Le problème de l’économie et de l’exploitation des ressources naturelles est l’un des plus importants qui soit lié en permanence à la vie et à l’existence de l’espèce humaine. Les besoins primaires de l’homme ont toujours existé dans sa vie. Ils ont simplement changé et évolué au long des siècles, selon les conditions de l’époque. Jadis, l’utilisation des ressources naturelles et le mode de subsistance avaient une forme primitive. Mais peu à peu, parallèlement à la solidarité des gens entre eux et au progrès des nations, ils ont pris la forme de lois et de systèmes spéciaux et voilà environ quatre siècles, c’est-à-dire depuis le début de l’ère capitaliste, que les sciences économiques ont été rédigées en se basant sur l’analyse de la vie économique.

L’évolution étonnante de la civilisation durant le siècle dernier, la révolution industrielle et technologique, le progrès et le perfectionnement des moyens de communication et le développement des nations ont fait que les sciences économiques sont devenues le principal facteur des évolutions et des changements sociaux et que les systèmes capitalistes et communistes ont été fondés dans les deux blocs de l’Ouest et de l’Est. Tous les conflits et les tensions entre les deux blocs tournent autour de ces axes. Comment l’énigme de l’économie humaine sera-t-elle résolue? Quel système économique pourra donc résoudre le problème de l’économie mécanisée du monde actuel? Et enfin, quelle est la façon la plus équitable de distribuer la richesse entre les facteurs de production?

La principale méthode que les penseurs du monde ont employée pour effacer la différence entre les classes sociales fut en premier lieu l’abolition du capitalisme et en second lieu, la garantie d’un minimum de moyens de subsistance pour tous. La seconde méthode est de nos jours la plus courante, sous quelque forme que ce soit, dans les pays occidentaux. Le communisme prétend pouvoir empêcher l’exploitation de l’homme par l’homme. Aussi, il prétend pouvoir résoudre les problèmes économiques du monde par la suppression de la propriété privée et grâce à l’égale répartition de l’ensemble des moyens de production. Pour le communisme, la propriété privée a été toujours accompagnée d’injustice et d’oppression ; par conséquent, il est partisan de l’abolition du grand capital et cherche à retirer des mains de la classe bourgeoise les moyens de production pour les nationaliser, afin d’améliorer la situation économique. Il pense qu’en unifiant les classes sociales, les injustices provoquées par le capitalisme disparaîtront d’elles-mêmes pour céder la place à l’harmonie et l’égalité.

Mais que faut-il faire pour former cette classe unique, alors que de multiples éléments sont intervenus dans la formation des différentes classes sociales. Dans les pays socialistes, bien qu’il n’existe aucune classe bourgeoise « capitaliste ». Il y a cependant diverses couches (ouvrière, agricole, employée, fonctionnaire) dont les niveaux de vie sont entièrement différents.

Le médecin et l’infirmière ont-ils en Union soviétique le même salaire? Un simple ouvrier est-il payé autant qu’un ingénieur? En outre, la mentalité, les idées, les penchants, les sentiments et la force physique des individus seront toujours différents, suivant ce que chacun aurait hérité. Un célèbre communiste déclare à ce propos:
« Il nous est pratiquement impossible de mettre en application l’égalité absolue et de réduire à l’état d’un simple travail, celui des savants, des penseurs, des politiciens et des inventeurs. »(1)

Le capitalisme prétend pour sa part être le seul système à pouvoir résoudre le problème compliqué de l’économie mécanisée. Il ne supprime donc pas la propriété privée, mais bien au contraire, en vue d’équilibrer le niveau du travail et du salaire, et dans le but de limiter la dissemblance des classes sociales, il accorde un minimum de moyen de subsistance aux classes défavorisées. (2)

Mais cet écart entre les classes sociales a-t-il vraiment disparu après ces réformes? Ce luxe dont bénéficient les riches ne soulève-t-il plus la haine et le mécontentement des couches défavorisées? Doivent-elles rester à jamais dans leurs misérables conditions? Les problèmes sociaux seront-ils résolus tant que cet écart démesuré ne cessera d’accroître?

Dans les régimes socialistes et capitalistes, les critères de base ne sont que des critères matériels. Les problèmes économiques et sociaux sont étudiés indépendamment des valeurs spirituelles et du comportement humain. Dans ces systèmes, l’augmentation des richesses est le but principal. En dehors de cela, il n’existe aucune vérité.

Mais l’islam, de par sa puissante philosophie, examine l’homme sous tous ses divers aspects. Outre l’amélioration qu’il apporte à la situation matérielle de la société, il consacre les richesses à la réalisation de l’ensemble des désirs et des idéaux de l’homme, tout en tenant compte dans tous ses préceptes, de la perfection spirituelle de celui-ci.

Dans le monde occidental, la loi soutient le système capitaliste. Elle défend les intérêts des détenteurs des capitaux, face aux travailleurs. En Union soviétique, ont-ils dit officiellement, la loi vise abolir le capitalisme et la propriété, en faveur du prolétariat.

Mais la source des lois islamiques n’est autre que la révélation divine. Ce système n’a pas été engendré par la raison des législateurs humains, qui préférant une classe à une autre, s’en prendrait aux intérêts de cette dernière.

Ce sont des lois qui n’ont pas été promulguées dans l’intérêt d’une classe particulière ni inspirée des passions humaines. Des lois que Dieu, le Seigneur des hommes, a établies pour tous et dans l’intérêt de tous. Aucune injustice ne peut donc exister. En Islam, celui qui est digne de gouverner n’est le candidat d’aucune catégorie sociale particulière. Il est considéré comme un simple membre de la nation, et ne peut en aucun cas promulguer des lois en faveur d’une certaine classe au détriment des autres. Le pouvoir qu’il détient sert à l’application des préceptes divine et il ne peut aucunement en abuser. Un tel législateur n’est que l’exécuteur des lois divines, et c’est lui qui pourrait faire régner l’indépendance et la liberté de ses semblables dans la société.

Compte tenu des défauts que l’on trouve dans les doctrines précisées, il faut en comparaison prendre en considération les méthodes de l’Islam. Bien que l’Islam s’oppose à la propriété privée inconditionnée qui apporte aux capitalistes une liberté absolue et une propriété illimitée et illégitime, et accorde une valeur fondamentale à la société, il rejette cependant la suppression de la propriété privée, qui ôte à l’individu sa liberté et son indépendance. Contrairement au système économique, qui remet entre les mains du gouvernement la subsistance du peuple et dans lequel l’individu n’a aucune valeur. L’islam ne permet jamais que l’individu soit sacrifié pour la communauté, parce qu’il n’est qu’un individu, et que le peuple soit réduit à être esclave du gouvernement, pour se nourrir.

Les communistes pensent sans en avoir la preuve, que la propriété privée n’est pas un phénomène inné. Ils disent qu’elle n’existait pas dans les communautés primitives ou les gens, pensent-ils, vivaient tous fraternellement, et en coopérant. D’après eux, la tendance de l’homme à la propriété privée, comme on en est témoin dans le monde actuel n’est apparue que progressivement.

Mais en vérité, la propriété privée est apparue en même temps que l’être humain. Elle a un rapport direct avec sa nature. Tout comme les autres besoins innés, on ne peut lutter contre elle.

Félicien Chalet écrit à ce propos:
« Si le domaine de la propriété privée a pris des proportions vastes et illimitées, c’est qu’il y a une grande relation entre la propriété et les instincts de l’homme. L’être humain, de par sa nature, cherche à posséder ce qui satisfait ses besoins, car il ne se considère pas comme entièrement libre tant que son confort n’est pas assuré.
La troisième raison de la propriété privée est une raison morale. De ce point de vue, la propriété est fondée sur le travail et l’économie. Le produit du travail de l’homme, est le prolongement de sa personnalité, donc digne de respect. »

Chalet reconnaît la propriété individuelle, comme le principal facteur du progrès économique et de la production. Il écrit:
« Mais la principale raison d’être de la propriété est l’intérêt collectif. La société a besoin du travail de l’individu. Pour que ce travail soit fourni, il faudrait un stimulant. La propriété est le meilleur encouragement à l’expansion de l’activité. L’intérêt de la société est que les gens aident à augmenter le capital collectif. La société doit donc permettre aux gens de posséder leurs épargnes. La propriété est le seul facteur qui sans avoir recours à la force oblige les gens à travailler et à épargner. » (3)

L’Islam aussi dans sa législation tient compte de ce besoin naturel et inné, qui est un facteur efficace du progrès et de la propriété. Cette religion traite la nature de l’homme tel qu’elle est. Les biens légitimement obtenus sont considérés comme propriété individuelle ; ce qui est produit appartient à celui qui produit.

L’Islam rejette cette théorie qui prétend que l’injustice et l’oppression découlent de la propriété privée. Le fait que la propriété individuelle soit accompagnée, en Europe, d’injustice et d’oppression, c’est que la législation y est entre les mains de la classe capitaliste. Il est donc évident que dans de telles conditions, la totalité des lois serait promulguée dans le sens des intérêts de cette classe. Nous avons rappelé précédemment qu’en Islam, le législateur absolu est Dieu. Ses lois ne favorisent aucune classe particulière ; les riches n’en bénéficient pas au mépris des déshérités.

L’Islam ne permet pas de déposséder les fondateurs et les propriétaires des usines de leurs biens. Car ceci va à l’encontre de la sécurité publique et des droits de l’homme et décourage toute créativité. Mais le gouvernement peut très bien prendre en charge la direction des grandes industries et la fondation des usines, en vue de consolider les bases de la justice sociale et de respecter les intérêts nationaux et économiques.

Enfin, l’Islam dans son système économique, reconnaît à la fois, l’individu et la société et afin de résoudre les problèmes économiques selon les principes de la justice sociale, il a fondé une doctrine particulière sur les bases d’une économie libre et une propriété relative et dans le cadre de l’indépendance individuelle et des intérêts collectifs. Il reconnaît comme un droit naturel la propriété individuelle, tant que celle-ci n’entrave pas les intérêts collectifs. Il l’admet dans la mesure où elle satisfait le besoin naturel de possession afin que tous les hommes déploient leurs activités pour une exploitation et une production accrues. Mais il a fixé des conditions à cette forme de propriété, afin qu’elle n’aboutisse pas à l’injustice et que l’individu ne puisse, en abusant de sa liberté, fouler au pied les intérêts collectifs. Certes, cette restriction de la liberté n’est aucunement nuisible, et même qu’elle est nécessaire, afin d’empêcher toute décadence et d’assurer la survie de la société.

Dans le domaine de la propriété privée, l’Islam a complètement restreint les abus et ne tolère que la propriété légitimement acquise, sans aucune transgression aux droits d’autrui, sans usure, sans accaparement, etc.

Avec ces conditions et ces restrictions imposées par l’Islam, les richesses ne peuvent certainement pas être amassées de façon nuisible, comme il en est dans les systèmes capitalistes. La communauté musulmane est donc à l’abri des conséquences néfastes du capitalisme, qui aboutissent toutes, inévitablement à de sérieuses crises.

Les économistes affirment que le capitalisme, qui à ses débuts, était simple et bénéfique, est parvenu progressivement à son état nuisible actuel, par les prêts inférieurs, basés sur l’usure. De même la dure concurrence capitaliste qui entraîne la faillite des petites entreprises et leur coalition en vue de créer des grandes entreprises, est un système qui aboutit à l’accaparement.

Un autre moyen de créer un équilibre économique entre les diverses classes et empêcher l’accumulation des richesses serait la mise en vigueur des impôts tels que le Zakat et le Khoms, ce qui réduirait chaque année une partie des capitaux et des bénéfices des riches.

La promulgation des lois qui accordent la propriété d’une partie des ressources au gouvernement islamique, en d’autres termes la nationalisation, est une autre méthode pour empêcher la concentration des capitaux et aboutir à une distribution équitable des richesses. Par exemple, les forêts, les marais, les pâturages, les terres incultes, les montagnes avec tous les arbres et les mines qu’elles contiennent, les domaines publics, les biens dont le propriétaire est inconnu, les terres remises aux musulmans (autre que le butin de guerre), les biens sans héritiers, etc. Bien qu’une partie d’entre eux soit réservée au commandeur des musulmans, ce dernier les consacrera aux travaux publics. La loi sur l’héritage est aussi un autre facteur de la distribution des richesses aux générations à venir.

L’Islam respecte la propriété privée tant que la communauté n’est pas menacée. Mais dans les conditions exceptionnelles et afin d’éviter la crise, le gouvernement islamique, de par l’autorité qui lui est accordée, pourra modérer la propriété privée, au profit de la communauté musulmane. C’est un droit que lui donne la loi islamique. Le dirigeant ne peut tolérer la concentration des richesses entre les mains d’une minorité, alors que la majorité souffre de la faim et de privation ; l’Islam désapprouve ce capitalisme ignoble qui règne en Occident et il ne permet pas aux détenteurs des capitaux de répandre la guerre, le colonialisme et l’esclavage en vue de satisfaire leur propre cupidité.

Le Coran déclare:

« Nous avons établi un ordre de partage et de distribution des biens afin que cela ne se concentre pas dans les cercles des riches d’entre vous. » (4)

Et comme ce qui nuit à la société nuit à l’individu, aucune opposition n’apparaît entre les droits de l’individu et ceux de la société. Ainsi, l’Islam, bien qu’il respecte les propriétés privées. Qu’il cherche à satisfaire les désirs innés de l’homme et qu’il instaure tous les avantages de la propriété privée comme le capitalisme le veut, il utilise cependant, en cas de nécessité les biens de l’individu dans l’intérêt de la communauté.

Bien que l’islam empêche par ses lois toute transgression de la part du capitalisme, sa législation ne se limite cependant pas à ce domaine. Au niveau de la morale, il oblige les gens à faire l’aumône. Il harmonise son invitation morale avec la loi. Les obligations fermes et solides de sa morale sont si instructives et réveillent tant les sentiments humains les plus purs, que le musulman ne peut rester indifférent face au malheur de ses confrères

L’Islam lutte sérieusement contre le gaspillage et la débauche, qui sont le fruit de la contradiction excessive des richesses entre les mains d’une classe particulière. Il condamne de même l’avarice des riches et leur refus de faire l’aumône.

Il empêche les patrons d’être injustes envers les ouvriers. Cet appel spirituel établit un lien entre l’homme et Dieu et anime les purs sentiments humains qui se trouvent dans le for intérieur de l’homme, en sorte que, cherchant la récompense de l’au-delà et le contentement de Dieu. Tous les plaisirs et richesses perdent leurs valeurs. Car la cupidité, l’avidité, la convoitise, l’injustice et l’oppression résultent de l’incrédulité en la résurrection.

L’histoire nous apprend que toute déviation de la croyance en Dieu a été accompagnée de déviation dans la pensée des hommes et dans leurs relations avec leurs semblables. IL est impossible qu’un homme proche de Dieu soit disposé à l’injustice et à la violation des droits d’autrui, pour accumuler richesses et biens.

En Islam, c’est le gouvernement qui est chargé de contrôler les intérêts de l’individu et de la société. Il a le devoir de prohiber fermement les libertés nuisibles et de mettre en vigueur les lois. En outre c’est un devoir public que de répandre dans la société les bonnes mœurs et de la nettoyer de toute déviation et souillure. Enfin l’islam reconnaît la personnalité de l’individu comme un élément actif et positif dans la vie.

Cet ordre islamique, qui n’a pas les défauts du bloc capitaliste, est d’autre part bien plus équitable que le système communiste. Il ne contient aucun excès, ni à droite ni à gauche. Il est bien au-dessus du capitalisme et du communisme et peut, avec l’équilibre et l’harmonie qui lui sont propres, briller entre les deux blocs de l’Est et de l’Ouest, avec son caractère social exceptionnel.

Ce qui capte l’attention, c’est que le système minutieux et progressiste islamique est une innovation qui date d’une période où le monde n’avait aucune connaissance de la justice sociale et n’attachait aucune valeur au facteur économique.

Du point de vue islamique, l’homme n’est aucunement soumis à la fatalité économique ni de toute autre forme de prédétermination. IL est au contraire la seule force active et positive de ce monde et sans qu’il ne soit un esclave impuissant face aux évolutions de la fatalité économique, il fonde lui-même, par sa propre volonté, son économie. Le plus grand avantage de l’Islam par rapport aux autres méthodes économiques est qu’il ne contient aucune évolution fatale qui donnerait une forme particulière à la vie des gens, aboutissant ainsi à ce qu’une classe cherche à en exploiter une autre.

Nombre de philosophes et de penseurs contemporains tel que William James, philosophe américain, Harold Laski, John Strashy, et Bertrand Russel, philosophes britanniques, ainsi que Walter Lipnan, célèbre écrivain américain, critiquent eux aussi les systèmes capitalistes et communiste et se sont lancés à la recherche d’une vie équilibrée. Ils se sont fait chacun une opinion ; ils déclarent que le système communiste prive l’individu de sa liberté naturelle et de sa volonté et qu’il livre le sort de l’individu et de la société entre les mains du gouvernement, à qui il accorde l’autorité absolue. Par conséquent, la personnalité de l’individu et son esprit d’innovation disparaissent dans ce climat obscur de répression et l’individu cesse d’évoluer.
En ce qui concerne la démocratie capitaliste, dans laquelle la liberté individuelle dépasse les bornes, elle entrave l’harmonie sociale. Un groupe de puissants capitalistes monopolise toutes les ressources et les facteurs de production, qu’il met à son service. Ils soumettent ainsi le peuple à leur volonté économique et influencent les systèmes politiques et gouvernementaux.

C’est donc pour cela que l’humanité doit choisir une troisième solution qui ne contiendrait aucun des excès des deux autres et qui assurerait les intérêts de l’individu et de la société de façon équitable. Mais les philosophes et les penseurs qui ont si bien découvert les défauts des systèmes du monde actuel, qu’ont-ils à proposer de mieux que l’Islam et ce qu’il a apporté, voilà déjà quatorze siècles? Cette voie équilibrée qui donne d’une part à l’individu une liberté raisonnable, et qui d’autre part dompte totalement la fureur du capitalisme et qui enfin est capable de sauver l’humanité de cet égarement et de cette misère.

Les lois et les ordres islamiques ont satisfait durant les siècles derniers les besoins des communautés musulmanes et ont réglé la vie sociale des grandes masses musulmanes de races et nationalités différentes dans de vastes territoires. Jamais la communauté islamique n’a eu besoin, dans le passé, de la législation étrangère. Et à l’époque actuelle, en dépit de toutes les évolutions et des changements qui ont bouleversé le monde, ces mêmes systèmes, pleins de valeurs, peuvent diriger la communauté islamique et répondre correctement à tous les vœux.

Des préceptes qui tiennent comptent de l’ensemble des aspects de l’existence et des besoins matériels et spirituels et qui, à tous les niveaux, instaurent un ordre équilibré, tout en étant en harmonie avec les traditions et les lois de la vie, ne vieillissent et ne se détériorent jamais.

Les principes fermes et purs de l’Islam sont bien plus progressistes que tous les concepts humains. Ils sont supérieurs aux autres lois et enseignements, au niveau du caractère humain et de la souplesse ; et lorsque les principes sociaux de l’Islam sont comparés à ceux des autres doctrines qui appellent vers elles les gens, la noblesse et la suprématie des enseignements islamiques ainsi que la distance entre le système divin et les régimes humains nous apparaît.

En 1951, l’université de Droit de Paris a consacré une semaine à l’étude du Fiqh islamique. Les responsables ont proposé aux savants du monde de l’Islam de débattre de quelque sujet du point de vue du Fiqh islamique et d’exposer, s’ils le veulent, d’autres aspects du Fiqh. Les sujets traités étaient les suivants:

1. La justification de la propriété.

2. Les cas et les conditions de la saisie des propriétés privées en faveur de la collectivité.

3- La responsabilité criminelle.

4. L’influence des différentes branches du Fiqh islamique, les unes sur les autres.

Le président du bureau parisien qui présidait cette conférence avait déclaré au cours de la dernière séance:
Je ne sais pas comment établir la liaison entre l’idée que nous faisions de la rigidité du droit islamique et de son inadaptation aux problèmes et aux lois d’aujourd’hui et de ce que nous venons d’entendre et de comprendre ici.
Au cours de cette conférence, il nous a été prouvé que le droit islamique dispose d’une profondeur et d’une précision particulière. Son étendue est très vaste. Il peut répondre affirmativement à tous les besoins et les évènements de notre temps.

La semaine islamique de Fiqh a pris fin par la publication du décret suivant: « Sans aucun doute, le Fiqh islamique a assez de valeur pour être une source de la législation du monde actuel. Il existe, dans les différents propos et thèses du Fiqh islamique d’importantes ressources juridiques, assez étonnantes. Le Fiqh islamique, à la lumière de ces thèses, peut satisfaire tous les besoins de la vie actuelle. »

Notes :

1-Notre Économie, tome 2, p.216.

2-Au cas où l’on admettrait entièrement cette prétention. Mais il faudrait quand même prêter attention au rapport suivant:
Une délégation chargée de contrôler les produits alimentaires a rapporté après neuf mois d’études et de recherches que dix millions d’Américains souffraient de malnutrition.
Le chef de cette délégation avait demandé au Président de la République américaine d’annoncer l’état d’exception, compte tenu de la gravité du problème, et d’expédier des aides urgentes et gratuites dans les 256 villes des 20 états américains les plus touchés. Cette délégation (25 membres) dont le rapport avait soulevé une vague d’enthousiasme dans les milieux américains a entrepris ces examens le mois de juin dernier. Elle a été formée sur une initiative du président de l’organisation de la lutte contre la malnutrition, Walter Reuter, qui était aussi le chef du syndicat des ouvriers d’usines de constructions américaines d’automobiles. Reuter avait à sa charge la totalité des frais de cette délégation ; cette dernière indiquée dans son rapport que la malnutrition des dix millions américains résultait de la guerre et d’autres conflits socio-économiques dans la société américaine. Elle a ajouté qu’en raison du désordre provoqué la guerre, ces gens sont incapables de se procurer leur nourriture au marché.
Le rapport en question nous cite de même les déclarations du ministre américain de l’Agriculture, selon quoi, étant donné l’impossibilité de nourrir suffisamment ces 10 millions d’Américains, c’est le mouvement lui-même qui devait s’en charger. (United Press International 22/2/47).

3-L’Histoire de la propriété (retraduit du persan) p.94.

4-Coran, sourate Hashr, verset 7.