Selon les fatwas du Grand Ayatullah Sayyed Ali Sistani
Introduction
Il est la quatrième obligation de la `Omrah de tamatto`. Pour que le Sa`y soit valide, il faut l'accomplir dans l'intention de se rapprocher d'Allah et en toute sincérité. Couvrir les parties intimes n'est pas une condition de sa validité, ni la purification du "hadath" (la sortie d'urine, de matières fécales, de gaz intestinal, de sperme etc..) ou du "khobth" (une impureté matérielle), bien que "la position juridique prioritaire" commande la purification.
Article 333: L'horaire du Sa`y se situe après le tawâf et la prière de tawâf. Si donc, quelqu'un fait le Sa`y avant le tawâf ou avant la prière de tawâf, il doit le recommencer après les avoir accomplis. Nous avons vu précédemment le statut de celui qui, ayant oublié de faire le tawâf, s'en souvient après l'accomplissement du Sa`y.
Article 334: Pour que l'Intention du Sa`y soit valide, le pèlerin doit spécifier, lors de sa formulation, qu'il s'agit d'un Sa`y en vue de la `Omrah si le pèlerin a l'intention d'accomplir la `Omrah, ou d'un Sa`y en vue du pèlerinage, s'il est en train d'accomplir le pèlerinage.
Article 335: Le Sa`y consiste à parcourir sept fois la distance entre Çafâ et Marwah. Le premier parcours commence à Çafâ et se termine à Marwah, le 2ème inversement, le 3ème comme le 1er et ainsi de suite jusqu'au 7ème parcours lequel se termine à Marwah, tout comme le 1er.
Pour que le Sa`y soit valable, il faut parcourir chaque fois complètement la distance entre les deux montagnes (Çafâ et Marwah), sans qu'il soit nécessaire d'y monter, bien que l'obligation d'aller sur lesdites montagnes soit plus conforme aux positions juridiques "prioritaire" et "précautionnelle". La "position précautionnelle" commande aussi que la distance complète soit réellement parcourue en procédant comme suit (par exemple): Commencer le premier parcours au début de la première partie de Çafâ et le terminer avec l'arrivée à la partie de Marwah, et ainsi de suite.
Article 336: Si le pèlerin commence le Sa`y à Marwah (au lieu de Çafâ), même par inadvertance, il doit annuler ce qu'il a déjà parcouru et recommencer à zéro.
Article 337: Il n'est pas nécessaire de parcourir la distance désignée dans le Sa`y, à pied. Il est donc permis au pèlerin de parcourir la distance sur une monture ou autrement, bien que la marche soit préférable.
Article 338: Pour que le Sa`y soit valable, le pèlerin doit effectuer le va-et-vient entre Çafâ et Marwah par la voie habituelle. Donc, il n'est pas valable de faire l'aller ou le retour depuis Masjid al-Harâm, ou par toute autre voie. Toutefois, il n'est pas nécessaire que l'aller et le retour soit effectué selon une ligne directe.
Article 339: Lorsqu'on fait l'aller vers Marwah, il faut que celle-ci soit devant soi, de même qu'il faut que Çafâ soit devant soi lorsqu'on fait le retour vers elle. Donc, si on tourne le dos à Marwah lorsqu'on y va, ou si on tourne le dos à Çafâ lorsqu'on retourne de Marwah, le parcours n'est pas valable. Toutefois, il est permis qu'on tourne le côté du visage - le profil - à gauche, à droite ou en arrière, lors de l'aller ou du retour.
Article 340: La "précaution" commande qu'on observe, tout comme dans le tawâf, le caractère consécutif (sans interruption) des va-et-vient, tel qu'admis par la "norme". Toutefois, il est permis de s'asseoir sur Çafâ ou Marwah ou entre les deux pour se reposer, bien que la "position juridique de précaution" commande de s'abstenir de s'asseoir entre les deux, sauf en cas de grande fatigue.
D'un autre côté, il est permis d'interrompre le Sa`y pour accomplir la prière obligatoire au début de son horaire légal, et puis de la poursuivre une fois la prière terminée, depuis l'endroit où il a été interrompu. De même, il est permis d'interrompre le Sa`y pour un besoin, ou même d'une façon générale, mais la précaution commande - au cas où l'intervalle autorisé entre l'interruption et la reprise est dépassé - qu'on effectue à la fois la poursuite et le renouvellement du Sa`y.
Les Statuts du Sa`y
Le Sa`y est l'un des piliers du pèlerinage. Donc, quiconque omet de l'accomplir délibérément en connaissance de cause ou par ignorance de la règle, jusqu'à un moment où il n'a plus le temps d'accomplir les cérémonies de la `Omrah avant la déclin du soleil (le jour de `Arafah), son pèlerinage est nul, et le statut qui s'applique à lui sera celui de quelqu'un qui a omis d'accomplir le tawâf (statut expliqué au début du Chapitre du Tawâf).
Article 341: Si le pèlerin omet d'accomplir le Sa`y par inadvertance, il doit l'accomplir dès qu'il s'en souvient, et ce même s'il s'en souvient après avoir terminé les cérémonies du pèlerinage. Et s'il ne peut pas l'accomplir lui-même à ce moment-là, ou que son accomplissement lui cause une gêne ou beaucoup de difficultés, il le fait faire, par délégation, en son nom, auquel cas son pèlerinage sera valide.
Article 342: Quiconque ne peut accomplir le Sa`y à l'horaire prescrit, même en s'appuyant sur quelqu'un d'autre, doit recourir au service d'une tierce personne pour le lui faire faire en le portant sur ses épaules, ou sur un chariot...etc., et s'il ne peut pas faire cela non plus, il doit faire faire le Sa`y par délégation, en son nom; au cas où cette solution ne lui est pas possible, son tuteur ou toute autre personne doit le faire à sa place, et auquel cas son pèlerinage sera valide.
Article 343: "La précaution" veut que l'on accoure à l'accomplissement du Sa`y après avoir terminé le tawâf et sa prière, bien que selon "toute vraisemblance juridique", il soit permis de le retarder jusqu'à la nuit afin de se reposer de la fatigue ou d'éviter l'intensité de la chaleur du jour, ou même d'une façon générale (sans raison) selon "l'opinion juridique la plus solide" (aqwâ). Toutefois, il n'est pas permis de le retarder jusqu'au lendemain sans qu'on y soit acculé.
Article 344: Le statut légal du surplus de nombre de parcours dans le Sa`y est le même que celui du surplus dans le tawâf. Donc, si on effectue délibérément et en connaissance de cause un surplus de parcours pendant le Sa`y, celui-ci sera invalidé de la même façon que cela a été expliqué dans le Chapitre du Tawâf. Toutefois, si on ignore la règle, "la position juridique la plus vraisemblance" décrète la non-invalidation du Sa`y, dans ce cas de surplus de parcours; alors que "la précaution" commande que l'on doive le recommencer.
Article 345: Si le pèlerin effectue, par erreur, un nombre de parcours supérieur au nombre légal pendant le Sa`y, son pèlerinage demeure valide, mais si le surplus est un parcours (complet) ou plus, il est recommandé qu'il le complète jusqu'à sept parcours pour en faire un second Sa`y complet qui se termine à Çafâ.
Article 346: Si le pèlerin effectue, délibérément et en connaissance de cause, un nombre de trajets (parcours) inférieur au nombre légal, son statut est le même que celui qui omet d'effectuer le Sa`y, statut expliqué plus haut. Mais si la réduction du nombre de parcours est due à un oubli, il doit les compléter dès qu'il s'en souvient et ce, peu importe le nombre de parcours manquants, selon "toute vraisemblance".
Au cas où il s'en souviendrait, alors que c'est trop tard (par exemple, s'il se rappelle, alors qu'il se trouve à Arafât, qu'il a effectué un nombre de parcours inférieur au nombre légal pendant le Sa`y de la `Omrah de tamatto`, ou s'il se souvient de la même erreur dans le Sa`y du pèlerinage, alors que le mois de Thil-Hajjah s'est déjà écoulé), "la précaution" commande qu'il recommence le Sa`y après l'avoir complété, et s'il ne peut pas le faire lui-même ou que cela lui cause une gêne, il le fera exécuter par délégation en son nom; et "la précaution" commande que dans ce cas le mandataire doive et compléter les tours manquants et recommencer le Sa`y.
Article 347: Si, par inadvertance, il effectue moins de parcours que le nombre légal pendant le Sa`y de la `Omrah de tamatto`, et qu'il se délie de l'Ihrâm en pensant qu'il a terminé le Sa`y, la précaution commande qu'il sacrifie une vache en aumône expiatoire, et qu'il complète le Sa`y de la manière indique ci-dessus.
Le Doute pendant le Sa`y
Lorsque le doute relatif au nombre de parcours effectués pendant le Sa`y, ou à leur correction, surgit trop tard, par exemple si le pèlerin conçoit ce doute dans la `Omrah de tamatto` après le taqçîr, ou dans le pèlerinage après avoir commencé le Tawâf des Femmes, il est négligeable. Mais si le doute relatif au nombre de parcours surgit après avoir terminé le Sa`y, deux cas de figure se présentent:
Si on doute d'avoir effectué un nombre de parcours supérieur au nombre légal, on néglige le doute et on considère le Sa`y comme valide; Si on doute d'avoir effectué un nombre inférieur de parcours, avant le dépassement de l'intervalle de temps au-delà duquel il n'y a plus de continuité entre les parcours, le Sa`y est invalidé; et d'après "la précaution", il y a aussi invalidité même si le doute surgit après le dépassement de l'intervalle.
Article 348: Lorsque, à la fin d'un parcours, le pèlerin doute s'il a fait trop de parcours ou non - par exemple, si le dernier parcours est le 7ème ou le 9ème parcours- il doit négliger ce doute, et son Sa`y est valide. Mais si le doute surgit pendant ledit parcours, son Sa`y est invalidé, et il doit le recommencer.
Article 349: Le statut du doute relatif au nombre de parcours, surgi pendant le Sa`y, est le même que celui du doute relatif au nombre de tours, surgi pendant le tawâf. Ce doute invalide le Sa`y d'une façon absolue.