La coupole d’or marquant le mausolée de Fâtima al-Ma’sûma (Fâtima l’infaillible) situé au bord de la rivière de Qom asséchée la plupart du temps, est visible de loin, dès l’approche de la ville de Qom. Elle vous dirige et vous amène au sanctuaire.
« Ses multiples portails surmontés de curieuses petites colonnes, le grand porche ouvragé, entièrement tapissé de miroirs, les fins minarets, la coupole recouverte d’or, plus svelte que celles des autres sanctuaires chiites, les cours de dimension moyenne, comportant chacune un bassin pour les ablutions et bordées par des pièces abritant des tombes importantes ; tout cela compose un ensemble d’une harmonie rare, d’une élégance extrême, d’une beauté à rapprocher d’une certaine féminité. »(1)
En effet, c’est le mausolée d’une femme illustre, Fâtimah al- Ma‘sûma(p), fille de l’Imâm Moussâ al-Kâzem(p),(le 7e Imam) et sœur de l’Imâm Ridâ(p). La date de sa naissance n’est pas connue avec certitude, mais la plupart des historiens la situent au début du mois de Dhû al-Qa’adeh en l’an 173 H (~789 apJC) à Médine. Quand son frère l’Imam ar-Ridâ(p) dut se rendre à Mar’ convoqué par le « calife-roi » abbasside al-Ma’mûn, Fâtimah décida de le(p) rejoindre en 201H. En chemin, elle tomba malade (ou fut blessée) et elle demanda d’être transportée à Qom où elle mourut le 10 du mois de Rabî’ II de la même année, à l’âge de 28 ans. Elle fut ainsi enterrée à Qom, dans un jardin près de la rivière de Qom. Elle était une femme illustre connue pour sa foi, son savoir, sa piété, sa grâce, sa morale, sa patience et son endurance face aux épreuves. Elle n’avait pas d’égale à son époque. Aussi les habitants de Qom lui firent-ils un bel accueil, et après sa mort, un sanctuaire fut construit au-dessus de sa tombe et la terre fut placée en Waqf.
En 1998, le mausolée fut à nouveau rénové. Le tombeau fut composé de céramique et de pierre, la face interne du mur qui entoure le tombeau fut recouvert de marbre vert. Le darîh entourant le tombeau fut également restauré en 2001, ainsi que le dôme recouvert de briques dorées.
Depuis, de grandes esplanades ou cours ont été construites autour du sanctuaire pour permettre aux nombreux visiteurs de mener la prière en groupe, ainsi que des salles attenantes pour favoriser la lecture du Coran, la récitation des ziyârâts et des invocations..
Des dalles uniformes ont remplacé les quelques pierres tombales qui restaient du grand cimetière qui entourait le sanctuaire et qui fut rasé par Rezâ Shâh.
Cependant, le petit cimetière clos dans lequel reposent, aux côtés de compagnons des Imams(p), de grands savants et même des martyrs de la guerre Iran/Irak se trouve toujours de l’autre côté du sanctuaire.
Le sanctuaire reste ouvert 24 heures sur 24, offrant un accueil chaleureux à quiconque vient se pencher sur la tombe de Fâtimah al-Ma‘sûmah, s’agripper à son « darîh », se plaindre à elle(p), ou lui(p) demander son intercession. Elle est comme une grande sœur toujours attentive, toujours disponible, toujours réconfortante. L’Imam ar-Ridâ(p) disait : « Celui qui la visite aura le Paradis. » Et dans un autre propos, il(p) avait ajouté : « La connaissant à sa juste valeur. » L’Imam al-Jawâd(p) dit de son côté : « Celui qui visite ma tante paternelle à Qom aura le Paradis. » Bienheureux ceux qui auront eu la chance de la visiter à Qom, et de recevoir de ses bénédictions.
Note
1-Vincent Bensaali dans son compte rendu publié dans la Revue de Téhéran de juin 2007 n°19.