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La place du prophète Jésus (as) dans le Coran

La place du prophète Jésus (as) dans le Coran

2025-12-25

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Pour chaque musulman, la connaissance des prophètes que Dieu a envoyés à l’humanité n’est pas un luxe spirituel, mais une nécessité fondamentale de la foi. Cette connaissance n’est pas seulement théorique ; elle constitue un pilier central de sa croyance et doit nourrir sa pratique quotidienne de l’Islam. Le Prophète Mohammad, paix et bénédictions sur lui et sur tous les prophètes, nous a enseigné à travers le Noble Coran qu’il est impossible d’être un vrai croyant sans accepter et respecter tous les messagers que le Seigneur a envoyés. Parmi ces nobles prophètes se trouve Jésus, fils de Marie (as), dont le Coran honore grandement la place et la mission.

1. L’importance de connaître nos prophètes

Parmi tous les prophètes qu’Allah a envoyés, Jésus, fils de Marie, occupe une position singulière et hautement honorée dans la tradition islamique. Le Coran lui consacre une place exceptionnelle, non pas parce qu’il est adoré — il ne l’est absolument pas — mais parce que sa naissance miraculeuse, sa mission divine et ses miracles portent des enseignements spirituels profonds. Le Coran ne cache pas son respect envers ce prophète. Il affirme que Jésus a été l’un des plus proches de Dieu, qu’il parlait aux gens du berceau au tombeau, et qu’il apportait un message de clarté et de compassion à ceux qui avaient égaré.

Allah, Exalté soit-Il, a énoncé clairement les conditions de la vraie foi dans la sourate Al-Baqara : « Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers ; (en disant) : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers ». [1]

Ce verset présente une chaîne claire de la foi : croire en Allah, en Ses anges, en Ses livres révélés, et en Ses messagers. Mais remarquez bien cette formule décisive : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers ». Cela signifie que notre foi doit être équilibrée et complète envers tous les prophètes, sans en honorer certains au détriment d’autres.

Cette égalité ne signifie pas que tous les prophètes ont reçu la même mission ou le même niveau de responsabilité. Le Coran distingue entre les messagers ordinaires et ceux qui possèdent une grande détermination (Ulûl-‘Azm). Cependant, chaque prophète, du moins important au plus grand, a apporté un message divin qui visait à rapprocher l’humanité de la vérité et de la guidance. Rejeter un seul prophète, c’est affaiblir notre foi globale. C’est comme maçonner un mur en laissant une brique manquante — la structure entière en souffre.

Connaître l’histoire des prophètes n’est pas simplement un exercice académique. Ces récits ne sont pas des contes pour divertir. Ils sont des leçons vivantes, des exemples de patience, de constance, de sacrifice et de dévouement envers Dieu. Ils sont des miroirs dans lesquels nous voyons nos propres défaillances et nos propres possibilités.

2. Les noms du prophète Jésus : le Verbe de Dieu et le Messie

Les noms dans la tradition coranique ne sont jamais arbitraires. Chaque nom porte un sens profond, révèle une qualité divine ou une mission particulière. Le Prophète Jésus, paix sur lui, a reçu des noms qui résument toute l’essence de sa mission prophétique et de sa place singulière auprès d’Allah. Aujourd’hui, nous étudions deux noms en particulier : le Messie et le Verbe de Dieu — trois désignations qui éclairent qui il était réellement et ce qu’il représentait pour l’humanité.

  • Issa (Jésus) :

Le nom de Jésus en arabe, Issa, dérive du terme hébreu Yashoua (יְשׁוּעַ), qui signifie littéralement « celui qui sauve » ou « le Sauveur ». Ce n’est pas un simple nom parmi d’autres — c’est un nom qui porte en lui toute une mission. En effet, dès sa naissance, l’univers entier fut informé que cet enfant miraculeusement né porterait le titre de celui qui sauve. Sauve quoi ? Sauve qui ? Le Coran nous le clarifie : Jésus était venu pour sauver les Enfants d’Israël de l’égarement, pour les ramener à la guidance, pour les libérer de l’obscurité de l’ignorance et du paganisme.

  • Le Messie (celui qui Sauve et qui Bénit) :

Le titre Massih que nous traduisons par « le Messie », possède plusieurs significations complémentaires qui enrichissent notre compréhension :

Signification première : « Celui qui oint » ou « celui qui est oint »

Le terme vient de la racine arabe m-s-h, qui signifie « oindre » ou « frotter avec de l’huile ». Historiquement, l’onction était un geste rituel dans les sociétés anciennes. On oignait les rois et les prophètes avec une huile sacrée pour les consacrer et les purifier avant leur mission. Or, Jésus n’a pas reçu une onction humaine ordinaire. Il a été oint par la puissance divine elle-même. Le Coran affirme que l’ange Gabriel lui-même, à sa naissance, l’a protégé et purifié. C’était une onction céleste, un sceau divin placé sur lui avant même qu’il ne commence sa mission.

Signification secondaire : « Celui qui est oint de bénédiction »

Au-delà de l’onction rituelle, le titre de Messie porte une autre signification : celui qui est comblé de bénédictions divines, celui sur qui reposent les grâces d’Allah. Jésus n’était pas seulement purifié — il était béni. Ses actes portaient la bénédiction divine. Son toucher guérissait. Sa parole inspirait. Sa simple présence transformait les cœurs.

Lorsque nous réunissons ces deux noms — Issa le Sauveur et Massih le Béni — nous obtenons une image complète : Jésus est celui qui vient pour sauver les Enfants d’Israël, et il le fait avec la puissance et la bénédiction d’Allah. Il n’est pas un sauveur par sa propre force, mais par la délégation divine. Il est le Messager à travers lequel Allah étend Sa miséricorde.

Le Coran accorde à Jésus une place de prestige. Son nom y est cité vingt-cinq fois, le titre de Messie douze fois. Son récit apparaît dans quinze sourates et quatre-vingt-treize versets. Mais au-delà du nombre de mentions, c’est la qualité de ces témoignages qui frappent le croyant : Jésus est désigné comme celui qui a été affermi par l’Esprit Saint, celui qui occupe un rang éminent et distinct auprès d’Allah.

  • Le Verbe de Dieu

Il existe une caractéristique unique dans le texte coranique qui distingue Jésus non seulement des autres êtres humains, mais de toute création : il est le seul à être spécifiquement désigné par le terme Kalima, c’est-à-dire le Verbe de Dieu. Bien que toutes les créatures, en un sens, soient des « paroles » ou des « ordres » de Dieu (car tout ce qui existe fut créé par Son commandement « Sois ! »), Jésus reçoit ce titre d’une manière exclusive et différenciée. C’est comme si le Coran disait : « Parmi tous les signes de la création, parmi tous les messagers, parmi tous les êtres, il en est un qui incarne de manière particulière la Parole divine. »

Le Coran révèle cette vérité dans deux contextes clés :

Premier passage : L’annonce à Marie : (Rappelle-toi,) quand les Anges dirent : « Ô Marie, Allah t’annonce la bonne nouvelle d’un Verbe de Sa part : son nom est le Messie, Jésus, fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés d’Allah. »[2]

Notez la structure de ce verset. Allah n’annonce pas simplement un enfant. Il annonce un Verbe — une manifestation de Sa parole, un message vivant. Et le nom de ce Verbe est le Messie, Jésus. Il est important de comprendre que Kalima (Verbe) est le nom de la réalité, tandis que Messie et Jésus sont des titres qui qualifient ce Verbe.

Deuxième passage : La clarification de sa nature

« Le Messie, Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager d’Allah et Sa Parole qu’Il a envoyée à Marie. »[3]

Ce verset est de la plus grande clarté : Jésus est un Messager (donc un serviteur d’Allah, non une divinité) ET il est la Parole d’Allah (donc une manifestation spéciale de la volonté divine, un instrument par lequel Allah communique).

3. Pourquoi Jésus est-il le Verbe ? Les explications des Savants

Les savants musulmans, ayant médité sur ce mystère, nous proposent plusieurs explications qui se complètent et enrichissent notre compréhension :

  1. Créé par le Commandement Divin « Sois » : La première explication nous ramène à l’essence de la création. Jésus est appelé le Verbe car il fut créé par l’ordre divin « Sois ! » (Kun). Allah nous l’explique de manière comparée : « Pour Allah, l’exemple de Jésus est comme celui d’Adam : Il l’a créé de poussière, puis Lui a dit : « Sois », et il fut. »[4]

Mais il y a une subtilité ici. Adam a été créé de poussière — une matière — et ensuite le commandement de Sois fut prononcé. Jésus, au contraire, n’a été créé que par le commandement « Sois ». Il n’y eut pas de matière première. Il n’y eut pas de père humain. Il n’y eut que la parole d’Allah, et elle seule engendra son existence.

De la même manière que la parole créatrice d’Allah est l’instrument par lequel tout le cosmos existe, Jésus, en tant que Verbe, est un signe vivant de cette puissance créatrice. Il est l’incarnation du pouvoir créateur de Dieu sur le plan humain et spirituel.

  1. Le guide de l’humanité : La deuxième explication nous montre que de même que l’humanité est guidée par la parole lumineuse d’Allah (le Coran, la révélation), elle est guidée par l’existence sacrée de Jésus. Jésus n’était pas un simple prophète qui transmettait un message et s’en allait. Il était le message vivant. Son existence incarnait les enseignements divins. Ses actions prêchaient les paroles d’Allah. Sa vie était un sermon.

Quand quelqu’un voyait Jésus, il voyait la miséricorde divine en action. Quand il parlait, il parlait avec la sagesse de Dieu. Quand il guérissait, c’était l’amour divin qui agissait à travers lui. Il était la Parole de Dieu non seulement par son nom, mais par sa vie entière.

  1. La révélation précoce : La troisième explication souligne la singularité de Jésus dès sa naissance. Contrairement aux autres prophètes qui reçurent la révélation à un certain âge de leur vie, Jésus a été béni par la révélation dès son berceau. Le Coran rapporte ses premières paroles : « Je suis le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a fait prophète. »[5]

Ces paroles ne furent pas apprises. Elles ne furent pas enseignées. C’était le Verbe qui parlait, la révélation qui s’exprimait par la bouche d’un enfant. Cette capacité précoce à recevoir et à transmettre la révélation divine est un honneur que très peu de créatures ont reçu.

Cela montre que Jésus était le Verbe non pas quelque chose qu’il est devenu au cours de sa vie, mais quelque chose qu’il était depuis l’origine. La révélation était inhérente à sa nature.

  1. Son rang prophétique singulier : La quatrième explication place Jésus dans le contexte de sa fonction prophétique particulière. De même que le Prophète Mohammad est appelé « le Rappel » (Dhikr) en raison de sa mission spéciale de rappeler l’humanité au message d’Allah, Jésus est le Verbe en raison de sa fonction singulière. Sa mission prophétique était de clarifie la parole d’Allah, de la transmettre avec pureté, et de l’incarner dans sa vie. Il était le signe vivant de la parole et de la sagesse divines.

Chaque prophète a une couleur particulière, un accent particulier donné à son message. Moïse a mis l’accent sur la puissance de la Loi. Abraham a mis l’accent sur l’Unicité et la confiance. Mohammad a ramené l’humanité à la guidance finale et sur la miséricorde divine. Jésus, lui aussi, a mis l’accent sur la miséricorde divine incarnée, sur la possibilité de réconciliation avec Dieu, sur la puissance transformatrice de la guidance divine.

En cela, il était le Verbe — la parole vive qui parlait non seulement avec des mots, mais avec son être entier.

Bref, les noms de Jésus — le Sauveur, le Messie, le Verbe de Dieu — ne sont pas des titres vides. Ils résument une réalité spirituelle profonde. Ils témoignent de la place singulière qui lui fut accordée par Allah, et de la mission particulière qu’il fut chargé d’accomplir.

Comprendre ces noms, c’est comprendre qui était réellement Jésus : un Messager pur, un Verbe vivant par lequel Dieu parlait à l’humanité, un Sauveur qui venait apporter la guidance et la miséricorde.

Ces titres signifient que Jésus était un Messager extraordinaire, béni d’une manière particulière, dont la vie et la mission incarnaient de manière singulière la volonté et la parole de Dieu. C’est un honneur immense, mais c’est un honneur qui le plaçait parmi les serviteurs d’Allah, non en dehors de ce cadre. C’est comme dire : un roi peut avoir un émissaire en qui il a une confiance particulière, qu’il envoie pour accomplir les missions les plus délicates. Cet émissaire incarne la volonté du roi, représente sa parole, et porte son autorité. Cela ne rend pas l’émissaire égal au roi — cela le place dans une fonction spéciale de service loyal.

Que Allah nous accorde la sagesse de comprendre ces réalités, et de reconnaître en Jésus le prophète noble qu’Allah a choisi, tout en restant fermes dans la conviction que Dieu seul est digne d’adoration.

4. La fin terrestre de Jésus selon l’Islam

Le christianisme enseigne qu’Adam, en mangeant du fruit de l’arbre interdit, a commis un péché qui a rendu lui et toute sa descendance dignes de châtiment. Ignorer cette faute serait incompatible avec la justice divine, tandis qu’appliquer ce châtiment contredirait la miséricorde de Dieu. Pour résoudre cette contradiction, Dieu aurait envoyé son propre Fils sur Terre : en endurant la souffrance de la crucifixion, Jésus aurait ainsi libéré l’humanité du péché originel. Contrairement à ce que prétendent certains, le Coran clarifies une vérité fondamentale que nous, musulmans, affirmons avec certitude : « et à cause leur parole : « Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah »… Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage. »[6]

Allah rejette catégoriquement le mensonge de la crucifixion. Jésus n’a pas été tué par les Juifs. Allah, dans Sa sagesse infinie, l’a préservé en le levant vers Lui, vivant et sauf. Ainsi, l’islam rejette également catégoriquement le dogme de la rédemption — l’idée erronée selon laquelle Allah aurait traité les péchés de l’humanité par la mort d’un prophète. Cela va à l’encontre de la justice divine et de la miséricorde d’Allah envers Ses créatures. Allah a dit : « Nul ne portera le fardeau d’autrui » (Coran, Isra, 15) Chacun est responsable de ses actes. La repentance sincère et l’obéissance à Allah sont les seuls chemins vers le pardon.

6. Conclusion

Ainsi, la place de Jésus en Islam témoigne de l’honneur qu’Allah lui a accordé en tant que prophète béni, Messie et Verbe divin, tout en affirmant clairement qu’il demeure un serviteur d’Allah et non une divinité. Connaître et respecter tous les prophètes, sans distinction, constitue un pilier essentiel de notre foi et nous rapproche de la vérité divine. Puisse Allah nous guider vers une compréhension juste de Son message et nous accorder la grâce de suivre l’exemple de ces nobles messagers jusqu’au Jour du Jugement.

Que Allah nous accorde la sagesse de comprendre Son message, la force de croire en tous Ses prophètes, et le discernement de rejeter les mensonges. Qu’Il nous réunisse avec ces nobles prophètes au Paradis, par Sa miséricorde et Sa grâce.

Notes:

[1] Sourate Al-Baqara, 2 : 285.

[2] Coran, Sourate Âl ‘Imrân, 3 : 45.

[3] Coran, Sourate An-Nisâ, 4: 171.

[4] Coran, Sourate Âli ‘Imrân, 3 : 59.

[5] Coran, Sourate Maryam, 19 : 30.

[6] Sourate An-Nisa, 4- 157-158.

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