‘C’est comme si je suis invité par le Dieu Tout-Puissant et j’ai accepté cette invitation. Je vous confie donc deux choses précieuses, dont l’une est meilleure que l’autre : Le Livre de Dieu (Coran) et ma Lignée (‘itrat). Que ferez-vous pour conserver ces deux dépôts ? Ces deux choses ne se sépareront pas jusqu’à la Résurrection.’ Il a dit ensuite: ‘Dieu Très-Haut est mon Seigneur et je suis le maître de tous les croyants.’ Puis, il a pris la main de ‘Ali (p) et dit: ‘Toute personne dont je suis le maître, ‘Ali est aussi son maître. Ô Seigneur! Lie-Toi d’amitié avec ceux qui acceptent la tutelle de ‘Ali , et sois l’ennemi de ses ennemis. »[17]
Bara ibn ‘Azib a rapporté le même hadith, en ajoutant la phrase ci-dessous :
Le Prophète Muhammad (P) a commencé son sermon de cette façon : «Ne suis-je pas plus apte que les croyants d’interférer dans leurs affaires religieuses? Ils ont dit en réponse: ‘Ô L’Envoyé de Dieu! Bien sûr que oui.’ Alors, le Prophète (P) a dit: ‘Il (c.-à-d. ‘Ali ) est le tuteur d’une personne dont suis le maître. »[18]
Dans le même hadith, Bara a ajouté cette phrase : Alors ‘Umar ibn al-Khattâb a rencontré ‘Ali (p) et lui dit: «Ô ‘Ali ! Grand bien te fasse ! Maintenant, tu es le tuteur de chaque homme et femme croyants. »[19]
C’est donc ainsi que fut désigné à la charge de l’Imamat, l’Imam Ali ibn Abi Taleb (P), l’homme qui en était le plus digne et le plus qualifié. Et c’est ainsi que la mission prophétique se parachevait et atteignait sa perfection dans la proclamation et l’investiture de l’Imam Ali(P) comme son successeur.
Conclusion:
En conclusion, nous pouvons dire que le Prophète (P) tout au long de sa mission, n’a jamais cessé de Présenter l’Imam Ali (P) comme son successeur, et guide des musulmans après lui.
Les érudits chiites et quelques érudits sunnites croient que les Versets at-Tablîgh et
al-Ikmâl a été révélé à Ghadir Khum au sujet de l’Imamat de l’Emir des croyants (p) Références
1-al-Raghib al-Isfahani, Mu’jam mufradat alfaz al-Qur’an, p:570
2-Ibn al-Athir, Al-Nihayah Fi Gharib al-Hadith wa al-Athar,V5, p: 227
3-Abu Nasr al-Jawhari, Sihah al-Lugha, V6, p: 2528
4-Tabâtabâ’î, Al-Mîzân fî Tafsîr al-Qur’ân, v 6 p 15
5-Al Râzî, Tatimat al-Murâji’ât, p. 54, Nimûni, vol. 5, p. 4.
6-Qumî, vol. 1, p. 179; ‘Ayâshî, vol. 1, pp. 331-332; Fayz Kâshânî, vol. 2, p. 51; Kulaynî, vol. 1, p. 290, hadîth n°6; Huwayzî, vol. 1, pp. 653-655; Bahrânî, vol.1, p. 490, hadîth n°11, Allâmeh Tabâtabâï, vol. 6, p. 48.
7-Suyûtî, vol. 2, p. 298; Alûsî, vol. 6, p. 194; Nayshâbûrî, vol.1, p. 250
8-Kâfî, vol. 1, pp. 289-292
9-Bahrânî, Al Burhân fî Tafsîr al-Qur’ân, vol. 1, pp. 434-447
10-Tafsîr al-Qur’ân al-Azîm, vol. 2, p. 14
11-Suyûtî, Al-Dur al-Manthûr, vol. 3, p. 19
12-Amînî, Al-Ghadîr, vol. 1, pp. 294-298
13-Tabarî, Bishârat al-Mustfâ, p. 211; Husaynî Astarâbâdî, Ta’wîl al-Ayât al-Zahira, p. 152;Haskânî, Shawâhîd al-Tanzîl, vol. 1, p. 201; Ibn Tâwûs, Al-Tarâ’if, vol. 1, p. 146
14- Bahrânî, Al Burhân, vol. 1, p. 424
15- Fakhr Razi, Tafsir Al-Kabir Vol.12, p. 401
16- Biharoul Anwar, volume 37, page 112, hadith 4
17-Al-Mustadrak de Hakim al-Nishaburi, Vol 3, p. 109.
18-Al-Bidayah wan Nahayah, Vol 5, p. 229.
19-Al-Bidayah wan Nahayah, Vol 5, p. 229.
Bibliographie
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