Salam alaykum !
En tant que femme mariée mère de plusieurs enfants, ma vie spirituelle est difficile. Quand la journée commence, je suis occupée à préparer les affaires des enfants puis celles de mon mari, puis c’est la maison, préparer à manger.. etc ..
Pendant les vacances scolaires, les enfants sont là, comme un tourbillon autour de moi, inlassablement, toujours en situation de demande, ou encore en train de se disputer.. Il faut intervenir, les séparer, les consoler..
Quand enfin, je trouve un peu de temps pour moi, la fatigue prend le dessus.. et je m’endors. Il m’est même arrivé de m’endormir sur mon tapis de prière.. Dieu sait très bien cela. Pourquoi prive-t-Il les femmes de la possibilité d’une vie spirituelle ?
Zeina de Suisse
Alaykum as-salam !
Oh !! Comme cette question qui concerne plus de la moitié de l’humanité est importante !
Partons du principe que Dieu ne lèse personne et ne prive personne des possibilités de retour à Lui. Ce qui veut dire que s’occuper des enfants ne doit pas priver la femme de la possibilité d’une vie spirituelle. Au contraire, cela devrait lui ouvrir des possibilités que les hommes lui envieraient.
Disons que les enfants nous apprennent, dans la pratique, la patience, le pardon, la miséricorde, la bonté, la justice, l’amour à travers notre comportement d’adulte avec eux. Ils sont aussi notre miroir permanent dans lequel nous pouvons découvrir les effets de nos actes et par suite nos propres défauts. Ainsi, ils nous poussent à nous maîtriser, surtout s’ils sont jeunes et faibles, surtout si l’on a conscience de la grande influence de notre comportement sur eux. Ils nous forcent à nous corriger. Ils nous amènent aussi à réfléchir sur le sens du Pardon divin, Sa Miséricorde et Sa Bonté infinies, sans condition ni restriction. Ils nous permettent de recevoir la Miséricorde divine.
Sans oublier qu’en assurant l’éducation des enfants, nous participons à l’objectif sublime, pour lequel les Prophètes ont été envoyés. Les enfants sont un dépôt divin placé entre nos mains. Dieu ne regarde-t-il pas d’un Œil plein de mansuétude la prière de la mère ? Le Prophète(s) n’avait-il pas accéléré sa prière (pourtant de groupe) parce qu’il entendait un enfant pleurer ?
Est-ce à dire que nous devons laisser les actes d’adoration au dernier moment de la journée ? Non au contraire ! Il faut choisir le moment où l’on est le plus reposé et le plus disponible pour prier, pour lire une invocation, pour réfléchir sur le Coran (sans négliger le temps imparti aux prières obligatoires). Nous avons été créés pour adorer Dieu. C’est le sens, l’objectif de notre vie en même temps que notre support. Et l’essentiel ne se situe pas dans la durée ni dans la multiplicité des actes d’adoration, mais dans l’intensité de la conscience et de la présence du cœur et dans la persévérance quotidienne. Et Dieu est le Soutien.
Fâtimah az-Zahrâ’ se plaignit de la même chose auprès du Messager de Dieu(s) qui lui répondit : « Au moment de dormir, pense à réciter 34 fois « Allâhu Akbar »(Dieu est plus Grand), 33 fois « al-Hamdu-lillâh »(Louange à Dieu), 33 fois « Subhâllâh »(Gloire à Dieu). L’effet que ce « rappel » [appelé par la suite « Tasbîh de Zahrâ’ »] aura sur ton esprit sera beaucoup plus grand que celui qu’une servante aurait sur ton existence. »
Lumieres spirituelles.net No17 - Shawwâl 1431 – Sept.-Oct. 2010