L’Islam recommande l’optimisme

En répandant ses enseignements, la doctrine islamique a semé au plus profond des cœurs des croyants la graine de l’optimisme et de la candeur, créant ainsi les conditions favorables à l’épanouissement de la société.

Le noble Prophète- que les salutations et les bénédictions de Dieu soient sur lui et sur sa Famille avait cette qualité si développée en lui que les hypocrites y voyant une faiblesse, le lui reprochèrent comme le rapporte le Coran:

«Et il y a parmi eux ceux qui tourmentent le Prophète et disent: ‘Il est tout oreille’, Dis: 'Tout oreille au bien pour vous, il croit en Dieu, et fait créance aux croyants’...»

L’Islam enjoint aux musulmans de faire régner la bonne opinion entre eux, les uns envers les autres, et à considérer leurs actes respectifs, d’abord comme des actes guidés par la bonne intention, ou du moins à les supposer tels. Nul n’a le droit de mésinterpréter l’attitude d’un musulman à moins d’avoir des raisons ou des témoins à preuve.

L’Emir des Croyants, Ali- que la paix de Dieu soit sur lui- a dit:

«Tiens les actes de ton frère pour bons, jusqu' à ce que te vienne la preuve de ce qui t’en rendais perplexe. Et ne pense pas en mal d’une parole sortie de la bouche de ton frère, quand tu peux lui trouver une bonne interprétation.»

La bonne opinion à l’égard d’autrui attire amitié et affection.

Les Imams de l’Islam, Ali à leur tête, ont évoqué, en différents termes, cette qualité disant par example:

«Quiconque se fait une bonne opinion des gens, gagne leur cœur.»

Le docteur Marden dit:

«Quand vous rencontrez quelqu’un, tâchez de ne voir en lui que les bons côtés, ses bonnes qualités morales et psychologiques, puis essayez de grossir à vos yeux ce que vous lui trouvez de belles qualités. Si vous arrivez à garder ce conseil en tête, vous vivrez une vie sans nuage, et vous verrez que chacun essaiera de vous plaire et de chercher votre satisfaction, et de s’attirer votre amitié.»

L’influence exercée par la bonne opinion et l’optimisme est telle qu’elle peut s’étendre même aux pensées et actes des corrompus. Elle est en somme capable de préparer le terrain à une réforme de ces derniers.

L’Imam Ali dit:

«La bonne opinion préserve du péché.»

Dale Carnegie nous apporte le témoignage suivant à ce propos:

«J’eus récemment un entretien avec l’un des directeurs des, Exchange Buffets', groupe de vingt-six restaurants qui fonctionnent d’après un système spécial, le système de l’honneur'. Dans ces établissements, dont la fondation remonte à 1885, on ne présente jamais d’addition aux clients. Vous commandez ce que vous voulez. Vous consommez, faites votre compte vous-même et réglez à la caisse en partant. Pas de contrôle. pas de fche, rien. «Mais vous avez bien quelques surveillants?» m’écriai-je. Stupéfait. «Vous ne pouvez pas être sûrs de tous vos clients!»’- Nous ne surveillons rien du tout, me dit le directeur. Peut- être y a-t-il des resquilleurs nous l’ignorons. Mais nous savons que notre système a du bon, sinon il nous eût été bien difficile de faire prospérer notre entreprise pendant plus d’un demi-siècle.’ Aux «Exchange Buffets» chacun se sent traité en honnête homme, en homme d’honneur. Aussi, tous- riches, pauvres, voleurs ou mendiants- veulent mériter la confiance qu’on leur témoigne.»

«Si vous avez affaire à une fripouille, disait encore Mr. Lawes, directeur du pénitencier de Sing Sing, et autorité en la matière, s’il en fut, si vous avez affaire à une fripouille, vous n’avez qu’un moyen d’en tirer quelque chose de bon: feignez d’avoir confiance en lui, traitez- la comme un honnête et respectable citoyen, admettez d’emblée qu’il est loyal, «régulier». Il sera si flatté de votre confiance qu’il essaiera peut- être de la mériter.»’

Gilbert Robin dit pour sa part:

«Ayez confiance en les enfants, je veux dire comportez- vous à leur égard comme envers des innocents purs. Oubliez leur passé, et effacez de votre mémoire toutes leurs mauvaises actions. Essayez même de confier des responsabilités- fussent- elles au- dessus de leurs capacités- à des enfants qui ne respectent pas les règles d’hygiène ou de la morale, à ceux qui fuient la maison ou leur devoir. Plus encore, faites de sorte que l’accomplissement de ces nouvelles responsabilités leur inspire le sentiment de s’être améliorés et d’en être dignes. On peut ainsi aplanir la voie à la réforme des personnes en leur faisant confiance et en ayant un comportement respectueux envers elles. La plupart des actes blâmables sont des réactions destinées à combler un vide ressenti par leur auteur. Cyril Bert préconisait de très bonnes méthodes pour lutter contre les mauvaises tendances, disant qu’il fallait confier des sommes d'argent en dépôt à des enfants habitués aux larcins, et des tâches physiques plaisantes aux enfants désœuvrés et négligents.»

L’optimisme est une garantie de sérénité. L’Emir des Croyants dit:

«La bonne opinion est source de calme pour le cœur, et de pureté pour la foi.»

Elle atténue les douleurs et l’amertume de la vie.

«... elle allège le malheur.»

Le docteur Marden dit:

«Rien n’enjolive à nos yeux la vie, n’efface la douleur, et ne nous aplanit la voie du succès autant que l’optimisme et la bonne opinion envers autrui. Evitez les pensées douloureuses tout comme les maladies et leurs graves conséquences, Aérez votre esprit par des pensées joyeuses et tâchez de vous délivrer des préjugés,»

Les musulmans doivent avoir entre eux des rapports dénués de toute fâcheuse arrière- pensée les uns envers les autres. L’Imam Ali recommandait aux Croyants de penser toujours en bien de leurs frères, et d’agir de façon à ne pas décevoir cette attente chez eux et à ne pas tomber sous leur médisance:

«Ne déçois pas l’attente de celui qui te crédite d’une bonne opinion,»

Ali- que la paix de Dieu soit sur lui-, continue ainsi:

«La conjecture de l’homme est le critère de son intelligence, et ses actes sont les témoins les plus authentiques de son tréfonds,»

Celui qui se fait une mauvaise opinion des gens, en subit les conséquences lui- même. Pour cette raison, l’Imam a fait de la bonne opinion du musulman envers son frère en Dieu, une preuve de sa capacité spirituelle, en disant:

«Celui qui dément une mauvaise opinion envers son frère ou s’en garde lui- même préservera son esprit et calmera son cœur.»

Samuel Smiles dit:

«Il a été prouvé que l’homme doté d’une nature puissante et de la grandeur d’âme, est naturellement souriant, et porté à la bonté, et a un caractère avenant et bienveillant en toute chose et toute personne. Les personnes sages, distinguent derrière tout nuage noir et épais, un soleil éclairant et lumineux, et derrière toute épreuve et tout malheur, ils devinent un bonheur qu'ils s'emploient à réaliser. Ils tirent un supplément de force de toute douleur et de toute catastrophe, et puisent davantage de courage, de savoir et de connaissance de toute affliction et tristesse. Une nature comme celle- ci connaît sûrement le bonheur, et il est juste qu’on l’envie, car elle confère au visage une lumière et un sourire permanents. Leurs cœurs débordent de clarté, et tout se présente à leurs yeux en toute netteté, beau et attrayant.»

L’Imam Jaafar Sadeq 6e Imam du chiisme fait de la bonne opinion un droit mutuel des musulmans entre eux.

«Le Croyant a droit que son frère croyant... ne le démente pas.» dit-il dans un long hadith.

La foi est assurément le facteur favorisant le plus l’optimisme. Si tous les hommes partageaient la même foi, il aurait été naturel qu’ils eussent confiance les uns envers les autres. C’est la perte de la foi qui est le mal funeste qui corrompt en l’homme sa confiance dans les autres et le rend susceptible à leur égard. Le croyant s'appuie sur cette force absolue quand il ressent une faiblesse ou une incapacité. Il implore le secours de Dieu, source de toute force pour surmonter les difficultés. Ce qui a sur la formation de son esprit un impact profond.

 

 

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