Une brève introduction à Nahj al-Balagha
Introduction
Nahj al-Balagha est une sélection de lettres, de sermons et de discours de l’Imam Ali (p), gendre, cousin, et fervent disciple du Prophète Mohammad (Paix et salut sur et sa sainte famille), premier Imâm du chiisme et quatrième calife de l’islam sunnite, Ali est considéré comme le fondateur de la première école culturelle de l’Islam d’où sortit un puissant courant intellectuel. Quant à sa foi, sa conduite et son comportement parmi les hommes vous aurez, cher lecteur, largement l’occasion de les connaître de près à travers ses paroles. L’Imâm Ali a également laissé une œuvre importante et riche tant du point de vue spirituel que littéraire rassemblée dans Nahj al-Balagha la voie de l’éloquence, ouvrage reconnu à la fois par les milieux chiites et une partie des écoles sunnites, notamment en ce qu’elle témoigne des extraordinaires richesses lexicales et stylistiques de la langue arabe.
Par la hauteur de son niveau, le caractère global des problèmes quotidiens qu’il traite, Nahj al-Balagha n’est comparable à aucun autre, après le Saint Coran et la Sunnah du Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille), ni dans la magnifique description des différents aspects et caractéristiques de la vie, description exhaustive par laquelle l’Imam Ali (Paix sur lui) se distingue seul parmi les compagnons du Prophète(Paix et salut sur lui et sa sainte famille) au sujet de la création du ciel, de la terre et des anges, ni dans la personnification du jour du Jugement dernier qui fait frissonner le corps et dérouter l’esprit.
A cela s’ajoutent les proverbes et maximes dont se sont nourris des générations de sages et de saints à travers les siècles et particulièrement de nos jours.
Il vous suffit, cher lecteur de savoir que l’auteur Nahj al-Balagha, est celui qui a vécu sous le toit du Prophète (Paix et salut sur lui et sa sainte famille) et en a reçu la sagesse, jour après jour.
Ces paroles sont méthodiquement formulées en discours et sermons d’un très haut niveau d’éloquence arabe.
L’éloquence dans cette compilation est à un niveau si élevé que As-Sayyid ar-Radî – grand poète, un homme distingué de la littérature et maître de grandes œuvres – a considéré cette compilation comme un honneur pour lui-même.
Sayyid al-Radī compilateur du Nahj al-Balagha
Nahj alـBalagha (La voie de l’éloquence) est une effervescence issue de la source de la grâce divine, est une réaffirmation des vérités du coran et des enseignements islamiques.
L’Imam Ali (que la paix soit sur lui) avait été élevé par le Prophète (Paix et salut soient sur lui et sa famille), une personne dont l’existence était la confluence des plus grands courants de l’existence. La compilation de ce grand trésor est due à Sayyed Alـ Sharif Al Radi qui est d’une lignée pure, descendant de l’Imam Ali (paix sur lui)
Préface du compilateur de Voie de l’éloquence l’érudit Sayyid al-Radī
Sayyid al-Radī dit à propos de Nahj al-Balagha :
Ce livre ouvre les portes de l’éloquence au lecteur et lui faciliter son approche. Il répondra aux besoins de l’érudit et de l’étudiant, alors que les rhétoriciens ainsi que les ascètes y trouveront également leurs buts. Dans ce livre, on trouvera un magnifique traité sur l’unicité d’Allah, sur Sa justesse et sur le fait qu’Il soit dépourvu de corps et de forme, qui peut étancher la soif de toute personne assoiffée de connaissance, fournir un soin à toute maladie et écarter tout doute.
Selon Sayyid al-Radī dans l’introduction de Nahj al-Balagha, il a rédigé ce grand œuvre à la demande de ses amis. Il écrit à ce sujet :
Un certain nombre d’amis et de frères en foi,… m’ont proposé de m’atteler à la rédaction d’un ouvrage qui couvrirait toutes sortes de paroles de notre maître, l’émir des croyants (Paix sur lui), regroupant divers documents, comme des sermons, des lettres, des conseils, des sujets d’éthiques, etc, car ils étaient convaincus que le résultats final serait rempli de merveilles et de surprises d’éloquence et de rhétorique, de joyaux éclatants de la langue arabe et d’expressions sublimes au sujet de la foi, qu’aucun ouvrage n’a rassemblés et que l’on ne trouve réunis dans aucun autre livre. Ceci car l’émir des croyants (Paix sur lui) était la fontaine de l’éloquence et la source de la rhétorique. Par son biais, les subtilités cachées de l’éloquence et de la rhétorique ont été révélées, et c’est de lui (Paix sur lui) que l’on a appris leurs principes et règles. Chaque orateur et chaque tribun devaient marcher sur ses pas et chaque prêcheur éloquent s’est servi de ses énoncés.
Même après cela, personne n’a pu l’égaler. Ainsi, le crédit pour avoir été le tout premier est resté auprès de lui, car ses paroles sont celles qui reflètent le savoir divin et la saveur des énoncés prophétiques. C’est alors que j’ai accédé à leur requête, car je savais que cela appelait un grand bienfait, une belle réputation et une riche récompense.
L’objectif de cette compilation est de présenter la grandeur et la supériorité de l’émir des croyants (Paix sur lui) dans l’art de la rhétorique, en plus de ses innombrables qualités et ses distinctions indénombrables, et de montrer qu’il s’est élevé à la plus haute cime de cet art. Il s’est démarqué de tous ceux qui l’ont précédé, dont les paroles sont citées ici et là. Ses paroles sont un tel ruisseau affluant que l’in ne peut se comparer à son flot et un tel trésor de subtilités que l’on ne peut l’égaler. Comme je retrace avec fierté ma filiation jusqu’à lui (Paix sur lui), j’ai un plaisir à citer ces propos d’al Farazdaq:
« Ô Jarir, ces personnes-là sont mes aïeux. Lors de nos retrouvailles, peux-tu prétendre être égal à eux? »
D’après moi, les énoncés de l’émir des croyants (Paix sur lui) peuvent être classés en trois catégories: premièrement, les sermons et décrets; deuxièmement, les lettres et communications; et troisièmement, les maximes et conseils. Si Allah le permet, j’ai décidé de commencer par compiler les sermons, puis les lettres, et enfin les maximes et conseils, en proposant un chapitre à part pour chaque catégorie, laissant des pages blanches entre elles afin de pouvoir rajouter ce qui aurait pu être laissé de côté et qui aurait ensuite être retrouvé. Si un propos, qu’il soit classique ou en réponse à une question ou pour un autre objectif, ne convient pas à une de mes catégories, il devra être intégré dans la catégorie qui lui convient le mieux ou dont le sujet est le plus proche. Dans cette compilation, ont fait surface certaine sections dont l’agencement montre un manque d’organisation. Cela est dû au fait que j’ai seulement souhaité recueillir les paroles éclatantes les plus représentatives, sana vouloir les arranger d’une quelque façon.
Le trait de l’émir des croyants (Paix sur lui) pour lequel il est hors pair, qu’il ne partage avec personne, est que ses énoncés sur l’ascétisme, la piété, le rappel d’Allah et le conseil sont tels que lorsqu’un individu les lit avec attention, sans garder à l’esprit que ce sont les mots d’un homme qui jouit de grandes position et autorité et qui contrôle le destin des hommes, il ne peut douter qu’il s’agit là des paroles d’un homme qui n’a d’autre intérêt que l’ascétisme et d’autre activité que l’adoration, qui se confine à l’intérieur d’une maison ou sur le flanc d’une montagne où il n’entend rien d’autre que son propre murmure et ne voit personne d’autre que lui-même. Il ne pourra croire qu’il s’agit là des paroles d’un homme qui s’engage dans des batailles contre des épées dégainées, tranchant des têtes et mettant les champions à mal, et qui revient avec l’épée ruisselant de sang, ayant pris des âmes. Et en dépit de tout cela, il est le chef des ascètes et le maître des saints. L’une des étonnantes caractéristiques de l’émir des croyants (Paix sur lui) qui le distingue, c’est qu’il réunissait en lui des qualités contradictoires et en faisait ressortir, ensemble, diverses excellences. Je les mentionne souvent à mes frères en foi et les laisse s’émerveiller devant elles. Il s’agit en effet d’un sujet de méditation et de réflexion. Dans cette compilation, il faut s’attendre à des répétitions de mots ou de sujets, car il est connu que les propos de l’émir des croyants (paix sur lui) ont été rapportés sous de nombreuses formes. Parfois, il est arrivé qu’un énoncé particulier soit découvert dans une forme particulière dans une tradition et écrite dans cette même forme. Ensuite, le même énoncé a été retrouvé dans une autre tradition, soit avec un complément acceptable, soit dans un style plus attrayant. Dans un tel cas, dans l’intention de compléter mon objectif de compilation et de préserver le bel énoncé pour qu’il ne soit pas perdu, j’ai décidé de le répéter à un autre moment. Il est aussi arrivé qu’un énoncé particulier ait fait son apparition plus tôt, mais en raison du temps écoulé entre les deux, il a été ajouté à nouveau. Cela a été fait par omission, et non pas intentionnellement. En dépit de tout cela, je ne prétends pas avoir recueilli les propos de l’émir des croyants (paix sur lui) de toutes les sources et qu’aucune phrase, quel que soit son type ou sa construction, n’ait été mise de côté. En fait, je n’écarte pas la possibilité que ce qui a été oublié puisse être supérieur en nombre que ce qui a été recueilli, et que ce qui a été porté à ma connaissance et utilisé est bien inférieur en nombre que ce qui reste en dehors de ma portée. Ma tâche était de faire du mieux que je peux, et c’est Allah (glorifié et exalté soit-Il) qui peut faciliter le trajet et guider vers l’objectif, si Allah le veut. Ayant terminé mon ouvrage, que ce soit pour recueillir ou compiler ce manuscrit, Voie de l’éloquence (Nahj al-Balâgha) paraît un titre approprié pour ce livre, car il pourrait ouvrir les portes de l’éloquence au lecteur et lui faciliter son approche. Il répondra aux besoins de l’érudit et de l’étudiant, alors que les rhétoriciens ainsi que les ascètes y trouveront également leurs buts. Dans ce livre, on trouvera un magnifique traité sur l’unicité d’Allah, sur Sa justesse et sur le fait qu’Il soit dépourvu de corps et de forme, qui peut étancher la soif de toute personne assoiffée de connaissance, fournir un soin à toute maladie et écarter tout doute. Je cherche d’Allah le secours, la protection contre l’égarement, la bonne conduite et l’assistance. Je recherche Sa protection contre les erreurs du cœur avant les erreurs de la langue, et contre les erreurs du discours avant les erreurs des actions. Il est Celui à qui je me fie, et Il est le meilleur Garant.
Importance et valeur
Muhaddith Nouri considérait Nahj al-Balagha comme le frère du Coran dans le livre Mustadrak al-Wasail [1] Certains ont rapporté que Nahj al-Balagha était l’un des livres que les chiites souhaitaient mémoriser après le Coran. [2] Selon ces rapports, Nahj al-Balagha est la plupart des exemplaires de Khati consacrés à sa description et à son interprétation dans la culture islamique, et de nombreux textes littéraires persans et arabes après le Coran sont influencés par Nahj al-Balagha. avoir accepté [3]
La traduction de ce livre dans de nombreuses langues différentes [4] montre la position particulière de ce livre parmi les musulmans.
Valeur littéraire
À propos de l’importance, de la valeur littéraire et de l’éloquence de Nahj al-Balagha, de nombreux mots de penseurs de la langue arabe ont été cités. [5] Certains ont considéré l’éloquence et bien-dire contenues dans ce livre comme l’une des raisons de la longévité de ce livre. [6] Ibn Abi al-Hadîd, l’un des érudits sunnites du septième siècle de l’hégire lunaire, qui est l’un des commentaires les plus importants sur Nahj al-Balâgha [7] a écrit sous la description du 108ème sermon de l’Imam Ali (a.s.), une ligne de Nahj al-Balagha avec 1000 lignes et même plus que les paroles d’Ibn Nabata, un orateur célèbre du quatrième siècle lunaire est égale [8]. Il même ailleurs, avec les éloges de ceux qui comparent les paroles de l’Imam Ali (a.s.) avec Ibn Nabata, il considère les paroles et les poèmes d’Ibn Nabata contre Nahj al-Balagha, comme la poésie d’un étudiant contre un maître, et la poésie du sublime contre le suprême.[9]
George Jardaq, un écrivain chrétien libanais, a également présenté Nahj al-Balagha comme un livre doté du plus haut niveau de rhétorique et le considère comme un Coran un peu éloigné de sa position. [10] Il estime que toutes les beautés de la langue arabe peuvent être trouvées dans ce livre. [11] Et aussi, les paroles de Nahj al-Balagha sont inférieures aux paroles du créateur et supérieures aux paroles de la créature. L’Ayatollah Makarem Shirazi rapporte d’Alousi qu’il a déclaré que dans Nahj al-Balagha il y a des paroles proches du stade du miracle.[12] Sheikh Nasif Al-Yaziji , écrivain et poète libanais, a ordonné à son fils de mémoriser le Coran et Nahj al-Balagha afin d’exceller dans l’éloquence de la langue arabe [13] Muhyiddin Abdul Hamid, l’un des savants de la langue la langue arabe, a félicité Nahj al-Balagha pour ce livre, Cheshme Joshan a introduit l’éloquence et l’éloquence de la langue arabe et croit que ses paroles sont les paroles les plus éloquentes après les paroles de Dieu et de son Messager. [14]
Nommer Nahj al-Balâgha
«Nahj» signifie « chemin lumineux », Nahj al-Balâgha[15] donc signifie «chemin lumineux de l’éloquence». Dans la préface du livre, As-Sayyid ar-Radî déclare:
« J’ai appelé ce livre Nahj al-Balâgha (La Voie de l’Éloquence) parce qu’il ouvre les portes de l’éloquence à celui qui le lit et parce qu’il appelle ceux qui le cherchent … Dans ce livre, il y a de merveilleuses discussions sur tawhîd (l’unicité de Dieu), et « ‘adl » (la justice) et la dissemblance de Dieu le Très-Haut à toute créature ; dans la manière dont il est écrit, il y a à étancher tout soif [de connaissance], à guérir tout malade [de l’impiété] et à supprimer tout doute et hésitation de cœur ».[16]
Cheikh Muhammad ‘Abduh, l’ancien mufti de l’Egypte et un savant sunnite, a écrit dans l’introduction de son commentaire sur Nahj al-Balâgha:
«Je ne connais pas un meilleur nom [pour ce livre] capable à indiquer mieux son sens … Il n’est pas dans ma compétence de décrire ce livre mieux que ce que ce nom indique …».[17]
Contenu de Nahj al-Balâgha
Certains ont qualifié l’exhaustivité et la diversité de son contenu d’un des grands avantages de Nahj al-Balagha ; Un contenu qui présente des discours originaux, doux, calculés et précis sur des sujets variés et parfois même contradictoires.[18] Cheikh Muhammad Abduh, l’un des anciens d’Ahl al-Sunnah, croit : Il y a différentes opinions dans ce livre, parfois l’homme se voit dans les horizons élevés des significations et des expressions les plus belles et les meilleures, et parfois dans le champ de bataille, et parfois il observe une intelligence brillante dans ce mot qui tente de sortir l’homme des ténèbres. au royaume suprême, prenez-le et placez-le dans le monde saint.[19]
As-Sayyid ar-Radī rassemble les déclarations de l’Imam Ali (a) en trois catégories et écrit :
«Grâce à Dieu, j’ai rassemblé d’abord ses sermons merveilleux, puis ses lettres agréables, et enfin ses énoncés et ses paroles sur les bonnes manières (adab)».
As-Sayyid ar-Radî écrit dans la préface du livre, que si dans certains chapitres il y a des passages qui ne sont pas harmonieux entre-eux, c’est parce que ce qui a été prise en compte dans leur ordre, n’est pas la cohérence mais l’éloquence et la beauté.
Il mentionne également que la raison de l’incertitude dans certains termes et phrases est la différence et la divergences dans les diverses narrations rapportées.[20]
Nahj al-Balâgha est donc divisé en trois parties:
Les sermons
Les lettres
Les paroles courtes et profondes (qisâr)
Chaque texte appraît dans le livre par un numéro. Mais le nombre des textes de chaque partie peut être différent d’une édition à l’autre. Par exemple selon la numérotation de al-Mu’jam al-Mufahras li-Alfâz Nahj al-Balâgha, il ya 241 sermons, 79 lettres, et 480 énoncés dans ce livre.[21]
Sermons
Nahj al-Balâgha est une encyclopédie de la culture islamique, comprenant les thématiques comme la théologie, le monde des anges, la création de l’univers, la nature de l’homme, les bons et les oppresseurs, les peuples, etc. Mais le point le plus important est que l’Imam (a) ne voulait pas enseigner les sciences naturelles et la zoologie ou expliquer les points philosophiques ou historiques.[22]
Son intention en mentionnant ces questions était le même que le Coran qui prêche, tout en utilisant des concepts tangibles et rationnels qui sont compréhensibles pour le public. Ainsi, il les prend peu à peu à la destination qu’ ils doivent arriver – devant Dieu le Tout-Puissant.
Dans ces sermons, lorsqu’il s’agit de la création du ciel, de la terre, du soleil, de la lune, des étoiles et des montagnes, l’Imam Ali (a) enseigne que ce que Dieu a donné aux créatures est le bien pur, mais ce sont les humains ingrats qui ne reconnaissent pas la vérité de ces bénédictions. Ils se détournent du chemin de Dieu vers le chemin du Satan et utilisent la grâce divine pour provoquer le mal et la sédition.
Lorsqu’il s’agit de l’histoire du peuple du passé, l’Imam (a) enseigne aux gens que l’histoire est un miroir dans lequel on peut voir le reflet du passé et du vécu et on peut en tirer des leçons ; mais ce serait qui, qui en tirerait des leçons? Il invite les gens à regarder les traces qu’ont fait les peuples du passé, les peuples disparus et endormis sous la terre; il invite les gens à suivre les bonnes actions de ces peuples et à éviter les mauvaises œuvres que ceux-ci ont effectuées, ce qui les a conduit à l’anéantissement.[23]
Tout au long de ces prédications, l’Imam (a) réfléchit aussi à ses compagnons, à leurs états et à leurs actes, et tout à coup un tas de tristesse et de chagrin envahit son cœur; cela lui arrive quand il tourne son regard clairvoyant des gens qui sont assis au pied de sa chaire à ceux du passé, du temps du Prophète (s) et de ses compagnons sincères et croyants qui préféraient la victoire de la religion aux avantages de ce monde grâce à leur pure croyance en Dieu et au jour de la Résurrection.
Il (a) se tourne alors vers son auditoire et se demande de ce qui leurs est arrivé après moins de trente ans de ce temps – un espace aussi court – pour que certains prétendants être musulmans se soit assis sur le siège des vrais musulmans? Des gens qui sont attirés par ce monde et qui ont oublié Dieu et désobéissent leur Imam.
Il se demande où sont passés ceux qui étaient fiers et honorés d’avoir donné des martyrs et ceux qui souhaitent tomber en martyr sur le chemin de Dieu? Il se demande pourquoi ces gens qui se sont rassemblés autour de lui préfèrent le confort au martyre sur le chemin de la foi et essaient de passer cette tâche religieuse à quelqu’un d’autre?
Il réfléchit à l’égalité et le sacrifice de soi des musulmans au début d’islam, quand les gens préféraient les autres à eux-mêmes et essayaient de se protéger et s’épargner des corruptions et des richesses matérielles de ce monde. Il se demande pourquoi ces gens sont devenus (à con époque) des gardiens des trésors mondains et des adorateurs du monde d’ici-bas?
Ceux-ci et des dizaines d’autres réflexions de ce genre constituent le contenu des sermons de l’Imam Ali (a) dans ce livre.[24]
Lettres
Les lettres rassemblées dans ce livre sont constituées, pour la plupart, des ordres adressés aux dirigeants; elles sont souvent à propos de sujets comme : comment traiter les gens et comment protéger le trésor public ; comment considérer les avantages de la société dans les dépenses, etc.
Cependant, le ton et le contenu de ces lettres ne sont pas comme si elles étaient écrites par le gouverneur de la moitié du monde à cette époque-là ; mais elles reflètent plutôt les préoccupations d’un parrain gentil, âgé et expérimenté qui a l’intention d’enseigner à ses jeunes enfants comment combattre les problèmes au cours de la vie.[25]
Aphorismes
Dans cette partie du livre, une sélection des paroles courtes et sages de l’Imam Ali (a), ses conseils et ses réponses aux questions sont rassemblés.[26]
Traductions
De nombreuses traductions ont été faites de Nahj al-Balâgha en persan (près de 40 différentes traductions), en urdu, en turc, en anglais (près de 13 différentes traductions), en espagnol, en allemand, en français et d’autres langues. En voici certaines :
Traduction en français par un groupe de spécialistes musulmans, revue et corrigée par Dr. Sayyid Attîa Abul Naga
Traduction et commentaire en persan par ‘Alīnaqī Fayd al-Islam.
Traduction en anglais par Sayyid ‘Alî Ridâ.
Traduction en ourdou par Sayyid ‘Alînaqî Naqawī.
Traduction en turc par Abdülbaki Gölpınarlı.
Commentaires
De nombreux commentaires ont été écrits sur Nahj al-Balâgha dont certains ne sont plus disponibles aujourd’hui. Ces commentaires qui sont disparu aujourd’hui sont toutefois mentionnés dans les listes des bibliographies d’autres commentaires ; par exemple, le livre Kitâbnâme-yi Nahj al-Balâgha mentionne plus de 300 œuvres dans différentes langues écrites sur Nahj al-Balâgha, et encore cette liste est d’après l’auteur, incomplète.[27] Les références suivantes presentent quelques commentaires importants en persan et en arabe, aujourd’hui disponibles.
Impacts des paroles d’Imam Ali (a) dans la littérature arabe et persane
L’influence des paroles de l’Imam Ali sur la littérature persane est tout à fait remarquable. Sayyid Ja’far Shahîdî, l’un des traducteurs de Nahj al-Balâgha considère ce livre du point de vue de son importance, comme le second livre après le Saint Coran. C’est le livre le plus cité par les auteurs et les penseurs classiques de l’Iran qui apprennent de lui l’éloquence. Ceci est observable en particulier dans les travaux de Nasir Khusraw et Ferdawsi.
On peut voir cet impact encore plus fort dans la littérature arabe. Les auteurs arabes après l’Islam, ont utilisé les paroles de l’Imam Ali comme un critère d’eloquence et d’esthétique dans leurs œuvres. Parmi eux, on peut citer ‘Abd al-Hamîd b. Yahyâ ‘Āmiri, Abu ‘Uthman Jâhiz, Ibn Nubâta, Abû Ishāq Sābi et Ibn Abī l-Hadīd.
Références de Nahj al-Balâgha
Certains érudits sunnites, comme Ibn Khalkân[28] (m. 681) et Dhahabī[29] (m. 748 H.), doutaient de la vérité des références de Nahj al-Balâgha aux paroles de l’Imam Ali en croyant et pensaient qu’il était consitué les paroles de Sayyid ar-Radî, le compilateur, lui-même.
Les réponses aux doutes
Après son commentaire sur le sermon de Shiqshiqiyya, Ibn Abi al-Hadîd (d. 656 H.) raconte une histoire qui vient des doutes des gens [à propos de la source de ce livre], auxquels il donne des réponses précises que voici :
En 603 h. / 1206-1207, j’ai entendu de la part de mon professeur Musaddiq b. Shabib al-Wasitî cela:
«Je récitais ce sermon (le sermon de Shiqshiqiyy) pour Abd Allah b. Ahmad connu sous le nom de Ibn Khashâb …
je lui ai alors dit:
«Est-ce que vous considérez que l’attribution de ce sermon à l’Imam ‘Ali (a) est fausse? Il m’a répondu :
«Je jure devant Dieu que je sais que ces mots sont les siens, comme je sais que tu es Musaddiq.» Alors je lui ai dit :
«Beaucoup de gens disent que ces sermons appartiennent à As-Sayyid ar-Radî, que la miséricorde de Dieu soit sur lui.» Il m’a répondu :
«Ar-Radî ou toute autre personne, est incapable d’écrire ses discours dans ce style! Nous avons lu les traités d’ar-Radî, et nous connaissons son style en prose. Ce dernier n’a rien rajoutée à ce livre, ni de bon ni de mauvais.»
Puis il a continué: «Je jure devant Dieu que j’ai vu ces sermons dans les livres datant 200 ans avant que As-Sayyid ar-Radî soit né, et je connais l’écriture de l’auteur, et je sais auquel savant et auquel homme de la littérature il appartient, [tout cela date] bien avant que Abu Ahmad, le père d’ar-Radî, soit né!»[30]
Ibn Abi al-Hadîd continue :
« J’ai vu beaucoup de ces sermons dans les écrits de notre professeur Abu al-Qâsim al-Balkhî, le chef de mu’tazilites de Baghdad. Il a vécu pendant le règne de Muqtadir avant la naissance de ar-Radī. J’ai également vu de nombreux de ces sermons dans al-Insâf, la célèbre œuvre d’Abu Ja’far b. Qubba, l’un des théologiens des chiites imamites. Il était un étudiant de Shaykh Abu l-Qâsim al-Balkhi, que la miséricorde de Dieu soit sur lui. Il est décédé avant qu’ ar-Radî soit né ». [31]
En plus des réponses mentionnées [celles qui se trouvent entre les commentaires de Nahj al-Balâgha] tels que la réponse d’Ibn Abî al-Hadīd, de nombreux chercheurs ont essayé de rédiger des livres indépendants sur les références de toutes les énonciations de Nahj al-Balâgha. Ces références listent les paroles de l’Imam ‘Ali dans les livres datant d’avant la naissance d’As-Sayyid ar-Radî et as-Sayyid al-Murtadâ, contemporain avec eux, même peu après eux. Ils montrent, de manière claire que les doutes portés sur le compilateur de ces paroles, As-Sayyid ar-Radî ou as-Sayyid al-Mourtadâ, sont sans fondement.
Voici certains travaux éffectué sur les références de Nahj al-Balâgha, ci-dessous:
Istinad Nahj al-Balâgha par ‘Alikhân ‘Arshî, traduction et notes marginales par Murtadâ Ayatullah Aadi Shirazi.
Masâdir Nahj al-Balâgha wa Asânidah par Sayyid Abd al-Zahrâ al-Husaynî al-Khatib.
Mustadraks (suppléments)
Puisque Nahj al-Balâgha est seulement une sélection de paroles de l’Imam Ali (a) et pas la totalité de celles-ci, certains chercheurs ont tenté par conséquent, de les rassembler entièrement. Voici quelques exemples de ces efforts, ci-dessous:
Tamam Nahj al-Balâgha mimma awradah ash-Sharif ar-Radī Athar Mawlânâ al-Imam al-Mu’minîn Amir ‘Ali b. Abi Talib (a), étudié et complété par Sadiq al-Musawî, porté à prouver l’authenticité du livre de Muhammad ‘Assaf; référencé et corrigé par Farîd al-Sayyid.
Nahj as-Sa’âda Fi Mustadrâk Nahj al-Balâgha bâb al-kutub wa ar-rasâ’il, écrit par Muhammad Baqîr al-Mahmûdî, corrigé par Aziz Âl Tâlib.
Nahj as-Sa’âdah fi Mustadrak Nahj al-Balâgha Bâb al-Khutab Wa al-Kîlam, écrit par Muhammad Baqîr al-Mahmûdî, corrigée par Aziz Âl Tâlib.
Mastadrak Nahj al-Balâgha …, al-Hâdî al-Kâshîf al-Ghitâ’.
Notes:
- Nahj al-Balagha, traduit par Faiz al-Islam, 1379, vol.3, p.423.
- Mustafavi, la relation entre Nahj al-Balagha et le Coran, 2006, pp. 33-34.
- Mostafavi, la relation entre Nahj al-Balagha et le Coran, 2006, p.35 ; Rafii, « L’authenticité alaouite de Nahj al-Balagha », p. 131.
- Rashad, Encyclopédie de l’Imam Ali (AS), 1380, Vol 12, pp. 52-50.
- Rashad, Encyclopédie de l’Imam Ali (AS), 1380, vol.12, p.78.
- Muyidi, « Recherche et guide de recherche à Nahj al-Balagheh », p.
- Amin, Ayan al-Shia, Beyrouth, vol. 44, p.
- Mustafavi, La relation entre Nahj al-Balagha et le Coran, 2006, p.
- Ostadi, bibliographie de Nahj al-Balagha, 1359.
- Référez-vous à : Al-Hosseini al-Khatib, sources de Nahj al-Balagha et Asanidah, 1987, vol.1, pp. 106-120.
- Shad, Encyclopédie Imam Ali, 1380, vol.12, p.32.
- Makarem Shirazi, Payam Imam, 1375, vol.1, p.30.
- Ibn Abi al-Hadid, Commentaire sur Nahj al-Balagha par Ibn Abi Al-Hadid, 1337, vol 7, p.
- Ibn Abi al-Hadid, Commentaire sur Nahj al-Balagha par Ibn Abi Al-Hadid, 1337, vol 7, p.
- Shahîdî, L’introduction de la traduction de Nahj al-Balâgha.
- L’introduction de Sayyid ar-Radî à Nahj al-Balâgha, Traduction de Âyatî.
- ‘Abduh, Le Commentaire de Nahj al-Balâgha, p. 10.
- Makarem Shirazi, Payam Imam, 1375, vol.1, p.39.
- Abd, Commentaire sur Nahj al-Balaghah, Le Caire, p.10.
- L’introduction de Sayyid ar-Radî à Nahj al-Balâgha, Traduction d’ Âyatî.
- Voir: Muhammadî, Sayyid Kazim; Dashti, Muhammad, Al-mu’jam al-Mufahras li-Alfâz Nahj al-Balâgha, Qom: Publication de l’Imam Ali (a), 1369.
- Shahîdî, L’introduction de la traduction de Nahj al-Balâgha.
- Shahîdî, L’introduction de la traduction de Nahj al-Balâ gha.
- Shahîdî, L’introduction de la traduction de Nahj al-balagha.
- Shahîdî, L’introduction de la traduction de Nahj al-Balâgha.
- Shahîdî, Nahj al-Balâgha, p.361.
- Ustâdî, Ridâ, Kitâbnâme Nahj al-Balâgha, p. 3-4.
- : Ibn Khalkan, Wafayat al-A’yan wa Anba’ Abna’ az-Zamân, vol. III, p. 313.
- Dhahabi, Siyar a’lam al-nubala’, vol. XVII, p. 589.
- Ibn Abi al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol. I, p. 205.
- Ibn Abi al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol. I, p. 205-206.