Question: Pourquoi les guides spirituels (Awliyâ) dans les affaires religieuses, a toujours retardé la révision des lois islamiques pour les conformer aux conditions temporelles et spatiales?

Réponse: Il n’est pas du ressort des guides spirituels de modifier la Loi divine, leur devoir se résume à déduire les questions religieuses du Livre de Dieu et de la Sainte Tradition (Sunnah). Leur fonction ressemble à celle du légiste qui déduit les dispositions juridiques à partir de la Loi fondamentale du pays. Il n’est pas de son ressort d’en modifier un seul article.

Concernant la Loi révélée, on peut facilement comprendre que les saints de Dieu voire le Saint Prophète – qui est le transmetteur de cette Loi – et les Imams qui lui ont succédé, en tant que gardiens et instructeurs de la Loi, n’ont aucun pouvoir de décision vis-à-vis d’elle. En réalité ce genre de questionnement et de critique correspond aux méthodes de réflexion des sociologues occidentaux. Pour eux, les Prophètes législateurs sont des hommes de génie et des intellectuels sociologues qui, s’étant soulevés dans l’intérêt de leur structure sociale, ont invité le peuple à la droiture. Ayant établi une Loi qui répondait aux exigences de l’époque, ils ont usé de leur intelligence pour émettre différentes théories qu’ils ont inculquées aux populations, en se désignant comme des envoyés de Dieu, chargés de transmettre la révélation divine, les paroles de Dieu, la Loi révélée ou encore la Religion céleste. La source de leurs pensées intègres, ils l’ont appelée Gabriel ou Ange de la révélation.

Il ne fait pas de doute que selon cette opinion, les préceptes établis par les religions célestes et la législation islamique doivent être rédigés en accord avec les circonstances du moment. Les reproches mentionnés dans plus de 33 questions sur le sujet arrivent bien à propos.

Mais ces théoriciens se sont trompés de chemin, car au lieu de s’intéresser aux messages des Prophètes, ils se sont mis à juger et émettre des hypothèses erronées. Si, en effet, les livres divins et le récit de la vie des Prophètes ne sont pas exempts d’ambiguïté, le Saint Coran, Livre céleste de la religion islamique, lui, dénonce ce mode de pensée et le dénigre totalement. Il en de même en ce qui concerne l’historique de la vie du Saint Prophète (a.s.s.), ses propos authentiques et ses descendants.

Nous ne désirons pas, à travers ceci, prendre parti de la religion musulmane et défendre sa cause. Quiconque a acquis une connaissance, ne fut-ce que sommaire, du Saint Coran et des propos des Infaillibles, ceux du Saint Prophète en particulier, se rendra compte qu’ils réfutent totalement ce genre de théorie.

Le Saint Coran déclare d’ailleurs expressément que le Saint Prophète (a.s.s.) n’a aucune autorité et liberté d’action en religion, il n’en est que le Messager.(1)

Dans un autre de ses versets, le Saint Coran affirme que la religion divine n’est pas le produit de la pensée humaine, mais une série de préceptes et de lois révélées par Dieu, à travers son Messager. (2)

Face à ceux qui prétendent que le Saint Coran est l’œuvre du Saint Prophète et qu’il n’a rien à voir avec Dieu, il (le Saint Coran) déclare formellement qu’il est réellement la Parole de Dieu et non celle d’un être humain. Son contenu n’est absolument pas le fruit de la réflexion ou de l’esprit humain. (3)

Ailleurs Il déclare, de manière aussi catégorique qu’avant, que la révélation céleste et prophétique prend fin avec le Prophète de l’Islam; les préceptes coraniques demeurent valides et immuables jusqu’à la fin du monde. (4)

Suivant ce qui précède, toute personne ayant constaté que certaines règles islamiques ne sont pas compatibles avec la vie actuelle ne doit pas imputer ces défauts au principe de la légitimité de l’Islam, désignant les préceptes et la Loi d’éternels. Au contraire il agit de manière à trouver une solution qui permet de les améliorer.

Notes :

1-Coran, Sourate 5 (La table servie), versets 92 et 99.

2-Coran, Sourate 69 (Celle qui montre la vérité), versets 40-43.

3-Coran, Sourate 74 (Le revêtu d’un manteau), verset 25.

4-Coran, Sourate 33 (Les coalisés), verset 40.

 

 

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