Question: Êtes-vous d’accord que le Prophète Mohammad (a.s.s.) et l’Imam Alî (pl) ont tous deux signalé que le mérite de tout être humain dépend de ses actes et comportements et non de son ascendance, de sa famille ou de sa vie privée? Pourquoi les musulmans chiites considèrent-ils par conséquent, comme meilleur et plus intègres leurs descendants (de la famille du Prophète), quel que soit leur génération?

Réponse: Selon l’Islam, tous les hommes sont égaux face à la loi et la justice; de ce point de vue, il n’existe aucune différence entre le roi et le mendiant, le riche et le pauvre, le puissant et le faible, la femme et l’homme, le noir et le blanc, et même entre le Prophète et l’Imam – tous deux infaillibles- et le reste des gens. Personne ne peut se permettre de mettre son emprise sur quelqu’un ou de lui ôter sa liberté légitime, quelle que soit son exceptionnalité ou ses privilèges. L’origine de ce respect tout particulier pour les seyyeds (titre donné aux descendants du Prophète) a pour fondement principal un verset coranique où Dieu commande au Prophète de recommander aux gens de lier un contrat de cordialité avec ses proches:

قُلْ لَا أَسْأَلُكُمْ عَلَيْهِ أَجْرًا إِلَّا الْمَوَدَّةَ فِي الْقُرْبَىٰ ۗ

« … Dis: “Je ne vous demande aucune récompense pour cela; si ce n’est de l’affection envers mes proches” » (1)

Les croyants firent ce pacte avec ses descendants, mais le mystère de ce verset ne s’éclaircit qu’après le décès du Saint Prophète (a.s.s.). Ce qui advint par la suite ne s’est pourtant jamais reproduit au cours de l’histoire, suite au décès d’un guide religieux. Durant de nombreux siècles les seyyeds ne furent jamais en sécurité, ils furent massacrés, égorgés et leurs têtes portées de ville en ville en guise de trophées. On les enterrait vivants, les emmurait en groupe dans des lieux cachés, les torturait dans de sombres cachots ou bien les empoisonnait. Après tous ces siècles obscurs d’oppression, le chiisme prit peu à peu de l’ampleur et devint une école doctrinale plus ou moins indépendante. Ses adeptes, en réaction à ce désastreux passé, s’efforcèrent de manifester tout leur respect aux descendants du Prophète.

Note :

1-  Coran, Sourate 42 (La consultation), verset 23.

 

 

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