Traduit par Jean d’Agape
L’Imam ‘Ali (AS) au début de la guerre s’est adressé ainsi à ses soldats: «Ne commencez jamais le combat avant eux (les ennemis) car grâce à Dieu, vous êtes dans le droit et le fait que vous n’ayez pas commencé le combat avant eux, sera une autre preuve de votre bon droit. Si avec l’autorisation de Dieu, ils sont vaincus et s’enfuient, ne tuez pas ceux qui ont tourné le dos et ne blessez pas celui qui ne peut se défendre. Ne tuez pas les blessés et ne vous attaquez jamais aux femmes».
Nahjol Balãghe, lettre 14 et Histoire de Tabari, vol 3
Le respect des droits des femmes du camp ennemi
A l’époque de l’Imam ‘Ali (AS), beaucoup de généraux emmenaient leurs femmes avec eux et en cas de défaite, ces femmes étaient faites prisonnières. L’Imam ‘Ali (AS) veillait à ce que les droits de ces femmes soient respectés.
Après la guerre de Jamal et la fuite des gens de Bassora, l’Imam ‘Ali (AS) déclara une amnistie générale alors que les vainqueurs en général, considéraient les biens et les femmes des vaincus comme leur propriété.
L’Imam ‘Ali (AS) a pardonné aux gens de Bassora leur violence et leurs délits, les avertissant bien sûr dans une lettre, du danger que représenterait pour eux, la moindre entorse aux règlements.
«Vous savez ce que vous avez fait avec moi, quel serment vous avez violé et de quelle hostilité vous avez fait preuve à mon égard mais je vous ai pardonnés, mon sabre a épargné les fuyards, j’ai accepté ceux qui s’étaient repentis et j’ai fermé les yeux sur vos fautes. Si vous refaites des erreurs, fomentez les mêmes projets d’opposition et d’hostilité, mon armée est prête, les généraux sont en selle et si vous nous y obligez, je vous attaquerai de telle sorte que la guerre de Jamal vous semblera minime bien que je connaisse la valeur de vos généraux et ce que vous disent les conseilleurs. Je n’autoriserai jamais l’oppression des bienfaisants ni ne briserai le serment fait avec les gens sincères».
Nahjol Balãghe, lettre 29
Quand le calme revint à Bassora, l’Imam ‘Ali (AS) désigna Abdoullah ben Abbas comme gouverneur et retourna à Koufa. On l’avertit qu’Abbas ne se comportait pas bien envers les gens de Bassora, l’Imam ‘Ali (AS) envoya sur le champ, une lettre qui est la 18ème lettre du Nahjol Balãghe disant:
«Sache que Bassora est aujourd’hui, le siège du diable et un terrain propice à la fitna, cependant conduits-toi bien avec les gens et fait disparaitre la terreur de leur cœur. On m’a rapporté ton mauvais comportement et ta violence envers la tribu de Bani Tamim. Les hommes de Bani Tamim sont des gens forts dont le courage n’a jamais cessé de se manifester dans les combats, que ce soit avant et après l’Islam, personne n’a pu les devancer. Fais donc preuve de patience»
Quand les gens de Bassora s’enfuirent lors de la guerre de Jamal, ils furent poursuivis par l’armée de l’islam. Dans cette poursuite, une femme enceinte tomba et avorta. Quand l’Imam ‘Ali (AS) fut mis au courant de cet incident, il fut très peiné et ordonna qu’on lui amène son mari. Il demanda aux témoins qui de la mère ou de l’enfant, était décédé en premier. Les témoins dirent que c’était l’enfant qui était décédé le premier. L’Imam ‘Ali (AS) ordonna alors que la moitié du prix du sang soit donnée au mari pour la femme qui sera donné aux membres de la famille, et un tiers pour l’enfant.
Cheikh Tussi, Tahzib-ol-Ahkãm, vol 8, Koleiny, Forou kãfi, p. 354
L’étude des droits de l’homme et des règles qui existaient à l’époque du Prophète de l’Islam (AS) montrent qu’il y eut une révolution à cette époque, dans le domaine des valeurs et de la juridiction.
Bien que les gens de Bassora aient lancé cette rébellion et tué 500 partisans de l’Imam ‘Ali (AS) avant la guerre de Jamal, qu’ils aient commencé le combat et été vaincus, l’Émir des croyants (AS) a respecté leurs droits et vivement regretté cet évènement.
Diriger un pays sans politique est une chose impossible et dans certaines visions, cela exige des détours, des compromis et des transactions. Si la sincérité n’est pas une chose courante chez les politiciens dans le monde, l’Imam ‘Ali (AS) n’a jamais utilisé ces méthodes.
L’Imam ‘Ali (AS) a toujours eu des positions claires et sans équivoques, et n’a jamais accepté les compromis pour renforcer son pouvoir. Le conseil des six personnes pour le califat, les avertissements de l’Imam ‘Ali (AS) aux gens avant leur allégeance et le rejet de certaines personnes qui lui conseillaient de collaborer avec Mo’awiyya, sont trois exemples de la sincérité de l’Imam ‘Ali (AS) dans le domaine politique.