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La zakât des membres du corps selon les Ahlul Bayt (as)

La zakât des membres du corps selon les Ahlul Bayt (as)

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Connaissez-vous la zakât qui ne concerne ni votre argent, ni vos biens matériels, mais qui pourtant vous est exigée chaque instant de votre vie ? Cette zakât invisible mais essentielle, c’est celle de vos membres : vos yeux, vos oreilles, votre langue, vos mains et vos pieds. L’Imam Sâdiq (as) nous révèle une dimension spirituelle profonde qui transforme chaque geste du quotidien en acte d’adoration. Dans un monde où la spiritualité est souvent réduite à des rituels formels, cette vision holistique de la zakât nous rappelle une vérité fondamentale : notre corps tout entier est un dépôt divin dont nous devrons rendre compte. Mais comment comprendre et appliquer concrètement cette zakât des membres ? C’est ce que nous allons découvrir ensemble tout au long de cet article si Allah le veut.

 L’importance et les vertus de la zakât

La zakât occupe une place si centrale en Islam qu’Allah l’a mentionnée dans le Coran vingt-neuf fois, souvent liée directement à la prière (salât) sauf à deux reprises.[1] Cette association n’est pas anodine : elle nous enseigne que tout comme la salât représente notre devoir envers Allah, la zakât symbolise notre responsabilité envers l’humanité.

L’étymologie même du terme « zakât » révèle la richesse de ce concept. Dérivé de la racine arabe « zaka », ce mot porte en lui trois significations complémentaires : purifier, croître et bénir.[2] Ces trois dimensions s’entrelacent pour former un tout cohérent. D’abord, la zakât purifie le cœur du croyant de l’avarice et de l’attachement excessif aux biens matériels. En se séparant d’une partie de ses richesses, le musulman reconnaît que tout appartient à Allah et qu’il n’est que le dépositaire temporaire de ces biens. Ce geste combat l’égoïsme et cultive la générosité.

Le Messager d’Allah (pslf) a dit : « Protégez vos biens par l’intermédiaire de la zakât. » Cette protection ne se limite pas à une dimension mystique. Sur le plan individuel, l’acquittement de la zakât préserve effectivement nos richesses des calamités et des pertes. Sur le plan social, elle garantit une stabilité précieuse et réduit les inégalités qui déchirent les sociétés.

Il existe un principe universel en Islam, magnifiquement illustré par la zakât : « Celui qui fait une bonne action en Islam est toujours celui qui profite en premier de son acte. La zakât ne fait pas exception à cette règle. » En effet, celui qui donne généreusement de sa zakât libère son cœur de l’emprise de l’avarice et de l’attachement maladif aux biens matériels. Il cultive en lui-même la gratitude envers Allah pour les bienfaits dont il jouit.

La zakât des membres du corps : une vision holistique de l’islam

Selon les enseignements des Ahl al-Bayt (as), chaque bénédiction que Dieu nous accorde comporte une zakât correspondante. Cette zakât ne consiste pas en un paiement matériel, mais en l’utilisation juste et à bon escient de ces facultés. C’est employer nos sens et nos membres dans l’obéissance divine, et s’abstenir de les utiliser pour le péché. Comprenez-vous la profondeur de cette vision ? Chaque instant de votre vie devient une occasion de purification spirituelle. Dans un hadith, l’Imam As-Sâdiq (as) a dit : « À chaque partie de ton corps est attachée une aumône obligatoire envers Dieu, le Très-Haut. Bien plus, pour chaque cheveu qui pousse sur ton corps, et même pour chaque instant de tes regards, une aumône est due[3] :

La zakât de l’Œil : voir avec sagesse

Vos yeux sont des portes ouvertes sur le monde, frères et sœurs bien-aimés, pesez-vous cette question aujourd’hui : que laissez-vous entrer par ces portes sacrées que sont vos yeux ? L’Imam Sâdiq (as), dans sa sagesse infinie, nous a transmis un enseignement précieux : la zakât de l’œil ne se paie pas en argent, mais en vigilance et en intention pure. Cette zakât repose sur deux piliers fondamentaux :

Premièrement : Regarder pour apprendre et pour vous élever. Contemplez la création majestueuse d’Allah ! Observez les cieux et la terre, les arbres et les océans, tous ces signes qui proclament Sa grandeur. Étudiez les sciences bénéfiques qui illuminent l’esprit. Posez votre regard avec compassion sur ceux qui souffrent, car dans ce regard réside une adoration.

Deuxièmement : Détourner résolument le regard des passions qui vous égarent. Protégez vos yeux de ce qui éveille les désirs illicites ! Ne fixez pas avec convoitise ! Refusez de scruter les défauts de vos frères et sœurs, car Allah voile nos propres imperfections.

Ainsi, à chaque fois que vous détournez votre regard d’une scène inappropriée, vous acquittez la zakât de vos yeux, un acte de purification du cœur et de profonde gratitude envers le Créateur qui vous a accordé ce précieux bienfait.

La Zakât de l’Oreille : Écouter avec Discernement

Dans ce monde saturé de bruits, de distractions et d’informations contradictoires, pesez-vous cette question essentielle : que choisissez-vous d’écouter ? Vos oreilles ne sont pas de simples organes – elles sont des gardiens de votre cœur, des sentinelles de votre âme !  La zakât de l’oreille repose sur deux fondements sacrés :

Premièrement : L’écoute qui élève et qui purifie. Tendez l’oreille à la récitation sublime du Coran qui fait vibrer les cœurs ! Accueillez les enseignements religieux qui illuminent le chemin. Recherchez la sagesse des savants, les sciences utiles qui servent l’humanité, les conseils sincères de ceux qui vous veulent du bien. Tout ce qui vous rapproche d’Allah, tout ce qui embellit votre caractère – voilà ce qui mérite votre attention !

Deuxièmement : Le détournement résolu du néfaste. Fermez vos oreilles à la médisance qui ronge les communautés ! Fuyez le mensonge comme vous fuiriez le feu ! Refusez ces conversations futiles qui volent votre temps précieux, ces musiques qui égarent le cœur et troublent l’esprit. Vous avez remarqué ? Cette zakât ne concerne pas seulement ce que vous écoutez activement, mais aussi ce que vous refusez d’entendre. Lorsque quelqu’un commence à médire devant vous, quitter cet environnement ou changer de sujet constitue l’acquittement de la zakât de vos oreilles. Aujourd’hui même, prenez cette résolution : Faites de vos oreilles des portes de lumière, non des passages pour les ténèbres !

La Zakât de la Langue : parler avec responsabilité

La langue, bien que petite, est l’un des organes les plus puissants du corps humain. Une seule parole peut bâtir ou détruire, guérir ou blesser, unir ou diviser. Selon les enseignements de l’Imam Sâdiq (que la paix soit sur lui), la zakât de la langue s’accomplit par des actes concrets et vertueux qui transforment chaque mot en aumône spirituelle.

Elle consiste d’abord à conseiller avec bienveillance ses frères et sœurs en religion par des paroles sincères, animées du seul désir de les rapprocher d’Allah et du bien ; à réveiller avec douceur et miséricorde les cœurs endormis, en rappelant à ceux qui négligent leurs devoirs spirituels l’essentiel de la foi ; à multiplier le dhikr en évoquant abondamment Allah, en Le glorifiant, Le remerciant et L’invoquant avec humilité, présence du cœur et pleine conscience ; enfin, à propager le bien et la vérité en enseignant le savoir utile, en éduquant les âmes, en encourageant les bonnes actions, en ordonnant le bien, en interdisant le blâmable et en défendant la justice avec sagesse et discernement..

Tout comme la zakât financière doit être légitime et purifiée, la parole doit être honnête et empreinte de sincérité. Des conseils hypocrites ou un dhikr prononcé sans concentration du cœur ne suffisent pas à accomplir cette zakât. La véritable zakât de la langue réside dans l’authenticité et l’intention pure.

La Zakât de la main : agir avec générosité

Vos mains sont des instruments extraordinaires d’action et de création. Leur zakât se manifeste de multiples façons.

Elle s’exprime d’abord à travers des actes concrets et porteurs de sens : donner généreusement de ce qu’Allah vous a accordé, aider concrètement les nécessiteux, partager vos ressources avec sincérité. La zakât de la main, c’est aussi mettre ses mains au service de la transmission du savoir : consigner les connaissances utiles, rédiger des enseignements bénéfiques, produire du contenu qui guide et élève les musulmans sur leur chemin spirituel.

Cette zakât se retrouve également dans les bonnes œuvres du quotidien : préparer un repas pour un malade, construire ou réparer pour le bien de la communauté, travailler avec honnêteté et excellence, ou contribuer à toute forme de bienfaisance.

Enfin, elle consiste à retenir ses mains de tout mal : ne pas voler, ne pas frapper injustement, ne pas signer de document mensonger, ne pas porter atteinte à autrui.

Chaque acte productif et bénéfique accompli par vos mains devient une purification de l’âme. À l’inverse, laisser ses mains inactives face au bien ou les employer dans le mal constitue une négligence grave de leur zakât.

La Zakât du Pied : une marche active vers le bien

Où vos pas vous portent-ils chaque jour ? Cette question, en apparence simple, révèle toute la dimension de la zakât du pied, telle qu’enseignée par l’Imam Sâdiq (as). Elle ne se limite pas à éviter les chemins du mal, mais exige une mobilité consciente et vertueuse.

En effet, l’Imam Sâdiq (as) nous enseigne que la Zakât du pied consiste à se déplacer pour chercher la compagnie des vertueux, dont la foi inspire et renforce la détermination spirituelle, à participer activement aux assemblées de science religieuse, aux prières collectives et aux rassemblements bénéfiques, mais aussi à œuvrer pour la réconciliation en apaisant les conflits et en rétablissant l’harmonie. Elle implique également de maintenir les liens familiaux en visitant régulièrement ses proches, malgré les efforts que cela peut demander, et d’engager ses pas dans la lutte pour la justice, en défendant les opprimés et en œuvrant pour le bien commun.

Cette zakât ne se contente pas d’éviter les chemins du mal, mais elle exige une démarche proactive, transformant chaque déplacement en acte d’adoration et chaque pas en opportunité de servir la communauté et d’élever l’âme. C’est une spiritualité dynamique, où la foi se vit dans l’action et le mouvement vers le bien.

conclusion

L’enseignement de l’Imam Sâdiq (as) nous révèle une vérité profonde : la zakât des membres n’est pas seulement une recommandation morale, c’est une obligation existentielle. Tout comme vous ne pouvez pas prétendre être musulman sans accomplir la salât ou la zakât financière, vous ne pouvez pas prétendre vivre pleinement votre foi sans acquitter la zakât de vos membres. Cette obligation existentielle signifie que votre existence même, dans toutes ses dimensions physiques et sensorielles, doit être orientée vers la satisfaction divine. Chaque instant devient sacré, chaque geste chargé de sens, chaque choix porteur de conséquences spirituelles. En appliquant ces principes, vous transformez votre vie ordinaire en une aventure spirituelle extraordinaire. Chaque jour devient une occasion de vous purifier, de grandir et de contribuer au bien de l’humanité. Vos yeux, vos oreilles, votre langue, vos mains et vos pieds cessent d’être de simples organes biologiques pour devenir des instruments de votre élévation spirituelle.

Alors, êtes-vous prêt à acquitter la zakât de vos membres ? À transformer chaque regard, chaque écoute, chaque parole, chaque action et chaque pas en un acte d’adoration ? C’est là le chemin vers une existence pure, harmonieuse et pleinement accomplie dans la satisfaction divine.

Notes:
[1] Sourate al-A‘râf, 7 : 156 et Sourate Fuççilat, 41 :7.

[2] Râghib al-Iṣfahânî, al-Mufradāt fī Gharīb al-Qurʾān, p.380.

[3] Miṣbāḥ al-Sharī’a, Chapitre 22 sur la Zakât, pp. 51–52

Références :

  1. Rāghib al-Iṣfahānī, Ḥusayn ibn Muḥammad, al-Mufradāt fī Gharīb al-Qurʾān, taḥqīq, Dāwūdī, Ṣafwān ʿAdnā Beyrouth : Dār al-ʿIlm, s.d.
  2. Imam Sadiq, Miṣbāḥ al-Sharī’a. Beyrouth: éd. A’lami, 1979.
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