La Biographie de l’Imam as-Sajjad (Psl)

Le quatrième Imam est Ali fils d’al-Hussein (Psl) et de Châh Zanân, fille de Yazdagard. Il est né à Médine le 15 du mois lunaire de Jumâd al ‘ûla, en l’an 36 après l’Hégire.
Seul rescapé de la tuerie de Karbala parmi les hommes de la famille d’al-Hussein (Psl) , il bénéficia d’une éducation faite de rigueur, de sagesse et d’une connaissance très approfondie du Saint Coran et des Hadiths du Prophète de l’Islam (Pslf)  tant auprès de son père que de la sœur de ce dernier, Zeinab (P) .
Une anecdote pour tenter d’illustrer ne serait – ce qu’un pan de sa sagesse : Un jour une personne insulta l’Imam. Ce dernier l’écouta silencieusement. Quelques temps après l’Imam se rendit chez elle. Il récita ce verset coranique :
« …pour ceux qui maîtrisent leur colère ; pour ceux qui pardonnent aux gens : Allah aime ceux qui font le bien » (La Famille d'Imran, 3 : 134)
Puis s‘adressant à cette personne il lui dit : « O frère ! tu nous as offensé et dit ce que tu penses. Si ce que tu as dit est vrai, qu’Allah me pardonne, et si ce que tu as dit n’était pas vrai, qu’Allah te pardonne ».
Il doit son surnom de « Perle des adorateurs » (Zein El Abédine) à sa très grande piété et ses nombreuses prières, invocations et autres marques de dévotion surérogatoires. Il était d’ailleurs connu également comme Zoul thafâna c’est-à-dire quelqu’un dont la peau des genoux s’est endurcie à force de travail, en fait à force de se prosterner.

Il est à noter que ce surnom comme le surnom des autres imams lui fut donné par le prophète lui-même.

 Jabir ibn Abdallah Al Ansari rapporte : « un jour j’étais assis avec le Prophète et il jouait avec al-Hussein (Psl), il (Pslf)  me dit : Un fils naîtra de cet enfant qui se nommera Ali (Psl)  et au jour du jugement un annonceur criera où est le seigneur des adorateurs (sayyid al sajjidîn) et ce fils se lèvera. De ce fils naîtra un Mohammed (Psl),  si tu le rencontre, salue le de ma part ».

Sa générosité légendaire au bénéfice des pauvres et des indigents ne fut entièrement découverte qu’après sa mort tellement il fut discret dans ses largesses.

Il eut à former beaucoup de docteurs en matière de connaissance du Coran et de l’Islam.
Il est mort empoisonné le 25 du mois lunaire Muharram en l’an 95 après l’Hégire à l’âge de 57 ans.

Il fut inhumé à Baqî à Médine. Et à l’instar de tous ses prédécesseurs, il désigna, avant de mourir, son successeur : son fils Muhammad Al Bâqir (Psl).

Les Qualités De L’imam as-Sajjad (Psl)

Parmi les contemporains du quatrième Imam (Psl), figurait un poète arabe renommé Farazdaq.
Celui-ci décrivit l’Imam (Psl)  comme celui qui avait la meilleure mine et la meilleure odeur de son temps. Il était très connu pour ses invocations.

L'un de ses disciples nommé Tawous Al-Yamani a dit de lui : " J'ai vu un homme qui priait à la Sainte Mosquée et pleurait. J'ai avancé vers lui et je me suis aperçu qu'il était l’Imam Zein al-Abidine (Psl), je lui ai dit :
- Ô, Zein al-Abidine, tu pleures alors que tu es le petit-fils du prophète (que le salut de Dieu soit sur lui) ?
L’Imam (Psl)  répondit : " Je suis son petit-fils, mais qui va m'assurer devant le supplice de Dieu? Ce jour-là, les liens de parenté ne seront pas pris en compte "
Bien que la famille du Prophète soit préservée de tout pêché mais ils aient toujours démontrés l'importance de la peur devant le jugement de Dieu, le plus grand exemple est celui du Prophète (Pslf) et de l’Imam Ali (Psl).

L'Imam Zein Al-Abidin (Psl)  effectua 20 fois le grand pèlerinage (Hadj) à pied.

La méthode de l’Imam Ali Zein al-Abidine dans la construction sociale et spirituelle

L'Imam Ali Ibn al-Hussein, Zein al-Abidine, as-Sajjad (Que la Paix d'Allah soit sur lui), a abordé certaines questions en relation avec la réalité sociale. De la même manière que nous avons besoin de vivre avec nos Imams (Que la Paix d'Allah soit sur lui) le climat spirituel qui nous attache à Dieu et qui approfondit en nous la foi en Lui, à Lui la Grandeur et la Gloire, il nous est également indispensable de vivre, avec eux, la dimension sociale fondée sur la dimension spirituelle, pour apprendre d'eux, comment affermir notre foi dans notre réalité à travers ces lignes morales.
Voyons quelles sont ces lignes: l'Imam as-Sajjad (Que la Paix d'Allah soit sur lui) a dit:" Je n'aimerais pas gagner les Chameaux rouges si j'avais, en échange, à perdre mon âme".
Les Chameaux rouges, on le sait, constituent une très grande fortune. L'Imam veut dire que si j'avais à choisir entre cette grande fortune et le fait d'accepter d'être humilié par un gouverneur tyrannique, je n'opterais pas pour la fortune car, rien dans cette vie n'a de valeur égale au sentiment de dignité… Tu es donc appelé à ne pas te laisser humilier par une créature qui t'est semblable alors que vous êtes, tous les deux, égaux.
L'Imam (Que la Paix d'Allah soit sur lui) poursuit en disant: "Je n'ai jamais avalé une coupe qui me soit plus douce qu'une coupe de colère que je retiens au lieu de la faire éclater contre une personne qui m'aurait irrité".
Tu es donc invité à supporter la personne qui t'aura porté atteinte même si elle t'irrite. Tu dois dompter ta colère pour te rapprocher de Dieu, car Dieu dit: Que vous soyez justes, c'est plus proche de la crainte révérencielle ﴿ [Sourate La Vache 2:237]
L'Imam as-Sajjad (Que la Paix d'Allah soit sur lui) aborde aussi une question sensible qu'est le fanatisme. Il dit à ce propos:" Le fanatisme qui est péché consiste, pour quelqu'un, dans le fait de considérer les mauvaises personnes parmi les siens comme étant meilleures que les bonnes personnes appartenant à un autre clan". Tu appartiens, par exemple, à un clan, à un parti, à une confession ou à un mouvement donné. Ton fanatisme, si tu es fanatique, te fait voire les mauvaises personnes parmi les tiens comme bien meilleures que les bonnes personnes appartenant à l'autre clan. Alors tu prends le côté de celui qui appartient à ton clan même s'il est méchant et tu le fais rien que parce qu'il appartient à ton clan. Tu prends une attitude hostile à l'autre rien que parce qu'il n'appartient pas à ton clan.
L'Imam (Que la Paix d'Allah soit sur lui) ajoute" Aimer les siens ne fait pas partie du fanatisme, mais les aider à commettre des injustices fait partie du fanatisme". La foi t'oblige de t'opposer à celui qui appartient à ton propre clan lorsqu'il suit la voie de l'injustice, et de soutenir ton ennemi lorsqu'il est traité injustement.
Voilà ce qu'est la grande ligne du concept islamique humain qui gère l'appartenance de l'homme à une sphère familiale, nationale ou ethnique. Il est naturel pour l'homme d'aimer ceux qui se rencontrent avec lui à l'intérieur de cette sphère. Cela constitue une conséquence naturelle au niveau des sentiments des relations humaines normales. Mais dans le cas où cette sphère s'approche des principes afin de les démolir en portant l'homme à soutenir l'oppresseur qui appartient à son clan contre l'opprimé qui n'y appartient pas, l'homme doit se placer du côté du principe et non pas du fanatisme.