Qu’est-ce que la prière ? Pourquoi les jeunes n’accordent pas beaucoup d’intérêt à l’accomplissement de la prière ?

Résumé de la réponse

La prière est le sommet du progrès accompli par tout pèlerin de la voie divine. Elle permet au fidèle de parler à son Dieu sans intermédiaire. Le Tout Puissant nous dit dans le saint Coran : « C’est Moi Dieu ; nul n’est dieu que Moi. Adore-Moi. Accomplis la prière pour te souvenir de Moi ». Ou encore : « Et Il guide vers Lui ceux qui se repentent, ceux qui ont cru et dont le cœur se rassurent en se rappelant Dieu. Remarquez, les cœurs se rassurent en se rappelant Dieu ». Et également : « Certes l’homme a été créé avide et impatient, quand le mal l’atteint, il perd patience ; quand le bien l’atteint, il est orgueilleux et avare ; sauf ceux qui accomplissent la prière, qui sont assidus à leur prière ».

La prière est une sorte d’expression de profession de foi qui purifie l’homme. Il est clairement, entendu que si nous ne ressentons pas de l’accomplissement de la prière, une purification et une splendeur nous devrons alors admettre que ne n’avons pas accompli une vraie prière. Il se peut très bien que la prière soit formellement correcte dans ses protocoles, sans toutefois, avoir un effet de rapprochement avec Dieu Tout Puissant. Car une prière pleinement accomplie est celle qui purifie le corps mais surtout l’âme du fidèle. L’homme serait en mesure de maîtriser son cœur au moment de l’accomplissement de la prière, s’il arrivait, en même temps, à se concentrer parfaitement  sur la prière. La prière est comme la rencontre avec sa bien-aimée. C’est la présence du fidèle à la Cour du Tout Puissant. C’est le moment de parler avec son Dieu et faire des invocations avec le Créateur unique. On se présente devant Lui avec enthousiasme en prononçant « Allah-o-Akbar » (Dieu est Grand) pour ouvrir la prière. Et on termine l’accomplissement de la prière, en pleine joie et liesse, dans l’espoir de renouer ce rendez-vous avec le Tout Puissant. Comment peut-on apprécier la prière à sa juste valeur, si l’on ne connaissait pas Dieu et si l’on ne Le chérissait pas ou si l’on ne pensait pas à Lui ?

Réponse détaillée

O printemps de l’âme, ô l’âme du printemps ! 

Rafraîchis notre âme de la nuée de clémence !

Ne nous refuse pas la traversée du succès !

Ne refuse pas au cœur Ta quiétude !

Ne m’inflige pas la douleur de Ta séparation !

Fais de moi tu ce que Tu voudras !

C’est de Toi que le jardin des fervents est vert !

Ne nous refuse pas Ta clémence !(1)

      O Seigneur ! Qui sera celui, qui, s’abreuvant à la coupe de Ta mansuétude, pourra-t-il s’incliner devant autre que Toi ?! Lequel narcisse, se baignant dans Ta source inépuisable, pourra regarder autrui que Toi ? O Clément ! Lequel nénuphar s’est infléchi la tête devant Ta ferveur, a vécu l’attrait de Ton immensité, et pourra-t-il s’enfuir alors à l’étang ? O Bien-aimé ! Lequel homme a posé le front à la poussière de Ta cour, a goûté à la douce saveur de Ta clémence, et pourra-t-il aimer autre que Toi ? (2)

Les deux montures des itinérants de sagesse et des hommes de cœur – Boraq les conduisant sur la voie de l’initiation et Rafarf  les menant à l’ascension – ne sont que les prières rituelles, le namaz. A chaque itinérant qui a opté pour le cheminement de la voie spirituelle vers Dieu Tout Puissant, une prière qui lui est propre et qui lui en profite à l’aune de son rang. (3) Lorsque le saint Coran évoque la prière, il affirme : « C’est Moi Dieu ; nul n’est dieu que Moi. Adore-Moi. Accomplis la prière pour te souvenir de Moi ». (4)Ou encore : « Et Il guide vers Lui ceux qui se repentent, ceux qui ont cru et dont le cœur se rassurent en se rappelant Dieu. Remarquez, les cœurs se rassurent en se rappelant Dieu ». (5) Par conséquent, le fidèle qui accomplit ses prières quotidiennes, est rassuré. Il ne craint jamais autre que Dieu. Il ne craint plus aucun ennemi qu’il soit de l’intérieur ou de l’extérieur, car, ceux qui accomplissent la prière se souviennent toujours du Tout Puissant et ce souvenir assure et garantit la patience et le calme. Dans la sainte sourate «  Les voies d’ascension » du noble Coran, le Tout Puissant dit au sujet de la philosophie de la prière que la nature de l’homme c’est d’être impatient et que si jamais un bien l’atteint, il cherchera à être monopoliste et ne pas le distribuer avec l’autrui. La nature originelle de l’homme tend vers l’unicité et sa nature secondaire tend vers la corruption et la souillure. Ce sont les prophètes qui redonnent vie à la nature originelle et la nature secondaire n’est autre que corruption. Le noble Coran dit : « Certes l’homme a été créé avide et impatient, quand le mal l’atteint, il perd patience ; quand le bien l’atteint, il est orgueilleux et avare ; sauf ceux qui accomplissent la prière, qui sont assidus à leur prière ». (6) Ceux qui accomplissent leurs prières répriment leur nature secondaire et relancent leur nature originelle. La qualité de la prière c’est justement qu’elle redonne vie à la nature originelle. Celui accomplit sa prière est une personne qui domptent sa nature secondaire. Fort du capital calme que la prière lui a octroyé, il ne perd pas sa foi et son courage face à la vie ainsi que ses hauts et ses bas. Il ne perd pas l’espoir face aux difficultés. Si un bien l’atteint, il ne l’interdira pas autres, il le partagera avec ses semblables. (7) L’Imam Bagher (béni soit-il) raconte que le noble messager de Dieu, le vénéré Mohammad (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) a affirmé que : «  Lorsqu’un fidèle accomplit sa prière, Dieu le regarde jusqu’à la fin de sa prière et durant ce moment, depuis sa tête jusqu’aux horizons du ciel, il bénéficie de la clémence divine. Il est entouré par les Anges. Dieu charge un ange de lui dire que si tu savais qui te regardais en ce moment et qui tu invoquais, tu ne ferais plus jamais attention à qui que ce soit d’autre et que n’abandonnerais jamais ta place ». (8) Là où, selon le texte formel divin, (9) la beauté apparente d’un Joseph a envoûté les femmes, que fera donc Sa beauté absolue, de laquelle toute beauté est la manifestation, surtout aux mystiques qui se sont oubliés dans la prière et l’invocation. (10)

 O Seigneur ! Que la coupe du nectar de la ferveur ne se vide pas !

Verse-nous du nectar de l’initiation !

Quand nous prononçons Ta grandeur suprême

ne tolère pas la séparation !

O notre Seigneur le Très-haut, enivre notre clairvoyance

au moment de l’inclination !

Au moment de la prosternation, fait du zénith notre place !

Au moment de l’invocation, qu’il ne reste de nous-même pas un atome !

Récite de nos lèvres notre message, entends notre message !

Enfonce-nous dans l’océan de la contemplation !

Emancipe-nous de nous au moment de salutations ! (11)

 Le Prince des martyrs, l’Imam Hossein (béni soit-il) s’est adressé en ces termes au vénéré Abulfazl el-Abbas (béni soit-il) le soir de Tassoua : «  Dis à ces gens que c’est la nuit de l’Achoura, qu’il m’accorde un peu de temps, car Dieu, le Tout Miséricordieux sait à quel point je chéris la prière ». (12)

Il est, certes, vrai qu’il existe une énorme différence entre celui qui affirme faire la prière et cette phrase de l’Imam Hossein (bénit soit-il) qui affirme aime et chérir la prière. Les enfants de l’Imam Sajjad (béni soit-il) avaient pour habitude de commencer à jouer lorsque leur père se mettait à la prière. Ils disaient que lorsque leur père commence la prière, il ne fait plus attention à ce que nous faisons et nous sommes libres de faire ce que nous voulons. (13) Un jour, tout près de leur maison, un incendie a eu lieu juste au moment où l’Imam (béni soit-il) faisait sa prière. Après avoir éteint le feu, les gens sont venus rapporté l’incident à l’Imam. « Il y avait beaucoup de bruits et de vacarme, vous n’avez rien entendu » ont-ils dit à l’Imam qui leur a dit non rien du tout puisque j’étais en train d’éteindre un autre feu, celui du Tout Puissant. (14) C’est vrai quand on parle de la prière, on parle de la présence du cœur et l’intégration totale du fidèle dans l’acte de la prière pour invoquer son Créateur et constater le Juste. Mais, celui qui initie, doit faire beaucoup de sacrifices et doit énormément souffrir dans cette voie. Car si l’on ne se donnait pas entièrement le cœur à la prière, l’on ne reconnaîtrait jamais, ses secrets.

Ceci dit, les grands de ce monde et les Oulémas ont résumé les secrets de la prière en 6 points :

1-     la présence du cœur et de l’esprit : autrement dit, pendant la prière, le cœur ne doit appartenir à Dieu tout Puissant.

2-     La compréhension de la signification de la lecture, l’invocation ainsi que la proclamation de gloire et la louange de Dieu, à tel point que la compréhension du cœur  soit conforme à celle du corps et de la langue.

3-     La prosternation et se souvenir dans cet état du Créateur et du Principe Premier (Dieu Tout Puissant).

4-     La crainte de la Majesté divine, à savoir la Grandeur de Tout Puissant, lors de la prière.

5-     L’espoir à la générosité divine, à la noblesse de Dieu en tant que le plus Généreux des généreux qui nous fera bénéficier de sa pleine Générosité et qui nous pardonneras nos péchés.

6-     La vergogne. C'est-à-dire nous considérer, nous-mêmes et nos prières, plus petits que ce que mérite vraiment la Cour divine. Accomplir nos prières avec vergogne et en nous considérant comme esclave et sincères serviteurs de Dieu. (15)

C’est ainsi que je suis, les mains vides, le cœur comblé !

Ma main est vide de provision de la voie éternelle !

Grâce à Toi, j’ai le cœur empli de l’espoir !

Inonde mon âme de la lumière !

Réanime mon cœur par Ta présence !

Fais de mon cœur le dépôt des secrets

Réveille-moi de la torpeur de l’ignorance ! (16)

         Cher ami ! Une fois arrivé au summum de son trajet, l’itinérant s’adresse directement à son Seigneur et Maître pour répéter à chaque office la phrase bénie : C’est Toi que nous servons et c’est de Toi que nous recherchons l’aide.

O Seigneur ! Comment insérer le moyen censé Te comprendre dans les dimensions infimes de notre raison ? Et laquelle source alimentera notre intellect, tout au long du chemin menant au summum de Ta splendeur ? O Seigneur ! Place nous parmi ceux qui ont la poitrine verdoyante de la ferveur ancrée profondément dans leur âme, ceux dont le cœur se consume dans les flammes de Ton amour, ceux dont les pensées prennent leur envol dans le parfum exquis émanant de Ta beauté, ceux qui se recueillent dans le paysage de Ta contemplation pour pouvoir s’approcher au seuil de Ta cour, ceux que Tu abreuve de Ta source de ferveur par des coupes de Ta mansuétude, ceux qui ont préféré se blottir près du mur de Ta cour, ceux qui étanchent leur soif par la pluie de Ta miséricorde, ceux qui se drapent de la brise de Ta clémence. (17)

L’Imam Sajjad (béni soit-il) a déclaré : « Seigneur fait moi goûter la douceur de ton souvenir ». (18)Etant donné que nous n’avons pas goûté de cette douceur, la prière nous parait comme un acte routinier et ordinaire. Si nous faisons la prière sans sentir sa splendeur, c’est parce que nous n’accomplissons pas la prière en ayant tout à fait conscience de ses secrets et de ses profondeurs mystiques. (19)Le Prince des croyants, l’Imam Ali (béni soit-il) raconte dans son livre « la voix de l’éloquence » que le noble messager de Dieu, le vénéré Mohammad (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) a affirmé que : « Je suis étonné de voir que celui qui possède chez lui une fontaine et qui s’y baigne 5 fois par jour, est encore sale. Car, la prière ressemble à une fontaine claire dans laquelle le fidèle s’y baigne cinq fois par jours en accomplissant ces cinq prières quotidiennes». (20)

La prière est une sorte d’expression de profession de foi qui purifie l’homme. Il est clairement, entendu que si nous ne ressentons pas de l’accomplissement de la prière, une purification et une splendeur nous devrons alors admettre que ne n’avons pas accompli une vraie prière. Il se peut très bien que la prière soit formellement correcte dans ses protocoles, sans toutefois, avoir un effet de rapprochement avec Dieu Tout Puissant. Car une prière pleinement accomplie est celle qui purifie le corps mais surtout l’âme du fidèle. (21)

 Quel dommage de servir quiconque sauf le Seigneur ! Dommage !

La vie sans la nostalgie de Lui ne vaut pas la peine !

Ne baisse le front qu’au seuil de Sa cour élevée !

C’est dommage de s’humilier devant autre que Lui ! Dommage !

Voue-toi corps et âme au sanctuaire du Seigneur !

Ici-bas, rien que servir Lui ! Tout autre serait dommage ! Dommage ! (22)

Cher ami ! Dépouille-toi de ton corps et confie ton cœur à ton Maître et Seigneur, pour qu’Il soit ton nom et ton ami, que Son message t’apporte la quiétude, puisque le cœur de l’amoureux se contente d’un message ; c’est la vérité de la contemplation qu’il n’y a pas de voile entre le cœur et le Bien-aimé. Fais de sorte que dans tout état, ton cœur soit toujours avec l’Ami, et non pas dans les allées et sur le marché, surtout au moment de la prière puisque le croyant invoque son Seigneur, lui ouvre son cœur et se réfugie en Lui. (23)

En résumé, La prière est comme la rencontre avec sa Bien-aimée. C’est la présence du fidèle à la Cour du Tout Puissant. C’est le moment de parler avec son Dieu et faire des invocations avec le Créateur unique. C’est la fin de l’ignorance. A ce moment-là, on profite de l’occasion pour exprimer ce dont on a besoin. C’est le moment de louer le Bien Aimé (Dieu) et d’exprimer son impuissance face à Lui. C’est le moment de voir le Tout Puissant dans toute sa Grandeur et de se prosterner devant Lui et de faire son invocation. Car on n’est pas aller à sa Cour sans y être inviter et sans y respecter la forme et le protocole. On s’y approche et on murmure sa doléance. On prononce le nom de ses meilleurs serviteurs, en particulier celui de son serviteur élu. C’est avec chagrin qu’on Lui dit au revoir, à la fin du rendez-vous non sans être enthousiaste du prochain tout en répétant son nom pleine de beauté, tout en étant ivre de L’avoir rencontré et tout en vivant avec Son souvenir, dans le cœur et dans le corps.

Or, si l’on ne L’aimait pas, si l’on ne connaissait pas Ses qualités, Sa beauté, si l’on ne prêtait pas attention à Son invitation, si l’on n’ouvrait pas son cœur à Lui, si l’on n’a pas la force penser à Lui en raison de la labeur quotidienne, de la maladie ou de la distraction des choses d’ici-bas, comment pourrai-on aspirer à L’approcher, à Le rencontrer, à Le chérir et à Le craindre?

Il faut noter que l’éducation des jeunes se fait au sein du foyer familial qui est parfois un jardin sentant le parfum des fleurs et parfois un endroit plein de chagrin. Cela dépend de la personne et de l’environnement dans lequel elle vit. Il n’est pas vrai que tous les jeunes et adolescents ignorent la prière et fuient le rendez-vous avec le Créateur. Les centres religieux et les mosquées sont témoins des rangs serrés de jeunes qui s’impatientent pour accomplir leur prière.       

Notes:

1-Feyz Kashani, Mollah Hassan, Recueil des poèmes.

2-Shojaï, Seyyed Mahdi, “les mains pour la prière, les yeux pour l’espoir’’ les invocations « khamsa ashar », 9ème invocation, p.81.

3-L’Imam Seyyed Rouhallah Khomeiny (que sa demeure soit au paradis) ; les secrets de la prière, p.5 ; Institut de la publication et de la diffusion des œuvres de l’Imam Khomeiny.  

4-La sainte sourate Ta Ha, 14.

5-La sainte sourate le tonnerre 28

6-La sainte sourate les voies de l’ascension, 19 à 23.  

7-Abdallah Javadi Amoli, la philosophie de la prière ; p.95.

8- Men La Yahdharo al-Faghih ‘ vol.I, p.210, hadith 636.

9-La sainte sourate Joseph, 9.

10-Sabzevari, Mollah Hadi, ‘Asrar al-hakam’, p.528.

11-Feyz Kashani, Mollah Hassan, Recueil des poèmes.

12-‘Maghtal al-Hossein, Moghrem, p.232.

13-« Anwar al-Bahiyah », p.49.

14-Bahar al-Anwar vol.46, p.78.

15-Ali Meghdadi Esfahani, le signe des ceux qui n’ont pas de signe, vol.I, p.325.

16-Attar Nichabouri.

17- Shojaï, Seyyed Mahdi, 12ème invocation.

18-Mafath al-Jenan, invocations.

19-Abdallah Javadi Amoli, la philosophie de la prière ; p.105.  

20-La voie de l’éloquence, le sermon 199.

21-Abdallah Javadi Amoli, la philosophie de la prière ; p.115 et 116.

22-Feyz Kashani, Mollah Hassan, Recueil des poèmes.

23-Hassan Hassanzadeh Amoli, « le fouet de la voie spirituelle », p.12.

 

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