Selon les fatwas du Grand Ayatullah Sayyed Ali Sistani
Se Protéger du Soleil (pour l'Homme)
Article 269: Il y a deux façons de se protéger du soleil:
Par des objets mobiles, tels le parasol, le toit d'un véhicule (voiture, avion etc..) et ceci est interdit à l'homme mohrem, qu'il soit piéton ou dans un moyen de transport, si l'objet qui le met à l'ombre se trouve au-dessus de sa tête, comme dans les exemples cités (parasol toit de la voiture etc.). Toutefois, il n'est pas interdit qu'il se trouve sous l'ombre d'un nuage. Mais si l'objet mobile à l'ombre duquel se trouve le mohrem, le protège (l'ombre) d'un seul côté, le piéton peut absolument, selon "toute vraisemblance", y demeurer. Ainsi il peut par exemple marcher à l'ombre d'une voiture. Quant à celui qui utilise un moyen de transport, la précaution commande qu'il l'évite, sauf lorsqu'il s'agit d'une monture à carrosserie assez basse pour ne pas couvrir la tête et la poitrine du mohrem, comme dans le cas de certains véhicules découverts. Par des objets immobiles, tels que les murs, les tunnels, les arbres, les montagnes etc. En effet le mohrem, qu'il soit à pieds ou à monture, peut se trouver sous leur ombre, selon toute vraisemblance. De même il peut se protéger du soleil avec ses mains, bien que la précaution commande qu'il s'en abstienne.
Article 270: La "précaution" veut que l'interdiction de se protéger du soleil s'étende à la protection contre la pluie aussi. Quant au vent, au froid, à la chaleur etc., il n'est pas interdit de s'en protéger, selon "toute vraisemblance" (bien que "la précaution" commande de s'en abstenir). Ainsi, il est permis donc au mohrem de monter dans une voiture à toit couvert et dans d'autres moyens de transport semblables pendant la nuit, à condition qu'il ne pleuve pas, selon "la précaution" - bien qu'il soit, dans ce cas protégé du vent par exemple.
Article 271: Ce qui a été dit relativement à l'interdiction de se protéger du soleil, s'applique lorsque le mohrem est en état de marche et dans son parcours. Mais dans le cas où il effectue une halte -par exemple lorsqu'il s'arrête à un endroit pour se reposer, rencontrer des amis etc., il lui est permis sans conteste de se protéger du soleil et de se mettre à l'ombre.
Quant à savoir s'il a le droit ou non, une fois arrivé à une destination, de se protéger du soleil, de monter dans une voiture ou d'utiliser un parapluie lorsqu'il veut se rendre sur les lieux où doivent se dérouler les cérémonies (par exemple s'il s'installe à la Mecque et qu'il veut aller au Masjid al-Harâm pour accomplir le tawâf et le Sa`y, ou à Minâ et qu'il veut aller à al-Mathbah ou à Marmâ al-Jimâr) la réponse affirmative est très contestée; il faut donc, "par précaution", s'en abstenir.
Article 272: Il n'est pas interdit pour les femmes, les enfants, et, en cas de nécessité, pour les hommes de se protéger du soleil.
Article 273: Si le mohrem se protège du soleil ou de la pluie, il doit acquitter l'aumône expiatoire, et ce peut importe, selon toute vraisemblance, que cette infraction ait été commise volontairement ou par contrainte. Et si cette infraction se répète, la précaution commande qu'on acquitte une aumône expiatoire pour chaque jour (où l'infraction est commise), bien que "la vraisemblance" indique qu'une seule aumône expiatoire suffise pour toute la durée d'un Ihrâm. L'aumône expiatoire de cette infraction est le sacrifice d'une brebis.
Provoquer un Saignement
Il n'est pas permis au mohrem de provoque un saignement sur son corps, selon "la précaution" - sauf en cas de nécessité. Cela est valable même lorsqu'il s'agit de pratiquer une saignée, d'arracher une dent, ou de se gratter etc.
Toutefois, selon "toute vraisemblance", il est permis de se brosser les dents avec un miswâk (1), même si cela provoque un saignement des gencives. L'aumône expiatoire de la provocation d'un saignement - sans nécessité - est une brebis, selon "la précaution prioritaire".
Se Couper les Ongles
l n'est pas permis au mohrem de se couper un ongle, même partiellement, sauf par nécessité, par exemple lorsqu'un ongle se casse partiellement et que la partie restante cause des douleurs chez le mohrem - auquel cas, il lui est permis de le couper.
Article 274: L'aumône expiatoire de la coupure de chaque ongle du doigt ou de l'orteil est un "modd" de nourriture, tant que le total des ongles coupés aux pieds et aux mains n'atteint pas dix. Si ce nombre est atteint au bout du compte, l'aumône expiatoire est une brebis pour chaque ongle de doigt et chaque ongle d'orteil coupé. Toutefois, si la coupure des ongles des mains ou des ongles des pieds se fait en une seule fois (séance tenante), l'aumône expiatoire est une seule brebis.
Article 275: Si le mohrem se coupe un ongle et, ce faisant, se coupe le doigt, en croyant, sur la foi d'un décret juridique erroné, que cela est légal, l'aumône expiatoire, selon "la précaution", doit être acquittée par celui qui a émis le décret erroné.
S'Arracher les Dents
Article 276: Certains jurisconsultes ont décrété l'interdiction pour un mohrem de s'arracher une dent, même si cela ne provoque pas un saignement, et ils ont fixé, comme aumône expiatoire à acquitter d'obligation, le sacrifice d'une brebis. La preuve (le fondement) de ce décret est sujet à réflexion, et on peut dire même, qu'il n'est pas exclu que s'arracher une dent sans provoquer un saignement, soit un acte autorisé.
Le Port d'Arme
Article 277: Il n'est pas permis au mohrem de porter une arme, ou même de la porter de telle sorte qu'il soit considéré comme armé, selon "la précaution". Par arme, nous entendons, tout objet considéré, par la "norme" comme arme (épée, fusil, lance etc..), à l'exclusion des objets dits de défense (bouclier, armure, casque etc...)
Article 278: Il n'est pas interdit au mohrem d'avoir une arme chez lui, ni même de la porter, tant qu'il n'est pas considéré comme armé par la "norme"; toutefois, "la précaution" commande de s'en abstenir.
Article 279: L'interdiction de s'armer s'applique au cas où il n'est pas nécessaire de le faire. Lorsqu'on est obligé de porter une arme (de peur d'être attaqué par un ennemi ou pillé etc.), l'interdiction est levée.
Article 280: L'aumône expiatoire requise par le fait de s'armer - sans nécessité - est une brebis selon "la précaution".
Notes:
1- Sorte de tige végétal, tiré d'un arbuste, et servant au nettoyage des dents.