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Le hijab islamique : dignité et autonomisation de la femme

Le hijab islamique : dignité et autonomisation de la femme

2026-01-01

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Dans un monde où l’apparence physique est souvent survalorisée au détriment des qualités intrinsèques, le hijab constitue un rempart contre cette réduction de la personne à son seul aspect extérieur. En choisissant de porter le hijab, la femme affirme son refus d’être définie uniquement par sa beauté physique et revendique le droit d’être reconnue pour sa personnalité, son intelligence, ses compétences et ses talents. Cet article vous invite à explorer ce concept profond en dépassant les préjugés et les représentations stéréotypées. Le hijab ne peut être compris pleinement sans écouter la voix des femmes qui le portent, sans chercher à saisir leur expérience personnelle et les motivations profondes qui guident leur choix.

Le hijab dans le Coran

Quand on pense au hijab, l’image d’un voile couvrant les cheveux d’une vient souvent à l’esprit. Mais réduire le hijab à un simple accessoire serait une erreur. En Islam, le hijab est un concept multidimensionnel, englobant la pudeur physique, mentale et spirituelle. Il ne s’agit pas seulement de couvrir le corps, mais de refléter une vision du monde basée sur le respect, la dignité et la foi.  Pour comprendre pleinement le sens profond du hijab, il est essentiel de se tourner vers les sources authentiques de l’Islam : le Coran et la Sunna du Prophète Mohammad (paix sur lui et sa sainte famille) ainsi que les enseignements des Ahlul Bayt (a.s.). Le Coran aborde la question du hijab dans deux versets fondamentaux.

Premier verset: Sourate Al-Ahzab, verset 59

« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »[1]

Ce verset enseigne plusieurs points essentiels sur le port du voile islamique :

  1. Protection contre le harcèlement: L’objectif explicite du verset est de préserver les croyantes d’être « offensées » ou importunées. Il s’agit donc d’une mesure de sécurité et de respect de leur personne, visant à réduire les risques de harcèlement verbal, physique ou de regards indiscrets dans une société où les femmes sont parfois la cible d’hommes mal intentionnés.
  2. Dignité, pudeur et respect mutuel: Au-delà de l’aspect purement vestimentaire, ce verset porte une portée plus large : il invite les femmes musulmanes à affirmer leur dignité et à protéger leur intimité. Le voile participe à la construction d’une société où le regard porté sur la femme n’est pas objet de convoitise, mais de respect. Il devient ainsi un signe visible de foi, de modestie et d’appartenance à la communauté des croyants, tout en contribuant à instaurer un climat de décence et de sécurité pour toutes les femmes.[2]

Ce verset ne constitue pas seulement une prescription vestimentaire, mais propose une véritable éthique du regard et des relations entre les sexes dans l’espace public, fondée sur le respect, la protection et la reconnaissance de la dignité de la femme croyante.

Ainsi, le hijab agit comme un bouclier, protégeant la femme des regards inappropriés et préservant son intimité. Il invite la société à valoriser son humanité, ses compétences et sa personnalité, plutôt que son apparence physique. Loin d’être une contrainte, le hijab peut être vu comme un acte de liberté : liberté de s’affranchir des standards de beauté imposés par une société qui porte sur la femme un regard objectivant, liberté de participer à la vie sociale sur la base de ses mérites et non dans la course effrénée à l’apparence physique.

Deuxième verset: Sourate An-Nur, verset 31

« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris… »[3]

Dans ce verset, deux commandements fondamentaux sont donnés aux femmes croyantes :

Premièrement : Adopter la pudeur du regard en s’abstenant de regarder avec convoitise ou de porter des regards indiscrets, en baissant le regard devant tout ce qu’il leur est prohibé de regarder.

Deuxièmement : Couvrir et protéger leurs parties intimes en les dissimulant au regard des autres et en évitant tout rapport illicite.

Ces deux règles générales s’appliquent à la fois aux hommes et aux femmes croyants. Dans le verset précédent (verset 30), ces deux commandements avaient déjà été rendus obligatoires pour les hommes, et dans celui-ci (verset 31), ils le sont pour les femmes. Le fait de mentionner séparément la règle pour les hommes et pour les femmes dans ces deux versets consécutifs vise à insister sur l’importance de ces prescriptions et à montrer clairement que ces lois ne concernent pas seulement une catégorie particulière de personnes, mais bien l’ensemble de la communauté des croyants.

La notion de parure et la préservation de la cellule familiale

Allah ordonne le hijab aux femmes pour les préserver : elles ne doivent pas montrer leurs parures aux hommes étrangers (non-mahram). Si une femme porte un voile, mais avec des vêtements moulants ou transparents, elle n’a pas compris la philosophie profonde du voile islamique. Le verset précise qu’elles doivent « rabattre leurs voiles sur leurs poitrines », c’est-à-dire laisser tomber leur hijab sur leur décolleté de manière à le couvrir entièrement. En examinant ces deux recommandations coraniques, nous comprenons que la femme musulmane qui porte le hijab n’est pas soumise à la pression sociale qui oblige aujourd’hui les femmes à exhiber leur corps ou à réduire la personnalité féminine à son seul aspect physique. Le hijab offre une alternative libératrice à cette logique d’exposition et d’objectification.

Enfin, le hijab contribue au renforcement de la famille, pilier fondamental de la société islamique. En réservant l’intimité et la parure à la sphère privée du foyer, il consolide les liens conjugaux, préserve l’exclusivité de la relation entre époux et favorise la stabilité familiale. L’une des fonctions du hijab dans la vision islamique est de contribuer à la préservation de la moralité sociale et des valeurs familiales. Selon cette perspective, l’absence de pudeur vestimentaire peut affaiblir les repères moraux d’une société et faciliter la multiplication de relations en dehors du cadre du mariage, avec les conséquences familiales et sociales que cela peut engendrer, notamment l’augmentation de la débauche, des comportements contraires à la pudeur, ou encore la multiplication des naissances hors mariage. Ces phénomènes sont d’ailleurs observables dans de nombreuses sociétés sécularisées aujourd’hui. Le hijab constitue précisément un rempart essentiel contre ces formes de corruption morale et sociale.[4]

Le hijab dans la tradition prophétique

Le hijab ne se limite pas à une simple prescription vestimentaire mentionnée dans le Coran ; il trouve dans la Sunna une explication détaillée qui en fait une protection, une marque de pudeur et un chemin vers l’épanouissement spirituel de la femme musulmane. La tradition prophétique établit un équilibre délicat entre la vie privée et la vie publique de la femme. Dans un hadith, le Messager d’Allah a dit :

« La meilleure de vos femmes est celle qui se pare et se fait belle pour son mari, mais qui se voile et se préserve des regards des hommes étrangers (non-mahram). »[5]

Ce hadith met en lumière une dimension importante de l’enseignement islamique : la coquetterie et l’embellissement ne sont nullement interdits, mais ils trouvent leur place légitime dans l’intimité du foyer conjugal. La femme est ainsi encouragée à cultiver sa beauté pour son époux, tout en préservant sa pudeur face aux regards extérieurs. Cette distinction entre la sphère privée et publique ne constitue pas une restriction, mais plutôt une valorisation de l’intimité du couple et une protection de la dignité de la femme dans l’espace social.

Un autre enseignement prophétique, rapporté dans un autre hadith, établit un lien profond entre le port du hijab et le bien-être de la femme.  Le Prophète (paix et bénédictions sur lui et sa famille) a dit :

« Empêchez vos femmes, par le port du voile qui couvre le corps, d’être vues par les non-mahram, car plus les femmes sont couvertes et voilées, plus elles sont heureuses et comblées dans cette vie et dans l’au-delà. »[6]

Ce hadith révèle une dimension psychologique et spirituelle essentielle du hijab. Loin d’être une contrainte, le voile est présenté comme une source de sérénité intérieure et d’épanouissement personnel. Il permet à la femme de se libérer de la pression du regard social axé sur l’apparence physique, et de cultiver une relation plus profonde avec elle-même et avec le divin. En établissant cette connexion entre le port du voile et le bonheur, la tradition prophétique suggère que la pudeur vestimentaire n’est pas une privation de liberté, mais au contraire un moyen d’accéder à une forme de paix intérieure qui transcende les préoccupations superficielles. Cette sérénité s’étend à la fois à la vie terrestre et à la vie spirituelle, offrant à la femme musulmane une perspective holistique de son bien-être.

À travers ces enseignements, la Sunna présente le hijab non comme une simple obligation formelle, mais comme un élément intégral du cheminement spirituel de la femme musulmane, conjuguant protection, dignité et épanouissement personnel.

Les effets du hijab sur l’individu et la société

L’impact du hijab va bien au-delà de l’apparence vestimentaire et s’étend à de multiples dimensions de la vie individuelle et collective.

À l’échelle individuelle: dignité, confiance et liberté intérieure

Protection de la dignité face au culte de l’apparence : Le hijab joue un rôle fondamental dans la préservation de la dignité de la femme musulmane. Dans un monde où l’apparence physique est souvent survalorisée au détriment des qualités intrinsèques, il constitue un rempart contre cette réduction de la personne à son seul aspect extérieur. En choisissant de porter le hijab, la femme affirme son refus d’être définie uniquement par sa beauté physique et revendique le droit d’être reconnue pour sa personnalité, son intelligence, ses compétences et ses talents. Cette dimension du hijab est particulièrement significative à notre époque, où les standards de beauté imposés par les médias et les réseaux sociaux exercent une pression considérable sur les femmes. Le hijab offre une alternative à cette culture de l’hypersexualisation et de l’objectification, permettant à la femme de reprendre le contrôle sur la façon dont elle souhaite être perçue par la société.

Sécurité psychologique et épanouissement personnel : Le hijab agit comme une barrière symbolique et pratique contre les jugements hâtifs fondés uniquement sur l’apparence. En détournant l’attention de l’aspect physique, il invite l’interlocuteur à établir une relation basée sur l’échange intellectuel, le respect mutuel et la reconnaissance des qualités humaines profondes. Cette protection ne se limite pas au regard des autres ; elle s’étend également à la sphère psychologique de la femme elle-même. En se libérant de l’anxiété liée à l’apparence et de la comparaison constante avec des idéaux de beauté souvent inaccessibles, la femme qui porte le hijab peut cultiver une forme de sécurité psychologique et de confiance en soi qui ne dépend pas de critères esthétiques changeants. Cette tranquillité d’esprit lui permet de se concentrer sur son développement personnel, ses aspirations professionnelles et son cheminement spirituel, sans être entravée par les préoccupations superficielles liées à l’image corporelle.

Sur le plan social: respect, équité et interactions constructives

Sur le plan social, le hijab favorise une culture de respect et de dignité dans les interactions humaines. En réduisant l’objectivation du corps féminin, il limite les risques de harcèlement et encourage des relations fondées sur les valeurs humaines plutôt que sur l’apparence physique. Cette transformation du regard social permet d’établir des interactions plus saines, plus respectueuses et plus constructives entre les membres de la société.

Dans les milieux éducatifs et professionnels, le hijab permet aux femmes de se distinguer par leurs compétences réelles plutôt que par leur apparence. Cette mise en avant du mérite intellectuel et professionnel contribue à la construction d’une société plus équitable, où les opportunités et la reconnaissance sont basées sur les capacités et les réalisations concrètes, et non sur des critères superficiels ou discriminatoires.

Ainsi, une société qui valorise la pudeur et le respect mutuel est naturellement plus harmonieuse et dynamique. Le hijab, en promouvant ces valeurs fondamentales, joue un rôle clé dans la construction d’un environnement social éthique et équilibré. Il rappelle à l’ensemble de la communauté l’importance de préserver la dignité humaine et de cultiver des relations interpersonnelles basées sur le respect, la considération et la reconnaissance de la valeur intrinsèque de chaque personne.

Sur le plan spirituel: autonomisation et ancrage dans la foi

Contrairement aux idées reçues qui y voient une marque de soumission, le hijab représente pour de nombreuses femmes musulmanes un acte d’autonomisation et d’affirmation de leur identité spirituelle. En choisissant consciemment de le porter, elles exercent leur liberté de conscience et manifestent leur engagement envers leurs convictions religieuses. Ce choix personnel constitue une expression authentique de leur foi et de leur volonté de vivre en conformité avec leurs valeurs spirituelles. Ainsi, le hijab s’inscrit dans une démarche spirituelle globale qui vise à cultiver la pudeur, l’humilité et la proximité avec le divin. Il rappelle constamment à celle qui le porte ses valeurs et ses priorités profondes, agissant comme un ancrage dans sa foi au milieu des distractions et des sollicitations du monde moderne. Cette dimension spirituelle du hijab en fait bien plus qu’un simple vêtement ; il devient un compagnon quotidien dans le cheminement vers l’élévation spirituelle et le rapprochement avec Allah.

Conclusion

Le hijab, dans toute sa complexité et sa richesse symbolique, nous rappelle que derrière chaque symbole se cachent des personnes réelles, avec leurs histoires personnelles, leurs convictions profondes et leur quête de sens. Qu’il soit perçu comme un acte de foi ou un moyen de préserver sa dignité, le hijab mérite d’être compris dans sa dimension humaine authentique, loin des stéréotypes réducteurs et des jugements superficiels. C’est cette dimension humaine, avec toute sa profondeur et sa sincérité, qui mérite avant tout notre attention, notre écoute et notre respect ! Dans une société qui se veut inclusive et respectueuse de la diversité, reconnaître la légitimité du choix de chaque femme constitue un pas essentiel vers une véritable coexistence harmonieuse et un respect mutuel authentique.

 

Notes:

[1] Sourate Al-Ahzab, 33 : 59

[2] Tafsir-e Qoran-e Mehr, Volume 16, page 394.

[3] Sourate An-Nur, 24 :31

[4] Tafsir-e Qoran-e Mehr, Volume 14, page 159- 162.

[5] Bihâr al-Anwâr, volume 103, page 235

[6] Safînat al-Bihâr, Volume 2, page 298

Références :

Abbas Qomi, Safînat al-Bihâr, Téhéran : éd. Oswa, s.d.

Mohammad Baqir Majlissi, Bihâr al-Anwâr, Beyrouth : éd. Dar Ihya’ al-Turath al-‘Arabi, 1982.

Mohammad Ali, Rezaei Isfahani, Tafsir-e Qoran-e Mehr, Qom: éd. Moassaseh Qur’an, 2009

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