Dès son apparition, l’Islam a soutenu la science, et en a reconnu l’acquisition, comme nécessaire pour tout individu. Il a interdit la monopolisation de la science, et a encouragé les savants à enseigner des élèves, l’expansion de la culture et de la science, comptant plus que tout.
L’honorable guide de l’Islam, outre ses encouragements, au niveau de la morale et des devoirs de l’individu, nécessaires à la propagation de la science et de la culture profitait de toutes occasions pour augmenter le niveau des connaissances du savoir des musulmans. L’exemple historique qui suit nous montre très bien à quel point il insistait sur le développement de la science.

Après la victoire des musulmans à la guerre de Badr, il y avait, parmi les idolâtres capturés, certains qui n’avaient pas de quoi racheter leur liberté, mais ils étaient lettrés. Le généreux Prophète (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) donna l’ordre à chacun d’eux d’enseigner, en échange de sa liberté, à dix musulmans la lecture et l’écriture. C’est ainsi que nombre des compagnons du messager apprirent à lire et à écrire.

Ali (que le salut de Dieu soit sur lui), dans ses nobles paroles, reconnaît comme le devoir du gouvernement islamique, le développement de la science et de la culture. Il déclare à l’adresse du peuple:
« J’ai un devoir envers vous, et vous avez un devoir envers moi. Mon devoir est de vous conseiller et de vouloir votre bien, d’augmenter vos richesses nationales et vos droits et d’entreprendre votre éducation afin que vous ne restiez pas dans l’ignorance et que vous vous efforciez à bien agir et que vous soyez instruits. »(1)

« Le calife abbasside Maamoun fonda à Bagdad en 215 de l’hégire le Beytol Hekmat qui était une société scientifique dotée d’un observatoire et d’une bibliothèque publique. Il y avait consacré une somme de deux cent mille dinars (qui équivaudrait aujourd’hui à 70 millions de Rials). Il y préposa plusieurs traducteurs de renommé qui connaissaient diverses langues étrangères et différentes sciences, tel Hanein, Bakhtisho, Ibn Tarigh, Ibn Moghafah, Hodjadj Ibn Motar, Sergisse Rassi... à qui il payait un salaire prélevé sur le trésor public.'(2)

“Maamoun envoya des savants comme Ibn Tarigh et Hodjadj Ibn Motar, qui connaissaient plusieurs langues, à l’étranger pour qu’ils ramassent et envoient à Bagdad toutes sortes de livres scientifiques, médicaux, philosophiques, mathématiques et littéraires, écrits en Sanscrit, en Pehlevi, en Choldéen, en Grec ou en Latin. Ils s’acquittèrent si bien de leur tâche qu’on rapporte que le nombre des livres expédiés dépassait les 100 charges de chameaux.” (3)

À l’époque où, dans l’Europe entière, on ne trouvait pas même un centre culturel, les territoires islamiques en abondaient. IL y avait de nombreux experts et spécialistes dans chaque branche scientifiques. C’est par les croisades que la pensée et la civilisation islamique se sont propagées au-delà des frontières islamiques et que l’Europe a étanché sa soif de science aux sources de la science des musulmans.

Le docteur Gustave Lebon écrit:
“Dans le temps où les livres et les bibliothèques n’avaient aucune valeur pour les Européens et que l’on trouvait à peine cinq cents manuscrits, tous religieux, dans l’ensemble des monastères de l’Europe, les pays musulmans possédaient assez de bibliothèques. Celle de Bagdad, le Beytol Hekmat possédait quatre millions de livres. La bibliothèque royale du Caire en possédait un million. Celle de Tripoli en avait trois millions. En Espagne seulement, entre 70 à 80 mille livres étaient publiées chaque année.” (4)

J. Loo. Strange écrit pour sa part:
“L’université de Mostansarich avait un édifice somptueux, avec un mobilier de luxe et un terrain très vaste, unique dans le monde de l’Islam. Cette université comprenait quatre écoles de Droits. 75 élèves participaient au cours de chacune. Un professeur les enseignait gratuitement. Ces quatre maîtres avaient un salaire mensuel. Chacun des trois cents élèves recevait un dinar d’or par mois. Ils avaient tous une ration déterminée de pain et de viande par jour. Selon lbn-al-Forat, il y avait là-bas une bibliothèque qui contenait des livres précieux et rares, traitant de diverses sciences et qui étaient à la portée de tous les élèves. C’est l’université qui distribuait le papier et les plumes ; tout le monde pouvait prendre des notes sur les livres. Il y avait même un bain et un hôpital. Le médecin visitait chaque matin l’université, soignait les malades et leur écrivait des ordonnances. Les entrepôts étaient pleins de nourriture, de boissons et de médicaments. Tout cela date du début du treizième siècle de l’ère chrétienne.” (5)

Le docteur Max Mirhov écrit: “À Istamboul, il y a plus de 80 bibliothèques dans les mosquées ou l’on trouve des dizaines de milliers de livres et de manuscrits anciens. Au Caire, à Damas, à Mousel, à Bagdad, en Iran et en Inde, il y a de grandes bibliothèques qui contiennent de célèbres œuvres et de précieux livres dont aucune liste n’a encore été établie. Le nombre de ceux qui ont été commentés ou imprimés est très peu. Même la liste de la bibliothèque d’Escorpal en Espagne qui contient une grande part des livres et des essais scientifiques de l’Islam en occident n’est pas encore complète. Certes, ce qui a été découvert durant ces quelques dernières années a éclairé plus ou moins l’histoire de la science de l’Ancien Monde de l’Islam, mais ces découvertes sont encore insuffisantes. Le monde se rendra compte à l’avenir de l’importance de la science des musulmans.” (6)

Le docteur Gustave Lebon écrit:
“La persévérance des musulmans dans l’apprentissage de la science est vraiment étonnante. À chaque fois qu’ils s’emparaient d’une ville, ils y édifiaient avant tout des mosquées et des écoles. Il existait dans les grandes villes de nombreuses écoles, Benjamin Twol décédé en 1173 de l’ère chrétienne, rapporte qu’i1 avait vu à Alexandrie une vingtaine d’écoles.

Outre les écoles publiques de Bagdad, du Caire, de Cordoue et autres, des universités avaient été fondées qui possédaient des laboratoires, des observatoires, de grandes bibliothèques et d’autres moyens de recherche. L’Andalousie possédait 70 bibliothèques publiques. La bibliothèque Alhakem II de Cordoue possédait six cent mille livres dont 44 en étaient les index, alors que quatre cents ans plus Lard, Charles le Sage ne réussissait qu’à ramasser 900 livres pour la bibliothèque Nationale de Paris qu’il avait fondée, dont le tiers était composé de livres religieux.” (7)

Les musulmans n’ont pas seulement fait évoluer la science par leurs recherches ; ce sont eux qui l’ont propagée dans le monde grâce à leurs livres et leurs écoles. Ce qu’ils ont apporté à l’Europe, au niveau de la science, de la technique et des connaissances a été considérable. Comme nous en parlerons plus tard dans le chapitre des œuvres scientifiques et littéraires des musulmans, ils furent les maîtres de l’Europe et c’est seulement grâce à eux que le savoir de l’antiquité grecque et romaine s’y est répandu. » (8)

« Vers la fin du Moyen-Age, lorsque l’Europe était plongée dans l’ignorance et que les gens souffraient de la misère, ses souverains se rendaient en terre islamique pour se faire soigner. Les étudiants accouraient vers les universités islamiques, qui faisaient la gloire des musulmans ; des universités telles que celle du Caire, de Bagdad, de Cordoue, de Constantinople et d’Alexandrie qui possédaient les plus modernes instruments de recherche et d’expérience de l’époque. » (9)

Joseph Mac Cap écrit à propos du progrès culturel des premiers musulmans:
« Même les classes sociales les plus basses étaient avides de lecture. Les ouvriers se contentaient de peu de nourriture et de vieux vêtements pour pouvoir acheter des livres jusqu’au dernier de leurs sous. Un ouvrier possédait une bibliothèque ou les savants se rendaient avec empressement et enthousiasme. Les esclaves libérés ou les enfants d’esclaves faisaient partie des grands savants de l’époque, comme l’indique le livre d’Ibn Khalakan, le Wafiyat al-A’yan. » (10)

Nehru écrit à propos de l’éblouissante civilisation, des progrès scientifiques et du mouvement culturel des musulmans de l’Andalousie:
« Cordoue était une très grande ville, avec un million d’habitants. Elle ressemblait plutôt à un grand jardin de vingt kilomètres de long avec un faubourg de quarante kilomètres. On rapporte qu’elle contenait 60 mille palais et résidences ainsi que 200 mille maisons, 80 mille magasins, 3800 mosquées et 700 bains publics. Même si ces chiffres sont exagérés, ils nous donnent quand même une notion de la grandeur de cette ville.

On y trouvait de même de nombreuses bibliothèques dont la plus importante était la bibliothèque royale de l’Émir qui contenait 400 mille livres. Outre l’université de Cordoue qui jouissait d’une grande renommée dans l’Europe entière et même dans l’Asie occidentale, il y avait de nombreuses écoles gratuites pour les pauvres.

Un chroniqueur rapporte qu’en Espagne, presque tout le monde savait lire et écrire, alors que dans l’Europe chrétienne, à part les religieux, même les plus hautes classes étaient analphabètes. » (11)

Notes:

1-Sharh Nahj ul-Balagha, Ibn Abi al-Hadid, tome 2, p.189.

2-Histoire de la Civilisation, Will Durant, tome 11, p.147.

3-Encyclopédie du XXe siècle, tome 6, p.609.

4-Civilisation Islamique et Arabe, tome 3, p.329.

5-Le Patrimoine de l’Islam, p.230.

6-Ibid.

7-Civilisation Islamique et Arabe, p.557-558.

8-Ibid, p.562.

9-Encyclopédie du XXe siècle, tome 6.

10-La Gloire des Musulmans en Espagne, p.170.

11-Regard sur l’Histoire du Monde, p.413.

 

 

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