L’Imâm ‘Alî Ibn Mûssâ ar-Ridâ (p) est né au onzième jour de ce mois sacré de dhû al-qi’da. Il a été désigné par son père l’Imâm Mûssâ al-Kâzim (p) qui a dit sur son compte qu’il était le plus versé dans la jurisprudence. Il avait vingt ans lorsque, se trouvant à la mosquée, il répondait aux questions des savants qui accouraient à lui pour se renseigner sur les qualifications de l’Islam, ses concepts, ses règles et ses méthodes. Ils trouvaient en lui l’Autorité islamique infaillible dont les bons caractères étaient le prolongement de ceux du Messager de Dieu (P), et dont la science était issue de celle du Messager de Dieu (P).
On sait que les traditionnistes ont parlé de ce qu’on appelle « la Chaîne Dorée ». Il s’agit d’une Tradition très connue dans laquelle paraissent les noms illustres des Imâms, du Prophète et de Dieu. Se trouvant un jour réunis autour de l’Imâm ar-Ridâ (p), les savants et les traditionnistes qui rapportaient les hadîth lui ont dit : « Parle-nous, ô Fils du Messager de Dieu (P). Il a dit alors : « Mon père Mûssâ Ibn Ja’far, qui le tient de son père Ja’far Ibn Muhammad, qui le tient de son père Muhammad Ibn ‘Alî, qui le tient de son père ‘Alî Ibn al-Hussein, qui le tient de son père al-Hussein Ibn ‘Alî, qui le tient de son père ‘Alî Ibn Abû Tâlib, qui, le tient du Messager de Dieu (P), qui le tient de Jabrâ’îl, qui le tient de Di qui a dit : « L’expression ‘Il n’y a pas de Dieu si ce n’est Dieu’ est Ma citadelle ; Celui qui entre dans Ma citadelle sera épargné de Mon châtiment’ ». Il s’agit de l’unicité de Dieu, de la doctrine selon laquelle Dieu seul doit être adoré, obéi et aimé. L’Imâm l’enseignait aux gens. Il l’enseignait aussi à ses fils, car ils sont les Imâms de l’unicité, qui ont appelé le monde à Dieu l’Unique.
L’Imâm et les mérites du Coran
L’Imâm ar-Ridâ (p) demandait aux gens de s’attacher au Coran, pour que celui-ci soit la lumière qui éclaire leurs cœurs, leurs raisons et leurs vies. On dit que l’un de ses compagnons lui a demandé son avis au sujet du Coran. L’Imâm (p) lui a répondu : « Le Coran est la parole de Dieu. N’allez pas au-delà de son enseignement et ne recherchez pas la guidance en dehors de lui, car vous serez égarés ». Le Coran est ainsi la vérité, et ce qui est autre que le Coran est l’erreur.
L’un de ses compagnons lui a posé une question semblable. Il a répondu en citant son père Mûssâ Ibn Ja’far (p) qui a dit : « Un homme a demandé à Abû Abdullah (p) : « Pourquoi, lorsque nous lisons le Coran, nous avons le sentiment qu’il est révélé à l’instant ? ». L’Imâm (p) a répondu : « C’est parce que Dieu ne l’a pas révélé pour une époque à l’exclusion des autres. Il est le livre de la vie. Il ressemble au soleil qui se renouvelle tous les jours et reste comme s’il est créé le jour même. Il n’est pas révélé pour être destiné à un peuple à l’exclusion des autres. Il est nouveau pour chaque époque, et il est frais pour chaque peuple, et ainsi de suite jusqu’au jour de la Résurrection ».
Parlant une fois du Coran, l’Imâm ar-Ridâ (p) a insisté sur ses qualités en tant qu’argument évident et en tant que miracle quant à sa constitution. Il a dit à ce propos : « Il est la corde solide de Dieu, Son lien ferme et Sa voie exemplaire qui mène au Paradis. Il sauve du Feu et ne change pas au cours du temps. Il ne perd pas sa fraîcheur quand il est lu, car il n’est pas fait pour une époque à l’exclusion des autres. Il est la preuve et l’argument à l’adresse de tous les hommes ». Il est ((inaccessible à l’erreur d’où qu’elle vienne)) (Coran XLI, 42). Il est la lumière qui dirige vers la vérité. Il est le bien qui ne se corrompt à jamais.
Nous constatons ainsi que les Imâm appartenant au Gens de la Maison (p) appelaient les gens à suivre le Coran, à le comprendre, à l’appliquer et à emprunter le chemin qu’il indique comme guidance. Ils demandaient au gens de comparer au Coran chaque hadith qu’on attribue au Messager de Dieu (P) ou à eux, avec la consigne suivant : « Ce qui est conforme au Livre de Dieu, acceptez-le. Ce qui ne l’est pas, rejetez-le ». L’idée selon laquelle certains insistent, même de nos jours, à dire que les partisans des Gens de la Maison (p) soutiennent que le Coran est altéré par des ajouts ou des omissions, est une idée fausse. Les Partisans des Gens de la Maison (p) ont été, de tout temps, unanimes à dire que le Coran est infaillible face à la falsification, aux ajouts et aux omissions. L’Imâm ar-Ridâ (p) appelait les gens à se référer à la raison en tant que juge au lieu de suivre l’appel de l’instinct. Il disait : « Le Messager de Dieu (P) a dit : ‘L’ami de chacun est sa raison. Son ennemi est son ignorance’ ». C’est la raison qui distingue le vrai du faux, le bien du mal, ce qui est correcte de ce qui est erroné, et le chemin droit du chemin déviant. C’est la raison qui dirige les hommes vers les bons issus. C’est pour cela que Dieu l’a institué comme preuve, le Jour où les hommes seront conduits devant le seigneur des Mondes. Quant à l’ignorance, elle est l’ennemie qui égare l’homme et l’éloigne du bon chemin.
La modestie de l’Imâm (p) en tant que porteur de message
L’Imâm ar-Ridâ (p) ne faisait pas de distinction, dans ses relations, entre un homme et un autre. Il était modeste dans ses relations avec tous. Ses biographes racontent qu’un habitant de Balakh a dit : « Je me trouvais avec l’Imâm ar-Ridâ lors de son voyage au Khurasan. Il a un jour demandé qu’on lui donnât à manger ; mais avant de commencer, il a réuni autour de sa table tous ses serviteurs noirs et blancs. Je lui ai dit alors : ‘Que je sois sacrifié pour toi, pourquoi ne laisses-tu pas ceux-là manger seuls autour d’une table à eux ? Il m’a répondu -que la paix soit sur lui : ‘Le Seigneur est un, la mère est une, le père est un, mais la rétribution sera distribuée selon les actions’ ».
Un autre compagnon raconte l’événement suivant : « J’ai entendu ‘Alî Ibn Mûssâ ar-Ridâ (p) dire en désignant du doigt l’un de ses serviteurs noirs : « Vois-tu ce serviteur noir ? Je jure, quitte à affranchir un esclave, et je n’ai jamais juré sans avoir affranchi un esclave et sans l’avoir fait suivre par tout ce que je possède, que je ne me considère pas comme valant mieux que cet esclave du fait de ma descendance du Messager de Dieu, sauf si je vaudrais mieux que lui du fait d’une bonne action ». La consanguinité toute seule ne fait pas qu’un homme soit supérieur à un autre. Les descendants du Messager de Dieu (p) ne sont pas supérieurs aux autres, sauf s’ils le sont par leurs bonnes actions. L’Imâm ‘Alî (p) a dit à ce propos : « L’ami de Muhammad est celui qui obéit à Dieu, même s’il est de parenté lointaine. L’ennemi de Muhammad est celui qui désobéit à Dieu, même s’il est de parenté proche ». Puis il a récité le verset coranique qui dit : ((Les plus proches d’Abraham sont assurément ceux qui l’ont suivi)) (Coran III, 68). Et les plus proches du Prophète (P) sont assurément ceux qui l’ont suivi, ceux qui ont suivi le Livre de Dieu et la Sunna de Son Prophète.
L’Imâm ar-Ridâ (p) a dit : « Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, a ordonné trois choses qui sont liées à trois autres choses. Il a ordonné la prière et la zakat. Celui qui prie sans s’acquitter de la zakat n’aura pas sa prière agréée. Il a ordonné d’être reconnaissant envers Lui et envers les parents. Celui qui n’est pas reconnaissant envers ses parents ne l’est pas envers Dieu. Il a ordonné de craindre Dieu et de respecter le lien du sang. Celui qui ne respecte pas le lien du sang ne craint pas Dieu ». Abdussalâm Ibn Sâlih al-Harawî a dit : « J’ai entendu Abû al-Hassan, ‘Alî Ibn Mûssâ ar-Ridâ (p), dire : « Faites vivre notre cause ; que Dieu englobe dans Sa miséricorde celui qui fait vivre notre cause ». On lui a dit : « Comment fait-on vivre votre cause ? ». Il a répondu : « En apprenant nos sciences et en les apprenant aux gens. Dites aux gens ce que nous disons, alors ils nous aimeront en ayant connaissance de nos bons caractères ». Etre partisans des Gens de la Maison (p) c’est évoquer leurs Traditions, leurs bons caractères, leurs conduites et leurs mérites dans leur vie publique, et non pas l’être en suivant les innovations introduites par les gens dans les habitudes et les coutumes, comme lorsqu’on se frappe avec des épées ou des fouets, ce qui porte atteinte à la confession et aux Gens de la Maison.
Ar-Ridâ (p), héritier présomptif
L’Imâm ar-Ridâ (p) remplissait le monde en matière de science, de bons caractères et de droiture. Après sa victoire contre son frère al-Amîn, al-Ma’mûn a demandé à l’Imâm (p) d’être son héritier présomptif. L’Imâm (p) l’a refusé car il savait que al-Ma’mûn ne le lui proposait pas par conviction, mais parce qu’il était complexé vis-à-vis des Gens de la Famille (P). Il a cependant fini par l’accepter pour l’utiliser en vue de répandre les sciences de l’Islam et des Gens de la Maison (p). L’Imâm ar-Ridâ (p) est mort avant al-Ma’mûn qui, selon certain, l’avait empoisonné. Il l’a enterré à Tûs auprès de la tombe de son père ar-Rashîd. Le poète chiite Di’bil al Khuzâ’î a dit à ce propos :
Etre proche du purifié n’est d’aucune utilité
Pour celui qui est souillé.
Et être proche du souillé ne porte pas atteinte à celui qui est purifié.
Jamais de la vie !
Chacun récolte ce qu’il a planté :
C’est donc à prendre ou à laisser !
En célébrant la mémoire de l’Imâm ar-Ridâ (p), nous nous arrêtons pour contempler la grandeur de cet Imâm, ses recommandations, sa conduite, ses sermons et ses conseils. Le fait que nous soyons des partisans des Gens de la Maison (p) est de suivre leur voie et leur guidance, d’emprunter le chemin de la droiture qu’ils ont demandé aux gens d’emprunter conformément au Livre de Dieu et de la Sunna de Son Prophète (P). Que la paix soit sur l’Imâm ‘Alî Ibn Mûssâ ar-Ridâ (p) le jour où il est né, le jour où il est mort et le jour où il sera ressuscité.