Nous avions décidé, un groupe de savants de Qom et moi, de nous rendre à Karbala’ en compagnie de Sheikh Hâ’irî, qui en était originaire, le neuvième jour de ‘Ashûrâ ‘.
Sheikh Hâ’irî fut l’un des grands savants qui donnèrent un nouvel essor aux écoles religieuses islamiques (Haouzât) à Qom après la victoire de la Révolution Islamique en Iran et le déclin du centre de Najaf et en jetèrent les fondements. Malgré l’étendue de son savoir dans tous les domaines des sciences religieuses, il restait très simple et accessible à tous.
Nous avions décidé de veiller la nuit du dixième jour de ‘Ashûrâ’ à Karbala’ à côté de la tombe de l’Imam al-Hussein(p) – comme sayyidat Fâtimah(p) veilla (dans les cieux) sur l’Imam al-Hussein(p) et ses compagnons la neuvième nuit de ‘Ashûrâ’ au moment de leur arrivée à Karbala’ – et d’y passer le dixième jour.
Nous étions tous sur la place face au sanctuaire de l’Imam al-Hussein(p), quand tout, d’un coup, Sheikh Hâ’irî se mit à courir en éclatant en sanglots, en se tapant la tête, en pleurant et en criant : « Yâ Hussein ! Yâ Hussein ! ».
Nous fûmes surpris par son comportement soudain et nous lui demandâmes ce qu’il lui arrivait. Il répondit : « J’ai vu ce que vous n’avez pas vu.. »
Il s’arrêta un moment pour retenir ses larmes puis continua : « Il y avait là l’Imam al-Mahdî(qa) qui courait de douleur en criant : « Yâ Hussein ! Yâ Hussein ! » et en se tapant la tête. Il(qa) criait sa douleur à cause du martyre de l’Imam Hussein(p) dont il vengera l’assassinat à son apparition. »
Le dixième jour, tous les Anges, tous les Prophètes, tous les Légataires manifestent à Karbala’ dans un long cortège avec bien sûr en tête, le Messager de Dieu, le Prophète Mohammed(s), Fâtimah(p), la fille du Prophète(s) et mère de l’Imam Hussein(p), ‘Ali, le prince des croyants, le père de l’Imam al-Hussein(p), l’Imam al-Hassan(p), son frère, et tous les Imams(p) de sa descendance.
Et nous, en descendant dans la rue en ce jour pour commémorer la tragédie de Karbala’, nous participons à cette manifestation de ces êtres d’exception dans le monde de Malakût. Si nous pouvions les voir, nous les verrions tous.
Témoignage de sh. Tabassî lors de l’un de ses Majlis de ‘Ashûra’ en l’an 1431H