CRITERES OBJECTIFS APPLIQUES A LA DISCUSSION DES HADITHS SUR L’IMAM AL-MAHDI

Sayyid Thamir H.H. AL-AMIDI

Introduction

     Ce qui m’amena, entre  autre, à rédiger cette étude fut l’irrespect affiché par certaines plumes inexpérimentées  envers des vérités islamiques fixes relatives au hadith. En effet, nous avions été submergés, en un laps de temps très court, par des écrits dénués des critères scientifiques les plus simples pour une étude critique des hadiths, d’autant plus qu’ils élevaient des barrières pour tout rapprochement entre les différents points de vue qui s’expriment sur la scène musulmane.

    Le danger de tels écrits réside dans le fait qu’ils sont dépourvus de tous critères scientifiques pour se livrer à une critique quelconque,  ne représentant qu’une culture dictée, continuellement soumise au désespoir et à la frustration.  De plus, ils sont dénués de toutes les bases et les règles scientifiques pour une étude de la science du hadith, qui a déjà imposé ses propres règles. Dans cette affaire, la critique du hadith ne peut être  une question relative qui varie en fonction des différentes cultures. La Sunna elle-même a défini certaines règles générales qui peuvent être utilisées pour réfuter les erreurs.

         Le vénérable  prophète(s a w) nous a enseigné les comportements les plus nobles, sinon personne ne l’aurait suivi, il a pourtant affronté la pensée inique de la jahiliya par l’adoption d’un comportement des plus nobles. La communauté qui réussit à affronter l’erreur en suivant  son chemin et en fondant la base d’une civilisation aussi vaste que puissante, en est également capable.

    Cependant, notre communauté a perdu la réelle confrontation avec l’erreur et s’est  repliée sur une jahiliya d’une autre sorte, consacrée par son éloignement du saint Coran et de la sunna purifiée. Quel est grand, aujourd’hui, notre besoin d’engager un dialogue franc, une critique constructive  et un retour rapide vers le Coran et la sunna. De même, nous  avons grandement besoin  de connaître notre patrimoine du hadiths , et en cela, il n’y a aucune différence entre les ouvrages de hadiths shiites ou sunnites, ils font tous partie de notre patrimoine, ainsi que les moyens de développer les aptitudes et les capacités scientifiques pour servir ce patrimoine et mener une critique ouverte aux autres basées  sur un comportement fidèle aux principes  de l’Islam,  tout ayant à l’esprit que le changement  souhaité  vers le meilleur ne peut être obtenu par une  critique  injuste qui ne cherche qu’à écraser  l’adversaire .

     Une  telle critique d’ailleurs ne peut être menée que par des gens dépourvus de connaissances et à l’esprit étroit, ne pouvant distinguer entre  les questions fixes et celles qui peuvent être mises en doute. Ce faisant, ils ne comblent aucun vide mais contribuent à en  creuser,  au contraire, puisqu’ils appuient un genre critique qui ne voit que le cadre d’une image ou que le nom d’un personnage. Une autre variante de ce genre de critique consiste à ridiculiser l’adversaire, sinon à l’insulter.

    Cette façon  de mener la critique représente une menace, tout en étant éloignée de toute objectivité scientifique, car elle prouve avec ignorance l’autre partie qui, se sentant constamment menacée et défiée, pourrait recourir au même langage. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de retourner à la source limpide de l’Islam en cernant les contours de cette culture déviée qui agit dans le corps de la communauté comme une cellule cancéreuse.  

     Comment ne pas la jurer ainsi puisque son but déclaré consiste à mettre en doute des données stables et fixes de la religion sur lesquelles elle est en désaccord. Parmi ces données stables et fixes  se trouve la question de la croyance en l’apparition de l’Imam al Mahdi (a s) à la fin des temps.

  Cette question fut en effet, critiquée par des gens dépourvus  de critères objectifs  pour mener une critique du hadith et influencés  par les études orientalistes, telles que celles de Goldziher pour qui la question de l’Imam al Mahdi n’est qu’un mythe et une supercherie.

   Ainsi  ils ont poignardé l’Islam, sans tenir compte que ce qu’ils nomment  mythe a étendu sa présence dans tout le patrimoine musulman et s’est  retrouvé à toutes les époques, ralliant les cœurs et la foi de toutes les générations.

    Peut-on prétendre que ce soit un mythe alors que l’unanimité a admis  l’authenticité du récit ?   Pourtant, nous ne connaissons aucune nation dont l’histoire a été créée par un mythe, d’autant plus qu’il s’agit ici de la communauté de Muhammad (s a w), qui fut des plus avancées, au dire même  des Orientalistes, et où le rôle du Coran et de la Sunna fut d’élever les  esprits et de combattre les innovations, les mythes et les fables qui dominaient la société anté-islamique.

    C’est à parti de ces réflexions et pour amorcer le débat qu’est née cette étude, une modeste contribution ouverte à la critique constructive, qui éclaire et développe dans le but d’une compréhension commune du patrimoine musulman, et qui barre la route à toute remise en cause de l’une des questions les plus importantes de l’Islam, celle de l’apparition de l’Imam al Mahdi(a s) à la fin des temps, à partir des récits de la sunna du prophètes ( s a w ).

1-      Fréquence des hadiths relatifs à l’Imam al-Mahdi ( as )

Il fut notoirement connu, pour tous les Musulmans, et à toutes les époques, qu’à la fin des temps, un homme des Ahlul-Bayt viendra nécessairement pour confirmer la religion, instaurer la justice et répandre l’Islam sur toute la terre et cet homme a reçu  l’appellation de l’Imam al Mahdi.

    Ibn Khaldun (m.808 H.) discuta la question en mettant en doute la véracité de la plupart des hadiths qui s’y rapportent. Mais de nombreux savants ont reconnu la fréquence et la véracité des hadiths se rapportant à l’Imam  al Mahdi (a s), même  s’ils n’ont pas reconnu leur large diffusion. Ils se sont appuyés sur un grand nombre de compagnons et parmi ces savants :

  Ibn Sad’(m.230 H.) , Ibn Abi Shayba (m.235 H.), l’Imam Ahmad b. Hanbal(m.241 H ), Abu Bakr al-Iskafi(m.260H.) Ibn Maja(m.273H), Abu Dawud (m.275H.), At Tirmidhi (m.279 H) At-Tabari(m.310H) Al-Maqdisi (m. 355 H) At-Tabarani(m.360H) Al-Bayhaqi(m.458H) Ibn Asakir(m571H), Ibn al-jawzi(m.597H) Sabt Ibn al-jawzi (m.654H) , Ibn Abi  Hadid (m. 655H) Al-Qortobi(m.671H) Ibn Khalliqan (m.681) Ibn Taymiyya (m.728H) ,Adh-Dhabi(m.748H) Ibn Qayyim al-jawziyya (m.751H), et d’autres.

      Ces savants ont vécu avant l’époque d’Ibn khaldun qui, lui a examiné les hadiths relatifs à al Mahdi et a mis en doute la véracité de la plupart d’entre eux bien qu’il n’en ait étudié qu’une faible partie. En réalité, très peu de savants, antérieurs et postérieurs à Ibn Khaldun, sont du même avis, mis à part les orientalistes.

            Nous citerons à présent les sources, les compagnons, sur lesquels les savants musulmans se sont appuyés  pour rapporter leurs hadiths : Fatima az-zahra fille du messager d’Allah ( s a w ) (m.11H), Mu’adh b. jabal(m.18 H.) Qutada b. an-Nu’man(m. 23H ), Umar b. al-khattab(m.23 H.) Abu D harr al-Ghufari(m.32 H), AL-Abbas b. Abd al-Muttalib (m. 32 H ), Uthman b. Affan (m. 35 H) , Salman al-Farisi (m. 36 H), Talha b. Abdallah (m.36 H.) Ammar b. Yasir (m.37H), al-Imam Ali(a.s) (m.40H), Zayd b. Thabit (m.45H), Hafsa bint Umar b. al-Khattab (m. 45 H), al-Imam al-Hassan(a.s) (m.50 H), A’isha bint Abu Bakr (m.58 H), Abu  Hurayra(m.59 H), al-Imam al-Hussayn(a.s) (m.61H), Umm salma(m.62 H), Abdullah b. Umar b.al-Khattab (m.65 H), Abdallah b. Abbas(m.68 H), Zayd b. Arqam(m.68 H) Abu Sa’id al-Khudari(m.74 H),et d’autres.    

   Nous pouvons examiner, à  présent, comment un hadith rapporté par un compagnon parvient à des traditionnistes afin de comprendre les différentes voies de transmission.

     Prenons par exemple le hadith d’Abi Sa’id al-khudari . Il fut rapporté par  trois personnes :Abi Nadhra, Abi Saddiq an-Naji et al-Hassan b. Yazid as-Sa’di. Le hadith transmis par Abi Nadhra fut rapporté par Abu Dawud, al-Hakim d’après le récit de Umran al-Qattan. Muuslim le rapporta dans son Sahih d’après le récit de Sa’id b. Zayd et le récit de Dawud b. Abi Hind, sans qu’il soit cité texto. Le hadith transmis par Abi Siddiq an-Naji fut rapporté par Abdul Razzaq,  al-Hakim qui l’a pris de Mu’ â wiyya b. Qarra. Il fut également rapporté par Ahmad , At-Tirmidhi, Ibn M â ja et al-Hakim d’après le récit de Zayd al-Ammi. Ahmad, et al-Hakim l’ont rapporté d’après le récit de Awaf b. Abi jumayla, al-Hakim l’a également rapporté d’après le récit de Sulaym â n b. Ubayd, et Ahmad et Al-Hakim l’ont repris du récit de Matar b. Tahm â n et AbiHarun al-Abdi, Ahmad l’a rapporté d’après le récit de Matar b. Tahm ân, ainsi que des récits de al-Alâ’b. Bushayr al-Mazni et de Matraf.

     Quant au récit transmis par al-Hassan b. Yazid, il fut rapporté par at-Tabarani dans al-Awsat d’après le récit d’Abi Wasil Abd b. Humayd qui l'avait pris de Abi Saddiq an-Naji.

   Ainsi, si nous étudions l’ensemble des chaînes de transmission à partir de tous les compagnons qui ont rapporté les hadiths sur l’Imam al Mahdi, nous pouvons réaliser qu’il ne peut y avoir de doute là-dessus.

    Quant aux Shiites imâmites, la croyance en l’apparition de l’Imam al Mahdi (as) est un des  fondements  de leur doctrine et toute question doctrinaire doit nécessairement s’appuyer sur la véracité des hadiths. Ainsi, leurs savants font remonter les hadiths  d’al Mahdi ( a s ) au prophète (s a w) lui-m ê me, à sa noble famille et à ses prestigieux compagnons.

     Les savants sunnites ont jugé, pour la plupart, de la véracité des hadiths rapportés comme nous l’indiquons ci-après :

      At-Tirmidhi ses Sunan (vol. 4 pp. 505-506, h  2230 et 2233), Al-Uqayli dans Ad-Du’afa’  al-Kabir (vol. 3, p 253, h.1257) Al-Qurtubi dans At-Tadhkira(p.701), Al-Hakim dans al-Mustadrak (vol.4 pp.429-558), Al-Bayhaqi dans al-l’tiqad (p.127), Ibn al-Athir dans Nihaya(vol.1,p.290,vol.2,p.172, 325 et 386 ,vol.4, p. 33 et vol.5 p.254), Ibn Mandhur dans Lisan al-arab(mot hadiya) Ibn Taymiyya dans Minhaya as-sunna(vol.4,p.211) , Ibn al-Qayyim dans al-Munif(p.130-133, h 326-331), Ibn Khaldun qui a reconnu l’authenticité de certains at-Tarikh(vol. 1, 564-568, chap. 52) Ibn Hajar al-Asqalani dans Tadhib at-Tahdib(vol. 9,p. 125n° 201 , As-suyuti dans Al-jami as-saghir(vol.2.p.672 h. 9241-9245) pour les plus anciens.

        Ayant établi ces points, nous posons la question : quelle est la cause des divergences ou m ê me des avis contradictoires concernant ces hadiths, laissant croire qu’il s’agit des mythes ?

      Ces divergences sont-elles réelles et définitives ? Selon quels critères pouvons-nous juger de la justice des prétentions des uns et des autres ? Pour y répondre, nous devons, préalable, examiner les hadiths eux-m ê mes, distinguer les différents thèmes qu’ils abordent, étudier  les divergences  relative à chaque thème et essayer de déterminer ce qui fut inventé, altéré ou authentifié.

    II -Récit  relatifs à la lignée de l’Imam al Mahdi ( as )

      Les récits se rapportant à la lignée de l’Imam al Mahdi (a s) présentent certaines divergences superficielles susceptibles d’être  surmontées tant que les éléments se complètent les uns les autres et confirment les hadiths authentiques qui énoncent qu’il est l’un des fils de l’Imam al-Hussayn( a s ).

    Les hadiths relatifs à la lignée de l’Imam al Mahdi se limitent, dans l’ensemble, à proclamer qu’il est Quraychite, Hashimite, Alawite, Hussaynite et d’autres précisions qui n’infirment en rien ces généralités.

   Certains affirment qu’il est Quraychite, d’autres qu’il est de Bani Hachim, d’autres encore qu’il fait partie des enfants de Abdul Muttalib. En cela, nulle divergence entre eux.

     Des hadiths affirment qu’il est un fils d’Abu  Talib, d’autres un fils d’al-Abbas. La divergence apparente entre les deux groupes de hadiths peut être levées si l’on se réfère au fait que la mère d’al Mahdi était de Banu Abbas et son père de Banu Talib. Mais nous démontrerons qu’en réalité, tous les hadiths remonter sa lignée à Banu al-Abbas sont faibles ou ajoutés.

    Des hadiths affirment qu’il fait partie de Al Muhammad (s a w), d’autres qu’il est membre de ses Ahlul-Bayt, ou de sa itral. Ces hadiths ne présentent aucune contradiction puisque Al, Ahl et itrat, d’après les ouvrages linguistiques, porte la m ê me signification.

     D’autre part, il ne fait aucun doute que Ali, le commandant des croyants, fait partie des Ahlul-Bayt comme cela est confirmé par le hadith d’al-Kasa reconnu par l’unanimité : O mon Dieu, ceux-là  sont mes Ahlul Bayt ; le vénérable prophète a donc spécifié la lignée d’al-Mahdi , ce qu’affirment de nombreux hadiths. Les uns font remonter sa lignée à Ali ( as ). Etant donné que l’Imam Ali ( a s ) eut d’autres  fils qu’Al-Hassan et al-Hussayn après le décès de Fatima az-Zahra , des hadiths spécifièrent que l’Imam al-Mahdi fait partie de la lignée de Fatima Zahra . Tous ces hadiths peuvent ê tre regrouper dans un seul, rapporté par Qutada qui dit : j’ai demandé à Sa’id  b. al-Musayyab : Al-Mahdi,  est-il une vérité ? Il répondit : Oui. Je demandai : Qui est ce ? Il répondit : De Quraysh ; je demandai : de quel Quraysh ? Il répondit : de bani hashim. Je demandai : de quel Bani Hashim ? Il répondit De Bani Abdul Muttalib. Je demandai de quel  Bani ‘AbdulMuttalib ? Il répondit des fils de Fatima .

    Ce hadith est rapporté, entre autres, par Ibnul Munadi, d’après Sa’id  b. al-Musayyab qui le cite d’après le prophète (s a w).

    Le hadith al-Mahdi est une vérité, il est un des fils de Fatima fut consigné dans quatre-vingt-quatre sources utilisés par les deux parties. Les sources sunnites seules sont de cinquante-six.

  Quatre des savants sunnites ayant rapporté ce hadith  ont clairement indiqué qu’il se trouvait dans sahih Muslim : Ibn Hajar al-haytami (m.974 H) dans As-Sawaq al-muhiriqa (chap.11, 163), al-Muttaqi al-Hindi (m.975 H) dans kanz al-Ummal (14-269,h 38662), Sheikh Muhammad b. Ali as-Sabban (m.1206H ) dans Is’af ar-Raghibin (p.145) et sheikh Hasan al-Adawi al-Hamzawi al-Maliki(m.1303 H) dans Mashariq al-anwar (p.112) Hélas , je n’ai pu trouver ce hadith dans trois éditions différentes de Sahih Muslim.

     Nous pouvons cependant noter certains noms de ceux qui ont approuvé l’authenticité de ce hadith : Al-Baghawi dans Masabih as-sunna (chap. al-hisan) repris par Al-Qurtubi dans At-Tadhkira (701), à partir de al-Hakim an-Nisaburi, ainsi qu’as-Suyuti dans Al-Hawi lil-fatawa (2 :85) et al-jami as-Saghir (2 : 672,n° 9241).

           Ibn Hajar al-Haythami s’est, en outre, appuyé dessus dans son argumentation (p.162,165, et 166) . Certains savants ont reconnu sa fréquence, tel al-Barazanji qui déclare dans al-Isha’a : les hadiths se rapportant à l’existence (wujud) d’al-Mahdi et son apparition à la fin des temps, qu’il fait partie de la itrat du messager d’Allah (s a w) et des fils de Fatima a atteint un certain degré de fréquence.

         Il est donc reconnu, chez les Shi’ites Imamites et les Sunnites, que l’Imam  al-Mahdi (a s) fait partie de la descendance de Fatima az-Zahra (a.s).

III - Les hadiths affirmant qu’al-Mahdi fait de la descendance d’al-Abbas, oncle du prophète

       Un certain nombre de récits tirés des ouvrages de hadiths utilisés par les Sunnites font état qu’al-Mahdi serait de la descendance d’al-Abbas, oncle du prophète (s a w). Nous essayerons de démontrer  que ces hadiths  ne sont pas nécessairement contradictoires avec la première conclusion que nous avons exprimée plus haut.

       Cependant, il convient de noter qu’il ne faut pas s’appuyer sur ces récits pour rejeter d’autres récits authentiques sous prétexte qu’ils sont contradictoires et en accusant de mensonges les autres partes. En  fait, ce qui peut être contradictoire doit être de la m ê me importance et ne pas jouir du seul fait d’être authentique. Un récit peut être rapporté de façon correcte mais les indices extérieurs peuvent démontrer son irrecevabilité. De m ê me un récit peut être rapporté par une ou deux chaînes et un autre contradictoire par des dizaines d’autres chaînes. On ne pourra les considérer contradictoires du seul fait de la confiance des traditionnistes.

       Nous démontrerons que les hadiths faisant remonter l’Imam al-Mahdi à la lignée d’al-Abbasb. Abdul Muttalib ne peuvent prétendre à un niveau égal aux hadiths qui affirment qu’il est de la descendance de Fatima (a s).

1-      Le récit des étendards noirs

   Ahmad rapporte dans son Musnad la parole du prophète (s a w) : si vous voyez les étendards noirs venant de khurasan, accourez-y, m ê me si vous devez ramper sur la neige, car le Calife d’Allah, al-Mahdi, s’y trouve, à partir de waki, sharik et Ali b. zayd.

        Ce hadith fut également rapporté, avec de légères variantes, par al-Balkhi et Ibn Maja.

           Mais nous pensons que rien dans ce hadith n’indique que le khalifatu-llah al-Mahdi soit le fils de Abbas, ou plus précisément al-Mahdi  abbaside, ni que les étendards noirs soient ceux de Bani Abbas en particulier.  En  fait, le calife abbasside al-Mahdi n’apparut pas à la fin des temps, il ne tua pas l’imposteur, le christ ne l’aida pas à le tuer et aucun signe n’apparut pour confirmer cette interprétation. D’autre part, le calife al-Mahdi gouverna entre 158 et 169 de l’hégire, date à laquelle il mourut, preuve qu’il ne peut être al-Mahdi de la fin des temps.

        Par ailleurs, ce hadith de Ahmad fut mis en doute par Ibn al-Qayyim dans Al-Manar al-munif à cause de Ali b. Zayd qui, selon lui, n’est pas un rapporteur  de confiance.

2-      Le récit sur la fixation des étendards noirs à Iliya

       Ce hadith fut rapporté par Tirmidhi à partir d’abu Hurayra qui disait : le messager d’Allah (s a w) a dit : « des étendards noirs surgiront de khurasan, rien ne les arrêtera  jusqu'à ce qu’ils soient plantées à Ilaya. Nous pouvons avancer les m ê mes arguments que précédemment pour réfuter ce hadith.

       Ibn Kathir dit, à propos de ce hadith : Il est étrange, et ces étendards noirs ne sont pas ceux que portaient Abu Muslim al-Khurasari qui mit fin à l’Etat de Banu Umayya en l’an 132, mais des étendards noirs différents qui accompagneront Al-Mahdi. Puis il ajouta : On entend par al-Mahdi, le personnage que l’on attend à la fin des temps ; l’origine de son apparition et de son retour est située à l’Est.»

     Nous pensons que les Abbassides ont profité de ce hadith qui a jeté un doute sur certains hadiths relatifs à al-Mahdi (as) et notamment celui des étendards qui est rapporté de diverses manières par les deux parties. Cependant, le fait de douter de certains transmetteurs ne signifie pas le rejet absolu du hadith sous toutes ses formes en l’accusant d’être  inventé . De même , il n’est pas interdit de penser que le fait d’adopter le noir pour couleur par les Abbassides est une façon de détourner le hadith à leur avantage.

 3-      Le récit disant qu’Al-Mahdi est de la descendance de mon oncle Al-Abbas.

           Ce hadith fut rapporté par trois personnes de la première époque : Ka’b al-Ahbar , Uthman b. Affan et Abdallah. Umar .

           Le premier ne peut servir d’argument puisque dans la chaîne de transmission se trouve un sheikh sans autre mention utile. Le hadith d’Ibn Umar n’est pas non plus valable dans ce contexte puisqu’il dit : un homme sortira de la descendance de Abbas, cet homme n’étant pas nécessairement al-Mahdi. Quant au hadith de Uthman déclare avoir entendu le prophète (s a w) dire : Al-Mahdi est de la descendance de mon oncle Al-Abbas, les savants sunnites unanimement prononcés pour le rejeter.

       As-Suyuti affirme qu’il s’agit d’un hadith faible ; et à cause de la présence de Muhammad b. al-walid dans la chaîne de transmission, ad-Dariqtani, Ibn Hajar, Adh-Dhabi refusent de le prendre en compte.

4-      Le hadith d’Umm al-Fadl

   Al-Khatib al-Baghdadi dans Tarikh Baghdad et Ibn Asakir dans Tarikh Dimashiq rapportent le récit fait par Rashid al-Hilali, à partir de Hanzala , Tawus, Ibn Abbas, Umm al-Fadl, fille d’al-Harith al-Hilaliyya, Sa’id khaytham, que le prophète ( s a w ) a dit : « Ô Abbas ! Lorsque viendra l’an 135, ce sera en ta faveur et celle de tes fils, parmi eux (se trouvent) As-Saffah, al-Mansur et al-Mahdi.

     Adh-Dahahabi réfute ce hadith à cause de la date, car le début du règne des abbassides est en l’an 132 et non 135. De plus aucune preuve n’est avancée sur le fait qu’il s’agit d’Al-Mahdi, le personnage attendu pour la fin des temps.

5-      Le hadith de Abdallah b. Al-Abbas

                      Il rapporte que le prophète (s a w ) a dit , parlant de son oncle : «  C’est mon oncle ; le père des quarante califes, celui qui a la main la plus généreuse et la plus belle de Quraysh. Parmi ses fils, as-Saffah , al-Mansur, al-Mahdi. Par moi, ô mon oncle, Allah a ouvert cette question et Il l’achèvera par un de tes fils.

        As-Suyuti qui le rapporte, le juge faible, ainsi qu’Ibn Kthir dans al-Bidaya Wan-Nihaya et Al-Bayhaqi.

         En réalité, les califes abbassides ne furent pas quarante mais trente-sept et al-Abbas  n’était pas le  plus généreux des Qurayshs, le fut celui qui fut mentionné dans le Saint Coran pour avoir dormir avec sa famille, trois jours de suite, le ventre creux afin  de satifaire leur Seigneur.

       Un autre hadith d’Ibn al-Abbas raconte que le prophète (s a w) a dit à son oncle al-Abbas :...Allah commença l’Islam par moi et l’achèvera pas un de tes fils, c’est celui qui s’avancera vers Issa b. Maryam. Adh-Dhahabi met en doute ce hadith à cause de sa  transmission par Muhammad b. Mukhlid al-Attar, et s’étonne qu’al-Khatib l’ait mentionné sans le critiquer.

    IV- Divergences des hadiths concernant le nom du père d’al-Mahdi

        La détermination du prénom du père d’al-Mahdi (a s) dans les recueils de hadiths représente une source importance de divergences qu’il nous faudrait aborder dans cette étude, et notamment parce que les négateurs de l’existence d’al-Mahdi s’appuient sur elles.

     Certains hadiths avancent que le prénom de son père est Abdallah comme celui du père du prophète (s a w) à cause du hadith : « Son nom est le mien et le prénom de son père est le même que celui de mon père ». Certains récusent cette affirmation, disant que son prénom est al-Hassan, en l’occurrence l’Imam al-Hassan al-Askari, fils de l’Imam Ali al-Hadi (a s).

 Les Shiites duodécimains ont adopté cette version, appuyés en cela par de nombreux ulémas sunnites. Quoiqu’il en soit, les deux parties croient en l’apparition d’al-Mahdi  à la fin des temps et pensent que ce genre de divergence ne peut mettre en cause ou nier ce  que le prophète (sa) lui-m ê me a affirmé. Il reste à déterminer qui est al-Mahdi à quel lignage  appartient-il,  qui est son père, quelle sont ses caractéristiques et quels sont les signes de l’apparition et quelle sera la durée de son règne. Tout ceci ne fut pas précisé par  le prophète (sa).

    Cela ne nous empêche par de lever les obstacles pour parvenir à des points de vue communs car dans la division des Musulmans réside leur soumission et dans leur unité, leur grandeur et leur force.

    C’est cela qu’une discussion menée sainement, dans un esprit fraternel, éloignée de tout chauvinisme peut nous aider à surmonter ces obstacles et la discussion à propos du père  d’al-Mahdi rentre dans ce cadre. Plusieurs hadiths affirment que son prénom est Abdallah, comme celui du père du prophète (sa), certains de ces hadiths sont communs aux deux parties. Cependant, les Shi’ites imamites croient  autrement mais voulant reprendre les hadiths tels quels, sans altération, des recueils sunnites, ils ont repris les hadiths  en question tout en indiquant leurs sources.

        Par ailleurs, dans l’histoire musulmane, apparurent deux personnages qui prétendirent au mahdisme, le premier étant Muhammad b. Abdallah b. al-Hassan al-Muthanna qui se révolta à l’époque d’al-Mansur (136-158 H) avant de mourir en 145 H, le second étant Muhammad b. Abdallah al-Mansur calife abbasside surnommé al-Mahdi (158- 169 H), le premier étant hassanide, le second abbasside.

     Il n’est pas étonnant de penser que les Abbassides et les Hassanides aient voulu prouver que les personnes citées soient elles-m ê mes  al-Mahdi, étant  donné le prestige et l’espoir qui auraient accompagné l’apparition d’al-Mahdi.

              Nous étudions à présent les hadiths relatifs au prénom du père d’al-Mahdi afin de déterminer lesquels sont douteux, à moins qu’ils ne soient intégrés dans une explication plus vaste.

       Le premier hadith

           « Le monde ici-bas ne finira pas avant que Allah n’envoie un homme de mes Ahlul-Bayt, son prénom est semble au mien et le prénom de son père est semble à celui de mon père ».

          Les principaux   traditionnistes ayant rapporté ce hadith sont  Ibn Abi shayba, At-Tabarani et al-Hakim à partir de Asim b. Abi Nujud, Zarr b.Hubaysh Abdallah b. Mas’ud, le prophète (saw).

   Chez les Shi’ites al-Majlisi ath-thani l’a cité dans Bihar al--anwar à partir d’al-Irbili, qui l’avait pris du livre Al-Arba in d’’Abu Na’im al-Asbahani.

     Le second hadith

      « L’heure ne viendra pas avant que les gens ne soient gouvernés par un homme de mes Ahlul-Bayt, son prénom est semblable au mien et le prénom de son père est semblable à celui de son père ».

     Ce hadith est rapporté par Abu Umru ad-Dani et al-khatib à partir de Asim, Abdallah b. Mas’ud. Les Shi’ites n’ont pas rapporté ce hadith.

      Le troisième hadith

              « al-Mahdi, son  prénom ressemble au mien, le prénom de son père à celui de mon père » fut rapporté par al-khatib  al-Baghdadi et Ibn Hajar à partir de Asim et Abdallah b. Mas’ud, chez les Sunnites, et Ibn Tawus qui le reprend d’Ibn Hammad chez les Shi’ites.

             Il faut remarquer, au sujet de ces trois hadiths, qu’ils ne sont pas repris ainsi chez les traditionnistes  les plus réputés. L’Imam Ahmad, par exemple, ne mentionne que la première partie : « Son prénom est semblable au mien » ; ainsi quat-Tirmidhi et at-Tabarani qui ont mentionné à plusieurs endroits sa première partie  uniquement.

           Ces traditionnistes ne peuvent pas ne pas connaître la seconde partie du hadith rapportée à partir de Asim b.Abi Nujud bien qu’ils aient rapporté d’autres hadiths de lui, ce qui  prouve qu’ils ne croient  pas à l’authenticité  du rajout de le second partie : « et le prénom de son père est semblable à celui de mon père ».

          Certains ulémas des deux parties ont essayé d’interpréter cette partie rajoutée mais al Kanji ash-Sharifi’i répondit à ces tentatives : Il est inutile d’interpréter ce récit, en témoigne l’attitude de l’Imam Ahmad qui, par sa précision et son autorité, a rapporté ce hadith : « son prénom est le mien ». 

        Par  conséquence,  le hadith  et le prénom  de son père est semblable à celui de mon père ne peut contredire le fait que le prénom du père d’al Mahdi soit al-Hassan (a.s), confirmé par des récits chez les  deux parties.

     Par ailleurs, la précision concernant son appartenance à Ahlul-Bayt, descendant de l’Imam Ali (a.s) et que plus de cent vingt-huit ulémas des deux partes affirment que son père est l’Imam al-Hassan (a.s)  nous font pencher en faveur de cette explication.

   V-Le hadith : al Mahdi est de l’Imam al-Hassan (a.s)

           Ce hadith confirme ce qui fut dit au départ, qu’al Mahdi fait partie de la descendance de Fatima az-Zahra (a.s). Cependant, des discussions eurent lieu pour savoir s’il fait partie de la descendance d’al-Hassan, fils de l’Imam Ali plutôt  que d’al-Hussayn.

           Un récit rapporté par Abu Dawud dit : « Harun b. al-Maghira rapporte à partir de Umar b. Abi Qays, Shu’ayd b. khalid, Abi Ishaq que Ali (a.s) a dit, regardant son fils al-Hassan : « mon fils, celui-ci est maître  comme l’a nommé le prophète (saw), il en sortira un homme du nom de votre prophète , qui lui ressemble dans sa morale mais non dans l’apparence » avant de raconter l’histoire qu’il inondera le monde de justice ».

           Ce hadith avance qu’al Mahdi fait partie de la descendance de l’Imam al-Hassan et non d’al-Hussayn, comme cela est rapporté dans des dizaines d’ouvrages sunnites. Mais, à part Abu Dawud, personne n’a cité ce hadith. Au contraire, al-jazri(m.833 H.) affirme : « Il est plus juste de dire qu’il est de la descendance d’al-Hussayn b. Ali étant donné que l’Imam Ali l’a lui-même dit, tel que cela fut rapporté par Abdul Hassan al-Bukari, Muhammad ad-Dariqazi, Abdul Badr al-karkhi, Abu Bakr al-khatid, Abu Umar al-Hashimi, Abu Ali al-lu’lu’i, Abu Dawud qui rapporte : (suit le même hadith, mais en regardant l’Imam al-Hussayn).

            Dans Aqd ad-Durar d’al-Maqdisi, le hadith d’Abu Dawud est rapporté excepté que Ali regarde al-Hussayn et non al-Hassan (a.s).

           Ce hadith ne peut être pris en compte car son rapporteur, Abu Ishaq, c’est-à-dire As-Subay’i n’est pas connu pour avoir rapporté des hadiths de Ali (a.s) ; il n’avait d’ailleurs que sept ans lors du martyre du commandant des croyants.

           Malgré tout, bien que nous pensons que ce hadith ne peut être utilisé pour une argumentation, nous pouvons tenter de rassembler les deux hadiths (fils de l’Imam al-Hassan ou fils de l’Imam al-Hussayn) car al-Mahdi (a.s) est en réalité de la descendance des deux Imams, si l’on prend en compte que la mère de l’Imam Muhammad al-Baqir,  l’épouse de l’Imam Ali b. al-hussayn, est Fatima, fille de l’Imam al-Hassan.

VI al-Mahdi est Isa b. Maryam(a.s)

                 Ce  hadith fut favori chez les Orientaliste pour réfuter l’apparition d’al-Mahdi, annoncée par le prophète (saw).

          Il fut rapporté par Ibn Maja  dans ses Sunan alors qu’il avait déjà, rapporté le hadith précédent : « al-Mahdi est une vérité, il est de la descendance de Fatima ». Mais il dit, par ailleurs : «  … il n’y a de Mmhdi que Isa b. Maryam ». Ce hadith fut rejeté par tous les ulémas sunnites qui l’ont rapporté ainsi qu’Ibn al-Qayyim : «  ce hadith rapporté par Ibn Maja dans ses sunan, à partir de Yunus b. Abdul A’la ash-shafi’i, Muhammad b. Khalid al-jundi, Abban b. Salih, al-Hassan, Anas b. Malik et le prophète, Muhammad b. Khalid fut le seul à en assumer la paternité ».

           Il semble que Muhammad b. Khalid avait l’habitude d’ajouter des expressions dans les hadiths qu’il rapportait comme Ibn Hajar l’explique dans at-Tahdhib. Al-Qurtubi ajoute : sa phrase «  il n’y a de Mahdi que Isa »  contredit les hadiths relatifs à ce chapitre puis ajoute : «  les hadiths du prophète (saw) qui disent explicitement qu’al-Mahdi appara î tra, parmi les membres de sa famille, de la descendance de Fatima sont plus juste que celui-ci ».

   VII - Divergences des hadiths sur la durée du règne d’al-Mahdi (a.s)

                  Du moment que les divergences portant sur la durée de règne d’al-Mahdi (a.s)  ne remettent pas en cause le fondement m ê me de la question que nous discutons, nous nous contenterons ici de l’exposer rapidement :

          Certains hadiths parlent de cinquante années, d’autres de sept, de dix-neuf, de vingt ou de quarante années. Nous pouvons expliquer ces divergences par le fait que le règne de l’Imam al-Mahdi (a.s) ne sera pas constamment appuyé par la m ê me force et présence.

       Si nopus revenons aux hadiths du prophète (saw), nous apprenons qu’ils annoncent « qu’ils (a.s) inondera la terre de justice et d’équité après qu’elle ait été submergée par l’injustice et l’iniquité »  et que la religion de Mohammad (saw), L’Islam, sera l’unique religion sur terre au cours du règne de al-Mahdi. Donc, il ne règnera pas sur un peuple, mais sur la terre entière, comme il faudra prendre en compte l’hypocrisie intérieure et extérieure, la venue de l’imposteur et la lutte finale contre lui avec l’aide de Isa b Maryam. Si nous prenons en compte tous ces éléments, nous pouvons considérer que les différentes durées mentionnées expriment des données différentes et ne se contredisent pas nécessairement.        

     VIII- Divergence des hadiths shiites concernant al Mahdi

      Si nous abordons ce point, c’est pour éviter que ces hadiths divergents ne soient pris  pour réfuter ce qui est justement établi.

     Les hadiths rapportés dans les recueils Shiites divergent sur le nom de la mère de l’Imam al-Mahdi : Nirjis Suqayl ou sawsan.

    Cette divergence fut avancée pour nier la naissance m ê me de l ‘Imam al-Mahdi( a s ) : sans oublier qu’elle s’ajoute à celle concernant la date de sa naissance. De m ême, il existe un hadith qui mentionne le témoignage de l’Imam Ja’far, fils de l’Imam al-Hadi notant que son frère l’Imam al-Askari  mourut sans avoir de fils. Par ailleurs, des divergences existent à la date de son occultation.

     Il est nécessaire d’aborder ces points dans le cadre de cette discussion et nous disons que les divergences concernant le nom de la mère d’al-Mahdi, sa date de naissance ou la durée de son occultation n’ont pas la même  importance que celles niant même sa naissance, au contraire, disons-nous,  elles sont un argument  en faveur de son existence. Le nom de la mère de l’Imam al-Kadhim(a.s)  n’est pas non plus défini, bien que personne ne mette ne doute son existence. Il est reconnu, majoritairement, que la mère de l’Imam al-Mahdi (a.s) s’appelait Nirjis.

       Quant à la date de naissance, rappelons que des divergences sont rapportées quant à la date de naissance du prophète (saw), de sa fille Fatima (a.s) de l’Imam Ali (a.s)  et ses fils. Peut-on conclure qu’une telle divergence implique le doute sur leur existence même ? Il est  quand même reconnu que l’Imam al-Mahdi (a.s) naquit le 15 du mois de Sha’ban de l’an 255 H. d’après non seulement les récits shi’ites mais également ceux adoptés par les Sunnnites.

    Quant au hadith prétendument rattaché à ja’far, de nombreux hadiths, shi’ites et Sunnites, le remettent en cause et de ce fait, il ne peut être pris en compte. Quant à la divergence concernant la date de son occultation ; les hadiths les plus fréquents citent la date de l’an 260 H. après le décès de l’Imam Hassan al-Askari(a.s).

    Ainsi, nous remarquons au terme de notre étude critique des hadiths relatifs à l’Imam al-Mahdi (a.s) que la plupart ne sont pas contradictoires, bien que divergents car la contradiction ne peut être à moins de remettre en cause la parole du prophète (saw). Les divergences sont minimes, secondaires, relatives à des détails et ne remettent pas en cause le fondement m ê me de la question. Elles  peuvent  être levées en rapprochant les hadiths les uns des autres et en les faisant remonter à leurs sources. Certains hadiths faibles peuvent cependant être écartés étant donné qu’ils contredisent les hadiths solidement établis par la tradition, sunnite ou shi’ite.

 

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