Abu Ayyub al-Ansari qui fait l’objet de cet article est un éminent poète chiite arabe. La poésie chiite est une expression profonde de la spiritualité, de l’histoire et de la culture chiite. Les poètes chiites, qu’ils soient arabes, persans ou urdu, ont utilisé leur art pour exprimer la douleur, la dévotion et la résistance face à l’oppression. Cet article explore les vies et les contributions de certains des plus grands poètes chiites, depuis les premiers poètes arabes. En s’appuyant sur des sources historiques et littéraires, nous examinons comment ces poètes ont façonné la tradition chiite à travers leurs œuvres, qui continuent d’être récitées et vénérées dans les communautés chiites du monde entier.
Abu Ayyub al-Ansari
Khalid ibn Zayd ibn Kulayb ibn Najjar, connu sous Abu Ayyub, appartenait à la tribu des Bani Najjār, une branche des Khazraj, l’un des deux grands clans arabes de Médine[1].
Sa mère était la fille de Saʿd ibn Qays ibn Amr ibn Imruʾ al-Qays, ce qui renforçait encore ses attaches tribales à la ville. Il était marié à la fille de Zayd ibn Thābit, célèbre compagnon du Prophète (s) et l’un des principaux scribes de la révélation[2].
Selon l’historien Ibn Saʿd, Abu Ayyub aurait eu un fils nommé Abd al-Raḥmān, mais sa descendance ne s’est pas perpétuée[3].
Événements marquants de sa vie
Participation au deuxième serment d’al-Aqaba
Abu Ayyub fut l’un des soixante-dix compagnons qui participèrent au deuxième serment d’allégeance d’al-Aqaba, s’engageant à soutenir le Prophète (s) sans relâche[4]. Le chroniqueur Naṣr ibn Muzāḥim al-Minqari le décrit comme l’un des notables des Anṣār et le compte parmi les chiites de l’Imam Ali (a)[5].
Près de 150 hadiths lui sont attribués, mais parmi ceux-ci, seuls 7 sont considérés comme authentiques à la fois par al-Boukhara et Muslim, les deux grandes autorités sunnites en matière de hadith[6].
L’hôte du Prophète (s)
Ce qui fit d’Abu Ayyub une figure particulièrement vénérée parmi les musulmans, c’est le fait que le Prophète (s) choisit de loger chez lui à son arrivée à Médine, malgré l’insistance de nombreux autres habitants désireux de l’accueillir[7]. C’est pourquoi la plupart des historiens s’accordent à le désigner comme « l’hôte du Prophète ».
D’après al-Balādhurī, le Prophète (s) séjourna chez Abu Ayyub pendant sept mois, le temps que sa mosquée et sa maison soient achevées[8]. En revanche, al-Masʿūdī évoque une durée plus courte, d’environ un mois[9].
La maison d’Abu Ayyub à Médine resta longtemps un lieu vénéré par les musulmans. Une école rattachée aux quatre écoles juridiques sunnites y fut fondée plus tard, appelée « al-Shihābiyya ». Le lieu exact où la chamelle du Prophète (s), surnommée al-Mabrouka, s’était arrêtée devant sa maison, y était marqué et honoré comme un site de bénédiction[10].
Défenseur de la succession d’Ali (a)
Après la disparition du Prophète (s), Abu Ayyub figura parmi les douze compagnons qui se levèrent en défense de la succession et de la désignation d’Ali ibn Abi Tâlib (a) comme calife légitime[11]. De ce fait, Ibn al-Athīr le cite parmi les compagnons proches et fidèles (khawāṣṣ) de l’Imam Ali (a)[12].
Khalid ibn Zayd ibn Kulayb ibn Najjar, plus connu sous le nom d’Abu Ayyub al-Ansari (mort en 52 A.H./672 ap. J.-C.), était un compagnon éminent du Prophète Muhammad (s), issu de la tribu des Bani Najjār à Médine, et également un partisan fidèle de l’Imam Ali (a)[13].
Il prit part au second serment d’allégeance à al-Aqaba[14], événement décisif qui scella l’engagement des Médinois à soutenir le Prophète (s) avant son émigration. Lorsque le Prophète (s) arriva à Médine en 622, il s’installa dans la maison d’Abu Ayyub jusqu’à la construction de la Mosquée du Prophète[15].
Abu Ayyub participa activement aux principales campagnes militaires du Prophète (s), notamment les batailles de Badr (624) et Uhud (625)[16], ainsi qu’aux combats menés aux côtés de l’Imam Ali (a), tels que Siffin (657) et Najran (658), durant la première fitna islamique[17].
Il fut l’un de ceux qui s’adonnèrent à la collecte du Coran sous la supervision du Prophète (s), rôle que plusieurs compagnons ont joué, bien avant la compilation officielle sous Abū Bakr[18]. Il se montra également actif dans la défense de la pureté de la mosquée de Médine, en expulsant les hypocrites (munāfiqūn), ce qui témoigne de son engagement spirituel et politique[19].
Après l’assassinat du calife Othman en 656, Abu Ayyub fut parmi les premiers à prêter allégeance à l’Imam Ali (a)[20]. En reconnaissance de sa loyauté, ce dernier le nomma gouverneur de Médine après la bataille de Najran[21]. Plus tard, il participa à la campagne militaire des musulmans contre les Byzantins, dans laquelle il trouva probablement la mort aux abords de Constantinople, où son tombeau est encore vénéré aujourd’hui[22].
Selon les spécialistes sunnites du hadith, Abu Ayyub est considéré comme fiable (thiqa)[23]. En revanche, dans la tradition chiite, bien qu’il soit évoqué positivement, les biographes ne lui consacrent pas d’analyse critique détaillée. Des narrateurs de renom tels qu’Ibn Abbas, al-Barâ’ ibn Āzib et Jâbir ibn Samura ont rapporté des hadiths à travers lui[24].
Par ailleurs, Abu Ayyub était un poète chiite doué en poésie, et composa notamment des vers pendant la bataille de Siffin, exprimant à la fois sa ferveur religieuse et son engagement politique[25].
Participation aux batailles
Abu Ayyub al-Ansari prit part à toutes les expéditions militaires du Prophète Muhammad (paix soit sur lui) et les historiens rapportent qu’il fut présent lors des batailles de Badr, Uhud et le Fossé (Khandaq)[26]. Il s’abstint une seule fois de participer à la bataille de Tabuk, car le commandement de l’armée musulmane avait été confié à un jeune homme, et il regrettait profondément cette absence par la suite [27]. À travers les sources historiques, on perçoit clairement son esprit d’obéissance, sa fidélité et le respect particulier qu’il vouait au Prophète (psl)[28].
Selon Ibn Hicham, sur ordre du Prophète (psl), Abu Ayyub prit l’initiative d’expulser les hypocrites qui, dans la mosquée de Médine, ridiculisaient les musulmans, certains d’entre eux étant même apparentés à lui [29]. Selon certaines traditions, un verset coranique relatif à l’incident d’Al-Ifk fait l’éloge d’Abu Ayyub et de son épouse[30].
Imam de la prière communautaire parmi les compagnons
Lors du siège de la maison d’Othman par ses opposants, les musulmans célébraient la prière en congrégation (ṣalāt al-jamāʿa) sous l’imamat d’Abu Ayyub al-Ansari à la mosquée de Médine[31]. Il faisait également partie des témoins ayant fait serment à Othman de gouverner dorénavant selon le Livre de Dieu et la Sunna du Prophète (psl) [32].
Serment d’allégeance et soutien à l’Imam Ali (as)
Après l’assassinat d’Othman, Abū Ayyub fut l’un des premiers à prêter allégeance à Ali (as) et encouragea les Ansar à faire de même[33].
Présence dans les batailles sous l’Imam Ali (as)
Abu Ayyub participa à toutes les batailles où Ali (as) fut engagé[34], bien que selon Ibn Saʿd, il ne fut présent qu’à la bataille de Najran[35], et selon al-Waqidi, à la bataille de Ṣiffīn . Son courage remarquable est unanimement salué.
Lors de la bataille de Najran, Ali (as) le nomma commandant de la cavalerie et l’envoya auparavant pour dialoguer et exhorter les Khawārij. Interrogé sur le fait qu’en tant que compagnon majeur du Prophète (psl), il combattait aux côtés de Ali (as) contre les partisans d’autres tribus, il répondit : « Le Messager de Dieu (psl) nous a fait prêter serment de combattre aux côtés d’Ali contre les Nākiṭīn (renégats), les Qāsiṭīn (opprimants) et les Māriqīn (dissidents) »[36].
Avec Qays ibn Saʿd ibn Ubāda, il représenta l’Amir al-Mu’minīn (as) pour dialoguer avec les Khawārij. En outre, en l’an 35 de l’hégire, il témoigna avec un groupe à Koufa avoir entendu le Hadith de Ghadir directement du Prophète (psl)[37].
Décès
Abu Ayyub al-Ansari mourut en l’an 52 de l’hégire (672 ap. J.-C.), alors que l’armée musulmane assiégeait Constantinople. Il succomba à une maladie durant cette expédition[38]. Selon d’autres traditions, son décès aurait eu lieu en 50 ou 51 H[39].
Alors qu’il était à l’agonie, il fit une recommandation solennelle à Yazid, venu le visiter :
« Lorsque je mourrai, transporte mon corps aussi loin que tu avanceras sur le sol de l’ennemi, et enterre-moi là-bas »[40].
Dans une autre tradition, il déclara :
« J’ai entendu le Messager de Dieu (s) dire : Un homme vertueux sera enterré aux portes de Constantinople. J’espère que je serai cet homme »[41].
Après sa mort, Yazid accomplit la prière funéraire en son honneur, puis ordonna qu’il soit inhumé près des murailles de la ville[42]. D’après certains récits, il aurait ensuite ordonné à la cavalerie de piétiner et d’effacer les traces de sa tombe, de peur que l’ennemi n’en découvre l’emplacement[43].
Le mausolée et la mosquée d’Abu Ayyub
Ibn Saʿd rapporte que la tombe d’Abu Ayyub jouissait d’un tel respect parmi les Byzantins que certains d’entre eux, notamment en période de sécheresse, s’y rendaient en pèlerinage pour implorer la pluie[44]. Selon Ibn Abd Rabbih, un dôme fut plus tard érigé au-dessus de sa sépulture, et subsistait encore à son époque.
Par la suite, jusqu’en 857 de l’Hégire / 1453 de l’ère chrétienne, date de la conquête de Constantinople par les Ottomans, l’emplacement exact de la tombe d’Abu Ayyub demeura inconnu. Ce n’est qu’à cette époque qu’elle fut identifiée — dans un récit mêlant foi et légende — par Ak Shams al-Din, alors shaykh al-islam. En 863/1458, le sultan ottoman Mehmed II fit construire une mosquée — la mosquée d’Eyüp Sultan — ainsi qu’un mausolée sur sa tombe. Dès lors, de nombreux dignitaires ottomans furent inhumés à proximité du sanctuaire, et les sultans ottomans eux-mêmes s’y rendaient lors de leur intronisation. Dans le cadre de ce rituel cérémoniel, ils ceignaient l’épée de leurs ancêtres, connue sous le nom d’« épée d’Othman »[45].
conclusion
La figure d’Abu Ayyub al-Ansari incarne à la fois la loyauté indéfectible envers le Prophète Muhammad (s) et l’engagement profond envers la cause de l’Imam Ali (a), faisant de lui un exemple marquant de piété, de courage et de fidélité aux principes de l’islam originel. Sa tombe jouissait d’un respect chez les Byzantins , lieu de pèlerinage et d’imploration de la pluie en temps de sécheresse.
Notes
[1] Les Bani Najjār faisaient partie des Ansâr, les « auxiliaires » médinois qui soutinrent le Prophète Muhammad (s) après l’hégire. Cf. Ibn Hajar al-ʿAsqalani, al-Iṣāba fī Tamyīz al-Ṣaḥāba.
[2] Zayd ibn Thābit (m. 665) joua un rôle clé dans la collecte du Coran après la mort du Prophète, sous les califats d’Abū Bakr et de ʿUthmān. Voir al-Zurqānī, Manāhil al-ʿIrfān.
[3] Ibn Saʿd, Ṭabaqāt al-Kubrā, vol. 3, p. 487.
[4] Ibn Hishām, Sīrat al-Nabawiyya, vol. 2.
[5] Naṣr ibn Muzāḥim, Waqʿat Ṣiffīn, p. 82.
[6] Al-Mizzī, Tahdhīb al-Kamāl, et Ibn Ḥajar, Tahdhīb al-Tahdhīb.
[7] Voir al-Zurqānī, Sharḥ al-Mawāhib al-Ladunniyya, sur l’accueil du Prophète à Médine.
[8] Al-Balādhurī, Ansāb al-Ashrāf, vol. 1, p. 243.
[9] Al-Masʿūdī, Murūj al-Dhahab, vol. 2, p. 270.
[10] Al-Masʿūdī, Murūj al-Dhahab, vol. 2, p. 270.
[11] Al-Samhūdī, Wafā’ al-Wafā bi-Akhbār Dār al-Muṣṭafā, vol. 1, p. 304.
[12] Voir al-Ṣadūq, al-Khiṣāl, et al-Ṭabarī, Tārīkh al-Umam wa al-Mulūk.
[13] Al-Dhahabi, Siyar Aʿlām al-Nubalā’, vol. 2, p. 367 ; Ibn Hajar al-ʿAsqalani, al-Iṣāba fī Tamyīz al-Ṣaḥāba.
[14] Ibn Hisham, Sīra al-Nabawiyya, vol. 1.
[15] Al-Tabari, Tārīkh al-Umam wa al-Mulūk, vol. 2 ; cf. al-Zurqani, Sharḥ al-Mawāhib al-Ladunniyya.
[16] Voir Watt, Muhammad at Medina (Oxford University Press, 1956), p. 38-42.
[17] M.A. Shaban, Islamic History: A New Interpretation, vol. 1.
[18] Al-Suyuti, al-Itqān fī ʿUlūm al-Qur’ān, vol. 1.
[19] Al-Bukhari, Ṣaḥīḥ, Kitāb al-Masājid.
[20] Al-Baladhuri, Ansāb al-Ashrāf, vol. 3.
[21] Nahj al-Balāgha, lettre 28 (lettre de l’Imam Ali à Abu Ayyub comme gouverneur).
[22] D’après la tradition ottomane, son tombeau est situé à Eyüp Sultan, Istanbul.
[23] Ibn Hajar, Tahdhīb al-Tahdhīb.
[24] Muslim ibn al-Hajjaj, Ṣaḥīḥ Muslim, et d’autres ouvrages classiques de hadith.
[25] Al-Nuʿmānī, Kitāb al-Gharāt, mentionne quelques fragments de ses poèmes.
[26] Ibn Saʿd, al-Ṭabaqāt al-Kubrā, vol. 2, p. 52.
[27] Ibn Abī al-Ḥadīd, Sharḥ Nahj al-Balāgha, vol. 13, p. 262.
[28] Al-Wāqidī, Kitāb al-Maghāzī, p. 201.
[29] Ibn Hishām, Sīrat Rasūl Allāh, vol. 1, p. 342.
[30] Al-Ṭabarī, Tārīkh al-Rusul wa al-Mulūk, vol. 3, p. 158
[31] Ibn Saʿd, al-Ṭabaqāt al-Kubrā, vol. 2, p. 153.
[32] Al-Ṭabarī, Tārīkh al-Rusul wa al-Mulūk, vol. 4, p. 201.
[33] Ibn ʿAbd al-Barr, al-Istiʿāb fī Maʿrifat al-Aṣḥāb, p. 172.
[34] Al-Mubarrad, Kitāb al-Jamʿ bayna al-Riwāyāt, p. 89.
[35] Ibn Saʿd, al-Ṭabaqāt al-Kubrā, vol. 2, p. 190.
[36] Ibn Abī al-Ḥadīd, op. cit., p. 270.
[37] Al-Bukhārī, Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, Hadith n° 3716.
[38] Al-Ṭabarī, Tārīkh al-Rusul wa al-Mulūk, vol. 5.
[39] Ibn ʿAsākir, Tārīkh Madīnat Dimashq, vol. 12.
[40] Al-Balādhurī, Futūḥ al-Buldān, p. 156.
[41] Al-Suyūṭī, Tārīkh al-Khulafā’, sous le califat de Muʿāwiya.
[42] Ibn al-Athīr, al-Kāmil fī al-Tārīkh, vol. 3, p. 240.
[43] Al-Samhūdī, Wafā’ al-Wafā, vol. 1.
[44] Ibn Saʿd, Ṭabaqāt al-kubrā, 1990, vol. 3, p. 558.
[45] Shaw, Stanford J., History of the Ottoman Empire and Modern Turkey, vol. 1 : Empire of the Gazis: The Rise and Decline of the Ottoman Empire 1280–1808, Cambridge University Press, 1976, pp. 77–78.
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