N’insistez pas

Lorsqu’elles se sentent contrariées par leurs maris certaines femmes boudent, refusent de parler, arrêtent les tâches ménagères, ne mangent plus, s’en prennent aux enfants ou marmonnent dans leur coin. Pour elles, il s’agit de la meilleure façon de se venger d’eux et de les punir. En adoptant cette attitude vis-à-vis de leurs maris, elles risqueraient de provoquer chez certains d’entre eux une rébellion et une réplique. Par exemple, au moment où elle le réprimande, il la réprimande et si elle ne parle pas, lui aussi se tait. Finalement pour mettre fin à ces comportements ridicules et improductifs, ils devront faire l’effort de discuter en présence de médiateurs, tels les parents, les amis, ou faire appel à des personnes compétentes, capables de les aider à se réconcilier. Ce ne sera certainement pas la dernière fois qu’ils se renverront la balle en se disputant. Toutefois, avec de réels désirs de conciliation de part et d’autre, ces conflits iront en s’estompant. Mais sans solutions constructives et un effort des deux parties, l’équilibre de la famille se trouvera perturbé et les enfants en seront affectés. Pour échapper à tout cela, ces jeunes auront tendance à fuir le foyer familial et se retrouveraient finalement piégés et emportés par la corruption.

Notez s’il vous plaît les exemples suivants : Un jeune qui a été arrêté pour vol a dit lors de son audition : « Avec mes parents, chaque jour avait son lot de disputes et lorsque cela se produisait, chacun partait se réfugier chez ses parents respectifs. Je me suis mis à errer dans les rues et j’ai fait des rencontres qui m’ont conduit à commettre des vols ».

Une jeune fille âgée de dix ans et nommée… a dit au travailleur social qui la questionnait : « Je ne me souviens pas exactement mais je sais qu’une nuit mes parents se sont battus. Le lendemain de leur dispute, ma mère est décédée et mon père m’a ramené chez ma tante. Plus tard, une vieille femme m’a emmené à Téhéran. J’ai passé quelques années avec elle, pendant lesquelles j’ai beaucoup souffert et je ne veux pas retourner chez elle ».

Une enseignante dit : « Cette année comme toujours a commencé l’année scolaire et l’école. Parmi les étudiants inscrits figurait une jeune fille. Les élèves étudiaient et la classe était calme. Une jeune fille a attiré mon attention, par son comportement quelque peu particulier. En
effet, elle n’avait pas de bons résultats et semblait souffrir de quelque chose. Elle s’asseyait dans un coin de la cour, sa tête entre les mains, l’air très pensive. Un soir après les cours, je l’ai trouvée assise dans un coin de la cour de l’école. J’ai alors insisté pour la ramener chez elle, mais elle n’a pas accepté. Quand je lui ai demandé doucement la raison de son refus, elle m’a dit qu’elle vivait chez une vieille femme nommée… « Cela me dérange de vivre chez elle et je ne veux pas rentrer à la maison!» me dit-elle. Lorsque je lui ai demandé où étaient ses parents, elle éclata en sanglots et après quelques minutes, elle m’expliqua que ses parents étaient séparés et qu’elle avait été placée chez cette vieille femme ».(1)

Chère Dame ! Votre mari pourrait très mal réagir si vous lui faites la tête pour un oui ou pour un non et vous seriez à DIEU ne plaise, obligée de vous installer chez vos parents. Il préférera peut-être à cette vie misérable la séparation, fatigué de cette violence continue et des conflits qu’elle engendre. Vous risqueriez de devenir une surcharge pour votre père et votre mère, et finiriez par éprouver du regret. Notez donc les exemples suivants : Une femme a dit : « Je me suis mariée jeune avec mon mari, mais très tôt nos vie ont été détruites. Je n’étais pas au courant des secrets qui m’auraient permis de bien m’occuper de mon mari et lui non plus ne connaissait pas grand-chose des secrets qui lui auraient permis de prendre bien soin de moi. Lorsque nous nous disputions, je ne lui parlais pas pendant une semaine et la semaine qui suivait, c’est lui qui refusait de me parler. Il n’y avait que le vendredi où nous parvenions à être en bon terme, grâce notamment aux effets bénéfiques des médiations entreprises par nos amis et quelques fois par nos parents. Suite aux disputes répétitives, mon mari m’a fait part de son désir de divorcer et de se remarier. A ce moment-là j’étais jeune et je n’y ai pas trouvé d’objections. Nous avons donc divorcé et j’ai loué un appartement. Je vivais seule et je me suis vite rendu compte des risques que je courrais, car la plupart de ceux qui m’étaient familiers m’ont déçu. J’ai alors décidé de me réconcilier avec lui et je suis rendue chez lui. Arrivée à son domicile, j’ai rencontré une femme qui s’est présentée comme étant son épouse. Je suis retournée dans ma chambre avec des larmes dans les yeux ».(2)

Une jeune femme de vingt-deux ans divorcée avec un enfant, s’est suicidée chez son père, la nuit du mariage de sa sœur.(3)

Par conséquent, la violence et les conflits ne résolvent pas les problèmes mais bien au contraire, empirent les choses.

Chère Dame ! Evitez coute que coute les disputes violentes. Lorsque vous vous disputez avec votre mari, ne restez pas longtemps sans lui parler en rechignant dans votre coin. Votre silence pourrait envenimer la situation et une simple dispute se transformer en bataille rangée. Essayez plutôt de calmer doucement votre colère. Lorsque vous avez recueilli plus de douceur, allez lui parler et dites-lui par exemple : « Vous avez utilisé des mots qu’il ne fallait pas et vous avez refusé de m’écouter… Est-il juste de votre part, de me traiter de la sorte ? Pour ma part, je pense que vous méritez plus que ce que j’ai fait… ». Ces mots toucheront votre mari et soulageront vos cœurs. Il essayera alors de rattraper ses erreurs. En d’autres termes, calmez le jeu intelligemment et ne cherchez pas à vous venger de lui. Votre mari sera de bonne humeur, attentif et sa conduite restera exemplaire.

Le Prophète Muhammad (PBDLF) a dit : « Lorsque deux personnes musulmanes sont en colère pendant plus de trois jours, ils sortiront de l’Islam et la Vélayat ne restera pas entre eux. Et celui d’entre eux qui demandera le pardon à l’autre, partira très vite au Paradis le jour du Jugement ».(4)

 

Notes :
1- Journal Etilaat 28 Mehr 1348.

2- Journal Etilaat 8 Azar 1350.

3- Journal Etilaat 17 Esfand 1348.

4- Biharou-Anwar 75/186.

 

Schlüsselwörter: