■ Selon al-‘Allâmah al-Majlicî dans “Zâd al-Ma‘âd”, le croyant ne doit pas négliger de se rappeler ses proches morts, car ceux-ci n’ont plus la possibilité d’accomplir de bonnes actions et les actes de bienfaisance (pour se racheter) et espèrent vivement que leurs descendants, leurs proches et leurs frères croyants en général le font à leur place et en leur nom. Ils attendent d’eux un geste de bienfaisance de leur part et surtout leur du‘â’ lors de la Prière de la Nuit.

Le croyant doit faire le du‘â’ à ses parents après les Prières obligatoires et dans les lieux saints, sans oublier les bonnes œuvres dédiées à leur mémoire. Car selon le Hadîth: “Peut-être un homme qui avait été noté comme ‘âq (désobéissant à ses parents) de leur vivant, sera-t-il considéré comme bâr (obéissant et bienfaiteur envers ses parents) après leur mort, grâce aux bonnes œuvres qu’il aura accomplies en leur nom. De même un homme qui avait été noté comme bâr envers ses parents de leur vivant, serait-il enregistré comme ‘âq envers eux, à cause de son manque d’accomplissement d’actes de bienfaisance qui leur sont dus”.

Parmi les devoirs les plus importants qu’on doit accomplir envers les parents et les proches figurent l’acquittement de leurs dettes impayées et de toutes autres obligations non acquittées envers les gens ou envers Allah. Ainsi, on doit s’efforcer d’accomplir en leur nom (soit soi-même, soit en déléguant un autre -moyennant rémunération- pour le faire) un pèlerinage dû qu’ils auraient manqué ou tous autres actes d’adoration qu’ils auraient manqués. Selon un hadith sain (çahîh) l’Imam al-Sâdiq (p) accomplissait chaque nuit deux rak‘âh de prière dédiées à son fils, et chaque jour deux autres rak‘ah au nom et à la place de ses parents. Dans la première rak‘ah, de chaque prière il récitait après la sourate al-Hamd, la sourate al-Qadr (chapitre 97), et dans la seconde la sourate al-Kawthar (chapitre 108).

■ Toujours selon l’imam al-Sâdiq (p): “Il arrive que le mort qui se trouve en difficulté soit subitement soulagé et que l’on l’informe que ce soulagement est dû à la prière faite à son bénéfice par un tel frère croyant”. Et lorsque le rapporteur de ce hadith demanda à l’Imam s’il était possible qu’on accomplisse une prière de deux rak‘ah pour deux morts à la fois, il répondit par l’affirmative. Il dit également: “Le mort se réjouit du du‘â’ et de l’istigh-fâr faits en son nom autant que le vivant se réjouit d’un beau cadeau qu’on lui offre.”

Et l’Imam d’ajouter: “La Prière, le jeûne, le Pèlerinage, l’aumône, l’acte de bienfaisance et le du‘â’ faits au nom d’un mort parviennent à sa tombe”. Il dit également: “La récompense (la rétribution = ajr) de ces actes (faits au nom d’un mort) bénéficie aussi bien au mort à qui ils sont destinés qu’à la personne qui les lui a dédiés. Selon un autre hadith attribué à l’Imam al-Sâdiq (p): “Tout Musulman qui accomplit une œuvre (acte de piété ou de bienfaisance) au bénéfice d’un mort, Allah lui accorde une double récompense tout en faisant parvenir la rétribution de cette œuvre audit mort.”

La prière dédiée aux deux parents décédés

Elle consiste en deux rak‘ah: dans la première rak‘ah on récite la sourate al-Hamd une fois et dix fois:

“Rabbi-gh-fir lî wa liwâlidayya wa li-l-mu’minîna yawma yaqûm-ul-Hisâb”

رَبِّ اغْفِرْلي وَ لِوالِدَي وَ لِلْمُؤْمِنينَ يَوْمَ يَقُومُ الْحِسابُ ً

(O mon Dieu pardonne-moi ainsi qu’à mes parents et aux croyants le Jour où le Compte sera établi), et dans la seconde, une fois la sourate al-Hamd et dix fois:

“Rabbi-gh-fir lî wa liwalidayya wa liman dakhala baytî mu’minan wa il-l-mu’minîna wa il-l-mo’minatî”

رَبِّ اغْفِرْلي وَ لِوالِدَي وَ لِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِناً وَ لِلْمُؤْمِنينَ وَ الْمُؤْمِناتِ

(O mon Dieu! Pardonne-moi, ainsi qu’à mes parents et à quiconque entre dans ma maison en croyant, et à tous les croyants et croyantes)

Et une fois qu’on prononce le salâm qui marque la fin de la Prière, on récite dix fois:

“Rabbi-rhamhumâ kamâ rabbayânî çaghîrâ”

رَبِّ ارْحَمْهُما كَما رَبَّياني صَغيرا

(O mon Dieu! Couvre-les (mes deux parents) de Ta Miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit)